Marc 6/45-52, confiance

Boîte à prédications

30 juillet 2000, 17e dimanche ordinaire

 Chers frères et soeurs

 Notre petite  fille Isabelle, lorsqu'elle avait un peu plus d'un an, quand  nous nous promenions parfois, elle s'arrêtait tout  à  coup  de  marcher,  quand  elle  avait  vu quelque chose, elle  oubliait tout, ses  parents, son frère, pour une chose qui  prenait tout à coup de l'importance. Une fleur, un escargot, ou autre chose. Alors on devait la prendre par la main pour continuer de marcher, car  même si nous nous éloignions, cela lui était égal. Elle oubliait tout pour une petite chose.  Comme dans les deux paraboles que j'ai lues tout à l'heure.

            Jésus  parle  du  royaume des cieux.  Qu'est-ce que c'est que le royaume des cieux ? Ce n'est peut être pas si évident que de l'expliquer. On a une idée, se représente quelque chose, mais l'expliquer, c'est déjà différent. Essayez  d'expliquer  à  un enfant ce que  c'est  le royaume des cieux, ce n'est pas évident. C'est en essayant d'expliquer  quelque chose  à quelqu'un que l'on se  rend parfois compte si l'on a bien compris ou pas.  Un proverbe chinois dit: si tu ne connais pas une chose, enseigne  la. C'est vrai que cela aide. Ce n'est pas la même chose que de parler un peu l'anglais ou de l'enseigner. Si vous voulez enseigner l'anglais ou que sais-je, il faut se consacrer à la matière, pour pouvoir expliquer ce que l'on sait intuitivement. Le royaume des cieux. Cela peut paraître théorique,  ou  théologique,  compliqué.   Le royaume des  cieux.  Mais nous avons déjà une aide, en  regardant bien ces  mots,  il  ne  faut jamais désespérer.   C'est comme  à l'école, quand on a un problème à résoudre, dont on ne comprend pas tout de suite la solution, il faut bien regarder ce qui est écrit, ce que  l'on sait déjà, ce  que l'on peut déjà savoir avec ce qui nous est dit.  Ne pas perdre les pédales.  Le royaume des cieux, parle d'un royaume, un  royaume c'est le domaine où règne un roi. Le roi dans ce cas c'est qui, c'est  le Christ, ou Dieu, le roi des rois, puisqu'il s'agit  du  royaume  des cieux.  Ce n'est donc  pas  le royaume d'Angleterre, de  Belgique ou autre, mais  le royaume des cieux. Bon,  ça  on savait déjà, vous  me direz, on n'est pas venu au culte pour une  répétition du catéchisme.  Mais que dire de plus de  ce royaume des cieux, à  part qu'il s'agit du royaume de Dieu? On sait qu'il n'est pas un royaume de la terre, comme un royaume de la terre, mais des cieux. Mais que signifie cela? Jésus savait très bien qu'il vaut parfois mieux donner des exemples que de longues explications, pour justement expliquer quelque chose. Il parlait souvent en paraboles, avec  des exemples simples, que  tout le monde pouvait comprendre, et pas seulement quelques théologiens. Parfois c'était même l'inverse, les gens religieux ne le comprenaient pas, tandis que les personnes du peuple saisissaient ce qu'il voulait dire.

            Jésus dit donc que le  royaume des cieux est semblable à un trésor caché dans  un champ. L'homme  qui l'a trouvé le cache; et  dans sa joie, il  va vendre tout ce qu'il a, et  achète ce champ. Le trésor est caché, enfoui. Il existe, mais il n'est pas à la surface. Il faut le chercher. Jésus parle d'ailleurs dans Marc 4/11 du mystère du royaume de Dieu. C'est un mystère, un trésor caché, qu'il s'agit de chercher, découvrir. Il ne suffit pas d'avoir été baptisé comme petit enfant, ou d'être inscrit dans une paroisse ou une église, ni même de venir au culte tous les dimanches pour entrer dans le royaume de Dieu. Le royaume des cieux, même s'il est parlé des cieux, ne tombe pas du ciel. Il faut le chercher. C'est un premier point de ces paraboles. C'est vrai, Jésus a promis qui cherche trouve, il ne faut pas désespérer, qui cherche trouve. Il faut que ce mystère soit révélé. Et pour cela, il n'est pas nécessaire d'être sage ou intelligent, puisque Jésus dit dans Matthieu 11/25: En ce temps-là, Jésus prit la parole, et dit: Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. Un enfant qui cherche le royaume de Dieu le trouvera plus facilement qu'un docteur en théologie qui ne le cherche pas. Il faut qu'il soit révélé, le mystère de ce royaume. Et comment ? Comment peut-il être révélé? Par la révélation, la parole de Dieu, la bible. C'est là que le mystère nous est dévoilé. Mais nous avons besoin de cette révélation. Parce par nous-même, nous ne trouvons pas cette révélation. On peut bien se faire des idées de Dieu et de la foi, mais on ne sait pas si c'est ainsi. Un de mes professeurs de théologie a pris une fois l'exemple d'un bâton plongé dans une bac d'eau. A cause de la réfraction de la lumière dans un liquide, on a l'impression que le bâton n'est pas rectiligne, mais qu'il y a un angle juste à l'endroit où il entre dans l'eau. C'est du à la réfraction de la lumière, et il y a un indice qui n'est pas le même pour un autre liquide. Ce professeur disait que  nos yeux sont à la hauteur de l'eau, mais que nous ne savons pas où se trouve le bâton hors de l'eau, à cause de la réfraction de la lumière. Il faut que l'indice nous soit connu, révélé. Et cette révélation, c'est la bible. Par l'unique raisonnement humain, on ne peut connaître Dieu ni le mystère de son royaume. On peut penser et croire bien des choses, mais comment savoir si c'est la vérité? Le trésor est caché, le royaume des cieux est un mystère, il nous faut donc trouver ce mystère, et seul Dieu par sa parole et son esprit peut nous dévoiler ce mystère. Premier point de cette parabole. 

Le royaume  de s cieux  est semblable à ce trésor caché  dans  un champ, et  pour  lequel  cet  homme  vend  tout  son  reste  pour l'acquérir, ou  comme ce marchand qui cherche de belles perles et qui tombe dessus, vend aussi tout ce qu'il a. Les  deux  paraboles signalent le royaume des cieux  comme  un bonheur, une  chance sans pareil, devant  lequel toutes les autres choses deviennent  désuètes,  relatives,  que  l'on  est  prêt  à échanger contre  le trésor ou la perle.  Je crois que c'est vrai, plus nous découvrons le royaume des cieux, plus  nous cherchons ce trésor et  cette  perle,  moins  les autres  choses  prennent  de l'importance. L'agriculteur vend tout ce qu'il a et achète le champ pour obtenir le trésor.  Avant d'avoir découvert le  trésor,  il  attachait de l'importance à  ce  qu'il avait, mais  plus après avoir découvert le trésor, parce le trésor vaut plus, beaucoup plus que tout le reste. Si le temple n'est pas rempli ce  matin, c'est  d'une part parce que je ne sais pas bien prêcher, mais  aussi  parce que beaucoup de paroissiens n'ont pas encore découvert  ce trésor, leur  sommeil, leur  loisirs,  leurs commodités, leurs raisonnements ont  encore  plus de prix que d'entendre parler de  ce trésor. J'ai vu une fois une émission de télévision qui relatait un culte dans un quartier à majorité noire à New-York, à Harlem. Alors le pasteur noir sur la chaire, lorsqu'il disait quelque chose, après chaque phrase, lorsque c'était positif, encourageant, les auditeurs criaient alléluia, et  quand ils voyaient qu'il avait un peu de peine, que l'onction était moins grande, ses paroles moins intéressantes, dynamiques, ils criaient à haute voix Jesus help him, c'est à dire Jésus aide-lui. Je m'imagine cela, après chaque phrase que je dis, alléluia ou Jesus help him. En  tout  cas moi j'ai besoin de son aide, et  aussi de  vos prières.

            Ces  paraboles  du trésor et de la perle nous  montrent  encore autre chose.  Tout  d'abord, le  royaume des cieux dépasse largement ce que nous attendons, il  y a beaucoup plus, Dieu n'est pas avare de bénédictions. Pourquoi  Paul  et Silas, après  avoir été roués de coups et  emprisonnés,  chantent  et prient au milieu de  la  nuit tellement fort que les autres prisonniers les entendent?  Parce ce qu'ils ont  reçus, la  joie et la confiance sont plus grandes que les peurs et les doutes, que les murs de la prison.

            Nous attendons tous quelque chose de la vie, chacun  à sa façon. Nous cherchons ce qui peut donner un sens à notre vie, que ce soit la recherche  de biens matériels, ou  autres, tels  que  respect, admiration, satisfactions,  un  travail bien réussi, ou  qui nous plait, bien élever nos enfants.  Un agriculteur est plus content, satisfait, quand  il a pu rentrer une bonne récolte, beaucoup  de foins ou de regains, qu'après un jour de grêle Pour un industriel, c'est la  même chose, s'il  a doublé son carnet de commandes,  il sera un peu moins excité un certain temps.  Je me rappelle toujours lors des  moissons de céréales, quand  quelqu'un vient prendre  un échantillon, avec  la  barre métallique que l'on enfonce dans  le grain, l'agriculteur  souvent est présent à ce moment, car  c'est important, car  on  analyse la qualité du grain je  crois,  c'est juste, et  le prix accordé dépend de cette qualité.  Il s'attend, espère une  bonne  qualité.  Et moi aussi, quand  j'ai passé  mes examens à  Zurich,  j'étais  content  d'avoir réussi.   On a  des attentes, des  espérances, différentes  selon les personnes, mais des choses auxquelles on apporte de l'intérêt.  Nous essayons tous de faire  quelque  chose dans nos vies,  d'atteindre  quelque chose, sauf peut  être les  vagabonds,  quoique  ils  essaient  aussi d'atteindre quelque chose, essayer  de convaincre les personnes de leurs histoires souvent invraisemblables.  Atteindre des valeurs, des positions  dans  la  sociétés,  valeurs  matérielles,  de connaissances, de  dignités.   Ca existe aussi dans nos régions, ce désir d'être reconnu dans ce que l'on fait, ce que l'on croit, une  paroissienne  m'a  parlé une fois de  la  parade, c'est à dire de  faire  quelque chose pour montrer que  l'on  fait quelque chose, être  vu. Ce sont aussi des valeurs que l'on peut rechercher. Atteindre quelque chose.

            Mais aussi hauts que puissent être nos attentes, nos  espoirs, le royaume  des cieux nous surprend différemment.  Nous voulons le bonheur dans  la  vie, mais  seul le royaume des cieux nous  rend vraiment heureux. Là  nous trouvons la paix, Ia sérénité, la joie, la vraie satisfaction. En découvrant ce trésor caché. , car  il estcaché, il  ne  suffit pas d'avoir été baptisé comme petit enfant, d'être inscrit  dans le registre d'une paroisse.  L'homme est la recherche de Dieu, seulement  il  ne  le sait pas toujours, alors  il  cherche ailleurs.

            C'est  le deuxième premier enseignement de ces paraboles.  Le troisième,  c'est pour  obtenir  le royaume des cieux, pour  y  entrer,  pour acquérir ce  trésor ou la perle, il  faut tout donner pour cela. L'agriculteur vend tout ce qu'il a. Il faut qu'un agriculteur soit vraiment persuadé  de  la valeur d'un trésor pour tout vendre  ce qu'il a. Si on demandait à Monsieur Gerber ou un autre agriculteur de tout vendre pour acheter un champ, je  crois qu'ils regarderait au moins d'abord bien le trésor, si le jeu en vaut la chandelle. Dans la parabole,  les  deux personnes vendent tout ce qu'elles avaient, elles ne  sont  plus attachés à ces trésors là,  elles peuvent  s'en passer. Je  pense que là réside une réponse. Pouvoir se passer des choses que l'on désire atteindre, acquérir,  les  relativiser.  Du point de vue humain, l'échange  parait risqué, tout  miser sur une carte. Cela ne sa fait, il faut diversifier ses engagements. On  qualifie certains chrétiens d'extrémistes, on a peur d'être perdant, de  perdre quelque chose.  De perdre son temps, s'engager  plus dans l'église, mais  j'aurai moins de temps pour faire ceci et cela. Tout donner, aussi ses doutes, mais ça ne sert à rien, d'aller  aux études bibliques, de faire ceci et cela.

On  est  réticent, mais  aussi dans sa vie de  famille,  à  la maison. Lire  chaque jour avec ses enfants un passage de la bible, prier en famille, mais pourquoi faire, on n'a pas le temps, on pense perdre quelque chose. Mais il faut vendre certaines choses, donner du temps,  de  l'argent  pourquoi pas,  donner  ses  doutes,  son imperfection, pour gagner le trésor. Vous comprenez ce que je veux dire. Nous  avons  sûrement tous des domaines, des  points de nos vies qui nous empêchent d'acheter le trésor, ou un nouveau trésor, car peut être que l'on pense j'ai déjà tout ce qu'il faut, ce  que l'on dit parfois quand un vendeur sonne à la porte. Je n'ai besoin de rien.  Vraiment,  alors  il n'y a plus qu'à attendre la  mort. Donner,  cela signifie aussi et d'abord donner son coeur, avant de donner ce qui nous tient à coeur.  Paul va si loin, cela nous aide aussi à  comprendre, il  dit que pour le Seigneur il a  renoncé  à toutes choses,  et  qu'il  les regarde comme de la boue,  ou  des excréments, pour  gagner Christ.  Paul a compris ces paraboles, et surtout il les a appliqués. Car nous savons tellement de choses de la foi, ce  qu'il faudrait faire, mais quand il s'agit d'exécuter, de faire, nous sommes parfois des plus longs que des Bernois. La vie d'ailleurs est marquée par cela, savoir recevoir et donner. Lorsqu'un enfant naît, il perd la chaleur du ventre de sa maman, mais il gagne le monde. Lorsqu'il va à l'école, il perd du temps à jouer toute la journée, mais il reçoit une instruction. Lorsque plus tard il se marie, il perd son célibat, mais il gagne un conjoint. Et il y a aussi la perte d'un être cher, et cette année nous avons vécu bien des départs, pouvoir redonner à Dieu la personne qu'il nous a prêtée, c'est douloureux, et c'est normal que cela le soit, mais la vie est ainsi faite. Et nous devrons tous aussi un jour, à moins de vivre au moment du retour du Christ, abandonner notre vie terrestre pour recevoir la céleste. Un échange, des échanges, la vie est faite d'échanges, et c'est toujours dur au début, une nouvelle situation, un nouvel endroit d'habitation, un nouveau travail, entourage, situation familiale, ce n'est pas évident, mais on ne peut éviter ces échanges. Ils font partie de la vie. La question est de savoir comment je les vis. Recevoir le royaume des cieux est un échange, abandonner ma vie ou je règnais, où j'étais dominé par le mal, pour recevoir la vie de Dieu en moi, un autre qui règne. Un échange, mais un échange profitable. Qui m'aide ensuite dans mes autres échanges de la vie. Si j'ai fait cet échange fondamental, reçu la vie éternelle de Dieu, tous les autres échanges, abondons et cadeaux seront moins fondamentaux pour moi, je pourrai les vivre mieux, plus sereinement, en sachant que j'ai tout en Christ.

            Le quatrième et dernier enseignement de ces paraboles,  c'est que c'est quelque chose de joyeux, que  d'acquérir le trésor ou la perle, d'entrer  dans  le royaume des cieux.  on pourrait  croire après ce  que  j'ai dit, que  c'est difficile, qu'il  faut se  renier, renoncer, presque  se trahir soi même.  Eh bien non, ceux  qui ont fait l'échange de le regrettent pas. Dans sa joie, il  va vendre tout ce qu'il a. Il  est content, en général, quand quelqu'un doit tout vendre,  c'est  difficile,  parce  que il y  des  problèmes, l'office des poursuites, ici,  il  va tout seul vendre ses biens, dans la joie, pace qu'il sait que le trésor vaut beaucoup plus. Il y a de la joie au moment d'acquérir ce royaume, Jésus dit il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de repentance. C'est vrai qu'il n'y a pas toujours de la joie, qu'il y a aussi des moments difficiles, des épreuves, mais cet échange fondamental est marqué par la joie. Et cette joie nous aide par la suite, dans nos épreuves, nous pouvons nous rappeler ce que nous avons vécu lorsque nous avons découvert le mystère du royaume des cieux. L'état de notre âme, de notre cœur, comme il faisait bon. Mais Dieu veut nous donner plus, nous redonner cette paix, cette sérénité. Et il nous attend pour un festin, le festin des noces de l'Agneau, il y aura de la joie dans le ciel, une joie que rien ne pourra plus troubler. Amen