Programmée
sur la première chaîne tous les soirs à 20h30
depuis le 29 avril 1968, la diffusion des
Shadoks, dessin-animé issu du service de la
recherche de l'ORTF, fut interrompue le 13 mai,
après une avalanche de lettres de protestation
de téléspectateurs indignés ; elle reprit au
mois de septembre. Voici quelques morceaux
choisis des textes de Jacques Rouxel lus par
Claude Piéplu suivis d'une mise en scène de
Shadoks plus personnelle à l'auteur du site.
Cosmologie
: "C'était il y a très, très, très
longtemps. En ce temps-là, il y avait...le ciel.
A droite du ciel, il y avait la planète GIBI ;
elle était complètement plate, et elle
penchait, soit d'un côté, soit de l'autre. A
gauche du ciel, il y avait la planète SHADOK ;
elle n'avait pas de forme spéciale...ou
plutôt...elle changeait de forme. Au milieu du
ciel, il y avait la TERRE, qui était ronde et
qui bougeait. Sur la Terre, il n'y avait
apparemment rien..."
Devise
: "Il vaut mieux pomper d'arrache-pied même
s'il ne se passe rien plutôt que de risquer
qu'il se passe quelque chose de pire en ne
pompant pas."
Antimémoire
: "Car vous comprenez, comme les Shadoks
n'avaient pas de mémoire personnelle, c'est lui
qu'ils allaient voir pour savoir ce qu'ils
avaient fait la veille. "Que faisais-je hier
?", demandait le Shadok. "Mais, vous
pompiez, mon cher". Comme personne ne
pouvait prouver le contraire, on lui faisait
confiance."
Médecine
: "Le malade officiel Shadok partait tous
les matins à la Sorbonne. Sous la direction du
Grand Intelligent Général, on le démontait
soigneusement pour voir comment il était fait
dedans. Il prenait son métier tellement au
sérieux que quand il n'était pas malade, il
trouvait qu'il n'était pas bien dans sa peau. De
sorte qu'en plus des maladies qu'on lui faisait
attraper pendant la journée, il en emportait des
supplémentaires pour attraper le soir, chez
lui."
Circulation
: "Chez les Shadoks, il n'y avait qu'une
route, et elle était à sens unique dans les
deux sens. De sorte que, Dieu merci, il n'y avait
pas trop d'accidents de LA route. Plus tard, pour
plus de sécurité, elle fut mise à double sens
unique bilatéral dans tous les sens."
Loisirs
: "Au programme de la psychocybernétique
différentielle et désintégrale, la mécanique
adéquantique déondulatoire et permanente,
l'épistémologie neurologique casuistique et
gastrique, la télépathologie et les
tomatocommunications de masse. Sans parler des
arts et techniques libido-sexographiques, et j'en
passe. Programme culturel assez chargé quand on
connaît, comme vous et moi, les incapacités
cérébrales naturelles de ces malheureuses
bêtes. Mais ils avaient confiance, vous
comprenez, parce qu'on leur avait maintes fois
répété : la culture, c'est ce qui reste quand
on a tout oublié. Et pour ce qui était
d'oublier, alors là, ils étaient doués [...]
Quand par maladresse, paresse ou inadvertance, le
Shadok, dans un moment d'oubli en quelque sorte,
se souvenait de quelque chose, l'antimémoire
rappliquait dare-dare."
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