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Les mâles sont ailés ; leur présence à l'intérieur de la colonie n'est observée que durant la courte période qui précede l'envolée nuptiale. Ils ont pour seul rôle de féconder les futures reines. Peu après l'accouplement, ils meurent. Les ouvrières se chargent de la défense et de l'entretien de la colonie, qui comprend la construction des galeries, les soins apportés aux jeunes, la quête de la nourriture, etc...
Laissés à eux-mêmes, les mâles meurent généralement peu de temps après avoir fécondé les reines au cours du vol nuptial. Par contre, les reines et les ouvrières peuvent vivre, chez certaines espèces, plus de quinze années. La reine, dont la fécondité est souvent impressionnante corrélée à leur longue vie, va générer des nids contenant plusieurs centaines de milliers ou millions d'individus. C'est cet accroissement en taille de leurs sociétés qui a permis à ces insectes de modifier progressivement leur mode de vie et de développer des techniques de travail très performantes. Chez les espèces où un grand nombre d'ouvrières peuvent coopérer afin de récolter la nourriture, de nouveaux comportements alimentaires sont apparus comme la chasse en groupe, l'élevage des pucerons ou la culture des champignons microscopiques. Cette diversification des modes de vie explique le grand succès écologique des fourmis qui représentent 10 à 15 % de la biomasse animale. Les " reines " et les " ouvrières " ont des morphologies différentes suite à une différenciation pendant le stade larvaire. C'est ce dimorphisme qui a permis une spécialisation pour l'accomplissement de tâches distinctes. Les ouvrières, sans ailes et souvent incapables de s'accoupler, participent aux activités sociales (soins au couvain, construction et défense du nid, approvisionnement en nourriture), alors que les reines, ailées, peuvent s'envoler du nid pour s'accoupler avec un mâle étranger et fonder une autre société, dont elles génèrent la descendance. En étudiant une fourmi primitive, du type "Harpegnathos saltator" vivant en Inde, dont les reines, peu spécialisées, et les ouvrières sont morphologiquement similaires, on a remarqué que le maintien de la reine chez ces fourmis est indispensable au renouvellement de la société. Chez Harpegnathos saltator, les ouvrières ressemblent tellement aux reines ailées qu'elles peuvent aussi s'accoupler et pondre des ufs. Cependant il leur est impossible d'utiliser cette fonction lorsque la reine est présente dans le nid, et elles sont incapables de fonder de nouvelles sociétés. C'est donc la reine qui commence la construction du nid et qui assure la reproduction pendant deux ou trois ans. Au bout de cette période, la reine meurt alors que la société n'a pas encore atteint son développement complet. Certaines ouvrières reprennent alors le relais de la reproduction après s'être accouplées avec leurs frères de nid. Ainsi la société perdure plusieurs années dans le même nid. Chez d'autres espèces primitives, les reines ont complètement disparu, mais les ouvrières reproductrices ne peuvent pas créer de nouvelles sociétés sans l'aide des ouvrières stériles. Ainsi, une société existante se scinde en deux parties qui deviennent autonomes. La spécialisation des castes semble donc avoir suivi un chemin corrèlaire à l'évolution des "FOURMIS"
Les fourmis ajustent le nombre de leurs soldats à l'importance des menaces de conflit qu'elles perçoivent. Ainsi, des sociétés paisibles fabriquent deux fois moins de soldats que leurs homologues stressées par le contact permanent de compétiteurs provenant d'une autre colonie. Les fourmis s'imposent des " sacrifices " quand la survie de la colonie est en jeu : les soldats sont, en effet, obtenus par une suralimentation des larves dont la destinée normale est d'évoluer en ouvrières. Un nombre plus faible d'ouvrières sera par conséquent observable suite à cet important effort de " guerre " que nécessite l'élevage d'énormes soldats. |
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