Marc 6/45-52, confiance

Boîte à prédications

2 janvier 2005, Matthieu 24

 

Chers frères et sœurs,

 

          Est-ce bientôt la fin du monde ? Avec toutes ces guerres, ces catastrophes ? Les personnes qui étaient dans les régions touchées par le raz de marée avaient l'impression que c'était la fin du monde, c'est en tout cas ce qui s'est dit aux nouvelles. On dit que c'est la pire catastrophe depuis 120 ans. On ne se rappelle pas une tragédie plus grande, et pourtant. Vous vous rappelez ce qui s'est passé le 27 juillet 1976 ? Ou en août 1931 ? Le 27 juillet 1976, il y a eu un tremblement de terre à Tangshan, dans le nord-est de la Chine, qui a fait entre 240000 et 650000 morts, on ne sait pas exactement. Et en août 1931, suite à un cyclone, le fleuve Yangtse a débordé en Chine, faisant environ 1 400 000 morts. C'est vrai qu'à l'époque les nouvelles ne faisaient pas le tour de globe en quelques secondes, et beaucoup d'entre nous n'étaient pas nés. Nous avons la mémoire parfois courte. Nous sommes impressionnés par ce qui se passe sur le moment, et ensuite on oublie un petit peu. Alors fin du monde ou pas ? Vous aimeriez savoir ? Déjà du temps de Jésus, les disciples ont désiré savoir, ils ont posé la question à Jésus: Dis-nous, quand cela arrivera-t-il, et quel sera le signe de ton avènement et de la fin du monde ? (Matthieu 24/3). Et Jésus a répondu: 6 mois après le raz de marée en Asie, ou 2 ans après la guerre en Irak, ou ceci ou cela ? Non, qu'est-ce que Jésus a répondu en premier: Prenez garde que personne ne vous séduise. Car plusieurs viendront sous mon nom, disant: C'est moi qui suis le Christ. Et ils séduiront beaucoup de gens. Vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres: gardez-vous d'être troublés, car il faut que ces choses arrivent. Mais ce ne sera pas encore la fin. Une nation s'élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume, et il y aura, en divers lieux, des famines et des tremblements de terre. Tout cela ne sera que le commencement des douleurs. Alors on vous livrera aux tourments, et l'on vous fera mourir; et vous serez haïs de toutes les nations, à cause de mon nom. Alors aussi plusieurs succomberont, et ils se trahiront, se haïront les uns les autres. Plusieurs faux prophètes s'élèveront, et ils séduiront beaucoup de gens. Et, parce que l'iniquité se sera accrue, l'amour du plus grand nombre se refroidira. Mais celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé. Jésus ne répond pas en donnant un déroulement chronologique exact, en citant d'abord les événements. Il dit, prenez garde, faites attention, que personne ne vous séduise. En ensuite, il dit qu'il faut persévérer. Et un peu plus loin, il dit: C'est pourquoi, vous aussi, tenez-vous prêts, car le Fils de l'homme viendra à l'heure où vous n'y penserez pas. Si tout le monde pense que c'est la fin de la monde, alors peut-être que ce n'est pas encore la fin du monde. Et si nous pensons, ce n'est pas la fin du monde, alors justement, peut-être ce sera la fin.

          Je ne sais pas si vous écoutez le discours pour la nouvelle année du président de la confédération, Samuel Schmid. Je ne l'ai pas écouté, mais j'ai vu sur internet un résumé de son discours. Il aurait dit: La nouvelle année commence sous le signe de la tristesse mais aussi de l'espoir. La catastrophe survenue en Asie dépasse par sa dimension tout ce que nous pouvions imaginer». «Le malheur nous rappelle à l'humilité et à la modestie. Il nous rappelle au silence, dans un monde si volontiers en proie au bruit et aux étincelles». Faisons en ces heures particulièrement pénibles, une pause «afin d'être quelques instants en pensée avec tous ceux qui sont touchés par ce très grand malheur». Plus qu'à l'ordinaire, «nous avons tous besoin de sécurité, de chaleur humaine et de certitudes». Oui, je crois qu'il a raison, l'être humain a besoin de sécurité, de chaleur humaine, de certitudes. Et je crois que Dieu seul peut nous donner la vraie sécurité, les vraies certitudes. On a souvent essayé de calculer avec certitude les événement de la fin, les sectes le font, Jésus lui dit autre chose, il ne donne pas de certitude concernant le moment, puisqu'il dit que le Fils de l'homme viendra à l'heure où vous n'y pensez pas. Mais il dit autre chose, persévérez, et tenez-vous prêts. Jésus ne dit pas qu'il n'y aura pas de guerres, de catastrophes, mais il dit, gardez-vous d'être troublés. Jésus n'est pas venu pour faire peur, mais au contraire, enlever la crainte, la peur, et nous donner l'assurance de son amour au travers tout. Jésus savait que le thème de la fin des temps amènerait toutes sortes de tentations de troubler les gens, d'annoncer de fausses doctrines. Prenez garde, faites attention avec les signes. Ne les utilisez pas pour profiter de la peur des gens, asseoir votre pouvoir, en faire des personnes qui vous suivent. Quelque part, c'est vrai, on aimerait bien en savoir un peu plus, plus en détail, et certains exploitent ce désir. Mais est-ce que derrière ce désir de tout connaître en détail ne se cache pas une peur, un manque de confiance en Dieu ? On aimerait savoir, pour contrôler, pour rester maître de la situation. Mais c'est Dieu qui est maître de la situation, pas nous. Nous devons rester humbles. Jésus nous invite à la prudence. A ne pas faire une obsession de la date de la fin du monde. Il dira d'ailleurs, pour ce qui est du jour et de l'heure, personne ne le sait, et il ajoute même, ni les anges, ni le Fils, le Père seul. Alors n'essayons pas de vouloir être comme Dieu, ce serait le péché d'Adam, vouloir être comme Dieu pour des chose qui le concernent lui seul. Jésus énumère des signes, mais il dit. Ce ne sera pas encore la fin. Mais il dit autre chose: ne soyez pas troublés, et persévérez. Au contraire des prophètes de malheur qui veulent faire peur, pour amadouer les gens ou avoir de l'emprise sur eux, Jésus veut rassurer, donner l'espérance et la persévérance. Ce n'est pas l'heure du retour du Christ qui est déterminant, ni même de savoir reconnaître exactement les signes, mais l'attitude que nous avons. Vous connaissez sans doute cette réponse de Luther, lorsqu'on lui demanda ce qu'il ferait s'il savait que la demain était la fin du monde. Il a répondu qu'il irait planter un arbre. Autrement dit faire ce qu'il aurait fait de toutes façon. Ne soyez pas troublés, et persévérez dit Jésus. Persévérez dans quoi? Dans la confiance absolue en un Dieu d'amour, même si nous ne voyons pas toujours les signes de cet amour, même si nous ne ressentons pas toujours l'amour de Dieu. Mais nous sommes invités à persévérer dans l'amour pour Dieu et notre prochain. Jésus le dit, l'amour du plus grand nombre se refroidira, cela incite ceux qui font partie des élus, de faire grandir l'amour.

          C'est plus facile d'annoncer la fin du monde que d'aimer Dieu et son prochain, et de vivre dans cet amour chaque jour Mais c'est cela qui est déterminant. Faire ce que nous avons à faire, aimer Dieu et notre prochain avec son aide, sans nous laisser troubler par toutes sortes d'idées nouvelles ou de doctrines, voire de chiffres et de calendriers précis, ni de catastrophes ou d'autres nouvelles. Cela ne veut pas dire que nous ne devons rien faire, évidemment, l'amour justement nous incite à aider, et à tout faire pour diminuer les tragédies futures. Si une partie seulement de l'argent investi pour l'armement et les conflits l'avait été pour organiser un système d'alarme, des dizaines de milliers de morts auraient pu être évitées. Nous devons nous engager pour la justice dans le monde, mais aussi rappeler que les choses matérielles et la vie terrestre ne sont pas l'ultime but de la vie. Jésus parle de salut. Celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé. Comme l'armée du Salut, proclamer le salut en Jésus-Christ, et aider ceux qui sont dans le besoin. Je pense que si l'armée du salut est respectée, c'est parce qu'elle fait les deux, elle proclame le salut, et agit concrètement pour ceux qui sont dans le besoin. Si en sachant que Jésus venait demain, et que je changeais tout de mon programme, c'est que mon programme n'était déjà pas à la gloire de Dieu. Nous ne savons pas que ce que la nouvelle année nous apportera, personnellement, dans notre paroisse, dans le monde. Mais nous pouvons avoir la certitude que Dieu sera avec nous. La question, c'est si nous serons avec lui, si nous l'aimerons de tout de tout notre cœur, de toute notre âme, de toute notre force, et de toute notre pensée; et notre prochain comme nous-même. L'amour du plus grand nombre se refroidira, et notre amour ? Notre amour peut grandir, si nous le demandons à Dieu, si nous vivons dans la promesse de Dieu que son amour a été répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit. Alors ne soyons pas troublés, n'ayons pas peur, mais persévérons dans l'amour de Dieu. Amen.