Les Amis du musée d'art religieux et d'art mosan.

 

 

Cathédrale Notre-Dame et Saint-Lambert de Liège

 

Maquette réalisée par J. de la Croix.

La cathédrale Notre-Dame et Saint-Lambert de Liège, édifiée en style gothique à partir de 1185, a été détruite en 1795.

Cette reconstitution de la cathédrale a été réalisée sur base du plan qui avait été dressé par l'ingénieur et archéologue P. Lhoest lors des fouilles entreprises, sous sa direction en 19O7, complété par le plan établi par Mlle Hélène Danthine, professeur à l'Université et son équipe après leurs prospections de 1977-78 étendues jusqu'au sous-sol du terrain récemment dégagé des constructions qui séparaient la place Saint-Lambert de la place du Marché. Après l'incendie de 1185, il semble que l'on reconstruisit rapidement une partie de l'église, puisqu'il y eut une consécration dès 1196. Ce fut d'abord la grande nef, semble-t-il, qui fut rétablie en style roman avec voûtes d'arêtes, contrebutée d'énormes arcs-boutants. L'avant-corps ou westbau dut être commencé en même temps et dans le même style que ceux de Saint-Jacques et de Saint-Barthélemy qui venaient à peine d'être achevés. Dans ces constructions, les tourelles d'escalier sont logées dans les angles extérieurs et occupent chacune un espace carré de 4 m de côté. C'est sur cette base massive que l'on érigea à la fin du 13e siècle et début du 14e siècle, les tours dites "de sable" en style gothique. Le transept occidental fut construit, suivant les chroniques, par Nicolas de Soissons, dans la seconde moitié du 13e s. Tout en conservant les tours romanes, l'architecte remania l'intérieur, modifia les piliers, plaça les grandes roses, décora le vieux chœur, le tout en style de son époque. A l'autre extrémité de l'église, avait été érigé le nouveau chœur consacré en 125O. Pour construire celui-ci et son déambulatoire, sur des fondations anciennes, l'architecte posa huit piliers moulurés prolongés vers l'extérieur par des massifs rectangulaires servant de base aux arcs-boutants qui contrebutaient la voûte du chœur. Les piliers étaient reliés entre eux par de puissantes arcades formant ainsi des baies clôturées par des absidioles à trois pans percées de fenêtres étroites. Toute la surface impartie au maître d'œuvre était ainsi savamment utilisée pour donner le plus d'espace possible et une allure monumentale à un chœur assez petit que mettait encore en valeur une voûte magnifique portée à une hauteur approximative de 31,5O m. Ce chœur, avec déambulatoire, mais sans chapelles rayonnantes, composé d'une seule travée et d'une abside à sept pans, correspond tout à fait à celui représenté par Jean van Eyck dans le tableau "La Vierge dans l'église" du musée de Berlin pour l'intérieur ; et pour l'extérieur, à la cathédrale de la "Vierge d'Autun". Le transept oriental réunissait, avec plus ou moins de bonheur, le nouveau chœur à la grande nef et ses bas-côtés. Au Nord et au Sud avaient été conservés d'importants restes notgériens s'avançant de chaque côté, jusqu'à l'entrée du déambulatoire et rejoignant deux tourelles avec escalier. Ces deux escaliers bizarrement placés à droite et à gauche du chœur étaient des vestiges des tours carrées notgériennes qui épaulaient le chœur au Nord et au Sud. Entre les deux chœurs avec leur transept en style gothique, subsistait une nef plus trapue de style roman couverte d'une voûte d'arête. Celle-ci s'écroula en partie en 13O7 et un plan complet de réparation et de "modernisation" fut élaboré et mené à bien pendant de nombreuses années. Les piliers reçurent des faisceaux de colonnettes, un triforium fut construit et des ornements moulurés couvrirent murs, arcades et voûtes pour donner aux nefs tant hautes que basses, un aspect conforme au style de l'époque. Dans l'angle formé, au nord, par le mur du transept oriental et celui de la petite nef, subsistait une tour notgérienne surélevée à l'époque gothique. Cette tour dite "Tour de Babylone" occupait l'emplacement d'une chapelle et dut avoir son pendant du côté du sud. Dans les cinq travées restantes, entre les bases des arcs-boutants furent aménagées, tant au Nord qu'au Sud, cinq chapelles qui en contenaient pourtant six (quatre grandes et deux petites suivant un ancien relevé). Cela était dû au fait que l'on avait divisé les deux dernières vers l'Ouest par un mur de 3 à 4 m de haut. La grande tour bâtie en 4O ans à la fin du 14e siècle et au début du 15e siècle prolongeait le transept oriental vers le sud tandis que la grande chapelle du Saint-Sacrement, probablement du 16e siècle, construite derrière l'arc notgérien, entre les puissants contreforts l'allongeait vers le Nord pour porter la longueur totale à 63 mètres environ. Quant aux deux portails du transept occidental, le grand vers le palais et le petit vers N.D. aux Fonts, on ne peut guère qu'en esquisser le plan, leurs emplacements n'ont jamais été fouillés et on ne sait s'ils le seront un jour.

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Réalisation : Fabrice MULLER.
Dernière modification : 4-02-2002 .