Marc 6/45-52, confiance

Boîte à prédications

26 janvier 2003, 3e dimanche ordinaire, Matthieu 16/24

 

Chers frères et sœurs,

 

            Que devons-nous faire pour venir après Jésus ? C'est tout simple, faire ce que Jésus nous a dit. Et qu'a-t-il dit sur ce point ? Nous l'avons entendu dans la lecture biblique: "Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive". Trois choses sont indiquées, renoncer à soi-même, se charger de sa croix, et le suivre. Que préférez-vous de ces trois choses ? Sans doute le suivre, parce renoncer à soi-même, se charger de sa croix, cela paraît moins agréable à première vue. On dit plus souvent, "oui, je veux suivre Jésus", que "oui, je veux renoncer à moi-même", ou "oui, je veux me charger de ma croix". Parce que renoncer à soi-même, cela peut nous faire peur, et se charger de sa croix, on a l'impression que l'on porte déjà une croix dans la vie, alors en prendre encore une, c'est pas toujours ce que peut nous enthousiasmer le plus. Mais si cela ne nous enchante pas tout de suite "à fond la caisse", c'est peut-être justement parce que nous avons besoin d'entendre cette parole, et surtout de la vivre. Parce qu'il y a une bénédiction à faire ce que Jésus nous demande. C'est un bienfait de pouvoir comprendre et vivre ce qu'il nous dit, parce que ce sont des paroles de vie. Jésus lui-même a dit: "En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m 'a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie" (Jean 5/24). Mais regardons d'abord un peu le contexte de cette parole de Jésus: Pierre venait de faire, au nom des apôtres, cette belle confession : « Tu es le Christ, le fils du Dieu vivant! » et le Seigneur lui avait ré­pondu : « Tu es heureux, Simon, fils de Jonas, « car ce n'est pas la chair ni le sang qui t'ont révélé cela, mais c'est mon Père qui est dans les cieux. » Ils avaient reconnu, en Jésus, le Messie qu'Israël attendait, et le Dieu qui donne la vie éternelle. Mais ils ne savaient pas comment le Sauveur allait manifester sa gloire, et par quelle voie eux-mêmes devaient le suivre. Tout pleins encore de convoitises charnelles, d'espérances égoïstes, c'était une grandeur terrestre qu'ils rêvaient pour lui et pour eux. Ils ne savaient pas que c'était par la croix que Jésus devait s'élever à la droite de Dieu, et par la croix qu'eux-mêmes devaient le suivre. Ils avaient compris un point fondamental de la, foi, que Jésus était le Fils du Dieu vivant, mais ils n'avaient pas encore compris ce que cela impliquait pour eux. Voilà pour­quoi le Seigneur commença dès lors à leur dé­clarer qu'il fallait qu'il allât à Jérusalem pour y souffrir, y mourir et y ressusciter au troi­sième jour; que c'était ainsi que les prophéties allaient être accomplies et le fils de l'homme glorifié. Mais les disciples n'entendaient rien à tout cela, ils ne comprenaient point ce que Jésus leur disait; ils craignaient de l'inter­roger et ils étaient fort attristés. Enfin Pierre ayant pris Jésus à part, se mit à le reprendre et à lui dire : "A Dieu ne plaise, Seigneur, cela ne t'arrivera pas!" Alors Jésus se retourne, regarde les disci­ples, et, comme autrefois sur la montagne, il répond au tentateur qui lui parle par une bou­che si chère: " Arrière de moi, Satan! tu m'es en scandale; car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes. Comme si Jésus voulait dire: Tu ne sais pas qu'il faut non-seulement que moi je meure pour vous donner la vie, que moi je sois meurtri pour que vous soyez guéris; mais que vous aussi, il faut que vous mouriez à vous-mêmes, au monde, au péché, si vous voulez vivre d'une vie nouvelle, de la vie sainte, éternelle; il faut que tout ce que vous verrez s'accomplir en moi de douloureux pour la chair et le sang s'accomplisse en vous-mêmes, si vous voulez un jour partager ma gloire. Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix et qu'il me suive. Si quelqu'un veut être vraiment mon disciple, qu'il ne se contente pas de croire, mais qu'il vive en moi; qu'il vive d'une vie d'a­mour, de foi, d'obéissance; que par l'amour il renonce à soi-même, il combatte son propre cœur et le péché; que par la foi il prenne sa croix, il vainque le monde et la douleur; que par l'obéis­sance il me suive; que ma vie devienne sa. vie, et qu'il se laisse guider par moi. Voilà en abrégé toute la vie chrétienne, voilà ce qu'il nous faut quitter, ce qu'il nous faut accepter et ce qu'il nous faut faire : nous quitter nous-­mêmes, accepter la croix, suivre Christ, trois points qui constituent l'imitation de Jésus­-Christ et la vocation des enfants de Dieu. Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix et qu'il me suive. Le renoncement, voilà notre premier point. Et remarquons d'abord ce petit mot : veut! » Si quelqu'un veut venir après moi, dit le Seigneur... Jésus n'oblige personne à le suivre, mais il invite. Si quelqu'un veut. C'est le début de la vie de foi. Si quelqu'un veut venir après moi. Tout  le monde ne veut pas. Nous ne naissons pas automatiquement en tant que disciples de Christ. Nous devons le choisir, et vouloir venir après lui, le suivre. On peut vouloir être chrétien, et ne pas vouloir suivre le Christ. On peut s'appuyer sur sa propre justice, ne pas sentir le besoin du Sauveur pour nous pardonner les péchés et nous offrir la vie éternelle. A ceux­-là, le Seigneur ne peut point encore dire qu'ils renoncent à eux-mêmes, car ils ne se connais­sent point eux-mêmes, ni qu'ils le suivent, car ils ne le connaissent pas non plus. Ils pourront, il est vrai, être capables de grands sacrifices; ils pourront, au milieu des combats de la vie, renoncer au plaisir pour la fortune, à la for­tune pour la gloire, à la gloire pour l'amour charnel; ils pourront, dans la pensée qu'ils sont bons et purs, faire d'énergiques efforts pour grandir à leurs propres veux; mais loin de renoncer à leur a moi, ils ne font par là que lui sacrifier et se prendre eux-mêmes pour idole.

Quand, éclairés par le Saint-Esprit, nous avons appris à connaître nous-mêmes et Dieu, quand nous avons senti qu'en nous il n'y a que péché, impuissance et tourment, et qu'en Dieu seul est la justice, la force, le bonheur: quand, cherchant à faire le bien, nous avons vu, comme dit l'apôtre, le mal attaché à nous, en sorte que nous ne faisons pas le bien que nous voudrions faire, et que nous faisons le mal que nous ne voudrions pas faire (Romains 7), alors nous comprenons que nous n'avons pas de plus grand ennemi que notre propre cœur, qu'il faut nous perdre pour nous sauver, qu'il faut, en un mot, renoncer à nous-­mêmes. Et quand nous avons goûté et savouré combien le Seigneur est doux, quand un rayon de l'amour de Jésus a pénétré clans notre cœur, alors aussi nous comprenons qu'en renonçant à nous-mêmes, nous nous donnons à lui, qu'en nous donnant à lui, il se donne à nous, et qu'en le recevant nous trouvons la vie et tout ce que nous avions jusque-là vainement cherché. Alors nous sommes capables de la recevoir cette pa­role : "Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même. Qu'est-ce que re­noncer à soi-même? C'est se donner à Dieu, c'est nous dépouiller de nous-mêmes pour nous revêtir de Jésus-Christ; c'est sacrifier nos pen­chants, notre naturel, notre égoïsme, notre moi, pour vivre en Dieu, pour Dieu, par Dieu; c'est nous refuser toute jouissance qui ne dé­coule pas de Dieu ou ne ramène pas à lui; c'est faire taire notre propre volonté, toutes les fois qu'elle n'est pas d'accord avec la volonté de Dieu; c'est quitter une route facile et semée de fleurs pour un sentier étroit et rude, mais qui mène au bonheur; c'est refuser un poison délicieux pour un breuvage sobre, mais qui donne la vie. Renoncer à nous-mêmes, c'est premièrement renoncer aux actions et aux convoitises mau­vaises en soi, c'est particulièrement renoncer à notre passion do­minante, à notre péché favori, chacun à ce qui, dans la pratique de la vie ou dans le fond de notre coeur, est décidément coupable et nous enchaîne au péché. Tant que nous n'avons point accom­pli ce premier sacrifice, tant que, par légèreté ou lâcheté, nous voulons faire taire notre con­science et nous payer de vaines excuses, tant que nous voulons servir Dieu et Mammon, n'es­pérons point trouver la paix du cœur ni mar­cher en avant dans la vie chrétienne! On peut être prêt à tout sacrifier, sauf une chose. C'est pourquoi, dit le Seigneur, si ta main ou ton pied te fait tomber dans le péché, coupe-les et  jette-les loin de toi; car il vaut mieux que tu entres boiteux ou manchot dans la vie, que d'avoir deux pieds ou deux mains et d'être a jeté dans le feu éternel (Matthieu 18/8). Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même. Mais renoncer à nous-mêmes , c'est faire plus que le sacrifice des choses absolument mauvaises; c'est aussi se détacher des bonnes, des biens légitimement acquis, des avantages de l'esprit, de la position, des liens les plus doux de la vie, de la vie elle-même. « Quiconque, dit le Seigneur, ne renonce pas à tout « ce qu'il possède, ne peut être mon disciple (Luc 14/33). Et pourquoi ? Parce que, en réalité, nous ne possédons rien, parce que tout est à Dieu et doit lui être rapporté; parce que c'est là la folie de notre orgueil et de notre égoïsme de vouloir dire des biens que Dieu, par grâce, nous confie : cela est à moi; je puis, je sais cela, moi! et de nous prendre ainsi pour idoles, au lieu de nous donner nous­-mêmes et tout à Dieu. Est-ce à dire, pour au­tant, qu'il faille abandonner le monde, la famille, les biens que nous avons, pour nous enfuir dans une solitude ou dans un monastère? Non, mais, dit saint Paul : « Il nous faut user du monde « comme n'en usant pas, et posséder comme « ne possédant point » (1 Cor. 7/31). II faut que le chrétien renonce à tout ce qu'il possède, même aux choses les plus innocentes, parce qu'elles cessent de l'être aussitôt qu'on n'y renonce pas; il faut qu'il renonce, même aux choses qu'il est obligé de conserver avec un grand soin, telles que les biens ou la paix de la famille, sa réputation, sa science, sa vie, parce que, tout en les conservant extérieure­ment, il doit s'en détacher intérieurement; il doit n'y point mettre son cœur ; il doit en faire un usage sobre et modéré, et même les quitter, toutes légitimes qu'elles paraissent, aussitôt qu'elles deviennent pour lui une occasion de chute; il doit s'en considérer simplement comme le dépositaire, l'économe, et être prêt à les donner à Dieu toutes les fois que Dieu les de­mande. Mais il nous faut faire un pas de plus dans la voie du renoncement, c'est de prétendre que toute grâce excellente et tout don parfait ne vient pas de Dieu seul, mais de nous aussi; que nous pouvons par nous-mêmes être bons, contribuer par nos oeuvres à une part du salut éternel. Paul nous le rappelle: Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu (Ephésiens 2/8). Notre cœur peut parfois se tromper lui-même et nous tromper, lorsque nous sommes prêts à renoncer à nous-mêmes, mais en voulant être meilleurs que les autres, en méprisant les péchés des autres, c'est déjà de l'orgueil, ou à l'inverse, lorsque nous marchons selon la chair et pas selon l'esprit, et que nous fautons, et que nous restons déçus de nous-mêmes, irrités ou désespérés, au lieu de simplement demander pardon à Dieu, en sachant que nous avons besoin de sa vie pour accomplir le bien, nous sommes plus déçus de notre comportement, que du fait de pas avoir rendu gloire à Dieu par notre action, et c'est encore là de l'orgueil, nous ne pensions que nous étions capable de faire cela. Nous sommes déçus de nous, et pas tellement déçus de pas avoir servi Dieu. Et nous tournons autour de notre faute et de notre déception, au lieu de demander pardon, et c'est fini. Nous avons besoin de Jésus-Christ. Si quelqu'un  veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, et la suite, qu'il se charge de sa croix! Nous venons de voir ce que c'est que le renon­cement; mais comment accomplir ce sacrifice de tout notre être, cette mort à ce qui nous est cher ? Comment pouvoir renoncer à sa soi-même ? Le seul moyen, c'est la croix. Se charger de sa croix, je crois que cela veut dire, d'une part, avec sa vie, ce qui nous pèse, ce qui nous est impossible, aller sous la croix du Christ. Jésus s'est chargé de sa croix, il a renoncé à tout, même sa vie. Le texte dit, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive. Suivre le Christ, c'est le suivre en cela. Et le verset suivant, dit bien: Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la trouvera. Jésus n'a pas voulu sauver sa vie, il a pris la croix sur lui, a perdu la vie, pour la retrouver, se charger de sa croix, c'est faire la même chose, renoncer à soi-même, à tout, même à sa propre vie, et recevoir la vie de Christ. Nous tenons à notre vie, c'est normal, c'est humain. Nous tenons à certaines choses, c'est tout à fait normal. C'est humain. Il nous semble impossible de vouloir renoncer à certaines choses. C'est normal. Mais ce qui est impossible aux hommes, est possible à Dieu. Et pour cela, nous avons besoin du Christ, lui-seul peut nous faire mourir à nous-mêmes, et nous faire de nous de nouvelles créatures. C'est un miracle, mais Dieu fait ce miracle pour tous ceux qui le lui demandent, qui sont prêts à venir après lui, renoncer à eux-mêmes, se chargent de leur croix et le suivent. Ou, pour dire autrement, ceux qui sont prêts à perdre leur vie à cause du Christ. Se charger de sa croix, c'est donc comme le Christ, être prêt à porter ce que Dieu permet que nous portions, être prêt à passer par les chemins où Dieu nous mène, même si parfois c'est difficile, c'est être prêt à porter l'opprobre du Christ, les moqueries, l'incompréhension parfois. En portant sa croix, Jésus a montré qu'il était prêt à suivre le chemin de donner sa vie. Se charger de notre croix, ce n'est pas porter les péchés du monde comme le Christ, ce n'est pas porter la même croix, mais c'est, à partir de sa croix et de la victoire que Jésus a acquise suite à sa mort à la croix, marcher confiant sur les chemins de notre vie, recevoir tout de Dieu, en sachant qu'il ne fait pas de faute, c'est manger le pain, même s'il est parfois dur, en sachant qu'il vient de Dieu. Si nous l'acceptons humblement de sa main, et si nous savons le pétrir des eaux de la grâce, il nous fera croître en sanc­tification et en bénédictions. Paul le dit: "Nos légères afflictions du moment présent produisent pour nous, au delà de toute mesure, un poids éternel de gloire" (2 Cor. 4/17). Rappelons-nous que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu (Romains 8/28). Renoncer à soi-même, porter sa croix, voilà les deux premiers points. Le troisième dit: Qu'il me suive! Voilà le dernier trait sur lequel il me reste à ajouter quelques mots. Nous avons vu que sommes invités à nous charger de notre croix, voilà ce que nous devon faire, mais comment le faire ? En suivant le Seigneur, c'est-à-dire en regardant à Lui avec foi et en nous laissant guider par son Esprit. Suivre Jésus, c'est avoir les yeux fixés sur lui. Sans cela, nous ne pouvons renoncer à nous-mêmes et nous charger de notre croix. Le suivre, c'est le suivre dans sa mort et sa résurrection, Paul dit: Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c'est en sa mort que nous avons été baptisés ? (Romains 6/3). Le baptême montre que nous avons été ensevelis avec le Christ, et ressuscités avec lui. Sans cela, nous ne pouvons renoncer à nous-mêmes et nous charger de notre croix. Suivre le Christ, c'est le fixer, le voir, le contempler (Jean 6/40). Pouvons-nous contempler sa croix et ne pas croire qu'il est l'amour même ? Pouvons-nous croire en l'amour sans aimer? Non; s'il y a en nous seulement une étincelle de foi, elle se changera bientôt en un feu d'amour; et si nous aimons, nous saurons porter avec joie la, croix et nous aurons re­noncé à nous-mêmes. Dans l'ancien testament, ceux qui ont regardé le serpent d'airain ont conservé la vie (Nombres 21/9), aujourd'hui, quiconque regarde à Jésus, retrouve là, force de croire, le don d'aimer. C'est vrai qu'il dit dans Esaïe 53/2: Il n'avait ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards. Mais quand nous avons reçu des yeux pour voir et que l'Esprit du Seigneur nous éclaire; quand nous comprenons ce que nous sommes et ce que Jésus a fait pour nous; quand nous le voyons par amour pour nous, descendre des cieux au fond de l'abîme; pour nous, se dépouiller de la gloire divine et se courber sous la croix; pour nous, souffrir et mourir; et quand ce mot "pour nous" est entré au coeur; quand nous éprouvons que par ses blessures nous avons la guérison, par sa condamnation la grâce, par ses angoisses la paix, par sa mort la vie éter­nelle, et tout cela par amour, par pur amour, est-il possible que notre coeur résiste et que nous ne sentions pas vivre en nous cette parole de l'apôtre : "Car l'amour de Christ nous presse, parce que nous estimons que si un seul est mort pour tous, tous donc sont morts; et qu'il est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux" (2 Cor. 5/14-15). Pour que le Christ et sa gloire vivent en nous, il faut que nous vivions en lui pour que nous puissions suivre son exemple et sa parole, il faut que nous suivions aussi sa voix intérieure, la voix de son Saint-Esprit en nous. C'est par cet Esprit que Jésus nous ap­pelle, nous reprend, nous console, nous régé­nère, c'est par cet esprit qu'il nous donne la foi qui justifie, la paix. C'est lui qui nous unit à Christ et nous apprend à aimer, non pas de toutes nos forces, mais de toutes les forces de Dieu; c'est lui qui nous fait sentir la vanité et l'amertume de tous les bonheurs d'ici-bas, et qui nous fait goûter, au milieu des combats, les divins ra­fraîchissements de la foi et, de l'espérance c'est en suivant ses directions que nous suivons vraiment Jésus. Les prophètes et les apôtres peuvent bien nous faire entendre le son des paroles; mais c'est l'Esprit qui nous en dit le sens; ils exposent les mystères, mais c'est l'Es­prit qui nous en révèle le secret et nous en manifeste la puissance; ils agissent au dehors; mais c'est l'Esprit qui vivifie. Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive. Amen.