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Fathy Bourayou, la quarantaine au regard pétillant et à l'allure fragile, a vu ses proches et ses collègues restés au pays mourir les uns après les autres. Une raison de plus pour lui, malgré l'exil forcé, de continuer à combattre le fascisme sous toutes ses formes.
Professeur de dessin et de peinture à l'école des Beaux Arts à Alger, "l'école de la débauche" selon le n°2 du FIS, Fathy est surtout connu pour ses caricatures au trait incisif, qu'il tient de Reiser, son père spirituel. "J'aime Reiser pour sa façon de représenter la société. C'est sale, affreux, c'est méchant..." Sans pitié avec le FIS, Fathy l'est tout autant avec le régime militaire de Zerhoual, ce qui lui a valu d'être censuré à plusieurs reprises. "Cela m'insurge que personne ne dénonce ce régime qui instaure le délit de presse, sur laquelle il exerce un blackout total". Fin 1994, l'exil - ou la mort - était inévitable.
Marseille donc, et la découverte d'une autre réalité : le statut d'immigré et le Front National, avec ses étranges parallèles, cette même logique, ces mêmes attaques à la culture. Autant de raison pour continuer, le crayon à la main. "Hier j'ai combattu le FIS en Algérie, aujourd'hui je combats le Front National. Demain je combattrai les deux...." Fathy se prépare à publier un nouvel album prévu pour le mois de décembre Le Fis du F'Haine ou une "étude" de ces étranges similitudes. Richard Martin, directeur du Théâtre le Toursky, en signe la préface. Mais l'édition coute cher et Fathy n'a pas les moyens de se l'offrir. Une souscription est donc lancée avec une campagne de prévente, au prix de 100 FF. Une goutte d'eau dans la méditerranée...
Chez Dieudonné 2, rue des Ports Sud 13007 Marseille tel : 04 91 52 13 29 fax : 04 91 31 79 87
Fathy Bourayou exposera et sera présent lors
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