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Le Débarquement des Canadiens en Normandie

 

L'organisation du Débarquement a nécessité plusieurs noms de code.

Overlord (suzerain) désignera l'opération prévue sur les côtes normandes.

Neptune sera réservé à l'opération navale et Jupiter à l'opération aérienne.

Fortitude sera monté pour persuader les Allemands que le Débarquement aurait lieu dans le Pas-de-Calais.

Le 5 juin au soir, à 18h30, la BBC émet: "Les dés sont sur le tapis". Les FFI détruisent toutes les lignes téléphoniques et télégraphiques en Normandie. A 19 heures, un autre message se fait entendre: " Il fait chaud à Suez " . Les FFI sabotent les installations ferroviaires et le matériel roulant, toujours en Normandie, et partout où il est nécessaire de paralyser le transport des troupes allemandes vers la Normandie. A 21 heures, les dragueurs de mines canadiens enlèvent les mines terrestres et les mines sous-marines sur les plages normandes. Ils établissent des corridors sécuritaires pour les navires qui débarqueront sur les plages. A 22 h 15, la BBC annonce: "Les sanglots longs des violons / bercent mon cœur d'une langueur monotone". C'est le signal du plus grand Débarquement de l'histoire, le 6 juin 1944.

Le Jour J, plusieurs plages normandes sont investies par les Alliés. 24 000 soldats attaquent la plage codée Juno, un secteur de 7 km, s'étendant de Courseulles à Saint-Aubin, dans le Calvados. Les troupes, sous commandement canadien, regroupent 15 000 soldats canadiens et 9 000 soldats britanniques. La 3e division d'infanterie canadienne est divisée en trois brigades (la 7e, la 8e et la 9e) de trois régiments de 750 soldats chacun.  Le régiment de la Chaudière appartient à la 8ème brigade. C'est le seul régiment canadien-français de cette division entraîné en Angleterre, depuis 1940, spécialement pour cet événement. La 3e division comprend aussi quatre compagnies de génie, un régiment de reconnaissance, un régiment de mitrailleurs, un régiment d'antichars et quatre régiments d'artillerie.

Le débarquement Juno, prévu à 7h55, sera retardé de 20 minutes car la mer était houleuse.

Bernières-sur Mer est libéré à 9 h 30 et Courseulles à 10 h 00; le fortin de Saint-Aubin le sera à 11h30. Mais les défenses de la station radar allemande de Douvres arrêtent l'avancée des Canadiens. Ce jour-là, à Juno, il y aura 304 morts, 574 blessés et 47 prisonniers.

L'objectif des Canadiens est la ville de Caen et l'aérodrome de Carpiquet. Ils furent stoppés par la résistance des Allemands le jour J + 2, soit le 8 juin, en soirée. Les trois positions de forteresse résistent aux brigades canadiennes qui se mettent en contre-attaque de l'ennemi jusqu'au jour J+32 (8 juillet). L'aérodrome de Carpiquet reste hors de portée, contrairement aux prévisions et ne sera pris que le 6 juillet.Caen sera libérée lors de l'opération Goodwood, le 19 juillet 1944.

La force navale portant le code " J ", initiale de la plage Juno, avait pour mission de transporter les Canadiens sur les plages. C'était la même flotte qui avait pris part au  débarquement de Dieppe, en 1942. Elle se composait en majorité de navires canadiens pilotés par des marins canadiens.

En plus de deux navires moyens de débarquement d'infanterie, le Prince Henry et le Prince David, la marine canadienne envoya trois flottilles de grands bateaux de débarquement d'infanterie, 16 dragueurs de mines chargés d'ouvrir un passage à la flotte, quatre contre-torpilleurs de la classe Tribu, ainsi que plusieurs groupes d'escortes composés de frégates et de corvettes. Les contre-torpilleurs Algonquin et Sioux faisaient partie du groupe de bombardement.

Sir Winston Churchill a débarqué à Juno le 12 juin, le général de Gaulle, le14 juin et le Roi George VI, le 16 juin 1944.