Prédication Matthieu 6

 Prédication Matthieu 6.7-13 

Pasteur Vincent BRU

ERE de Paris

Thème : La prière au Père

 

Lectures : Mt 6.7-13 ; Ep 6.10-18

 

Chers frères et sœurs en Christ, je vous propose donc ce matin de poursuivre notre série de prédications sur le Sermon sur la Montagne en nous penchant le thème de la prière.

La prière est, sans nul doute, l’expression la plus élémentaire de la foi, dont nous ne saurions nous passer en tant que chrétien.

La prière, tout comme la confession de foi ou l’obéissance à la Loi de Dieu, définit le comportement du chrétien, sa manière d’être, en contraste avec le comportement du non chrétien, dont le Sermon sur la montagne nous dit : « Ne leur ressemblait pas » (6.8) !

La prière définit l’attitude du chrétien vis-à-vis de Dieu, en le situant dans une relation d’étroite dépendance envers Lui.

La prière est la respiration de l’âme dont le chrétien ne saurait en aucun cas se passer, sous peine d’asphyxie spirituelle.

Le texte de l’Evangile selon Matthieu que nous avons lu nous révèle un certain nombre de vérités concernant la nature et l’utilité de la prière, ainsi que sur son contenu même.

Je lis au verset 7 :

7  En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s'imaginent qu'à force de paroles ils seront exaucés.

8  Ne leur ressemblez pas; car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez.

Dans les versets précédents, nous l’avons vu dimanche dernier, Jésus dénonce la prière hypocrite, la prière dîtes du bout des lèvres sans que le cœur y soit, la prière pharisaïque qui n’a d’autre intention et motivation que de se faire valoir aux yeux des hommes.

Et voilà que maintenant Jésus dénonce une autre manière de détourner la prière de son but initial, de son intention première.

S’il est vain aux yeux de Dieu de prier dans le seul but de se faire remarquer, de se faire valoir aux yeux des hommes, il est tout aussi inutile, dans l’exercice de la prière, de multiplier les paroles –le texte dit de « rabâcher » -  comme font les païens, qui « s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés » (v. 7).

Notez bien que ce dont Jésus parle ici, et qu’il dénonce chez les païens, ce n’est pas tant la quantité de la prière chrétienne que sa qualité.

Jésus attire notre attention sur la qualité qui doit être celle de notre prière.

Jésus ne se prononce pas sur la longueur idéale de la prière chrétienne.

Rien n’est dit sur le temps que nous devons consacrer à la prière, pas plus que sur le nombre de fois que nous devons prier dans la journée, ou dans la semaine.

Jésus entend ici donner un enseignement sur la nature même de la prière chrétienne, et sur sa raison d’être, sur son utilité.

Et il le fait tout d’abord en nous disant précisément ce que la prière n’est pas.

La prière chrétienne n’est pas la prière des païens.

Le problème posé par la prière du païen vient de sa conception erronée de Dieu et par conséquent aussi de sa mauvaise manière d’entrer en contact, en relation avec Lui, et de s’adresser à lui dans ses prières.

On peut se demander en effet quelle image l’homme qui rabâche ainsi des paroles vide de sens se fait-il de Dieu ?

Quelle image les païens « qui s'imaginent qu'à force de paroles ils seront exaucés » se font-ils de Dieu ?

Et nous-mêmes, quelle image nous faisons-nous de Dieu lorsque nous prions ?

Nous imaginons-nous, comme les païens, que Dieu est à notre service, et qu’il suffit de répéter machinalement toujours les mêmes paroles, pour être exhaussé ?

Nous imaginons-nous pouvoir fléchir le bras de Dieu en multipliant des paroles, alors même que nous ne recherchons en réalité bien souvent que notre propre intérêt, et non pas d’abord celui de Dieu ?

Que le païen s’imagine cela, passe encore, mais le chrétien ?

« Ne soyez pas comme les païens », dit Jésus !

Qu’est-ce à dire ?

Ne soyez pas comme les païens qui « s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exhaussés » !

La vérité, c’est que Dieu sait bien ce dont nous avons besoin avant même que nous le lui demandions.

Le Dieu de la Bible n’est pas le dieu des païens, un dieu qui aurait en quelque sorte besoin qu’on lui force un peu la main pour exhausser les prières de ses sujets, d’où la multiplication des paroles dont parle Jésus.

Ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exhaussés !

Ils s’imaginent que leur dieu, qu’ils se sont forgé à leur image, et qui n’est en réalité qu’une idole, a besoin de tout ce flot de paroles pour finalement consentir à les exhausser.

Est-ce là l’image que vous avez de Dieu ?

Le Dieu de la Bible, le sel vrai Dieu, le Dieu non pas de notre imagination, mais le Dieu qui  s’est révélé et qui s’est fait connaître à nous dans la Bible, n’a absolument rien à voir avec ces divinités païennes, ces dieux trop humains, issues de l’imagination corrompue des hommes, de l’intelligence obscurcie, car pécheresse, des hommes, qui depuis la révolte adamique n’ont de cesse de se forger des idoles à leur image, des dieux à leur taille, à leur mesure.

Comme le dit l’apôtre Paul :

Rm 1.22  Se vantant d'être sages, ils sont devenus fous ;

23  et ils ont changé la gloire du Dieu incorruptible en images représentant l'homme corruptible, des oiseaux, des quadrupèdes, et des reptiles.

C’est précisément à cause de leur fausse conception de Dieu, de leur conception erronée de Dieu, de leur mauvaise manière de concevoir Dieu et la relation à laquelle il nous convie que les païens s’imaginent bien à tord que c’est à force de paroles qu’ils se feront exhausser.

Leur faux dieu nécessite un flot incessant de paroles, de prières ininterrompues et qui n’en finissent plus, pour finalement concéder ses grâces, ses bénédictions, qui lui sont comme arrachées par la force, à « force de paroles » !

« Ne leur ressemblez pas » dit Jésus !

Ne ressemblez pas aux païens !

Soyez différents d’eux, puisque votre Dieu, le seul vrai Dieu, est bien différent du leur, de leur fausse divinité.

Et soyez d’autant plus différents des païens, des non-croyants, dans votre façon de prier, que le Dieu de la Bible l’est des fausses divinités que ceux-ci ne manquent pas de se forger !

Non ! Dieu n’a pas besoins de nos prières, frères et sœurs, pour nous exhausser.

Je veux dire que Dieu n’a pas besoin qu’on lui force la main !

Dieu n’est pas un homme pour avoir besoin qu’on lui force la main, qu’on le contraigne, en quelque sorte, pour le mettre en mouvement, pour qu’il agisse parmi nous et dans notre monde.

Dieu n’est pas un homme !

Dieu n’est pas un pantin !

Dieu n’est pas une marionnette, que nous pourrions faire bouger à notre guise, et dont nous pourrions tirer les ficelles, fusse à force de paroles !

Dieu n’a pas besoin de nos prières !

En réalité, c’est nous qui en avons besoin.

Dieu sait bien que nous avons besoin de lui formuler nos besoins, nos requêtes, nos intercessions, afin que nous puissions prendre conscience de notre dépendance envers Lui, de notre besoin fondamental de communion avec Lui.

Et cette communion, cette relation, cette dépendance passent par la parole, par la prière, mais certainement pas par une prière répétitive et vide de sens.

Dieu n’a que faire de nos rites et de nos paroles pieuses qui ne s’enracinent pas dans l’authenticité de notre relation avec Lui, et dans une juste compréhension de qui Il est.

Dieu n’a que faire de nos cultes, de nos prières, de nos gestes religieux qui ne partent pas d’un cœur pur, d’un cœur non partagé, et d’une vie qui ne lui soit pas entièrement consacrée, dans une soumission libre et joyeuse à sa volonté.

Au peuple d’Israël qui s’était imaginé pouvoir servir Dieu et lui offrir un culte qui lui soit agréable, mais qui s’était, en réalité, détourné depuis longtemps de son Alliance et de sa Loi, Dieu prononce ces paroles terrifiantes :

Amos 5.21 Je hais, je méprise vos fêtes, Je ne puis sentir vos assemblées.

22  Quand vous me présentez des holocaustes et des offrandes, Je n'y prends aucun plaisir ; Et les veaux engraissés que vous sacrifiez en actions de grâces, Je ne les regarde pas.

23  Eloigne de moi le bruit de tes cantiques ; Je n'écoute pas le son de tes luths.

24  Mais que la droiture soit comme un courant d'eau, Et la justice comme un torrent qui jamais ne tarit.

Se pourrait-il que ses paroles prononcées il y a bien longtemps puissent aussi s’adresser à nous aujourd’hui ?

Se pourrait-il que bon nombre de chrétiens et d’Eglise en Europe et dans notre pays, la France, aient à ce point oubliez leur vocation, qu’elles puissent de ce fait tomber sous la condamnation d’un pareil jugement ?

L’intention de Jésus en tout cas est bien de nous prévenir, aujourd’hui comme hier, contre toute méprise qui consisterait à nous imaginer que Dieu est à notre service, et qu’Il a besoin de nos prières, de nos rites, de nos cultes pour agir en notre faveur, et ce, quelle que soit la qualité de cette prière, de ces rites, de ces cultes.

La vérité, selon l’enseignement de Jésus, c’est que la prière n’est pas utile à Dieu, mais à nous.

Comme l’a fort bien dit Calvin, les croyants « ne prient pas pour avertir Dieu de quelque chose qui lui soit inconnu, pour l’inciter à faire son office, ou le solliciter comme s’il tardait trop ; mais plutôt afin de se réveiller eux-mêmes à le chercher, à exercer leur foi en méditant ses promesses, de se soulager en déchargeant leurs sollicitudes sur lui ; et finalement pour rendre témoignage tant à eux-mêmes qu’aux autres qu’ils espèrent et attendent tous les biens de lui seul. »

Voilà l’image que nous devons avoir de Dieu et qui doit éclairer, nourrir et orienter notre prière : celle d’un Père q i nous aime d’un amour filial, et qui nous invite à entrer en communion de vie avec Lui, dans une relation de dépendance et d’amour.

La prière n’est autre chose qu’un dialogue avec Dieu, la réponse confiante de l’âme croyante à la Parole que Dieu nous adresse en son Fils et dans la Sainte Ecriture.

C’est, comme le dit le Catéchisme de Heidelberg, la principale partie de la reconnaissance que Dieu attend de nous, chrétiens.

La prière comme expression de notre reconnaissance envers Dieu !

La prière pour dire « merci » à Dieu pour tous ses bienfaits, et non pas pour lui forcer la main à force de parole !

La prière est essentiellement une louange adressée à notre bon Père céleste qui nous aime gratuitement, et qui n’entre pas dans la catégorie du « donnant-donnant » !

Ce n’est pas pour obtenir les grâces d’en haut, les bénédictions divines, que nous prions, mais nous prions parce que Dieu nous a abondamment bénis en Christ, tandis que nous ne le méritions pas, simplement par amour, comme un cadeau !

Dieu ne nous bénit pas parce que nous lui adressons notre prière, mais nous lui adressons notre prière, parce qu’Il nous a déjà bénis,  au-delà de toute mesure.

Certes, Dieu agit en nous et dans le monde, aussi, à travers et en vertu de la prière du chrétien et de l’Eglise.

Dieu a choisi dans sa Providence d’agir à travers nous, et par notre prière fervente, mais non pas qu’il aurait besoin de nos prières pour agir.

Dieu n’a pas besoin de nos prières pour se mettre en mouvement, car Il est Libre et Souverain dans tous ses actes, et Il accomplit ses Décrets inexorablement dans l’Histoire, de sorte que rien ne peut faire barrage à ce que sa main fait.

Mais il n’empêche que Dieu sait bien ce qui nous est utile, et il sait que ce qui nous est utile et profitable pour notre marche chrétienne, c’est que nous lui exprimions notre prière, nos requêtes, et notre adoration.

La prière est utile à nous, et non pas à Dieu.

La prière nous est utile, parce qu’elle nous met en relation avec Dieu, elle établit un lien, une relation, une communion avec Dieu, notre Père, et elle nous renouvelle aussi intérieurement, spirituellement, et nous met en mouvement afin d’accomplir ce que Dieu attend de nous.

La prière, plutôt que de mettre Dieu en mouvement, nous met en réalité nous, en mouvement, pour Dieu, pour l’accomplissement de son Dessein, en nous donnant la force de faire sa volonté.

La prière est la respiration de l’âme croyante !

En priant, nous laissons Dieu agir en nous par son Esprit, dans notre vie, et nous signifions aussi par-là que nous plaçons les choses de la foi à la première place dans notre vie.

Un chrétien qui ne prie pas est un chrétien pour qui le Royaume de Dieu n’est, en définitive, que de peu d’importance dans sa vie, et pour lequel bien d’autres occupations passent avant, alors que Jésus a dit : « Cherchez premièrement le Royaume de Dieu, et tout le reste vous sera donné en plus » !

Un tel chrétien chez qui la prière n’occupe que peu de place ne doit effectivement pas s’attendre aux bénédictions d’en haut.

Non pas, encore une fois, que les bénédictions de Dieu soient proportionnelles à la quantité de notre prière, comme si elles dépendaient directement de celle-ci, mais celui qui a dit : « Demandez, et l’on vous donnera, cherchez et vous trouverez », entend bien nous aiguillonner dans notre marche chrétienne en nous faisant partie prenante de la bénédiction de Dieu par notre prière fervente.

Voulez-vous connaître la bénédiction de Dieu dans votre vie ? Et bien, demandez-la-lui. Et ce, sans l’abondance des paroles, mais dans l’authenticité du cœur, dans une démarche vraie et une consécration plaine et entière pour la cause du Christ-Roi et pour son Royaume.

« Demandez et l’on vous donnera » !

 

Qu’en est-il maintenant du contenu de la prière du chrétien ?

Comment convient-il de s’adresser à Dieu dans la prière, et que convient-il de lui demander, afin qu’Il nous exhausse.

Remarquez tout d’abord que dans la prière que Jésus nous a laissée comme modèle, le « Notre Père », il est question non pas de « mon Père », mais bien de « notre Père ».

La prière du chrétien est donc essentiellement une prière communautaire !

Une prière où l’on s’adresse à Dieu en disant « nous », ou « notre », et non pas « je », ou « mon ».

Certes, il y a aussi la prière individuelle, où je m’adresse à Dieu en disant « je », dans le « secret de ma chambre ».

Mais en Eglise, c’est la communauté entière qui s’adresse à Dieu, et c’est pourquoi je dis « Nous » et « Notre Père » !

C’est ici un point capital, que trop de chrétiens négligent de nos jours dans bien des milieux.

Le « Notre Père » nous rappelle que nous ne sommes pas chrétiens tout seul, mais que nous sommes chrétiens-ensemble, étant solidaires les uns des autres, comme les membres d’un corps le sont entre eux.

Nous sommes le corps du Christ !

Le chrétien n’est pas un individualiste !

Le Christ, notre Seigneur, nous invite à avoir l’Eglise, la communauté du peuple de Dieu en très haute considération.

Un chrétien sans Eglise, « électron libre », est inconcevable pour la mentalité biblique.

La prière n’a de sens et d’efficacité, d’utilité que parce qu’elle est une prière communautaire, une prière dans laquelle et par laquelle c’est le « nous » de l’Eglise qui s’adresse à Dieu comme celui qui est « Notre Père », qui a fait de nous ses enfants, membres de la même famille.

Nous ne sommes pas chrétiens tout seul !

Nous sommes chrétiens ensemble, à l’image de la Sainte Trinité, qui est à la fois Père, Fils et Saint Esprit, et qui est communion de vie et d’amour, de la même façon que l’Eglise est appelée à vivre dans l’amour et les chrétiens dans la dépendance mutuelle les uns envers les autres.

 

Cela étant dit le Notre Père comprend trois parties qui constituent chacune un aspect de la prière que le Seigneur attend de nous, du contenu de notre prière.

Dans la première partie, le croyant, ou plutôt comme nous venons de le dire, la communauté des croyants, l’Eglise est tournée vers Dieu et la réalisation de son Règne.

9  Notre Père qui es aux cieux! Que ton nom soit sanctifié ;

10  que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

Les trois demandes qui suivent concernent nos besoins humains fondamentaux.

11  Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien;

12  pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés;

13  ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du malin.  

Le Notre Père se termine par une doxologie, une louange au Dieu Créateur et Sauveur :

13b  Car c'est à toi qu'appartiennent, dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire. Amen!

Ainsi, la chose essentielle ici, dans cette prière que Jésus nous a laissée comme modèle pour toutes nos prières, c’est que ce que nous devons rechercher avant tout, et ce pour quoi nous devons prier avant toute autre chose, c’est le nom, le règne et la volonté de Dieu !

Le premier objet de la prière, comme aussi sa principale utilité, c’est de mettre notre volonté au diapason de la volonté de Dieu !

La prière chrétienne a pour objet de nous apprendre et de nous inciter à faire passer la volonté de Dieu, les intérêts de Dieu, la gloire et l’honneur de Dieu avant tout autre chose dans notre vie et dans la vie du monde.

« Cherchez premièrement le Royaume de Dieu… » !

Rien ne saurait être plus important pour notre vie de chrétien, et pour notre vie d’Eglise que d’œuvrer et de prier de toutes nos forces afin que le nom de Dieu soit sanctifié ici-bas, que son règne vienne et que sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

A l’image d’un instrument de musique que l’on accorde afin qu’il rende un son pur, le Seigneur nous enseigne, avant même d’exposer à Dieu nos besoins humains, à accorder notre volonté à celle de Dieu et à tout subordonner à sa gloire.

Que ton règne vienne !

Est-ce bien là frères et sœurs, votre prière et votre préoccupation première ?

Dans ce monde où l’homme prétend être son propre sauveur, et où le matérialisme règne en maître, nus osons dire :

« Que ton règne vienne, Seigneur » !

« Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » !

Comme au ciel, aussi sur la terre !

Que ton règne vienne !

Nous verrons dimanche prochain en quoi consiste précisément cette royauté, ce règne pour lequel nous devons prier d’abord, sans jamais nous lasser.

Prions le Seigneur.