La
Forêt en couvrant près de 42 % du territoire
franc-comtois en fait une des régions les plus boisées
de France. La dernière saboterie artisanale qui a fonctionné
était celle de Valbert Bresson, le fils de François mon grand-père.
En son honneur, et en rassemblant tous mes souvenirs
d'enfance, j'ai voulu vous faire découvrir un vieux métier
aujourd'hui disparu, le métier d'artisan Sabotier.
|
|
![]() |
Les vidéos présentées dans cette
page sont au format Real vidéo. Le téléchargement
d'un lecteur RealPlayer est disponible gratuitement à l'adresse
suivante :
Lecteur RealPlayer. |
|
|
|
Bien qu'aidé
par les machines pour la première ébauche comme chez mon
grand-père à Sainte-Marie-en-Chanois, le sabotier faisait
un métier pénible. L'atelier était modeste. Il y avait
deux petites fenêtres dans la salle des machines au rez de chaussée.
la fenêtre avec la scie à ruban |
la fenêtre de l'atelier |
vue générale de l'atelier |
A l'étage
on trouvait une table de travail au dessus de laquelle étaient accrochés
tous ses outils.
La table de travail |
Valbert le Sabotier entouré de ses petits neveux et nièces) |
Vue de l'atelier à l'étage |
Un
système sophistiqué de transmission
par courroies permettait le fonctionnement de toutes les machines
mécaniques de la saboterie (scie à ruban, tour et videuse).
Avant l'électricité ce système de transmission était relié à une roue à aubes. Cette roue était entraînée par l'eau de la rivière (le Breuchin) qui coulait à côté de la maison. Une chute d'eau permettait la production de toute l'énergie nécessaire aux différentes machines sauf lorsque le niveau de la rivière était trop bas.
roues à aubes (clic pour agrandir la photo) |
la rivière à coté de la saboterie (clic pour une photo du pont de pierre) |
Le bois utilisé pour la Fabrication des sabots était le bouleau ou le platane. Le sabotier, la plupart du temps achetait son bois sur pied. Il abattait lui-même l'arbre à la hache ou à la tronçonneuse puis le stockait à proximité de la saboterie pendant plusieurs années. Mais chez mon grand-père de nombreux clients apportaient leur bois et ne payaient que la façon. Cela exigeait une comptabilité très complexe car la quantité de sabots à livrer dépendait de la taille de ceux ci et du cubage du bois fourni.
A l'aide d'une scie à ruban, l'arbre est débité en billes de 12 à 15 pouces (35 à 40 cm). La découpe du bois avec la scie donne déjà la forme du sabot. C'est la première ébauche.
La scie à ruban (clic pour agrandir la photo) |
Le sabotier en action (clic pour agrandir la photo) |
Une séquence vidéo est disponible en cliquant sur l'image. |
Après le poinçonnage
du sabot, on le place dans le tour à reproduire. Cette fois grâce
au modèle mis en place dans le tour on va obtenir la forme extérieure
définitive du sabot.
Ensuite on creuse le sabot dans
la videuse avec des cuillères qui tournent très rapidement.
Dans cette machine le modèle placé sur la gauche permet de
servir de guide.
la cuillère en action sur la videuse |
Valbert à la videuse (clic pour agrandir la photo) |
Une séquence vidéo est disponible en cliquant sur l'image. |
Le travail mécanique
est maintenant terminé. A l'aide d'une gouge, on supprime toute
les aspérités de l'intérieur du sabot pour obtenir
une surface très lisse. Ensuite avec une grande lame tranchante
fixée par sa pointe sur un établi (le paroir), on affine
les deux extrémités du sabot.
Avec un outil appelé
rainette,
on
décore le dessus du sabot avec de petites incisions. Ceci représente
la signature du sabotier.
Les sabots sont ensuite peints ou vernis selon les modèles désirés (modèle homme ou femme). La décoration des sabots vernis était quelquefois très fine et compliquée. Avec un petit fil de fer les deux sabots sont ensuite attachés ensemble.
A l'heure actuelle, les sabots
de bois ont disparu au profit de sabots en caoutchouc et de bottes ...
la décoration du sabot |
des sabots peints en noir |
Merci pour la visite ... |