THEODORE MONOD ET LES ANIMAUX

.Ce chercheur d'absolu,qui parcourt
depuis plus de soixante-dix ans les déserts,a toujours
doublé ses recherches scientifiques d'une quête
spirituelle.Sa vie est également marquée par son
militantisme pour la défense animale et le végétarisme.
1- L'ANTHROPOLATRIE : à
force de diviniser l'homme,on méprise l'animal...

Il existe deux sortes d'animaux,l'animal humain et les autes.Mais,tout cela se tient,ce sont des frères.On a fait de l'homme "le Roi de la Création".Je n'aime pas du tout cette formule.On nous explique que le roi n'est pas forcément un tyran,qu'il peut être bienvaillant,mais regardezce qu'il fait,c'est épouvantable! S'il disparaissait,les animaux ne se plaindraient pas! La nature n'est pas idyllique: les papillons,les petits oiseaux,c'est un fantasme qui n'a rien à voir avec la réalité.La nature,c'est atroce,les animaux vivent dans une terreur perpétuelle à la merci de leurs prédateurs.Cela fait d'ailleurs douter de la miséricorde d'un être suprême.S'il existe un être suprême responsable de la nature,il aurait pu réfléchir avant de créér des êtres qui ne peuvent pas vivre autrement qu'en en déchirant d'autres. Ils ne sont pas cruels,les animaux,c'est leur instinct biologique,il faut qu'ils donnent à leurs petits.Les hommes,c'est beaucoup plus grave:ils cultivent la cruauté,ils l'enseignent même.La torture,ça s'apprend.L'homme est le seul être vivant qui entretient des écoles pour apprendre à ses jeunes à tuer leurs semblables.Le lion lui,n'est pas fou:il n'apprend pas aux lionceaux à tuer des lions! Nous,nous apprenons à tuer le plus grand nombre possible de nos semblables.Messmer a avoué que la force de frappe française était à l'objectif démographique.Une façon élégante de dire que l'on veut écraser des villes...
Pour la premiére fois en 1998,nous avons un ministre de
l'environnement,Dominique Voinet,qui est membre du Rassemblement des
opposants à la chasse (ROC) que je préside.Les
chasseurs sont vigilants,leur lobby est trés puissant.On
n'arrive pas à mettre l'Ortolan sur la liste des animaux
à protéger en France ! Nous ne parvenons même pas
à interdire la chasse illégale des pauvres tourterelles
du Médoc. Savez-vous combien d'espèces animales sont
chassables en France? Quatre-vingt-dix. En Belgique,il y en a
dix-huit,en Angleterre treize et six en hollande.On voit les
différences de mentalité.En France,certains
évêques défendent ouvertement la corrida.On a
même trouvé un dominicain à Toulouse qui a
osé dire que la corrida,cette boucherie où l'on
dépèce un animal vivant,rendait meilleurs les
spectateurs! Les théolégiens sont gênés
dès que l'on tend à diminuer le gouffre qu'ils ont
voulu créer entre l'homme,Roi de la Création,et les animaux.
Le Père Jean-Louis Bruguès,conférencier de Notre-Dame de Paris avait dit un jour : "Je crois à la vertu purificatrice de la corrida,de cette danse tragique parfois avec le destin,avec la lumière et la mort... Quand vous sortez d'une bonne corrida,d'une belle faena,vous vous sentez purifié,plus léger,mieux! voilà ce que je crois" Sans commentaire....
-Conférence donnée à l'OABA(Oeuvre d'assistance des animaux d'abattoirs en 1993) : "Il faut se rappeler les horreurs qui caractérisent une civilisation que nous prétendons d'origine chrétienne.En Europe occidentale,la situation de l'animal,domestique ou sauvage,et il n'y a aucune protection de l'animal,domestique ou sauvage bien entendu,reste affreuse...On pourrait faire un catalogue,mais c'est inutile.Vous avez tous présents à l'esprit les combats à mort de coq,de la corrida,de la chasse tout court ou de la chasse à courre...On pourrait se demander pourquoi on est arrivé là? Pourquoi une civilisation qui se prétend fondée sur des préceptes évangéliques et sur certains textes du nouveau testament en est arrivée à un tel mépris de l'animal,car il s'agit bien du mépris.
Un Pére de l'église avait dit une fois que l'animal
avait été créé uniquement pour
l'utilité ou le plaisir de l'homme. Et on sait bien
aujourd'hui que pour beaucoup d'entre nous,de nos
contemporains,consirèrent l'animal comme un objet incapable de
sensibilité et de souffrance. Le problème qui se pose
d'abord,c'est l'origine de ces aberrations. Le premier
mouvement,naturellement,c'est de se reporter aux textes de l'Ecriture,puisque
c'est la source de beaucoup de nos convictions spirituelles.
Qu'observe-t-on? Une thèse vétérinaire de
Monsieur Alain maillot que j'ai sous les yeux a compté le
nombre de citations concernant les animaux dans l'Ancien Testament
et il nous dit qu'il y en a plus de 2200. Et quand on regarde la
nature de ces citations,que dit l'Ancien Testament des animaux? Il y
a par exemple la maxime: "Tu n'emmuselleras pas le boeuf qui
foule le grain",mais c'est un précepte simplement
utilitaire.Il y a aussi: "Quand tu déniches une
couvée d'oiseaux,tu prendras les petits,mais tu laisseras la
mère".Est-ce par pitié pour l'oiseau?...C'est
probablement pour espérer avoir une deuxième
couvée dont on pourra ravir et tuer les oisillons. En
réalité,il n'y a aucun précepte formel
condamnant la cruauté,non plus
contre la guerre,l'esclavage,la torture.Mais
les auteurs de ces textes étaient des personnes de leur
temps.Naturellement,si les chrétiens adoptaient pour
règle de vie le sermon sur la montagne et les
Béatitudes,tout viendrait d'un seul coup et
disparaîtraient,à la fois,la cruauté,la
torture,la guerre et l'esclavage,mais il ne semble pas que pour
l'instant nous nous orientions trés directement dans cette
direction. Aprés les textes bibliques,dans lesquels nous ne
trouvons pratiquement rien en faveur des animaux,et il y a même
des choses qui sont un peu choquantes pour nous (la naissance du
Christ a impliqué la mort de deux colombes,parce qu'il fallait
observer li rituel hébreu de l'époque),les Péres
de l'église ont décidé que l'animal était
un objet qui avait été créé pour notre
utilité et notre amusement. On ne leur en veut pas d'avoir
ignoré les tribolites,les ammonites,et les dinosauriens,ils ne
pouvaient pas les reconnaître,car ils ignoraient l'histoire de
la Terre,mais on aurait quand même souhaiter plus de
miséricorde vis à vie des autres êtres vivant
Dans l'histoire de la pensée et de la morale
chrétienne,naturellement des individus et parfois des
théologiens se sont révoltés contre la grande
cruauté,en particulier un personnage au 6ème
siècle de notre ère,nestorien: "Isaac de NININE
veut un coeur qui s'enflamme de charité pour la création
entiére,pour les hommes,pour les oiseaux,pour les
bêtes,pour les démons,pour toutes les créatures,il
peut donc prier aussi pour les animaux et même pour les
reptiles dignes aussi d'une pitié infinie". Il y a eu
SAINT-FRANCOIS d'ASSISE,bien sûr mais il nous sert d'alibi
parce qu'en réalité il n'a pas fait
école,même dans sa propre famille spirituelle.On finit
par se demander pourquoi les hommes d'église portent si peu
d'intérêt à la cause animale,car c'est un
fait,devant les horreurs qui se passent dans notre pays,les
églises restent silencieuses,la hiérarchie se tait,
même si certains prêtres défendent les causes
animales comme cette courageuse association qui s'appelle "Notre
Dame de toute pitié"
Il y eut quand même de siècle en siècle des
esprits courageux,lucides.C'est venu tard d'ailleurs,en fait au
18ème siècle,car au 17éme siécle la
cruauté était partout vis-à-vis des animaux : on
a vu par exemple les pieux solitaires de Port Royal clouer un chien
sur une planche et l'ouvrir pour voir comment cela marchait à
l'intérieur.C'est le coup de pied que Malebranche donne
à une chienne en entrant à l'oratoire à
côté de Fontenelle qui proteste,Malebranche lui
répondant: "Ne vous inquiètez pas,c'est de l'air
qui passe par les tuyaux sonores,cela ne sent pas". En
Angleterre,c'est pas mieux,la Reine Elisabeth 1ère s'asseyait
sous un dais dans son jardin,se faisait jouer une jolie musique et
perçait des animaux qu'on lui faisait défiler devant elle...

C'est au 18ème siècle que les choses ont commencé à changer.Elles ont changé à ce point,dans le domaine de la pensée tout au moins,que plusieurs penseurs ont songé à ce problème redoutable: pourquoi les animaux seraient-ils privés de tout espoir dans l'au-delà ? Pourquoi n'auraient-ils pas leur part dans ce que nous appelons la Rédemption ? Déjà au 18ème siècle,le naturaliste Bonnet de Genève avait soulevé la question.Et récemment,un célèbre thélogien allemand,Eugène Drewermann a publié en français un petit livre entièrement consacré à ce problème: pourquoi les animaux n'auraient-ils pas,eux aussi,une espérance ?"
Position actuelle de l'Eglise Catholique Romaine,extraits du Nouveau
Cathéchisme Romain : les richesses en réserve de la
terre et les animaux sont destinés au bien être de
l'humanité; on est en droit de se servir des animaux comme
nourriture,pour se vêtir et dans l'organisation des loisirs (on
peut s'amuser à tuer les animaux ?)
En conclusion,on peut dire que les défenseurs des animaux sont souvent mal perçus dans notre société car ils sont traités de sensiblerie ridicule,de nazisme,d'imbéciles ne s'occupant pas des problèmes humains... Les gens qui critiquent ainsi sont souvent ceux qui ne s'occupent d'aucune cause. Les amis des animaux sont avant tout des personnes qui aiment les êtres humains et militent pour de nombreuses causes humanitaires...
Evangile de la Paix de Jésus-Christ par le disciple Jean :
"Tu ne tueras point,car la vie a été donnée
à tous par Dieu et ce que Dieu a donné,il n'appartient
pas à l'homme de le reprendre.Car je vous le dis
envérité,c'est d'une mère unique que
procède tout ce qui vit sur terre.Voilà pourquoi celui
qui tue,tue son frère.Or de cet homme criminel,la
Mère,la Terre,s'en détournera et elle le privera de son
sein vivifiant et ses anges l'éviteront.Alors satan prendra
demeure en son corps et la chair des animaux abattus deviendra pour
son corps son propre tombeau.Car je vous le dis en
vérité,celui qui tue lui-même et celui qui mange
la chair des animaux abattus mange le corps de mort."
"Tu ne tueras point" est un ordre universel,qui s'applique à toutes formes de vie.De grands êtres tels que Zoroastre Bouddha,Pythagore,Socrate,Esaïe,Léonard de Vinci, et plus prés de nous,Tolstoï,Bernard Shaw,Gandhi,Albert Schweitzer... s'abstenaient de chair animale.
Protection animale
Animavia - Lutte pour une vraie place de l'animal dans la ville.