Marc 6/45-52, confiance

Boîte à prédications

Matthieu 10/1-10

Chers frères et sœurs,

Quelqu'un a-t-il un billet de 100.-? N'ayez pas peur, je ne vais pas vous le prendre. Que voit-on? Un marcheur, du sculpteur Giacometti, ce matin j'aimerais parler de la marche. Mais je vais d'abord vous poser une question. Que faut-il faire pour suivre Jésus? Que faut-il faire? Le suivre. Point. Je pourrais m'arrêter ici, et si quelqu'un vous demande à la maison, de quoi le pasteur à prêché aujourd'hui, vous pourriez dire: Comment suivre Jésus. Pour le suivre, il faut le suivre. C'est tout simple, c'est tout bête, mais c'est ainsi. C'est ce que Jésus dit aux disciples, à Philippe par exemple: Suis-moi. Et Philippe l'a suivi, l'a bien suivi, puisque juste après, il rencontre Nathanaël, et il fait avec Nathanaël ce que Jésus avait fait avec lui. Il l'invite à suivre Jésus. Il a vite compris. Suivre Jésus, c'est marcher sur ses pas, faire comme lui. Jésus a rencontré des gens, pour les inviter dans le royaume de Dieu, et nous sommes invités à faire de même. Inviter les gens à rencontrer Jésus, devenir ses disciples. Mais avant cela, pour suivre Jésus, il faut se mettre en route, marcher. Lorsqu'on suit Jésus, on ne reste pas sur place. Ou inversement, si je reste sur place, je ne suis pas Jésus, ou plus. Je l'ai peut-être suivi il y un a un mois, une année, ou plus. Si je suis toujours le même, la même, alors quelque chose ne tourne pas rond dans ma vie de foi. La foi, c'est se mettre en route, à la suite du Christ. On ne reste pas au même endroit. Les disciples n'étaient pas plus malins que vous, plus pieux, plus croyants, au contraire, regardez un peu ce qu'ils disent et ce qu'ils font, lorsque Jésus leur annonce qu'il va souffrir, ils se disputent pour savoir qui est le plus grand parmi eux. N'importe quoi, cela nous fait sourire, mais ne faisons-nous pas encore la même chose. Nous pensons que nous avons plus raison que les autres, sommes de meilleurs chrétiens que les autres, que nous avons un peu plus raison que les autres, comme nous faisons c'est plus juste que les autres. Ne voulons-nous pas aussi souvent être les plus grands, n'est-ce pas souvent plus important que de savoir si nous faisons la volonté de Dieu. Que dit Jésus: que le plus grand parmi vous soit comme le plus petit, et celui qui est le plus petit parmi vous tous, c'est celui-là qui est grand, et quiconque se rendra humble comme ce petit enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux. Et Paul va dans le même sens en disant: Ne faites rien par esprit de parti ou par vaine gloire, mais que l'humilité vous fasse regarder les autres comme étant au-dessus de vous-mêmes.

Les disciples n'avaient pas plus de qualités que nous, mais ils ont fait une chose. Ils se sont mis en route à la suite de Jésus, ils l'ont suivi. Alors ils sont parfois tombés sur le nez, ont fait des gaffes, mais ils ont appris, ont été relevés par Jésus, et ils ont été introduits dans le ministère d'apôtre. Ils ont été en bénédiction pour beaucoup de gens, parce qu'ils se sont mis en route. Ils ont tout quitté. C'est impossible de suivre Jésus sans subir de changements, sans accepter d'être en marche. Sans accepter le risque d'une marche qui nous conduira peut-être là où on ne pensait pas. Un homme a rencontré Jésus, et lui a dit: Seigneur, je te suivrai partout où tu iras. Et que lui répond Jésus: Bien, je t'inscris dans mon église. Non, Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids: mais le Fils de l'homme n'a pas un lieu où il puisse reposer sa tête. Il l'avertit, chers frères et sœurs, sachez-le, suivre Jésus, ce n'est pas sans risques. Le suivre, c'est se mettre en mouvement, accepter de perdre son confort, ses attaches. Juste après, il dit à un autre: Suis-moi. Et il répondit: Seigneur, permets-moi d'aller d'abord ensevelir mon père. Mais Jésus lui dit: Laisse les morts ensevelir leurs morts; et toi, va annoncer le royaume de Dieu. Un autre dit: Je te suivrai, Seigneur, mais permets-moi d'aller d'abord prendre congé de ceux de ma maison. Jésus lui répond: Quiconque met la main à la charrue, et regarde en arrière, n'est pas propre au royaume de Dieu. Dans les trois cas, il y a le choc de la déstabilisation. Ne plus rester dans les mêmes stabilisations, mais c'est indispensable pour suivre Jésus. Car la marche, vous le savez, c'est toujours un peu risqué. La seule façon d'être sûr de ne jamais tomber, de ne jamais perdre l'équilibre, c'est se coucher par terre. Les résultats sont garantis. Le problème, c'est que l'on ne va jamais très loin quand on se couche par terre. Jésus nous appelle à changer ce qui nous retient de le suivre vraiment, changer notre confort, nos habitudes, il faut parfois quitter sa place, pour recevoir la Sainte-Cène, pour recevoir l'imposition des mains, et aussi en tant que paroisse, nous devons je crois apprendre à quitter certaines choses qui nous retiennent. De fausses sécurités, la liturgie peut être une fausse sécurité, si elle empêche l'Esprit de Dieu d'agir, de nous remuer, de marcher à la suite de Jésus. En général, nous n'aimons pas ce qui est inconnu, différent, nous apprécions les choses que nous connaissons, car nous avons peur du changement, peur de tomber, pris au dépourvu, perdre quelque chose. Et pourtant, ces changements nous font progresser. Un enfant qui va à l'école dans notre village jusqu'en 6e année, au début il a un peu peur d'aller au village voisin à l'école secondaire, ou ensuite à la ville au lycée ou ailleurs faire un apprentissage, comment cela sera, mais s'il reste toujours dans la même école, il n'avance pas. Jésus veut nous faire avancer, pas rester à la même place. Nous aimons tant prendre des sécurités, des assurances, il paraît que les Suisse sont les champions de l'assurance, mais d'autres ne sont pas au reste, comme ces anglais qui se sont assurés contre une grossesse produite par des extraterrestre, ce n'est pas un witz, il y a des personnes qui se sont assurées, au cas où des extraterrestres voudraient concevoir un être avec eux. Suivre Jésus, c'est perdre ces assurances qui nous empêchent de le suivre sans conditions, en toute confiance. Jésus, en envoyant les disciples leur dit: Ne prenez ni or, ni argent, ni monnaie, dans vos ceintures; ni sac pour le voyage, ni deux tuniques, ni souliers, ni bâton; c'est pas grand-chose, nous aurions pris au moins un peu d'argent ou alors une carte de crédit, une deuxième tunique. Des souliers. Mais avec des souliers, la poussière reste entre les pieds et les souliers. Dans le temple, les lévites et les prêtres, selon leurs fonctions, officient pieds nus. Et rappelez-vous Moïse, au buisson ardent, Dieu lui demande d'enlever ses sandales, à cause de la sainteté du lieu. Devant Dieu, nous devons nous mettre à nu, enlever les sandales était un rite de purification. Se purifier de ses péchés, se libérer de fausses assurances, pour servir Dieu sans contraintes. Nous aimons prendre des sécurité, des assurances, en recevoir aussi de Dieu, je te suivrai, mais tu me donneras un conjoint, une voiture, un métier, des promesses, tu protégeras ma famille. ni or, ni argent, ni monnaie, dans vos ceintures; ni sac pour le voyage, ni deux tuniques, ni souliers, ni bâton; pas grand chose de sûr dans cette marche, une seule assurance, que Dieu nous accompagne. Si nous le suivons, il vient avec nous, et s'il vient avec nous, il sera avec nous, jusque dans le ciel, nous serons avec lui dans le ciel. Mais pas prendre des choses. Prendre de l'or ou de l'argent, alors que nous suivons Jésus, c'est manquer de confiance en Dieu, qu'il nous donnera ce qu'il faut au moment donné. On peut choisir, mettre sa confiance en Dieu, ou dans une deuxième tunique, de l'or, de l'argent. Mais regardez aussi les résultats, qu'est-il dit des disciples qui s'en vont sans or, sans souliers, sans 2ème tunique: C'est même dit avant par Jésus, avant qu'il leur dise de partir sans bagages: Allez, prêchez, et dites: Le royaume des cieux est proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons. Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. Et puis ces disciples, qui sont Juifs, ils sont envoyés d'abord vers les brebis perdues de la maison d'Israël, et non la Samarie ou les régions non-juives. Plus tard aussi, Jésus dira vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre. C'est plus facile de prier pour des malades en Inde, ou Afrique, ou même à 100 km de chez, que de la faire là où nous habitons. Mais Jésus nous invite à d'abord être témoins là où nous sommes. Commencer là, cela ne veut pas dire que nous n'irons pas ailleurs, mais c'est important ne pas passer à côté de cela. Annoncer le royaume de Dieu ici. Quand j'étais encore dans ma ville natale, nous avons une fois invité les gens pour une évangélisation, à la gare, dans les restaurant, les maisons. C'est pas évident, parce que vous rencontrez un prof, ou ami, copain d'école, mais cela m'a fait du bien. On apprend un peu à vaincre sa peur.

Chers frères et sœurs, Dieu nous aime, il nous invite à la suivre, à nous mettre en route, en nous confiant uniquement en lui. Et il pourra agir puissamment au travers de nous, j'en suis persuadé. Alors n'ayons pas peur de laisser nos sacs de traditions religieuses, de fausses idées de Dieu et de l'église, purifions nous devant lui, et il agira avec puissance. Abraham s'est aussi mis en route, sans connaître ce qui l'attendait, mais il a marché par la foi, Abraham, les disciples de Jésus, voilà des hommes, des femmes qui étaient loin d'avoir une réponse à tout, mais qui ont accepté de se mettre en route. Ce n'est pas par hasard que l'on appelait les premiers chrétiens les adeptes de la voie, on pourrait dire aussi les mordus du chemin. Mettons-nous en route à sa suite. Quitte à perdre parfois l'équilibre, quitte à transpirer parfois, mais en avançant chaque jour dans son royaume. Amen.