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Les opérations électorales se sont déroulées
dans le calme, sans incident majeur, le dimanche 30 juillet. Le constat est
établi notamment par 30.000 observateurs déployés à travers le pays par le
Réseau des Observateurs de sept Confessions Religieuses. L'Eglise catholique
se dit récolter le fruit du travail de conscientisation par l'éducation
civique et électorale dispensée depuis trois ans. Disposant de sources
propres d’information, l’Eglise peut accompagner le processus électoral du
vote au dépouillement.
Appel de l’Eglise
pour une participation massive

La participation aux élections
a été massive. Le journal Le Potentiel de Kinshasa attribue ce succès
notamment au dernier appel en date du président de la Conférence Episcopale
Nationale, Mgr Laurent Monsengwo.
Le
jeudi 27 juillet, en effet, l’archevêque de Kisangani assisté du
vice-président de la Conférence épiscopale, l’évêque de Mbuji-Mayi, Mgr
Tharcisse Tshibangu, avait tenu un point de presse au cours duquel il a
demandé aux fidèles catholiques et à tous les électeurs congolais de
participer massivement au scrutin du dimanche 30 juillet et de n’envisager
aucune abstention, de manière à manifester clairement leur volonté dans le
choix des dirigeants pour un Congo nouveau. La conférence épiscopale
encourageait les électeurs à faire un usage responsable de leur liberté et à
ne choisir que des candidats ayant fait preuve de compétence, d’honnêteté et
d’intégrité morale, d’une réelle volonté de construire la nation, de
promouvoir le bien commun, le développement intégral et solidaire du pays,
dans la paix et la justice.
Le rêve du
cardinal Etsou
D’autres
évêques à travers le pays avaient déjà lancé le même appel à accomplir le
devoir chrétien et citoyen du vote. Partout, des prières étaient organisées
pour la paix.
Sur la
radio catholique de Kinshasa, le cardinal Frédéric Etsou, aussitôt rentré de
voyage, a appelé le vendredi 28 juillet les catholiques à prier et à voter
en conscience.
Depuis
un mois, chaque dimanche, dans l’émission religieuse catholique diffusée sur
des chaînes de télévision de Kinshasa, l’archevêque récitait une prière
écrite par lui-même en faveur de la bonne tenue des élections. Le dimanche
30 juillet, vers 10H, le cardinal Etsou a accompli son devoir civique au
bureau provincial de la Commission Electorale Indépendante de Kinshasa-Gombe.
A
soixante-quinze ans d’âge, il reconnaissait ne pas avoir beaucoup
d’expérience du vote comme citoyen congolais. Il se rappelait avoir posé
l’année dernière l’acte de conscience grave lors du vote pour l’élection du
successeur du pape Jean-Paul II. « J’ai un grand rêve pour que tout le Congo
se mette debout à tout point de vue et à tous les niveaux : éducation,
santé, travail » , a-t-il confié à la presse au sortir du bureau de vote.
30 000 observateurs
pour la crédibilité

Le
secrétaire général de la Conférence Episcopale, l’abbé Léonard Santedi, se
félicitait de la bonne tenue des élections en ce dimanche 30 juillet. Ce
jour marque un tournant décisif, constate-t-il. Les évêques ont été
exigeants afin non pas d’atteindre la perfection mais d’éviter de tomber
dans la médiocrité. L’Eglise catholique se réjouira du résultat, quel qu’il
soit, car l’Eglise catholique a accompagné le processus électoral dans la
vigilance par la formation, l’éducation civique et électorale.
Mgr
Monsengwo recommandait aux paroisses de promouvoir le volontariat dans
l’observation du scrutin, la conférence épiscopale se réservant le droit de
juger de la validité sur base des rapports des observateurs nationaux et
internationaux appelés du reste à être réellement les
témoins de la transparence et de la crédibilité. Les observateurs avaient la
tâche de vérifier sur le terrain l’application des normes de
la loi électorale.
La
Coordination des Actions pour la Réussite de la Transition selon l’Eglise
Catholique (CARTEC), service de la Commission Episcopale Justice et Paix, a
organisé l’observation électorale dans la salle des réunions du Centre
Interdiocésain, siège du Secrétariat Général de la Conférence Episcopale.
Des dizaines de téléphone communiquaient avec les quarante-sept diocèses du
pays mais aussi avec d’autres Eglises et confessions religieuses. Depuis un
an, le Réseau des Observateurs des Confessions Religieuses (R.O.C.) était
mis en place comme lieu concret de la collaboration existant déjà entre les
chefs des Eglises catholique, protestante, orthodoxe, des Eglises du réveil
et des Eglises indépendantes, de la communauté musulmane et des
kimbanguistes. Ils avaient à maintes reprises cosigné des messages afin
d’éclairer les consciences, d’insuffler un esprit de foi sur la situation
socio-politique du pays.
Le
coordonnateur de la CARTEC, l’abbé Bruno Saleh, explique qu’une vingtaine
d’agents (laïcs, religieuses et religieux, prêtres, pasteurs) commis au
Centre Interdiocésain coordonnaient la supervision des observateurs déployés
dans les structures d’Eglises. Le père jésuite Gustave Lobunda, journaliste
à l’agence de presse catholique, précise que les observateurs étaient placés
dans les bureaux de vote, les bureaux de liaison et les centres de
compilation de la Commission Electorale Indépendante et autres points
focaux. Ils s’informent sur la situation du terrain : la participation des
électeurs, des observateurs et témoins, des autorités
politico-administratives, la sécurité, etc.

Le
père jésuite Rigobert Minani, permanent du Réseau d'Organisations
d'Inspiration Chrétienne de défense des droits de l'Homme et d'Education
Civique (RODHECIC), supervisait un deuxième centre de collecte de
l’information à la maison saint Ignace abritant le service jésuite du Centre
d’Etudes pour l’Action Sociale (CEPAS). Ce deuxième groupe réunissait
notamment notamment des observateurs étrangers.
Des religieuses comme Anuarite
De
nombreuses religieuses se sont particulièrement engagées dans l’observation
électorale. A Kinshasa, une formation spécifique leur avait été assurée. La
sœur Marie-Bernard Alima, secrétaire de la Commission Episcopale Justice et
Paix, relève que c’est leur sensibilité de femmes consacrées qui les a
amenées à se mobiliser pour bâtir un Congo nouveau, pour humaniser la
société.
Elles
ont compris que leur mission pour aujourd’hui est l’engagement pour la paix,
pour rejoindre l’être humain et matérialiser leur charisme pour le don de la
vie et le projet pastoral de l’Eglise.
En
cette année décrétée Année Anuarite par la Conférence épiscopale, la
Bienheureuse Marie-Clémentine Anuarite est justement le symbole de la femme
consacrée à faire le choix des valeurs. Dans une période comme la nôtre
marquée par la violence, Anuarite a su vivre comme une consacrée fidèle.
« Elle
nous a appris à vivre la paix, à pardonner, à aimer notre patrie et à
travailler comme consacrées dans la construction de cette patrie », a
souligné la religieuse, rappelant qu’aller aux élections, c’est travailler
pour la non-violence, promouvoir la paix et la prospérité pour le Congo.
Jean-Baptiste Malenge Kalunzu
06/07/2008 |