30 juillet 2000, 17e
dimanche ordinaire
Chers frères et
soeurs
Notre
petite fille Isabelle, lorsqu'elle
avait un peu plus d'un an, quand nous
nous promenions parfois, elle s'arrêtait tout
à coup de marcher,
quand elle
avait vu quelque chose, elle
oubliait tout, ses parents, son frère, pour une chose qui prenait tout à coup de l'importance. Une fleur, un escargot,
ou autre chose. Alors on devait la prendre par la main pour continuer de
marcher, car même si nous nous éloignions,
cela lui était égal. Elle oubliait tout pour une petite chose.
Comme dans les deux paraboles que j'ai lues tout à l'heure.
Jésus parle
du royaume des cieux. Qu'est-ce que c'est que le royaume des cieux ? Ce n'est peut
être pas si évident que de l'expliquer. On a une idée, se représente quelque
chose, mais l'expliquer, c'est déjà différent. Essayez d'expliquer à
un enfant ce que c'est le royaume
des cieux, ce n'est pas évident. C'est en essayant d'expliquer
quelque chose à quelqu'un que l'on se
rend parfois compte si l'on a bien compris ou pas.
Un proverbe chinois dit: si tu ne connais pas une chose, enseigne
la. C'est vrai que cela aide. Ce n'est pas la même chose que de parler
un peu l'anglais ou de l'enseigner. Si vous voulez enseigner l'anglais ou que
sais-je, il faut se consacrer à la matière, pour pouvoir expliquer ce que l'on
sait intuitivement. Le royaume des cieux. Cela peut paraître théorique, ou théologique,
compliqué. Le royaume
des cieux.
Mais nous avons déjà une aide, en
regardant bien ces mots, il
ne faut jamais désespérer.
C'est comme à l'école,
quand on a un problème à résoudre, dont on ne comprend pas tout de suite la
solution, il faut bien regarder ce qui est écrit, ce que
l'on sait déjà, ce que
l'on peut déjà savoir avec ce qui nous est dit.
Ne pas perdre les pédales. Le
royaume des cieux, parle d'un royaume, un royaume
c'est le domaine où règne un roi. Le roi dans ce cas c'est qui, c'est
le Christ, ou Dieu, le roi des rois, puisqu'il s'agit
du royaume
des cieux. Ce n'est donc
pas le royaume d'Angleterre,
de Belgique ou autre, mais
le royaume des cieux. Bon, ça
on savait déjà, vous me
direz, on n'est pas venu au culte pour une
répétition du catéchisme. Mais
que dire de plus de ce royaume des
cieux, à part qu'il s'agit du
royaume de Dieu? On sait qu'il n'est pas un royaume de la terre, comme un
royaume de la terre, mais des cieux. Mais que signifie cela? Jésus savait très
bien qu'il vaut parfois mieux donner des exemples que de longues explications,
pour justement expliquer quelque chose. Il parlait souvent en paraboles, avec des exemples simples, que
tout le monde pouvait comprendre, et pas seulement quelques théologiens.
Parfois c'était même l'inverse, les gens religieux ne le comprenaient pas,
tandis que les personnes du peuple saisissaient ce qu'il voulait dire.
Jésus dit donc que le
royaume des cieux est semblable à un trésor caché dans
un champ. L'homme qui l'a trouvé le cache; et
dans sa joie, il va vendre
tout ce qu'il a, et achète ce
champ. Le trésor est caché, enfoui. Il existe, mais il n'est pas à la
surface. Il faut le chercher. Jésus parle d'ailleurs dans Marc 4/11 du mystère
du royaume de Dieu. C'est un mystère, un trésor caché, qu'il s'agit de
chercher, découvrir. Il ne suffit pas d'avoir été baptisé comme petit
enfant, ou d'être inscrit dans une paroisse ou une église, ni même de venir
au culte tous les dimanches pour entrer dans le royaume de Dieu. Le royaume des
cieux, même s'il est parlé des cieux, ne tombe pas du ciel. Il faut le
chercher. C'est un premier point de ces paraboles. C'est vrai, Jésus a promis
qui cherche trouve, il ne faut pas désespérer, qui cherche trouve. Il faut que
ce mystère soit révélé. Et pour cela, il n'est pas nécessaire d'être sage
ou intelligent, puisque Jésus dit dans Matthieu 11/25: En ce temps-là, Jésus prit la parole, et dit: Je te loue, Père,
Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et
aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. Un enfant qui
cherche le royaume de Dieu le trouvera plus facilement qu'un docteur en théologie
qui ne le cherche pas. Il faut qu'il soit révélé, le mystère de ce royaume.
Et comment ? Comment peut-il être révélé? Par la révélation, la parole de
Dieu, la bible. C'est là que le mystère nous est dévoilé. Mais nous avons
besoin de cette révélation. Parce par nous-même, nous ne trouvons pas cette révélation.
On peut bien se faire des idées de Dieu et de la foi, mais on ne sait pas si
c'est ainsi. Un de mes professeurs de théologie a pris une fois l'exemple d'un
bâton plongé dans une bac d'eau. A cause de la réfraction de la lumière dans
un liquide, on a l'impression que le bâton n'est pas rectiligne, mais qu'il y a
un angle juste à l'endroit où il entre dans l'eau. C'est du à la réfraction
de la lumière, et il y a un indice qui n'est pas le même pour un autre
liquide. Ce professeur disait que nos
yeux sont à la hauteur de l'eau, mais que nous ne savons pas où se trouve le bâton
hors de l'eau, à cause de la réfraction de la lumière. Il faut que l'indice
nous soit connu, révélé. Et cette révélation, c'est la bible. Par l'unique
raisonnement humain, on ne peut connaître Dieu ni le mystère de son royaume.
On peut penser et croire bien des choses, mais comment savoir si c'est la vérité?
Le trésor est caché, le royaume des cieux est un mystère, il nous faut donc
trouver ce mystère, et seul Dieu par sa parole et son esprit peut nous dévoiler
ce mystère. Premier point de cette parabole.
Le
royaume de s cieux
est semblable à ce trésor caché dans
un champ, et pour
lequel cet
homme vend
tout son
reste pour l'acquérir, ou
comme ce marchand qui cherche de belles perles et qui tombe dessus, vend
aussi tout ce qu'il a. Les deux
paraboles signalent le royaume des cieux comme un
bonheur, une chance sans pareil,
devant lequel toutes les autres
choses deviennent désuètes,
relatives, que
l'on est
prêt à échanger contre le trésor ou la perle.
Je crois que c'est vrai, plus nous découvrons le royaume des cieux, plus
nous cherchons ce trésor et cette
perle, moins
les autres choses
prennent de l'importance.
L'agriculteur vend tout ce qu'il a et achète le champ pour obtenir le trésor. Avant d'avoir découvert le
trésor, il
attachait de l'importance à ce
qu'il avait, mais plus après
avoir découvert le trésor, parce le trésor vaut plus, beaucoup plus que tout
le reste. Si le temple n'est pas rempli ce
matin, c'est d'une part
parce que je ne sais pas bien prêcher, mais
aussi parce que beaucoup de
paroissiens n'ont pas encore découvert ce
trésor, leur sommeil, leur
loisirs, leurs commodités, leurs raisonnements ont
encore plus de prix que
d'entendre parler de ce trésor.
J'ai vu une fois une émission de télévision qui relatait un culte dans un
quartier à majorité noire à New-York, à Harlem. Alors le pasteur noir sur la
chaire, lorsqu'il disait quelque chose, après chaque phrase, lorsque c'était
positif, encourageant, les auditeurs criaient alléluia, et
quand ils voyaient qu'il avait un peu de peine, que l'onction était
moins grande, ses paroles moins intéressantes, dynamiques, ils criaient à
haute voix Jesus help him, c'est à dire Jésus aide-lui. Je m'imagine cela, après
chaque phrase que je dis, alléluia ou Jesus help him. En
tout cas moi j'ai besoin de
son aide, et aussi de
vos prières.
Ces paraboles
du trésor et de la perle nous montrent
encore autre chose. Tout
d'abord, le royaume des
cieux dépasse largement ce que nous attendons, il
y a beaucoup plus, Dieu n'est pas avare de bénédictions. Pourquoi
Paul et Silas, après
avoir été roués de coups et emprisonnés,
chantent et prient au milieu
de la
nuit tellement fort que les autres prisonniers les entendent?
Parce ce qu'ils ont reçus,
la joie et la confiance sont plus
grandes que les peurs et les doutes, que les murs de la prison.
Nous attendons tous quelque chose de la vie, chacun
à sa façon. Nous cherchons ce qui peut donner un sens à notre vie, que
ce soit la recherche de biens matériels,
ou autres, tels que respect,
admiration, satisfactions, un
travail bien réussi, ou qui
nous plait, bien élever nos enfants. Un
agriculteur est plus content, satisfait, quand
il a pu rentrer une bonne récolte, beaucoup
de foins ou de regains, qu'après un jour de grêle Pour un industriel,
c'est la même chose, s'il
a doublé son carnet de commandes, il
sera un peu moins excité un certain temps.
Je me rappelle toujours lors des moissons
de céréales, quand quelqu'un
vient prendre un échantillon, avec
la barre métallique que
l'on enfonce dans le grain,
l'agriculteur souvent est présent
à ce moment, car c'est important,
car on
analyse la qualité du grain je crois,
c'est juste, et le prix
accordé dépend de cette qualité. Il
s'attend, espère une bonne
qualité. Et moi aussi,
quand j'ai passé
mes examens à Zurich,
j'étais content
d'avoir réussi. On a des
attentes, des espérances, différentes
selon les personnes, mais des choses auxquelles on apporte de l'intérêt.
Nous essayons tous de faire quelque
chose dans nos vies, d'atteindre
quelque chose, sauf peut être
les vagabonds,
quoique ils
essaient aussi d'atteindre
quelque chose, essayer de
convaincre les personnes de leurs histoires souvent invraisemblables.
Atteindre des valeurs, des positions
dans la
sociétés, valeurs
matérielles, de
connaissances, de dignités. Ca existe aussi dans nos régions, ce désir d'être
reconnu dans ce que l'on fait, ce que l'on croit, une
paroissienne m'a
parlé une fois de la parade, c'est
à dire de faire
quelque chose pour montrer que l'on
fait quelque chose, être vu.
Ce sont aussi des valeurs que l'on peut rechercher. Atteindre quelque chose.
Mais aussi hauts que puissent être nos attentes, nos
espoirs, le royaume des
cieux nous surprend différemment. Nous
voulons le bonheur dans la
vie, mais seul le royaume
des cieux nous rend vraiment
heureux. Là nous trouvons la paix,
Ia sérénité, la joie, la vraie satisfaction. En découvrant ce trésor caché.
, car il estcaché, il ne suffit pas
d'avoir été baptisé comme petit enfant, d'être inscrit
dans le registre d'une paroisse. L'homme
est la recherche de Dieu, seulement il ne
le sait pas toujours, alors il
cherche ailleurs.
C'est le deuxième premier
enseignement de ces paraboles. Le
troisième, c'est pour obtenir
le royaume des cieux, pour y
entrer, pour acquérir ce
trésor ou la perle, il faut
tout donner pour cela. L'agriculteur vend tout ce qu'il a. Il faut qu'un
agriculteur soit vraiment persuadé de
la valeur d'un trésor pour tout vendre
ce qu'il a. Si on demandait à Monsieur Gerber ou un autre agriculteur de
tout vendre pour acheter un champ, je crois
qu'ils regarderait au moins d'abord bien le trésor, si le jeu en vaut la
chandelle. Dans la parabole, les
deux personnes vendent tout ce qu'elles avaient, elles ne
sont plus attachés à ces
trésors là, elles peuvent s'en passer. Je pense
que là réside une réponse. Pouvoir se passer des choses que l'on désire
atteindre, acquérir, les relativiser. Du
point de vue humain, l'échange parait
risqué, tout miser sur une carte.
Cela ne sa fait, il faut diversifier ses engagements. On
qualifie certains chrétiens d'extrémistes, on a peur d'être perdant,
de perdre quelque chose.
De perdre son temps, s'engager plus
dans l'église, mais j'aurai moins
de temps pour faire ceci et cela. Tout donner, aussi ses doutes, mais ça ne
sert à rien, d'aller aux études
bibliques, de faire ceci et cela.
On est réticent,
mais aussi dans sa vie de
famille, à
la maison. Lire chaque jour
avec ses enfants un passage de la bible, prier en famille, mais pourquoi faire,
on n'a pas le temps, on pense perdre quelque chose. Mais il faut vendre
certaines choses, donner du temps, de
l'argent pourquoi pas,
donner ses
doutes, son imperfection,
pour gagner le trésor. Vous comprenez ce que je veux dire. Nous
avons sûrement tous des
domaines, des points de nos vies
qui nous empêchent d'acheter le trésor, ou un nouveau trésor, car peut être
que l'on pense j'ai déjà tout ce qu'il faut, ce
que l'on dit parfois quand un vendeur sonne à la porte. Je n'ai besoin
de rien. Vraiment,
alors il n'y a plus qu'à
attendre la mort. Donner,
cela signifie aussi et d'abord donner son coeur, avant de donner ce qui
nous tient à coeur. Paul va si
loin, cela nous aide aussi à comprendre,
il dit que pour le Seigneur il a
renoncé à toutes choses,
et qu'il
les regarde comme de la boue, ou des excréments, pour gagner
Christ. Paul a compris ces
paraboles, et surtout il les a appliqués. Car nous savons tellement de choses
de la foi, ce qu'il faudrait faire,
mais quand il s'agit d'exécuter, de faire, nous sommes parfois des plus longs
que des Bernois. La vie d'ailleurs est marquée par cela, savoir recevoir et
donner. Lorsqu'un enfant naît, il perd la chaleur du ventre de sa maman, mais
il gagne le monde. Lorsqu'il va à l'école, il perd du temps à jouer toute la
journée, mais il reçoit une instruction. Lorsque plus tard il se marie, il
perd son célibat, mais il gagne un conjoint. Et il y a aussi la perte d'un être
cher, et cette année nous avons vécu bien des départs, pouvoir redonner à
Dieu la personne qu'il nous a prêtée, c'est douloureux, et c'est normal que
cela le soit, mais la vie est ainsi faite. Et nous devrons tous aussi un jour,
à moins de vivre au moment du retour du Christ, abandonner notre vie terrestre
pour recevoir la céleste. Un échange, des échanges, la vie est faite d'échanges,
et c'est toujours dur au début, une nouvelle situation, un nouvel endroit
d'habitation, un nouveau travail, entourage, situation familiale, ce n'est pas
évident, mais on ne peut éviter ces échanges. Ils font partie de la vie. La
question est de savoir comment je les vis. Recevoir le royaume des cieux est un
échange, abandonner ma vie ou je règnais, où j'étais dominé par le mal,
pour recevoir la vie de Dieu en moi, un autre qui règne. Un échange, mais un
échange profitable. Qui m'aide ensuite dans mes autres échanges de la vie. Si
j'ai fait cet échange fondamental, reçu la vie éternelle de Dieu, tous les
autres échanges, abondons et cadeaux seront moins fondamentaux pour moi, je
pourrai les vivre mieux, plus sereinement, en sachant que j'ai tout en Christ.
Le quatrième et dernier
enseignement de ces paraboles, c'est
que c'est quelque chose de joyeux, que d'acquérir
le trésor ou la perle, d'entrer dans le royaume des cieux. on
pourrait croire après ce
que j'ai dit, que
c'est difficile, qu'il faut
se renier, renoncer, presque
se trahir soi même. Eh bien
non, ceux qui ont fait l'échange
de le regrettent pas. Dans sa joie, il va
vendre tout ce qu'il a. Il est
content, en général, quand quelqu'un doit tout vendre,
c'est difficile,
parce que il y
des problèmes, l'office des
poursuites, ici, il va tout seul
vendre ses biens, dans la joie, pace qu'il sait que le trésor vaut beaucoup
plus. Il y a de la joie au moment d'acquérir ce royaume, Jésus dit il
y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent, que pour
quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de repentance. C'est vrai
qu'il n'y a pas toujours de la joie, qu'il y a aussi des moments difficiles, des
épreuves, mais cet échange fondamental est marqué par la joie. Et cette joie
nous aide par la suite, dans nos épreuves, nous pouvons nous rappeler ce que
nous avons vécu lorsque nous avons découvert le mystère du royaume des cieux.
L'état de notre âme, de notre cœur, comme il faisait bon. Mais Dieu veut nous
donner plus, nous redonner cette paix, cette sérénité. Et il nous attend pour
un festin, le festin des noces de l'Agneau, il y aura de la joie dans le ciel,
une joie que rien ne pourra plus troubler. Amen