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Éditorial
Paris, le 10 juillet
1999
L'heure de la
contre-offensive
Quelques jours après les
Rencontres du Manifeste des 2, 3 et 4 juillet derniers,
c'est bien une page de l'histoire politique et militante
de notre organisation qui semble s'être
tournée. Deux faits, d'importances diverses,
semblent devoir retenir plus particulièrement
notre attention cette année.
La défaite, politique,
diplomatique et militaire de Milosevic, d'une part, est
l'expression du refus de l'Europe tout entière
vis-à-vis du différentialisme culturel et
de son application concrète, la purification
ethnique. Ce refus politique unanime intervient au moment
même où, partout en Europe, il est apparu
lors des élections européennes que la
très grande majorité des partis
d'extrême droite subissait un important recul. La
période ouverte à la chute du mur de Berlin
durant laquelle on a pu voir sur notre continent jusqu'en
ex-URSS s'exprimer la tentation "rouge-brun", et dont
Milosevic fut un des piliers, semble pouvoir se
refermer.
D'autre part, nous nous sommes
penchés sur la scission du FN. Le pari de Le Pen
consistant à mettre les mégrétistes
dehors à peine six mois avant une
échéance électorale nationale semble
gagné. Hormis dans quelques départements,
Mégret est toujours derrière Le Pen. Le
Mouvement national a été incapable de
trouver sa dynamique militante et électorale.
Aujourd'hui, ses cadres, endettés, semblent
déserter les uns après les autres. Pour
autant, la victoire de Le Pen n'est qu'un pis-aller.
Derrière le PCF et les chasseurs, le FN se trouve
désormais en proie à des luttes intestines.
La question du remplacement de Le Pen est
désormais un tabou levé, les manoeuvres ont
commencé. La perte des mégrétistes a
grandement touché la ligne stratégique et
politique d'un Le Pen qui s'est transformé durant
la campagne en un commentateur de l'actualité.
Calembours et "bons mots" ne font pas "bonne politique".
Ainsi donc, ce sont des centaines de milliers
d'électeurs qui ne sont pas déplacés
vers les urnes, contrairement à l'année
dernière.
Contrairement à
l'année dernière aussi, l'extrême
droite française se retrouve complètement
marginalisée dans le paysage politique
français. Lors des élections
régionales de 1998, le FN se découvrait la
troisième force politique de ce pays et se
retrouvait au centre du débat. Aujourd'hui, nous
sommes face à un FN septième organisation
politique du pays. L'extrême droite pèse
9 %, mais cela avec deux formations - ce qui, en
termes de dynamique politique et de pouvoir de nuisance,
s'avère radicalement différent, a fortiori
à l'aune des élections municipales de 2001.
Nous avons bien vécu la première grande
défaite électorale de l'extrême
droite française depuis quinze ans.
Pourtant, les raisons politiques,
sociales et culturelles qui ont poussé une partie
des Français à diriger leurs suffrages sur
le FN n'ont quant à elles pas disparu. Le
chômage baisse sans doute, mais reste encore
à un niveau intolérable. Depuis quinze ans
l'immigration était, avec le chômage et
l'insécurité, classée dans les trois
premières préoccupations des
Français. Cette question n'est aujourd'hui plus un
débat central dans ce pays. Il nous appartient,
aujourd'hui plus que jamais, de convaincre les
électeurs d'extrême droite que d'autres
choix politiques leur sont ouverts.
Déjà se profilent
devant nous les élections municipales de 2001.
Déjà Villiers a rencontré
Mégret. Déjà l'on sent qu'une partie
de la droite dite classique, toujours dépourvue de
stratégie, de leader et d'idéologie
cohérente, éclatée dans de multiples
partis, est prête à recevoir l'apport de
l'extrême droite, cela afin de conserver le maximum
de municipalités. Quand on n'a pas d'idée
à laquelle se raccrocher, on s'agrippe à
son maroquin et les principes disparaissent.
Ainsi nous devons prendre en compte
ce changement radical de situation, tant nous n'entendons
pas lutter contre l'ennemi issu de nos fantasmes mais
bien contre celui qui nous fait face. Une période
politique nouvelle s'ouvre. L'heure n'est plus
aujourd'hui ni à la résistance politique,
ni au harcèlement démocratique. L'heure est
désormais venue de la contre-offensive politique,
à gauche, pour reconquérir les esprits
"lepénisés" et les
électeurs.
Notre Université
d'été sera pour nous fin août le
moment de décider ensemble des méthodes et
des moyens. Le rendez-vous est pris.
Sébastien
Moreau
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<BR>Contre le Front national !</A>
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