Le symbolisme du corps humain

Première
partie : Qu'est-ce qu'un
symbole ?
1. Les quatre niveaux du symbolisme
1.1. Introduction
Intelligence et amour
La nécessité des symboles dans l'amour
1.2. Les différentes dimensions du symbolisme
Introduction
1.2.1. Le symbolisant
1.2.2. Le sens
1.2.3. Le réfèrent particulier
1.2.4. Le réfèrent métaphysique ou l'archétype
Deuxième
partie : Le symbolisme du corps
humain
1.
L'être humain est symbole
1.1. L'homme est le Temple de Dieu
1.2. Le temple de pierres
1.3. Les églises, symbole du Corps du Christ
2. La
symbolique du couple humain
2.1. Adam et
Eve, créés à l'image de Dieu
2.1.1. Le couple fécond,
image de la Trinité
2.1.2. Le serpent source
de division du couple
2.2. Le symbolisme du couple restauré entre Dieu
et son Peuple
2.2.1. Dans l'Ancien Testament : Dieu et son
Peuple
Dans le Nouveau Testament
: le Christ et l'Eglise,
un seul Corps
3. Le corps
symbole dans tous ses membres
3.1. Le symbolisme du corps de l'homme et de la femme
3.1.1. Le symbolisme de
l'homme
3.1.2. Le symbolisme de la
femme
3.1.3. La symétrie du
corps
3.2. Chaque partie du corps a sa dimension
symbolique propre
3.2.1. La Tête
3.2.1.1. L'oreille
3.2.1.2. La
bouche
3.2.1.3. La langue
3.2.1.4. La salive
3.2.1.5. Les dents
3.2.1.6. Le nez
3.2.1.7. Les joues
3.2.1.8. Les yeux
3.2.1.9. Les larmes
3.2.1.10. Les cheveux
3.2.1.11. Les lèvres
3.2.1.12. Le cerveau
3.2.1.13. Le
front
3.2.2. Le squelette et les os
3.2.2.1. La
colonne vertébrale
Symbolique de la côte tirée de
l'homme pour façonner la femme
3.2.2.2.
Le sternum
3.2.2.3. Les genoux
3.2.2.4. Les épaules
3.2.3. L'appareil circulatoire
3.2.3.1. Le sang
La circulation du sang,
symbole de la Vie trinitaire
Le sang, symbole de la Vie divine,
Source de toute notre vie
Symbolique du sang versé
3.2.3.2. Le cœur
3.2.4. L'appareil respiratoire
3.2.4.1. Les poumons
3.2.4.2. Le
larynx, le cou et la nuque
3.2.5. L'appareil urinaire
3.2.5.1. Les reins
Les reins, symbole
de purification
Les « reins »,
symbole de puissance
génitale
3.2.6. L'appareil digestif
3.2.6.1.
L'estomac et le tube digestif
3.2.6.2. Le foie, la bile et la graisse
3.2.7. L'appareil génital
3.2.7.1. Les seins
3.2.7.2. Les entrailles
3.2.7.3. Le nombril et
l'appendice
3.2.8. Le système nerveux
3.2.8.1. Les nerfs
3.2.9. Les différents membres du corps
3.2.9.1. Les jambes
3.2.9.2. Les pieds
3.2.9.3. Les mains
3.2.9.4. Les doigts
3.2.10. La peau et les cellules
3.2.11. La nudité du corps
La nudité avant et après le péché
La nudité, symbole de notre misère
Un corps nu est une merveilleuse expression du symbole
Le célibat consacré est un « vêtement » qui couvre
notre nudité
L'Amour est le Vêtement parfait qui couvre notre
nudité
3.2.12.
L'union des corps
3.2.13. L'enfant dans le
corps de sa mère
Conclusion générale
A propos de notre
recherche...
L'importance du
symbolisme
Le corps humain créé à
l'image de Dieu
L'homme et la femme
sont à l'image de Dieu
Le sommet d'amour du
couple se vit dans la communion du Christ-Epoux à son Eglise-Epouse
La place de la femme
dans l'Eglise
On n'arrive pas à y croire ou on ne veut pas y croire
et pourtant c'est si beau de croire !
Bibliographie
Première
partie :_____Qu'est-ce qu'un symbole ?
1. Les quatre niveaux du symbolisme
1.1. Introduction
Intelligence et amour
Comment Dieu va-t-il se révéler aux hommes ? Va-t-il se révéler aux sages et
aux savants, aux plus intelligents ? Si tel était le cas, la Transcendance de
Dieu
serait réduite aux limites de l'intelligence humaine... La raison pour
connaître
quelque chose, saisit la chose, elle la prend en soi et s'en fait une
idée, elle définit
la chose, elle l'enferme dans un concept. C'est une démarche qui limite à moi
ce que
je saisis.
Dieu est Amour nous
dit saint Jean (1 Jn 4,8), son dessein est
de communier
dans l'amour avec les hommes et les femmes, d'être tout en tous (1 Co 15,28),
d'habiter tout entier (sans réduction) le cœur de l'homme. C'est pour cette
raison
que la révélation de Dieu se comprend que dans une relation d'amour avec lui.
L'intelligence est au service du cœur.
En ce temps-là
Jésus prit la parole et dit: "Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et
de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l'avoir
révélé aux
tout-petits. (Mil 1,25)
Dieu se révèle dans
l'Amour, autrement dit lorsque l'on se donne à lui. Ce don
est à la portée de chaque personne humaine (avec la grâce de Dieu) dans une
mesure illimitée car l'amour (don de soi) ne comporte aucune limite, son sommet
est
dans le don total de la vie au moment de la mort.
L'amour ne connaît
pas en saisissant mais en se laissant attirer par la chose
qu'il aime (contemplation) ou en se donnant à la personne ou à l'Etre qu'il
aime. Si
c'est Dieu qui est aimé, l'homme découvre un univers illimité, absolu....
Dieu se révèle donc
dans le don de soi dans l'acte d'amour et non en se
laissant saisir par l'intelligence de l'homme.
Ce dessein de Dieu
demande l'humilité de l'homme car ce n'est pas lui qui a
l'initiative pour « saisir Dieu » par son intelligence, il doit s'offrir,
s'abandonner à
Dieu qui garde toute la maîtrise de sa révélation. Le récit du péché originel
nous
montre que l'homme s'est laissé séduire par l'orgueil en voulant « saisir Dieu
» par
la connaissance (Gn 2,16-17) en saisissant
le fruit défendu (Gn 3,6). Désormais
l'intelligence n'est plus totalement soumise à l'amour.1
La nécessité des symboles dans l'amour
L'intelligence scientifique méprise les symboles et les réduit à des
images pour
les enfants. Nous avons vu que l'intelligence limite dans des définitions ce
qu'elle
veut communiquer. L'amour, par contre, ce moyen par lequel Dieu se révèle, a
recours aux symboles parce qu'ils nous relient, qu'ils nous mettent en relation
avec
ce qu'ils signifient. Ils ne nous enferment pas, ils ne nous limitent pas, ce
sont des
« fenêtres ouvertes sur l'invisible » ! On comprend alors pourquoi Jésus
choisit de
1 II n'est
pas difficile de voir combien l'intelligence et ses résultats peuvent
séduire les hommes et blesser l'amour fraternel entre eux.
manière privilégiée
les symboles pour révéler aux hommes qui est Dieu. Lui-même,
comme tout homme, est symbole dans tout son être et toute sa vie comme nous le
verrons.2
L'amour a besoin du
symbole, un fiancé va se rendre compte que les mots ne
suffisent plus pour communiquer ce qu'il ressent, à un moment donné il utilise
des
symboles, une rosé p. ex.
Dieu procède de la
même manière que les amoureux, le couple humain dans
sa relation d'amour est l'Image (la révélation) de Dieu (Gn 1,27). A partir du péché,
Dieu doit « parler le langage de l'homme » utiliser les mots des hommes. Dieu
lui
donne alors les Tables de la Loi pour préparer le sommet de la
Révélation du
Verbe de Dieu qui prend chair le corps humain. Ce dernier est le
symbole le plus
fabuleux qui existe puisqu'il est à l'image de Dieu et devient Dieu lui-même dans
le
Christ. Par son incarnation, le Christ nous donne l'Image Parfaite de Dieu
(Jésus est
sans péché et il est Dieu). C'est dans ce symbole qu'il révèle le don de
soi, l'Amour
infini de sa Présence. (Jésus n'a écrit que sur le sable ! - Jn 8,6)
La Transcendance de Dieu se «présentifie»
(se rend présente au monde) et se
fait connaître par la médiation du symbole. Cette médiation est absolument
nécessaire parce qu'elle seule respecte le Mystère et donc la Transcendance
même
de Dieu. Autrement dit, seul le symbole nous aide à connaître Dieu tout en
gardant
l'infinie distance entre Lui et nous.
Le corps humain de
Jésus n'étant plus visible, il nous laisse un symbole de son
corps et de son sang, de sa présence, dans le pain et le vin eucharistique qui
fait de
nous son Corps. C'est à nous les chrétiens de révéler son regard, sa Présence
dans
le feu de l'Esprit de notre baptême. L'Eglise est Sacrement (signe sacré) de la
Présence divine et ses actes sont des sacrements. Le sacrement est donc un
symbole sacré signifiant visiblement la Présence agissante de Dieu dans notre
histoire, dans notre vie.
1.2. Les différentes dimensions du symbolisme
Introduction
L'homme est créé à l'image de Dieu (Gn 1,27), il est le symbole de Dieu.
Le
symbole est donc une réalité visible qui nous met en relation avec une réalité
invisible. L'humanité du Christ est donc le Symbole vivant par excellence de la
Présence de Dieu. Cependant, toute la création est symbolique parce qu'elle
porte
en elle « la trace » du Verbe créateur qui a pris chair dans le Christ (Rm 1,20)3.
Autrement dit, tout est à l'image de Dieu mais particulièrement l'homme
qui, dans sa
capacité d'amour ne contient pas seulement une trace mais Dieu lui-même qui lui
insuffle son Esprit (Gn 2,7; 1 Co 3,16). Il
est le symbole vivant de la Présence de
Dieu. Le symbolisme est une médiation
directe et vivante parce qu'il « contient »
en lui l'empreinte du Verbe Créateur.
2 Cf. aussi
notre point Un corps nu est une merveilleuse expression du
symbole, p. 45.
3 Saint Bonaventure écrit: « Toute chose, en chacune de
ses propriétés, révèle
la Sagesse divine, et celui qui saurait toutes les propriétés des êtres verrait
clairement cette Sagesse. Toutes les créatures du monde sensible nous
conduisent
à Dieu... ce sont des signes qui nous ont été donnés par le Seigneur lui-même.
»
Le symbolisme ne nous
conduit pas à affirmer le panthéisme. Lorsque nous
disons que le symbole « contient » ce qu'il représente (rend présent), nous
n'affirmons pas une fusion des choses mais une communion, une relation de
réalités
sans confusion.
Le concile d'Ephèse, en parlant de l'unité des deux natures
du Christ, humaine
et divine dit ceci :
...différentes
sont les natures rassemblées en une véritable unité, et que des
deux il est résulté un seul Christ et un seul Fils, non que la différence des
natures ait
été supprimée par l'union.... 4
Le concile de Constantinople II dit pour sa part:
...la différence
des natures à partir desquelles s'est réalisée sans confusion
l'union ineffable, sans que le Verbe ait été transformé dans la nature de la
chair ni
que la chair soit passée dans la nature du Verbe (car chacun demeure ce qu'il
est
par nature, même après la réalisation de l'union selon l'hypostase...
5
Le Christ est un seul
être, il est Dieu dans sa nature divine et sa nature
humaine mais sans que ces deux natures soient fondues en une seule.
C'est ce principe qui
guide également notre union à Dieu. Dieu sera tout en
tous (1 Co 15,28) mais nous ne serons jamais
Dieu lui-même, nous restons ce que
nous sommes tout en vivant de sa vie même. Le symbolisme du Corps « le Christ
est la Tête et nous sommes les membres » est le meilleur symbole pour expliquer
ce
mystère. Ce symbole a la force de l'inspiration puisqu'il fait partie de
l'Ecriture. Nous
voyons ici combien les mots sont impuissants pour parler du mystère alors que
le
symbole nous ouvre sans fin au mystère.
Dire que nous sommes
« une parcelle de Dieu » ne rend pas non plus la
profondeur du mystère qui est infiniment plus profond et plus grand puisque la
personne humaine vit de la Vie même de Dieu et que Dieu habite tout entier en
chacune d'elle.
1.2.1. Le
symbolisant
Lorsque l'on parle du symbole, en fait, dans le langage courant, on le
réduit au
symbolisant (ou signifiant), c'est-à-dire à la chose visible que l'on voit; p.
ex. l'eau.
En fait le symbole est une relation entre le symbolisant (chose visible) et le
symbolisé (réalité invisible) relation qui produit du sens. Le symbole est un
signe qui
n'a aucune opacité mais qui est pure transparence, c'est une fenêtre ouverte
sur le
mystère.
1.2.2. Le sens
Le
symbolisant évoque une réalité invisible; p. ex. l'eau évoque l'idée d'une
matière qui peut épouser toutes les formes sans en garder aucune. C'est ce que
l'on
appelle le sens du symbole. Un même symbole peut avoir une pluralité de sens
même parfois de manière ambivalente. Ex.: l'eau symbolise la vie et la mort.
C'est
dans le Christ, clé de lecture du monde des symboles (étant lui-même le
Symbole),
que l'ambivalence retrouve son harmonie. L'eau du baptême qui nous plonge dans
la mort du Christ nous fait déboucher sur la Vie éternelle !
4 Les conciles oecuméniques, T 2* Les décrets de Nicée
à Latran V, éd. Cerf,
Paris, 1994, p. 107.
5
Idem, p. 261.
1.2.3. Le réfèrent particulier
Ce sens nous renvoie à un réfèrent particulier; p. ex. une bougie nous rappelle
toute l'importance que revêt la lumière car c'est grâce à elle que je peux voir
les
choses, de les discerner. La lumière me renverra alors à la clairvoyance. Le
réfèrent
particulier est une réalité invisible qui nous renvoie à l'archétype. Un même
symbole
peut nous renvoyer à plusieurs référents
particuliers.
1.2.4. Le réfèrent
métaphysique ou l'archétype
|
|
Réfèrent métaphysique, archétype c'est lui qui fait du signe un véritable symbole.
Le réfèrent particulier, (peut être multiple) "'objet invisible" que le symbole
désigne en fonction de son sens le sens, (peut être
multiple) l'idée que le signifiant évoque à notre esprit de nature mentale |
Signifiant
ou
symbolisant
de nature sensible
|
|
La Possibilité universelle, l'Essence divine la formation du monde (Gn 1,2) l'eau évoque l'idée d'une matière qui |
Symbolisant
sens
Le signifiant est l'image
corporelle de cette Possibilité universelle
Le sens en est la forme
mentale
Les référents particuliers
"eaux primordiales" et "eau baptismale"
en sont des modes de
manifestation, l'un cosmologique et l'autre rituel
et
le tout trouve dans le réfèrent métaphysique
son principe unique et unifiant.
Le symbole ré-présente
(rend présent), il présentifie ce qu'il
signifie. Au niveau théologique on parlera de sacrement.
L'archétype (ou réfèrent
métaphysique) est l'élément
transcendant, absolu (divin) qui est « contenu » à des degrés variables selon l'importance des symboles, dans le symbolisant. P. ex.
la lumière qui me renvoie à la clairvoyance me renvoie à son tour à l'omniscience
de Dieu. On ressent dans le symbole « cette présence » mais en même temps on sait qu'une bougie
n'est pas Dieu. Elle a quelque chose en elle qui est à son image,
elle « rend présent » de manière limitée une des qualités divines. Ainsi le symbole rend présent
dans le visible le Mystère de l'Invisible, il révèle Dieu.
Deuxième partie : Le symbolisme du corps humain
1.L'être
humain est symbole6
La symbolique se définit
par ce lien substantiel, intime et indissoluble qui lie
l'objet matériel à sa signification spirituelle. Le symbole est « l'âme des
choses et
des êtres vivants », c'est pour cette raison qu'ils sont le langage privilégié
des
poètes, des artistes et du Christ car les uns et les autres, dans leur
spécificité propre
veulent nous aider à contempler l'univers.
L'homme est donc le symbole
par excellence dans l'union substantielle et
indissoluble de son corps et de son âme. Son corps révèle son âme, il symbolise
le
« contenu de son âme ».7
L'homme fait donc, en
lui-même, dans le profond de son être l'expérience de la
réalité symbolique: l'union indissociable de l'être visible qui révèle le
mystère de
l'invisible qui est présent en lui. Il vit
en tant que symbole, il en fait l'expérience
existentielle, il est symbole.
Notre première connaissance symbolique est celle de
notre corps, elle est
présente à toutes nos connaissances qui émanent de la relation corps-esprit.
Une
raison supplémentaire pour comprendre pourquoi le symbolisme est un langage
universel.
Le symbole est comme l'alpha et l'oméga de la connaissance
humaine. Elle est
l'alpha parce que toute connaissance humaine passe par la médiation de nos
sens.
Nous avons conscience que nous existons grâce à nos cinq sens. Toute
connaissance est donc éminemment symbolique. Elle est l'oméga parce que la
révélation des réalités les plus hautes, ultimes, que l'on ne peut pas
atteindre de
façon directe par nos sens (Dieu) ne peut se faire que par la médiation des
symboles.8
1.1. L'homme est le Temple de
Dieu
Nous avons vu que l'homme
est le Symbole par excellence (Gn 1,27) de
Dieu,
non seulement parce qu'il en est comme le miroir mais parce que Dieu lui a
insufflé
son Esprit (Gn 2,7; 1 Co 3,16). Autrement
dit parce que l'homme a la vocation d'être
le Temple de Dieu. Le corps humain est le Temple de Dieu au sens où Dieu habite
en lui. Le corps humain devient le symbole de la Présence de Dieu, il devient
signe
et sacrement de Dieu.
Ne savez-vous pas que vous êtes un temple de Dieu, et
que l'Esprit de Dieu
habite en vous? ( l
Corinthiens 3:16)
6 Cf. Le
monde des symboles, ch. 5, pp. 239-270; La
Tradition cachée des
cathédrales, pp. 239-244.
7 Toute la
dimension de la prière du corps trouve ici son sens. De même, la
nécessité du sacrement (signe sacré) et la nécessité de visualisé l'Eglise
comme
peuple de Dieu rassemblé dans la prière.
8 Nous en avons vu
les raisons ci-dessus, pp. 4-5. Même si la connaissance
vient d'une révélation « directe » de Dieu pour une personne, Dieu respecte «
notre
langage ».
1.2. Le
temple de pierres
L'homme étant le véritable Temple de Dieu (Jn
2,19-21), il n'est pas étonnant
que les temples et les églises soient construites à partir du corps humain dans
toute
sa puissance symbolique.9
Les Temples de
pierres (puis les églises), construits pour symboliser l'univers
sont bâtis selon le principe de la « quadrature du cercle » autrement dit de la
transformation du cercle en carré. Cette transformation se fait en trois étapes
:
|
tracé du cercle |
tracé de la croix |
tracé du carré |
|
|
symbole de l'éternité, de
la Perfection et de l'ipséité de Dieu1" |
symbole de réconciliation
et de communion entre le les hommes et avec Dieu11 |
symbole de l'éternité. La
Jérusalem céleste a la forme carrée (Ap
21,12.16) |
|
|
|
Le carré et le chiffre
expriment la La création tout entière est le C'est le Christ qui est l'unique |
|||
1.3. Les églises, symbole du Corps du Christ
Le Temple de pierres est construit sur la structure de l'être humain
pour
manifester que le véritable Temple est le corps de l'homme seul lieu d'un
véritable
culte à Dieu car Dieu y vit (1 Co 6,19). Le
Temple Parfait est l'humanité de Jésus car
il est Dieu, mais Dieu a « agrandi » son Temple en faisant de Jésus la Pierre
angulaire et de nous les pierres vivantes (1 P
2,5; He 3,6). L'Eglise symbolise donc
non seulement le Christ, Tête (Col 1,18),
mais aussi ses membres (1 Co 12,27).
9 Le corps
est d'ailleurs perçu comme un microcosme, il « résume » tout
l'univers symbolique. La fonction du Temple comme offrande à Dieu de tout
l'univers
et tout particulièrement de son humanité, est donc pleinement symbolisée.
10 Le cercle
est symbole d'éternité parce qu'il n'a aucun point de
commencement ni de fin, il est symbole de Perfection car tous les points sont à
égale distance du centre. Enfin il symbolise l'ipséité de Dieu (c'est-à-dire le
fait qu'il
existe uniquement par lui-même) parce que le cercle exprime l'harmonie par
rapport
au centre.
11 La croix
symbolise cette communion par sa verticalité et son horizontalité.
12 L'expression « s'orienter » signifie « trouver le bon
chemin » !
Une église symbolise
ainsi la communion parfaite en une seule chair de l'Epoux et de l'Epouse.
|
|
L'Eglise est structurée
sur l'homme et la - la rosace, le
labyrinthe et le baptistère. |
Labyrinthe crypte
|
|
N'oublions pas non
plus que l'Eglise est fondée sur Les deux tours
symbolisent l'Epoux et l'Epouse dans |
Les différents Temples de Dieu et leurs expressions sacramentelles et symboliques
|
|
Eglise
de pierres |
Humanité
du Christ |
Ame
humaine |
Eglise Corps
du Christ |
Eucharistie |
Baptême |
Ordination
(prêtre) |
|
chœur |
Tête du
Christ nature divine |
Dieu,
notre Tête, Source de notre être |
Le
Christ, Tête de l’Eglise, Epoux de l’Eglise |
Le
Christ donne son Corps à l’Eglise |
Baptistère
au chœur = Christ, Source de Vie |
Christ-Prêtre
Source de Vie |
|
|
nef |
Nature
humaine |
Mon
être, ma personne |
Peuple
de Dieu, Eglise-Epouse du Christ |
L’Eglise
fécondée par le Christ (la nef est le « canal » par lequel passe la
vie |
Source
jaillissante du sein du Christ Le
baptême nous plonge dans le Christ |
L’Eglise-Epouse
s’ouvre au Christ Epoux fécondant l’humanité |
L'homme créé à l'image de Dieu (Gn 1,27), microcosme de l'univers et Temple
de l'Esprit-Saint devient ainsi dans le Christ Tête et dans son Corps qui est
l'Eglise,
le symbole par excellence. Dans ce Corps, le symbole (sumbalein) (met ensemble)
rend présent dans une seule et même réalité le visible et l'invisible._________
2.___La symbolique du couple humain_______________
2.1. Adam et Eve, créés à l'image de Dieu
Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il
le créa, homme et femme
il les créa. (Gn 1, 27)
II faut donc
considérer, non l'homme ou la femme mais l'homme et la femme,
en tant que couple, en tant qu'ils s'aiment, en tant qu'ils ne font plus qu'un,
qu'ils
s'unissent pour contempler l'image de Dieu. C'est dans leur complémentarité,
dans
leur unité en une seule chair (Gn 2,24) dans leur fécondité (Gn 1,28) qu'ils
sont
symbole et Temple de Dieu, sacrement de Dieu. Le fondement du sacrement du
mariage nous est ainsi donné. Il y a sacrement parce qu'il y a signe sacré de
l'amour. Il n'y a pas de sacrement pour les
amis précisément parce qu'ils ne forment
pas une seule chair. Le corps est donc bien la médiation de la révélation du
sacrement de Dieu, c'est bien dans l'union de la chair que l'homme et la femme
révèlent l'amour divin. Dans leur corps ils deviennent signe sacré, sacrement.13
Nous allons donc étudier cette complémentarité corporelle de l'homme
et de la
femme, et voir en quoi ils sont symbole.
2.1.1. Le couple fécond, image de la Trinité
« L'Esprit-Saint procède du Père et du Fils »14.
On pourra croire, que le Père et
le Fils précèdent l'Esprit et que ce dernier est le fruit de leur Amour mais
tout n'est
pas si simple. Contemplons davantage ce mystère !
Il y a une formule
liturgique permanente qui est essentielle parce qu'elle
conclue toutes nos prières liturgiques. On s'adresse toujours: au Père, par
le Fils et
dans l'Esprit-Saint.
Nul ne va au Père
sans passer par le Fils mais sans oublier qu'on y va dans
l'Esprit-Saint ! Seul l'Esprit est
féminin en hébreux. D'autre part, nous avons vu que
le Christ est l'Epoux et l'Eglise, l'Epouse. Cette Eglise prend naissance à la
Pentecôte (don de l'Esprit), c'est à ce moment-là qu'elle ne fait plus qu'une
seule
chair avec son Epoux, le Christ, et qu'elle enfante dans les eaux matricielles
du
baptême ses fils et ses filles. Le Christ féconde donc l'Esprit, ainsi « dans
l'Esprit »
(« en Eglise »)
nous allons au Père !
L'Esprit n'est pas
l'Epouse du Père car le propre du Père est d'être à l'origine
de tout (même à l'intérieur de la Trinité), il est au-delà du couple pour
engendrer.
Le Père est la Source
(même à l'intérieur de la Trinité), il donne naissance (de
toute éternité) au « couple divin, absolu ». C'est notre anthropomorphisme
(projection de la réalité humaine sur celle de Dieu) qui projette l'engendrement d'un
Fils dans la Trinité par un couple parce qu'il en est ainsi pour l'engendrement
d'un
13 Les amis
vivent de l'amour de Dieu, ils révèlent aussi l'amour de Dieu mais
pas dans la complémentarité corporelle de l'union en une seule chair.
14 Cf. le Credo de Nicée-Constantinople.
fils chez les hommes.
En fait, c'est précisément le propre de Dieu d'être sans
commencement, donc le Père n'a pas besoin d'une Epouse pour engendrer un
Fils.15
Mais pourquoi dit-on
alors que l'Esprit-Saint procède du Père et du Fils ?
La création du couple humain est le symbole, la révélation de la relation du
Fils
et de l'Esprit à l'intérieur de la Trinité. Comme la femme se reçoit de l'homme
(elle
en est tirée - Gn 2,21-23), dans l'acte
d'amour la femme accueille l'homme16, elle
symbolise l'accueil et l'homme le don. C'est l'image de l'Esprit qui accueille
le Fils
dans la Trinité (l'Esprit procède du Père et du Fils17) et le
Christ dans l'Eglise,
(l'Esprit jaillit du sein du Christ comme nous l'avons vu) Peuple de Dieu,
Epouse du
Christ.
Nous avons donc le tableau suivant :
|
Verbe |
> |
Esprit-Saint |
|
Epoux |
> |
Peuple de Dieu |
|
Christ Epoux |
> |
Eglise Epouse |
|
homme |
> |
femme |
La relation « don-accueil » dans l'amour
est toujours réciproque18, mais au
niveau de la symbolique l'homme exprime plus
le don et la femme l'accueil.
2.1.2. Le serpent source de division du couple
Quelle est donc cette tentation de la femme qui a entraîné l'homme dans
la
chute ?
« Vous serez comme des dieux » (Gn 3,5) Créateur de vie, le couple ne
doit
pas posséder cette vie. L'homme doit faire jaillir la vie, quant à la femme,
elle doit la
faire naître la mettre au monde et la donner. Plus tard le couple doit même
s'en
séparer (Gn 2,24). Le couple ne doit pas posséder « manger » du fruit de
l'arbre de
vie !
De fait le couple ne se contente pas d'être « comme des dieux » mais se
prend
pour Dieu et possède le fruit de la vie qui lui est confié. C'est la femme qui
prend le
fruit défendu en premier (Gn 3,6) non pas pour symboliser que le péché vient
par
15 Parler de
Dieu comme « Père et Mère » c'est nier le propre de Dieu. C'est
dans l'ordre symbolique que l'on a attribué le masculin parce que l'homme dans
sa
morphologie exprime le don de la vie dans l'union du couple. Par contre,
parlons du
Fils comme homme incarné dans un corps d'homme et de l'Esprit, comme femme-
Epouse. L'Esprit est féminin en hébreu et malheureusement masculin en français
mais c'est l'hébreu qui est la langue inspirée de la Bible. En grec pneuma est neutre
mais pnon qui signifie aussi le souffle, est féminin, et c'est
pnon qui est utilisé en Ac
2,2 pour parler du don de l'Esprit-Saint à la Pentecôte.
16 C'est
aussi l'ovule qui accueille le spermatozoïde.
17 C'est pour
cette raison que le Fils et l'Esprit tirent tous les deux leur source
du Père mais que l'Esprit, en plus se reçoit du Fils dans leur « relation de
couple ».
L'Esprit procède du Fils mais le Fils ne procède pas de l'Esprit. Ce qui ne
signifie
pas qu'il n'y a pas de relation mutuelle d'amour entre eux, au contraire elle
est
tellement profonde qu'elle est une: le Souffle d'Amour du Fils, c'est l'Esprit.
18 Accueillir
l'autre est aussi une forme de don très profond.
elle mais parce que
c'est elle qui « porte la vie en son sein », ce sera elle qui
symbolisera le mieux la perversion du péché: posséder la vie au lieu de la
donner.19
« Connaître » dans la
bible fait référence à l'acte sexuel dans le don de soi, de
la vie. Le serpent pervertit la connaissance (Gn
3,2-3) et invite à la possession de la
vie, du fruit de l'arbre pour s'approprier la prérogative de Dieu (Gn 3,22).
L'arbre de
vie est donc aussi celui de la connaissance du bien (don de la vie, don de soi)
et du
mal (possession de la vie) lorsqu'on s'en approprie le fruit au lieu de le
recevoir de
Dieu.
2.2. Le symbolisme du couple restauré entre
Dieu et son Peuple
2.2.1. Dans l'Ancien Testament : Dieu et son Peuple -
Dans le Nouveau
Testament : le Christ et l'Eglise, un seul Corps
Un homme et une femme ne peuvent pas, à eux seuls, symboliser l'infinie
richesse de l'amour Invisible, de la Trinité Sainte et ceci, à plus forte
raison, après le
péché originel. Dieu va donc compter sur sa relation d'amour avec son peuple
pour
révéler (symboliser) sa Présence invisible au cœur de l'homme.
L'Ancien Testament,
contemple Dieu comme l'Epoux de son Peuple, l'Epouse
qui accueille Dieu et se laisse pénétrer par lui. Le livre d'Osée et le
Cantique des
Cantiques s'inspirent tout particulièrement de cette symbolique.
L'incarnation du
Christ, Epoux de l'Eglise est la pénétration de l'Epoux en son
Epouse pour ne faire plus qu'une seule chair. Cette réalité merveilleuse est
exprimée symboliquement à la veillée pascale lorsque le prêtre plonge le cierge
pascal (symbole du Christ ressuscité) dans l'eau pour la rendre vivifiante
(eaux
maternelles de l'Eglise) pour la féconder et donner naissance à des enfants par
les
eaux du baptême. L'Eglise est notre mère !20
L'Epoux et l'Epouse,
le Christ et l'Eglise ne font plus qu'une seule chair, un
seul Corps. Echange merveilleux et physique qui s'exprime symboliquement dans
l'eucharistie... « prenez et mangez en tous ceci est mon Corps » (Le 22,19-20) enfin
accomplie dans sa réalité physique et parfaite mais, en même temps encore en
attente de réalisation plénière dans la
Gloire.
3.___Le corps symbole dans tous ses membres__________
3.1. Le symbolisme du corps de l'homme et de la
femme
Après avoir considéré le couple humain, image de Dieu dans sa
complémentarité et son unité, il nous faut considérer l'homme et la femme dans
leur
spécificité propre. Sans oublier qu'il y a une « part féminine » en l'homme et
une
« part masculine » en la femme ceci au niveau de l'être psychologique mais
aussi
corporelle puisque l'homme et la femme se ressemblent !
19 Cf. aussi
notre conclusion générale, pp. 50-51.
20 La Vierge Marie, icône de
l'Eglise, est aussi notre mère dans un sens second.
Elle serait le réfèrent particulier alors
que l'Eglise est l'archétype en tant qu'elle est
habitée de l'Esprit Saint (ruah -
féminin en hébreu) dans la plénitude ne faisant avec
le Christ qu'un seul Corps !
Rappelons, pour commencer que l'homme a « une part de féminité » appelée
anima et que la femme a « une part de masculinité » appelée animus. Nous ne
parlons donc pas des caractéristiques de l'homme ou de la femme mais de la
masculinité et de la féminité. D'autre part, nous sommes dans l'ordre
symbolique,
nous n'opposons pas l'homme à la femme. Le symbole (sumbalein)
« met
ensemble » unit dans la complémentarité l'homme et la femme pour nous révéler
la
totalité de l'Amour et donc de l'image de Dieu.
Nous sommes ici dans
l'ordre symbolique, ce que nous disons n'a rien avoir
avec la dignité de l'homme et de la femme car celle-ci est strictement la même (Gn
1,27) mais cela n'empêche pas qu'ils signifient dans leur
complémentarité des
choses et des réalités différentes.
Tout ce que nous
allons dire sur l'homme ou sur la femme est tiré de notre
expérience courante. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas des exceptions !
3.1.1. Le symbolisme de l'homme
Le corps de l'homme exprime la force physique. Sa morphologie sexuelle
exprime également cet aspect de puissance dans l'acte sexuel. On parle
d'impuissance pour un homme qui ne peut pas accomplir l'acte sexuel et de viole
pour qualifier sa force physique qui contraint la femme à l'acte sexuel. Cette
force
humaine peut donc avoir un aspect symbolique de protection mais aussi
d'agression. Dans l'acte sexuel, la rapidité de l'homme s'affirme mais elle
devra
s'adapter à la femme.
Il est évident que la
morphologie du corps de l'homme est l'expression du don,
du jaillissement de la vie, le point de départ. Il exprime l'extériorité, le
rayonnement
de l'amour (ses organes génitaux sont externes). C'est lui qui pénètre dans
l'être de
la femme qui l'accueille. Il donne la vie avec surabondance... plusieurs
millions de
spermatozoïdes alors qu'un seul sera élu ! Expression de la gratuité.
La symbolique
L'homme,
comme nous l'avons vu, symbolise Dieu, l'Epoux. Jésus a pris la
chair d'un homme. Dans la liturgie, le prêtre qui « représente » le Christ,
Dieu,
l'Epoux sera donc toujours un homme parce qu'il symbolise le jaillissement de
la Vie
de Dieu, celui qui en est le point de départ.21
Il symbolise le rayonnement de l'Amour
de Dieu, sa puissance, sa protection, la puissance de pénétration de la vie, de
son
Amour mais lorsque l'homme utilise sa puissance dans la violence ou le viol, il
trahit
l’œuvre de Dieu.
Dieu donne la vie
avec surabondance dans la grande gratuité même lorsqu'il
est rejeté. L'unique Juste, le Christ est l'élu pour pénétrer l'humanité,
l'ovule de la
femme, de l'humanité.
Il faut noter,
toutefois, qu'à la différence de Dieu, l'homme ne possède pas la
vie en plénitude, l'être vivant, le spermatozoïde doit s'unir à l'ovule pour
donner la
vie à un être humain, il faut donc la femme. Nous voyons ici encore que c'est
bien
l'homme et la femme qui sont à l'image de Dieu.
21
La femme comme prêtre
signifierait, au niveau de la symbolique, la capacité
pour l'Epouse, l'humanité, d'être la Source de sa propre vie. Elle serait le
symbole
de la possibilité pour l'humanité de se passer de Dieu. On voit ici que la
question de
l'ordination de la femme n'a rien avoir avec une question de dignité, c'est une
question de valeur symbolique.
La rapidité de l'acte sexuel de l'homme pourra être l'expression de la
rapidité
du don de l'Amour de Dieu mais celui-ci aura, en même temps la patience pour
s'adapter à la capacité d'accueil de l'Eglise !
3.1.2. Le symbolisme de la femme
Comme nous l'avons déjà souligné, le corps de la femme est d'apparence
plus
fragile, au moins en face des coups brusques, des événements violents.
Lorsqu'elle
décide de s'imposer, la force physique ne lui permet mais elle mettra en valeur
le
charme et la finesse de son corps pour séduire.
Sa morphologie sexuelle n'exprime pas la puissance mais
l'accueil, l'intériorité,
(les organes de la femme sont internes), l'attente et surtout l'ouverture au
don de la
vie dans la tendresse. Elle se laisse pénétrer par l'homme qui perce l'hymen.
Si
l'homme symbolise le besoin de faire rayonner l'amour, la femme symbolise le
besoin de l'intimité. Deux facettes indissociables de l'amour liées au don et à
l'accueil.
La femme accepte « un
corps étranger » en elle22, elle accepte donc de
devenir autre, d'être l'autre. Aimer c'est se donner, l'homme symbolise le don
de la
vie et la femme l'accueil. Accueillir c'est devenir autre (symbole de la
semence
masculine puis de l'enfant en elle qui est autre qu'elle) ainsi la femme
symbolise
dans son accueil la dimension la plus profonde du don !
Si l'homme « donne la
vie », la femme en vit de l'intérieur le mystère, elle en a
l'intuition, elle ne l'explique pas rationnellement mais elle conserve avec
soin toutes
ces choses, en les méditant dans son cœur comme Marie (Lc 2,19). C'est une co-
naissance (elle naît avec)23
par le cœur infiniment plus puissante que celle de la
raison ! La femme accueille la surabondance mais sélectionne (un seul
spermatozoïde), elle aime l'amour unique et total, le don total ! La femme
symbolise
la soif de tendresse, elle a une grande capacité de patience !
Dans l'acte d'amour
du couple, la féminité recherchera davantage un temps de
préparation et de tendresse, la durée, alors que la masculinité recherche
davantage
la totalité dans l'immédiateté.
Les deux dimensions
sont le symbole de l'amour:
- la féminité
symbolise la douceur, la grande Tendresse qui se déploie dans
chaque instant de notre vie. Elle symbolise l'intériorité et l'intimité de
l'amour fidélité
- la masculinité
symbolise le don total (les organes de
l'homme sont externes),
la gratuité, la spontanéité de l'amour.
La symbolique
La
femme symbolise la fragilité de l'humanité qui résiste mal à la violence et
qui utilise souvent la beauté de son être pour s'enorgueillir et séduire. En fait
se
regarder elle-même pour posséder son Epoux puis l'abandonner parce qu'elle
n'est
plus dans une relation d'amour, de don de soi.
La femme symbolise
l'Eglise qui accueille en son Sein l'Epoux (dont Marie est
l'icône sans tache en accueillant en son sein le Verbe de Dieu - Lc 2,19). Elle
22 L'homme
accepte aussi d'être autre (par sa semence qui devient un enfant)
mais c'est, sur le plan symbolique plus net pour la femme qui porte l'enfant en
elle.
Dieu devient aussi « autre » en devenant homme en Jésus-Christ mais tout en
restant Dieu, et un seul Corps dans l'Eglise.
23 Connaître dans la Bible
équivaut à l'acte sexuel (Lc 1,34).
symbolise aussi
l'attente de son Seigneur et l'ouverture de son corps au don de la
Vie qui la pénètre. L'Eglise accepte de devenir « autre », l'Autre, elle porte
en son
Sein tous ses enfants. L'Esprit qui glorifie notre corps, qui nous pénètre,
symbolise
la profondeur de ce don de l'Epouse.
Ce n'est pas parce
que la femme est plus intuitive que l'homme qu'il faudrait en
déduire qu'elle en a plus que Dieu qui est symbolisé par l'homme. En fait, elle
exprime l'intuition de la foi, elle sélectionne et donne tout son Amour à un
seul
Epoux, don total et fidèle plein de tendresse et de patience.
3.1.3. La symétrie du corps
La symétrie du corps joue un rôle symbolique très important. Elle est le
symbole de l'unité par la synthèse des opposés. Elle exprime la réduction du
multiple à l'un, qui est le sens profond de l'action créatrice. Le chiffre deux
est
symbole d'opposition, de conflit, de l'ambivalence, de réflexion mais aussi de
l'équilibre réalisé.
Au niveau du corps,
le fait d'avoir deux yeux, p. ex., symbolise
la nécessité
d'un regard complet (et non unilatéral),
complémentaire. Le fait d'avoir deux oreilles
nous permet de situer la provenance des sons. Toute la réalité, qu'elle soit
bonne ou
mauvaise doit nous conduire à comprendre l'ensemble de la réalité de manière
équilibrée. D'un point de vue théologique, cette symétrie peut symboliser
l'affirmation de saint Paul:
La Loi, elle, est
intervenue pour que se multipliât la faute; mais où le péché
s'est multiplié, la grâce a surabondé. (Rm
5,20)
Autrement dit tout
est grâce... Dieu tire d'un mal un plus grand bien au sens ou
la croix est le sommet de l'Amour. On ne peut pas comprendre le sens de la vie sans
la croix ! D'autre part, avec le Christ, les ambivalences sont réconciliées. P.
ex. l'eau
symbolise la vie et la mort, ambivalence réconciliée dans le Christ car la mort
est la
naissance à la Vie !
Cette ambivalence
réconciliée est symbolisée dans le corps car la moitié gauche du
cerveau commande la partie droite du corps et la moitié droite du cerveau
commande la partie gauche du corps.
3.2. Chaque partie du corps a sa dimension
symbolique propre
L'homme, microcosme de l'univers, symbole vivant exprime, révèle son
mystère invisible par la médiation de con
corps, dans chacune de ses parties.
3.2.1. La tête
La tête symbolise en général le principe actif qui inclut l'autorité de
gouverner,
d'éclairer. Elle est à la source de
nos cinq sens qui nous permettent d'être conscient
que l'on existe:
- la vue - les yeux - l'odorat - le nez
- le goût - la bouche
- l'ouïe - les
oreilles
- le toucher -
l'ensemble de notre corps
(particulièrement nos lèvres qui sont très sensibles au toucher)
La tête, comprenant le cerveau et l'expression du regard, est davantage la
manifestation de l'esprit que le reste du corps.
Symbolique
Le Christ est la Tête du Corps de l'Eglise, il est à la Source de tous «
les sens
de l'Eglise » de sa conscience d'exister comme Eglise. Du Christ vient donc le
Souffle de Vie insufflée à son Epouse (Don
de l'Esprit-Saint). Le Christ dirige son
Eglise, il en est le Maître, sans lui, elle meurt. C'est le Christ qui nous a
permis, par
son incarnation, de voir de sentir, de goûter, d'entendre et de toucher le Père
que
nul n'a jamais vu (1 Jn 1,4; Jn 1,18).
Saint Denis, premier évêque martyr de Paris porte sa tête entre les
mains. On
symbolise ainsi que le bourreau n'a pas ôté
la vie du saint car celui-ci continue de
vivre et d'agir spirituellement. Non seulement l'esprit est immortel mais il
continue
d'être porté par saint Denis par tous ceux qui partagent la même foi que le
saint.
3.2.1.1. L'oreille
Le
pavillon est ce que nous voyons de l'oreille, il capte les ondes sonores et
les canalise vers les organes de l'oreille moyenne et interne (dans le crâne,
près de
l’œil). Les ondes sonores (déplacement d'air) font vibrer le tympan qui
transmet ses
vibrations à trois osselets. Ces derniers font vibrer à leur tour une colonne
de
liquide (cochlée qui contient environ 20'000
cellules nerveuses) qui transmet des
signaux électriques au cerveau par le nerf auditif. Ce dernier les enregistre
et les
interprète. Le fait d'avoir deux oreilles nous permet de situer la provenance
des
sons. Le cérumen est une substance grasse qui englue les poussières pour les
empêcher de pénétrer plus loin et éviter de boucher le tympan.
Les oreilles nous
servent aussi à conserver notre équilibre grâce aux canaux
semi-circulaires qui sont remplis d'un liquide qui contient des cellules
nerveuses
couvertes de cils sensoriels. Ces derniers penchent d'un côté ou de l'autre
selon
l'inclination de notre tête, ils transmettent des signaux électriques au
cerveau au
moindre changement de position de notre tête.
Symbolique
Notre capacité d'entendre dépend des vibrations de l'air, symbole de
l'Esprit.
Le Christ est le Verbe de Dieu mais sa Parole
est émise grâce au souffle qui fait
vibrer les cordes vocales et les sons sont « portés par l'air ». C'est l'Esprit
qui nous
donne d'émettre une Parole et ce sont les signes de l'Esprit (Eph 6,17) (vibrations
de l'air) que nous devons interpréter. Ce souffle devient « feu » (signaux
électriques)
à travers les vibrations des 3 osselets (par la fermeté, la force et la vertu
que
symbolise l'os) et de la colonne de liquide (symbole de l'eau du baptême ).24 Il faut
donc la vertu et la présence de Dieu donné au baptême pour recevoir et
interpréter
le Souffle de l'Esprit. C'est ainsi qu'il nous embrase dans le feu de son
Amour.
Les oreilles, notre
capacité d'entendre la Parole nous donne l'équilibre de
notre être.
Et voilà qu'un des
compagnons de Jésus, portant la main à son glaive, le
dégaina, frappa le serviteur du Grand Prêtre et enleva l'oreille. Matthieu 26:51
Le glaive symbolise
la Parole (Eph 6,17) et l'oreille a un lien intime avec la
Parole proclamée. Le geste du compagnon de Jésus est l'acte symbolique de ce
que font le Grand Prêtre et tous ceux qui condamnent Jésus. En effet, ils
veulent
24 La colonne est le symbole de l'arbre de vie et de la Présence de Dieu au
désert qui conduit son Peuple.
faire taire celui qui
est le Verbe fait chair, la Parole du Père, ils désirent que l'on ne
l'entende plus... Mais le compagnon de Jésus lui, manifeste par son geste que
ce
sont eux qui ne veulent pas entendre et qui perdent à jamais leur capacité
d'entendre la Parole de Dieu par le glaive de la violence.
Le prenant hors de
la foule, à part, il lui mit ses doigts dans les oreilles et avec
sa salive lui toucha la langue. Marc 7:33
Ce sont les doigts de
Jésus qui ouvrent les oreilles du sourd-bègue. Le doigt
de Dieu symbolise la force divine agissante (Ex 8,15) et créatrice (ps 8,4). C'est
aussi ce doigt divin qui a gravé les Paroles sur les tables de la Loi (Dt 9,10). Le
doigt de Dieu, c'est la Parole créatrice,
celle de la Loi, celle qui s'incarne dans le
Christ, celle qui délie la langue et donne d'entendre...
Et ses oreilles
s'ouvrirent et aussitôt le lien de sa langue se dénoua et il parlait
correctement. (Me 7,35)
3.2.1.2. babouche
La
bouche joue un rôle essentiel pour l'assimilation de la nourriture, elle la
broie. Deux séries de onze muscles assurent tous les mouvements de la bouche.
Elle
atténue la température des aliments pour la rendre supportable au corps. Enfin,
elle
transforme les sons émis par les cordes vocales en mots. L'intérieur de la
bouche
est chaud et humide et il contient des débris alimentaires, c'est donc un
endroit
propice aux microbes !
Symbolique
«
Qu'il me baise ! » (Cant 1,2) est demandé au
Père car c'est lui qui est la
Source de tout Amour. La bouche, c'est le Fils unique, le Verbe, la Parole du
Père,
Le Baiser, c'est l'Esprit-Saint (le Souffle d'Amour) déposé à jamais dans nos
cœurs
par les lèvres du Fils. L'Unité d'Amour se réalise dans l'eucharistie au moment
où le
Corps du Christ touche les lèvres de l'Epouse. Le Baiser de l'Esprit se réalise.
« Qu'il me baise d'un baiser de sa bouche » (Cant 1,2) est un symbole, pour
Saint
Bernard, de l'effusion de l'Esprit-Saint. Le baiser de l'Epoux et de l'Epouse
signifie à
la fois l'étreinte et l'extase. L'homme reçoit les paroles divines par le
Souffle de
Dieu. La liturgie de la Parole est le baiser de Dieu.
Mais la bouche peut
aussi laisser échapper des mots qui détruisent qui
blessent, des microbes ! Onze est symbole de dépassement en tant que
transgression et non comme accomplissement. Au-delà des dix commandements, il
y a le péché. Dieu, dans le Souffle de son Esprit est Source d'Amour, l'homme
doit
le laisser parler en lui, s'il y ajoute une
parole, elle sera de trop... «hors de moi vous
ne pouvez rien faire » (Jn 15,5)
3.2.1.3. La langue
La langue répartit la nourriture sous les dents et la dirige au fond de
la bouche
pour l'avaler. Elle contient des papilles gustatives
qui détectent le goût des aliments.
Elle est considérée comme une flamme car elle en possède la forme et la
mobilité et
elle peut détruire ou purifier comme le feu. Elle joue un rôle important pour
la parole.
Elle peut donc provoquer des souffrances qui sont pires que celles du corps. (Prov
18,21) On dira de quelqu'un que c'est « une mauvaise langue » !
La langue aussi est un feu. C'est le monde du mal, cette langue
placée parmi
nos membres: elle souille tout le corps; elle enflamme le cycle de la création,
enflammée qu'elle est parla Géhenne. (Je
3,6)
Symbolique
La langue de Dieu est
comparée au feu dévorant (Is 30,27), symbole
de son
pouvoir et de sa justice.
Nous connaissons bien
aussi les langues de feu qu'ont reçu les Apôtres à la
Pentecôte (Ac 2,3), elles symbolisent le don
de l'Esprit-Saint qui unifie les croyants
dans une langue comprise par tous les peuples: la langue de l'Amour qui donne
force et lumière. La Pentecôte est l'antitype
de la tour de Babel où l'orgueil (opposé
à l'amour) a confondu les peuples dans le péché et l'incompréhension des
langues
qui divisent les peuples.
La Parole est tranchante (He 4,12), c'est le glaive de l'Esprit (Eph 6,17), c'est
une langue de feu (Ac 2,3) qui purifie le cœur et détruit le péché.
3.2.1.4. La salive
Les
glandes salivaires produisent la salive qui
ramollit les aliments et
commence à les décomposer pour faciliter leur passage dans le tube digestif.
Symbolique
Les malheurs, les échecs, les souffrances sont « difficiles à avaler ».
Jésus
vient soulager les hommes, il permet de faire de tous les événements de nos
vies,
quels qu'ils soient, une nourriture. La salive qui prépare la nourriture pour
être
avalée est ce que Jésus utilise pour soulager et guérir. Miracle qui devient
une
nourriture pour notre foi.
La salive, mêlée aux
opérations de la parole, devient dans l'acte de Jésus, une
Parole de Vie bien au-delà des mots. C'est d'ailleurs ce geste qui redonne la
parole
au sourd-bègue.
Le prenant hors de
la foule, à part, il lui mit ses doigts dans les oreilles et avec
sa salive lui toucha la langue. Puis, levant les yeux au ciel, il poussa un
gémissement
et lui dit; "Ephatha",
c'est-à-dire: "Ouvre-toi!" Et ses oreilles s'ouvrirent et aussitôt
le lien de sa langue se dénoua et il parlait
correctement. (Me 7,33-35)
L'homme pourtant peut
l'employer pour humilier une personne en lui crachant
dessus. (Mt 26,67) C'est cette humiliation
que l'on a infligée à Jésus lui qui a, au
contraire, utilisé la salive pour guérir (Jn
9,6).
Ne plus pouvoir
avaler sa salive est aussi symbole d'angoisse (Job 7,19).
3.2.1.5. Les dents
Les
dents permettent de broyer les aliments, de les déchirer. Elles deviendront
principalement le symbole des actes de violence d'autant que la couche d'émail
est
la substance la plus dure de notre corps.
Fracture pour
fracture, oeil pour oeil, dent pour dent. Tel le dommage que l'on
inflige à un homme, tel celui que l'on
subit: (Lv 24,20) Béni Yahvé qui n'a point fait de
nous la proie de leurs dents ! (ps 124,6)
Symbolique
Le Cantique des Cantiques, par contre, nous apporte l'inverse de ce
symbolisme en comparant les dents à un troupeau de moutons. Avec la chèvre, le
mouton constitue la principale richesse de l'Israélite
moyen. C'est l'animal le plus
utilisé pour les sacrifices (1 R 8,63). Le
mouton donne la laine, un vêtement de peau
(He 11,37), la viande et le lait (Dt 32,14). C'est un animal docile et doux comme la
laine !
Tes dents, un
troupeau de brebis à tondre qui remontent du bain. Chacune a
sa jumelle et nulle n'en est privée. Cantique 4:2
La proximité des
dents (symbole de l'intimité du couple) et la dentition
composée par couples (chacune a sa jumelle) inspirent l'auteur.25 Mais si nous
rapprochons les textes et les symboles nous pouvons aller beaucoup plus loin.
Dans
l'amour du couple en Dieu ou dans l'Amour de l'Epoux (Dieu) avec son Epouse
(Peuple de Dieu)26, l'organe qui
symbolisait la souffrance devient symbole d'une
douceur merveilleuse car le couple vit de l'amour de Dieu donné dans le Bain du
baptême. La croix devient la douceur suprême de l'Amour de Dieu.
Mais il est vrai que
l'homme peut s'obstiner et refuser cet amour, l'enfer
provoquera alors des grincements de dents.
/7s tes jetteront dans la fournaise ardente: là
seront les pleurs et les
grincements de dents. (Mt 13,42)
3.2.1.6. Le nez
Le nez est le siège de l'odorat, de notre capacité de sentir des odeurs.
Cette
fonction lie cet organe à notre intuition. Celui qui a été capable de sentir
les choses,
de les prévoir « a eu bon nez ». Le nez, comme l’œil devient ainsi un symbole
de
clairvoyance, de perspicacité, de discernement. E/tes
ont des oreilles et n'entendent
pas elles ont un nez et ne sentent pas. (ps
115,6)
Le nez est aussi lié
à la colère (Prov 30,33). Lorsque Dieu se
met en colère la
moutarde lui monte au nez !
3.2.1.7. Les joues
Tes lèvres, un fil d'écarlate,
et tes discours sont ravissants. Tes joues, des
moitiés de grenades, derrière ton voile. (Cant
4,3)
Les joues de l'Epouse
sont comparées à des grenades. Ce fruit à nombreux
pépins est symbole de fécondité et de prospérité. Au Gabon, ce fruit symbolise
la
fécondité maternelle et en Inde les femmes boivent du jus de grenade pour
lutter
contre la stérilité. Saint Jean de la Croix voit dans les pépins de la grenade
le
symbole des perfections divines dans leurs effets innombrables. Dans la rondeur
de
ce fruit, il voit l'éternité divine et dans la suavité de son jus la jouissance
de l'âme
aimante et connaissante. Finalement la grenade représente les plus hauts
mystères
de Dieu, ses plus profonds jugements et ses plus sublimes grandeurs.
25 8 incisives, 4 canines, 8 prémolaires et
12 molaires.
26 II y a un va et vient dans le Cantique des
Cantiques, entre l'amour humain et
l'amour de Dieu pour son Peuple. C'est tout un. Dans la même ligne, l'Eglise
verra le
sacrement du mariage comme la participation du couple à l'Amour de Dieu pour
son
peuple.
Les Pères de l'Eglise ont vu dans la grenade le symbole de l'Eglise. De
même
que la grenade contient sous une écorce
unique un grand nombre de grains, de
même l'Eglise unit dans une seule croyance des peuples divers.
Ses joues sont
comme des parterres d'aromates, des massifs parfumés. Ses
lèvres sont des lis; elles distillent la myrrhe vierge. (Cant 5,13)
Les aromates sont
utilisés pour faire l'huile de l'onction et pour l'encens (Ex
25,6). Marie de Magdala les utilise pour embaumer le corps de Jésus. C'est l'aspect
du parfum qui est souligné ici. La subtilité insaisissable et pourtant réelle
du parfum
symbolise la présence spirituelle. La
persistance du parfum d'une personne, après
le départ de celle-ci, évoque une idée de survie, de durée et de souvenir. Le
parfum
symbolise alors également la mémoire d'où son importance au moment de la
liturgie
des défunts.
Le parfum pénètre en
tous ceux qui le respirent. Dans le Cantique des
Cantiques il devient symbole de la communion en un seul souffle de vie de
l'Epoux
et de son Epouse qui se pénètrent dans l'Amour qui fait d'eux plus qu'une seule
chair. Le geste de la femme pécheresse qui verse du parfum sur les pieds de
Jésus
(Le 7,38) symbolise son désir de communion
avec Jésus... elle a montré beaucoup
d'amour (Le 7,47).
Elle passe des
nuits à pleurer et les larmes couvrent ses joues. Pas un qui la
console parmi tous ses amants. (Lam 1,2)
Les larmes coulent
sur les joues de la personne humaine, elles accueillent les
larmes de joie mais aussi de souffrance, elles leur permettent de s'évaporer en
s'écoulant sur elles. Les joues deviennent donc le symbole de la capacité de
gérer
et de maîtriser ses sentiments.
Eh bien! moi je
vous dis de ne pas tenir tête au méchant: au contraire,
quelqu'un te donne-t-il un soufflet sur la joue droite, tends-lui encore l'autre. (Mt
5,39)
La joue est symbole
de Tendresse, l'ami dépose ses lèvres sur les joues de
son amie. L'enfant accueille aussi la tendresse de sa maman en l'embrassant sur
les
joues.
Je /es menais avec des attaches humaines, avec des
liens d'amour; j'étais
pour eux comme ceux qui soulèvent un nourrisson tout contre leur joue, je
m'inclinais vers lui et le faisais manger. (Os 11,4)
3.2.1.8. Les yeux
Les
images perçues par l’œil sont projetées sur la rétine au fond de l'oeil. Cent
millions de bâtonnets et 7 millions de cônes sont des cellules qui captent les
images
pour les traduire en influx nerveux et les transmettre à travers le nerf
optique au
cerveau (centre de la vision) qui trie et interprète ces messages.
La cornée
(transparente) protège l’œil et concentre la lumière par sa forme
arrondie. La lentille (cristallin) concentre la lumière pour envoyer une image
parfaitement nette à la rétine, elle s'étire et devient mince pour capter les
images
lointaines et se rétrécit en s'épaississant pour capter les images proches.
C'est une
sorte de loupe qui projette les images à l'envers sur la rétine. C'est le
cerveau qui
les rétablit automatiquement dans le bon sens. La pupille est un orifice au
centre de
l'oeil qui règle la quantité de lumière à accepter pour protéger les cellules
de la
rétine.
Le fait d'avoir deux
yeux nous permet d'évaluer les formes et les distances. Le
clin d’œil sert à passer un liquide qui maintient la propreté de l’œil. Ce
liquide
s'évacue par le nez sauf s'il devient plus abondant (grosse poussière), il
déborde en
larmes. Les paupières
maintiennent les yeux propres et humides. Les sourcils
empêchent la transpiration de tomber dans les yeux.
Symbolique
L’œil, organe de la perception visuelle est pratiquement
universellement, le
symbole de la perception intellectuelle. C'est cet organe qui nous permet de
recevoir
la lumière et, d'autre part, celui-ci est de la même forme que le soleil. Il y
a donc un
lien étroit entre le symbolisme de l’œil et celui du soleil.
"La lampe du
corps, c'est l’œil. Si donc ton oeil est sain, ton corps tout entier
sera lumineux. (Mt 6,22)
Dans la tradition
maçonnique, l’œil symbolise le soleil, la Vie, la Lumière, l’œil
du grand Architecte de l'Univers.
Saint Jean nous
rappelle que ce ne sont pas ceux que l'on croit qui sont
aveugles. Avec l'arrivée du Christ, il s'agit de le reconnaître et d'ouvrir les
yeux, si
on ne l'accueille pas on se rend aveugle...
Jésus dit alors:
"C'est pour un discernement que je suis venu en ce monde:
pour que ceux qui ne
voient pas voient et que ceux qui voient deviennent aveugles. "
Des Pharisiens, qui se trouvaient avec lui, entendirent ces paroles et
lui dirent: "Est-
ce que nous aussi, nous sommes aveugles?" Jésus leur dit: "Si vous
étiez aveugles,
vous n'auriez pas de péché; mais vous dites: Nous voyons! Votre péché
demeure."
(Jn 9, 39-41)
Celui qui croit voir
ne voit pas, car celui qui croit voir la paille dans l’œil de son
voisin ne se rend pas compte qu'il a une poutre dans le sien. (Mt 7,3)
La lentille dose la
lumière et s'ouvre en fonction des besoins. L'homme doit
accueillir la lumière mais celle-ci, trop intense, peut le rendre aveugle (Ex
33,20; Jn
16,12) il faut donc doser d'après ce que l'on peut supporter.
Le Christ est venu «
retourner l'image blessée par le péché ». Notre oeil est
faussé mais, grâce à son Esprit (symbolisé par le cerveau humain), nous
percevons
correctement la réalité, nous la voyons « dans le bon sens ». Toutefois l'homme
doit
veiller à ne pas se laisser « polluer » par le monde, sa vue doit « rester
propre », il
ne doit pas tout voir. Comme pour l'oreille, on retrouve ici l'importance du
liquide
(symbole de l'eau du baptême) qui nous purifie, ce qui parfois se lie à la
colère
(s'évacue par le nez)27, ou qui
nous fait mal, autrement dit qui est source de larmes.
3.2.1.9. Les larmes
Le
liquide qui nettoie l’œil devient une larme quand la poussière qui touche
l’œil est trop abondant ou lors d'un sentiment heureux ou malheureux - joie ou
souffrance.
Symbolique
En frappant l’œil on fait couler des larmes, en
frappant le cœur on fait
apparaître les sentiments. (EccI 22,19)
Alors Joseph se jeta sur le visage de son
père, le couvrit de larmes et de baisers. (Gn
50,1)
Spontanément, on
comprend que les larmes symbolisent nos sentiments de
tristesse, de pénitence ou de joie. Ce sentiment est un pain quotidien (ps 42,4; ps
27 Jésus
purifie le Temple de tous ses trafiquants (Mt 21,13), il se met en colère.
80,6) qui peut
devenir une nourriture... ainsi « ceux qui sèment dans les larmes
moissonnent en chantant ». (ps 126,5)
II est passionnant de
s'arrêter sur l'attitude de la femme pécheresse
qu'apprécie Jésus. Seul l'amour peut changer sa tristesse due au péché en joie.
Et se plaçant
par-derrière, à ses pieds, tout en pleurs, elle se mit à lui arroser
les pieds de ses larmes; et elle les
essuyait avec ses cheveux, les couvrait de
baisers, les oignait de parfum. Luc 7:38
La femme vient
par-derrière non pas pour le prendre par surprise mais
parce qu'elle ne se sent pas digne de le
voir « face à face ». Elle se met à ses pieds
pour signifier son humilité et son désir d'être remise debout, d'être relevée.
Ses
larmes expriment son repentir, la souffrance de son état de péché qui l'a
séparée de
Dieu. Celle qui s'était donné de faux amants vient vers l'Epoux qui l'attend.
Les larmes de
l'Epouse, symbolisée ici par la femme pécheresse, versées dans
la douleur de ne pas pouvoir enfanter de son véritable Epoux, symbolisent le
désir
de l'Epouse de libérer les eaux matricielles pour donner naissance à des
enfants28.
La femme essuie les larmes avec ses cheveux et couvre les pieds de Jésus
de
baisers pour manifester sa totale disponibilité d'amour. Quant au parfum, il
signifie
son désir d'entrer en communion avec lui.
Et, se tournant
vers la femme: "Tu vois cette femme? Dit-il à Simon. Je suis
entré dans ta maison, et tu ne m'as pas versé d'eau sur les pieds; elle, au
contraire,
m'a arrosé les pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux. (Le 7,44)
Simon n'a même pas
versé une larme d'eau sur les pieds de Jésus ! Alors que
Jésus commandera à ses Apôtres de laver les pieds de nos frères en signe
d'abaissement et de service pour mettre debout nos frères et sœurs ! (Jn 13,12-15)
Non seulement elle a versé des larmes mais elle les a essuyées avec ses
cheveux,
Jésus relève ce geste important. « A cause de cela, je te le dis, ses
péchés, ses
nombreux péchés, lui sont remis parce qu'elle
a montré beaucoup d'amour. » (Le
7,47) La symbolique nous aide à développer l'importance du geste de
cette femme.
3.2.1.10. Les cheveux
Ils favorisent la protection de la peau du crâne et conservent la
chaleur. Il y en
a environ 75'000 sur la tête d'un enfant.
Symbolique
Les cheveux symbolisent la force vitale, la virilité dans l'histoire de Samson. La
chevelure étant une des principales armes de la femme, le fait que celle-ci
soit
montrée ou cachée, nouée ou dénouée est fréquemment signe de disponibilité, du
don ou de la réserve de celle qui la porte. Marie-Madeleine dans l'iconographie
chrétienne est toujours représentée avec les cheveux longs et dénoués pour
signifier son abandon. Saint Jean de la Croix, reprenant l'expression paulinienne
« la chanté en laquelle se noue la perfection » (Col 3,14),
considère que le cheveu
de l'épouse, liant le bouquet des vertus de l'âme, est la volonté et l'amour.
28 Chez les
Aztèques, les larmes des enfants conduits au sacrifice pour appeler
la pluie symbolisaient les gouttes d'eau.
3.2.1.11. Les lèvres
Les lèvres sont avec les doigts et les orteils, les parties les plus
sensibles du
corps. Les lèvres sont liées à la Parole, ils ont une capacité toute
particulière
d'exprimer la tendresse et l'amour par le baiser. Si la bouche symbolise la
douceur
de l'union du couple dans le baiser, dans sa dimension spirituelle, au souffle
de la
Parole d'Amour, les deux paires de lèvres de l'appareil génital féminin
symbolisent
la douceur de l'union du couple dans sa dimension corporelle. Deux orifices qui
nous rappellent les deux dimensions (spirituelle et corporelle) de l'amour
humain.
Le Christ met son
corps sur les lèvres de notre bouche, l'union du couple, dans
les deux dimensions de l'amour de l'Epoux et de l'Epouse, est symbolisée dans
l'eucharistie.
3.2.1.12. Le cerveau
Le fonctionnement du cerveau est loin d'être totalement compris par
l'intelligence humaine. Il est d'une complexité extraordinaire, il est formé de
milliards
de cellules qui se communiquent entre elles une quantité d'informations
incroyable.
Le cerveau envoie des millions de messages à nos muscles à chaque minute... et
il
en reçoit autant des organes des sens dans le même laps de temps.
Le cerveau a une
capacité de stocker des informations en mémoire. Le fait que
le cerveau n'a pas besoin d'être consciente de son fonctionnement montre bien
qu'il
est façonné par une Intelligence qui le dépasse infiniment. Rien ne se perd,
tout est
enregistré, même le moindre détail, dans notre esprit. La résurrection « re-
suscitera » chaque instant de notre vie enregistré dans notre mémoire.
Le thalamus est le
centre d'accueil des informations envoyées par le corps
pour être réparties dans les différentes parties du cerveau.
Le tronc cérébral
gère les battements du cœur, les mouvements respiratoires
et la digestion de manière automatique et indépendante de notre volonté. Il
fait le
lien entre le cerveau et la moelle épinière.
La boîte crânienne
est composée de huit parties.
Le cortex enregistre
les sensations de notre corps. Il est divisé en 7 parties :
- le parler : centre
de la parole qui commande les lèvres et les cordes vocales.
- le penser : centre
de naissance de nos pensées.
- l'entendre ;
interprète les sons captés par les oreilles
- le bouger :
contrôle les mouvements du corps
- le toucher :
interprète ce que notre corps touche
- le comprendre :
capacité d'abstraction
- le voir :
interprète les informations données par les yeux
La partie droite du
cerveau est liée à notre capacité d'intuition (plus
développée chez la femme), la partie gauche à celle du raisonnement (plus
développé chez l'homme). La moitié gauche du cerveau commande la partie droite
du corps et la moitié droite du cerveau commande la partie gauche du corps.
Symbolique
La
quantité extraordinaire d'informations échangées dans le cerveau est un
symbole de notre résurrection. Elle nous rappelle que toute notre vie, dans
l'infinité
de ses détails, de ses instants, ressuscitera. La capacité de mémoriser est
symbole
de l'importance du mémorial liturgique, autrement de l'importance de se
souvenir
devant Dieu de l'infinité de merveilles qu'il réalise à chaque instant de notre
vie.
Les battements de notre cœur échappent à notre volonté, la vie est un
don de
Dieu. Que l'homme le veuille ou non, il jaillit sans cesse (à chaque battement)
dans
l'acte créateur, du cœur de Dieu. Par contre, s'il est imprégné du Souffle de
l'Esprit
même s'il n'en a pas conscience, il peut « cesser de respirer », refuser
l'Esprit de
Dieu, son Amour. Enfin, l'homme peut refuser de manger mais s'il mange, sa
volonté ne peut plus agir sur la digestion. Ainsi l'homme dans tout son être
désire la
vie, il n'y a que la volonté perverse (le mal sort du cœur de l'homme / Mt 15,19) qui
peut désirer la mort à la place de la vie.
3.2.1.13. Le front
Le front l'âge d'une personne et, comme la main, à sa manière propre «
il nous
parle de l'histoire d'une personne ». Il joue également un rôle important dans
l'expression du visage.
Symbolique
« Faire
front » de manière insolente ou effrontée (Pr
7,13) rend le front dur
comme le diamant (Ez 3,9). David devra donc
atteindre Goliath au front pour le
vaincre et qu'il tombe la face contre terre (1 Sm
17,49).
Le front est une
partie visible du corps qui pourra recevoir un signe distinctif,
« une identité » qu'elle soit bonne ou mauvaise.
"Attendez,
pour malmener la terre et la mer et les arbres, que nous ayons
marqué au front les serviteurs de notre Dieu. "
(Ap 7,3)
Puis je vis des
trônes sur lesquels ils s'assirent, et on leur remit le jugement; et
aussi les âmes de ceux qui furent décapités pour le témoignage de Jésus et la
Parole de Dieu, et tous ceux qui refusèrent d'adorer la Bête et son image, de
se faire
marquer sur le front ou sur la main; ils reprirent vie et régnèrent avec le
Christ mille
années. (Ap20,4)
Ce que nous avons sur
le front nous empêche d'oublier, c'est pour cette raison
que Dieu demande d'attacher sa Parole au front pour ne pas l'oublier (Dt 11,18)
mais c'est aussi le signe de la lèpre (Lv
13,43).
Ce sera pour toi
un signe sur ta main, un mémorial sur ton front, afin que la loi
de Yahvé soit toujours dans ta bouche, car
c'est à main forte que Yahvé t'a fait sortir
d'Egypte. (Ex 13,9)
3.2.2. Le squelette et les os
Le squelette est la charpente vivante de notre corps. Les os qui le
composent
sont vivants, ils contiennent la moelle, ils grandissent et peuvent même, dans
certains cas, se ressouder après une fracture. Ce sont aussi des réservoirs de
substances et des fabriques de globules rouges pour le sang. Des nerfs et des
vaisseaux sanguins traversent les os pour être protégés. Ils servent de point
d'attache aux muscles de protection de nos organes (p. ex. poumons et cœur).
Les
clavicules et les omoplates servent de point d'attache aux muscles pour mouvoir
les
bras.
Symbolique
Les os symbolisent la charpente vivante de notre vie spirituelle, le
Christ. Ils
symbolisent la force, l'élément « permanent » de l'être humain. Aucun os ne
peut et
ne doit donc être
brisé (Jn 19,36) et surtout pas ceux du
Christ même lorsqu'il est
sur la croix. Le Christ est notre Pâque et déjà
dans l'ancien testament, on ne brisait
pas les os de la Pâque (Ex 12,46; ps 34,21).
Si les os du Christ avaient été brisés
cela aurait signifié symboliquement que la croix a détruit la charpente de la
Vie car
les os vivent, grandissent et fabriquent des globules rouges pour le sang,
symbole
de vie. D'autre part, en hébreu, os se dit Etsem,
c'est la même racine que celle du
mot arbre Ets, ce qui nous relie à
l'arbre de Vie.
Le squelette est le
Christ qui ne fait plus qu'une seule chair avec son Eglise,
Epoux et Epouse ne sont plus qu'un. C'est le dessein de la création:
"Pour le
coup, c'est l'os de mes os et la chair de ma
chair! Celle-ci sera
appelée "femme", car elle fut tirée de l'homme, celle-ci!" (Gn 2,23)
Ainsi, les os
desséchés dans la vision d'Ezéchiel
symbolisent déjà tout Israël:
Alors il me dit:
Fils d'homme, ces ossements, c'est toute la maison d'Israël. Les
voilà qui disent: "Nos os sont desséchés, notre espérance est détruite,
c'en est fait
de nous." (Ez 37,11)
3.2.2.1. La colonne vertébrale
La colonne vertébrale constitue l'axe
mobile de notre corps tout en laissant la
grande liberté de mouvement de notre corps. Elle permet de donner une structure
fondamentale et solide à notre corps. Chaque vertèbre est percée d'un trou, la
colonne vertébrale est alors une sorte de tunnel qui protège le fragile tissu
nerveux
de la moelle épinière. Cette dernière est
très importante parce qu'elle relie le
cerveau à l'ensemble du corps, elle fabrique des cellules pour le sang.
Elle amortit les
chocs (notamment le cœur et les poumons) et soutient le crâne
qui contient le cerveau. Elle est composée de cinq parties:
- partie cervicale
composée de 7 vertèbres cervicales double
- partie thoracique composée de 12 vertèbres thoraciques double
(2x12
côtes = 24 dont 20 sont attachées au sternum
et 4 sont « flottantes)
- partie lombaire composée
de 5 vertèbres lombaires double
- le sacrum formé de 5
vertèbres unifiées = 1 vertèbre
- le coccyx composé de 3
vertèbres unifiées = 1 vertèbre
II y a donc en tout 26 vertèbres.
La colonne vertébrale
nous donne un équilibre, elle est à la base de la
symétrie de notre corps.
Symbolique
Si le Christ est la Tête, si l'Eglise est la « charpente » de son Corps,
la
symbolique de la colonne vertébrale doit se comprendre à partir des chiffres:
5 est le chiffre de
l'homme (5 doigts de la main, 5 doigts de pieds, 5 vertèbres
lombaires...), 7 est le chiffre de la
perfection et douze est le chiffre des 12 tribus
d'Israël et des 12 Apôtres. La Perfection (chiffre 7) s'incarne en l'homme (chiffre
5)
pour donner naissance à travers l'histoire, à Israël puis à l'Eglise (7+5=12
tribus
d'Israël puis 12 Apôtres / 2 x 12 côtes). Ainsi, tout homme est unifié (5
vertèbres
unifiées) dans une histoire « sacré » (sacrum29) à l'image de la Trinité (coccyx
composé de 3 vertèbres unifiées).
29 Etymologiquement
le mot sacrum vient du latin « os sacrum » qui signifie
« os offert aux dieux en sacrifice ». C'est donc bien dans l'offrande en
sacrifice à la
Trinité (c'est un os triangulaire) que l'homme (symbole du chiffre 5) est
unifié.
La colonne vertébrale symbolise donc tout le Dessein de Dieu à travers
l'histoire qui donne naissance à son peuple et le soutient en un seul Corps.
(Nous
avons vu, en effet, que les os (Ez 37,11)
symbolisent toute la maison d'Israël.) Le
dessein de Dieu dans l'histoire sainte est bien l'axe qui soutient l'ensemble
du Corps
tout en lui laissant l'entière liberté de ses mouvements (les hommes sont
libres, ils
peuvent même tomber dans le péché). L'histoire sainte, la
Tradition, est bien une
sorte de « tunnel » qui laisse passer la Vie divine donnée par la Tête à tout
le Corps
et qui accueille la vie du corps pour la transmettre (l'offrir) à la Tête.
Cette Tradition
est source vivifiante pour le corps (fabrique des cellules pour le sang).
La colonne vertébrale amortit les chocs des aléas de l'histoire et «
soutient »
celui qui est la Tête dans son incarnation. L'Eglise en effet, en étant le
Corps du
Christ, est son incarnation continuée, elle est pour lui une « humanité de
surcroît ».
L'histoire sainte est le sens de notre vie, elle est notre équilibre, la
symétrie de notre
vie et de celle de l'histoire de l'humanité et de la création.
Symbolique de la côte tirée de l'homme pour façonner la
femme
L'homme est créé à l'image de Dieu (Gn
1,27)30 ainsi Adam, l'Homme (en
général), est source primordiale de tous les êtres humains, il est donc le
symbole du
Père. C'est pour cette raison que la Bible utilise deux mots pour parler de
l'homme :
"Adam"
Adam (l'homme en général) (Gn 6,7) et « Isch »
(l'homme par rapport à la
femme) (Gn 2,24). La femme (image de la Ruah,
l'Esprit, féminin en hébreu) est tirée
de cette unité primordiale (Adam) et de l'homme (Isch) (Gn 2,18-25). 31 Ceci est
symbolisé par la côte tirée de l'homme pour façonner la femme. Le sommeil
profond
qui tombe sur l'homme est la manière symbolique d'exprimer que l'homme et la
femme sont tirés de l'humanité (Adam). Les côtes protègent le cœur et les
poumons. Dieu prenant une côte à l'homme ouvre son cœur à la femme pour lui
donner son souffle de vie. C'est l'expression symbolique de la fécondation
masculine dans l'utérus féminin. Dans l'union génitale en une seule chair, la
femme
est « l'os de mes os » dit l'homme (Gn 2,23). Cette côte manifeste aussi que
l'homme a besoin de la femme, elle manifeste toute leur complémentarité.
Notons enfin que
l'Epouse du Christ, l'Eglise, jaillit aussi du sein du Christ par
le sang et l'eau (symbole des eaux matricielles de l'Eglise) (Jn 19,34). L'eau
symbolise dans ce cas l'Esprit donné au baptême pour enfanter des fils de Dieu
dans le sein de l'Eglise, notre mère. L'Epouse jaillit du sein de l'Epoux.
|
V Père V |
V Adam V |
||
|
Fils
> |
Esprit |
Homme > |
femme |
Ce
tableau montre bien que l'homme est créé à l'image de Dieu dans sa
relation trinitaire.
30 En Dieu,
le Père est à la source du Fils et de l'Esprit, cf. notre point 2.1.1. Le
couple fécond, image de la Trinité, pp. 12-13.
31 De même, l'Esprit procède non seulement du Père mais
aussi du Fils.
3.2.2.2. Le sternum
Le sternum a une forme de glaive divisé en trois parties: la poignée, la
lame et
la pointe de la lame. Le sternum est l'os qui unifie les 7ères paires de côtes,
les
cervicales. Il est à la hauteur du cœur.
Symbolique
Vivante, en effet, est la parole de Dieu, efficace et
plus incisive qu'aucun glaive
à deux tranchants, elle pénètre jusqu'au point de division de l'âme et de
l'esprit, des
articulations et des moelles, elle peut juger les sentiments et les pensées du
cœur.
(He 4,12)
|
|
Le sternum symbolise donc la
Parole de Dieu qui vient d'en |
3.2.2.4. Les
genoux
Le genou est protégé, sur le devant, par un petit os circulaire, la
rotule.
Lorsque la jambe est tendue, le genou se bloque, ce qui économise nos muscles
et
nous permet de tenir debout plus longtemps sans trop d'effort.
Symbolique
«
Plier le genou » signifie céder, faire acte d'humilité car être debout est la
position symbolique qui exprime la dignité, la gloire, la puissance. Se
mettre à
genoux au cours de la liturgie est une marque d'humilité, de pénitence, de
demande
de pardon et d'adoration. Aussitôt Moïse tomba à genoux sur le sol et se
prosterna,
(Ex 34,8) Le genou est donc un symbole de puissance tant qu'il ne doit pas
se plier.
Genou se dit Berekh, c'est la même racine que Baroukh qui signifie « te béni ».
Le genou est donc un symbole de bénédiction. « Avoir la baraka », c'est
être béni,
avoir de la chance. Bénédiction et fécondité se rejoignent:
"Voici ma
servante Bilha. Va vers elle et qu'elle
enfante sur mes genoux: par
elle j'aurai moi aussi des enfants!" (Genèse 30,3) (Gn 50,23).
3.2.2.5. Les épaules
L'épaule permet de porter quelque chose. Elle est symbole de puissance
et de
force mais aussi du fardeau à porter. Présente ton épaule à son fardeau, ne sois pas
impatient de ses liens. (Eccles 6,25)
Symbolique
L'univers
se présente comme une forme humaine. Cette image cosmologique
est évoquée au Mont Sinaï. Le peuple est assemblé sur les épaules de l'univers,
du
Sinaï, et tout au sommet Moïse s'approche de
la Tête de cet organisme cosmique.
Le Seigneur lui-même, est voilé par sa Transcendance, comme les pics des
montagnes dont le sommet disparaît dans les nuages.
Dans le monde païen,
les dieux étaient portés parce qu'ils n'étaient que des
choses inertes (Ba 6,3-4.25). Par contre le
vrai Dieu « porte son Peuple », c'est ce
que fera le Bon Pasteur qui, ayant retrouvé la centième brebis, plein de joie,
la porte
sur ses épaules.
3.2.3. L'appareil circulatoire
3.2.3.1. Le sang
La fonction principale du sang est d'apporter à nos organes et à toutes
nos
cellules de l'oxygène et des substances nutritives tout en les débarrassant de
leurs
déchets. Le sang transporte aussi des hormones qui contrôlent la croissance et
les
activités sexuelles. Il contient des cellules spécialisées dans la lutte contre
les
maladies: les globules blancs qui détruisent les microbes en les dévorant ou en
produisant des substances qui les tuent. Il maintient la température de notre
corps.
Dans le corps, le
sang remplit donc des fonctions de transport et de défense :
- pour la
respiration, les globules rouges transportent l'oxygène et les
plaquettes coagulent le sang lors de plaies. Une goutte de sang contient: 5
millions
de globules rouges, 8000 globules blancs et 200'000 plaquettes;
- les globules rouges
fixent l'oxygène absorbé par la respiration et transportent
l'anhydride carbonique pour être éliminé dans les poumons. Il emmène aussi avec
lui des résidus au foie et aux reins entre autres.
- il emmène avec lui
aux cellules la nourriture nécessaire et sert de véhicule
aux hormones, et aux vitamines. Il forme et transporte des anticorps.
- il répartit l'eau
et les sels dans le corps.
Le sang circule dans trois
sortes de canalisations:
- les artères: du
coeur aux organes
- les veines: des
organes au cœur
- les capillaires:
assurent les échanges dans les organes entre le sang artériel
et le sang veineux. Ce sont les capillaires uniquement qui assurent l'échange
entre
les organes et le sang.
Les organes respirent
l'oxygène et rejettent le gaz carbonique. Le sang
transporte ce gaz aux poumons pour l'éjecter et récupérer de l'oxygène. Le cœur
est le moteur de cette circulation. Les reins filtrent le sang pour débarrasser
celui-ci
de ses déchets par les urines. Les aliments digérés passent dans le sang par
les
intestins puis passent au foie pour être mieux assimilés puis sont transportés
dans
l'ensemble du corps par le sang.
La circulation du sang,
symbole de la Vie trinitaire
Le sang, o"i dam, est un
symbole très important dans la Bible, o-w Adam
signifie l'être rouge comme le sang. Les trois sortes de
canalisations où circule le
sang symbolisent la vie trinitaire de
l'homme au cœur de Dieu car le sang est un
symbole de vie (Gn
9,5) et d'autre part q-i dam signifie aussi en hébreu
ressemblance damar signifie ressembler, être semblable à.32
La vie de l'homme
est semblable à celle de Dieu.
La circulation du
sang symbolise bien la Vie Trinitaire car le
même sang passe
dans les trois sortes de canalisations, symbole de l'unique essence divine dans
la
distinction des Personnes. Le cœur symbolise la Personne du Père, Source de la
Vie à l'intérieur même de la Trinité33, les artères symbolisent la relation du Père au
Fils (circuit du sang qui va du cœur aux organes) et les veines symbolisent la
relation du Fils au Père (retour du sang des organes au cœur). Quant aux
capillaires elles symbolisent l'Esprit-Saint, l'Echange d'Amour qui imprègnent
les
organes (symbole du Corps qui est l'Eglise) et assurent les échanges entre le
sang
artériel et le sang veineux. Le sang ne doit pas se mélanger car un est rempli
de gaz
carbonique et l'autre d'oxygène. Le Souffle
de l'Esprit a donc deux relations
distinctes, une au Père et l'autre au Fils. Ainsi, les différents canaux
symbolisent les
différentes Personnes de la Trinité et les relations ne se vivent pas dans la
confusion mais dans une profonde unité car le sang est le même et en même temps
différent.34
Au niveau de la
symbolique du Corps du Christ qui est l'Eglise, nous
remarquons ici encore que c'est l'Esprit qui imprègne les organes par les
capillaires,
c'est bien la Personne de l'Esprit, Epouse du Christ, qui s'unit à la Personne
du
Christ pour ne faire plus qu'une seule chair.35
Le sang, symbole de la
Vie divine, Source de toute notre vie
Le sang, symbole de la Vie divine et de ses relations trinitaires, est aussi un
« moyen de transport ». La Vie trinitaire
est donc ce qui nous nourrit, nous fait
grandir, nous donne de respirer le Souffle de l'Esprit et nous permet de nous
purifier
de nos déchets, symbole de nos péchés. Le sang sera donc un symbole de
purification (Lv 19,26), surtout celui du
Christ (Ap 7,14). Cette vie divine nous
donne
aussi la force de lutter contre les maladies spirituelles de toutes sortes et
maintient
la chaleur de l'amour. Si le sang n'avait pas de plaquettes, nous ferions sans
cesse
des hémorragies et sans le sang de la Vie, nous mourrons car « hors de moi vous
ne pouvez rien faire » Jn 15,5. Le sang
répartit l'eau de notre baptême dans le corps
(l'Eglise) et le sel pour que nous soyons le « sel de la terre » (Mt 5,13).
Symbolique du sang
versé
Le
sang et l'eau qui coulent du sein du Christ sur la croix sont symboles
d'immortalité (eucharistie et baptême) (Jn 6,54).
32 Nous avons
vu également que l'homme est créé à
l'image et à la
ressemblance de Dieu.
33 Le Fils est engendré par le
Père et l'Esprit procède du Père et du Fils.
34 Les Personnes trinitaires ne
sont pas unis dans la confusion, le Père n'est
pas le Fils et leurs relations sont distinctes mais en même temps, Dieu a une
seule
Vie qui est commune aux trois Personnes.
35 Cf. notre point 1.3. Les
églises, symbole du Corps du Christ, pp. 9-10.
L'Eglise est une seule chair par l'Esprit dans le sein de la Vierge avec le
Verbe fait
chair et elle « prend naissance à la Pentecôte » dans le souffle de l'Esprit
qui jaillit
du sein du Christ, (cf
p. 28 notre point 3.2.2.1. La colonne vertébrale)
II est intéressant de noter un mythe des lourak
du cercle d'Obdorsk: le monde
périt d'un incendie causé par la mort d'un arbre sacré qui répand son sang en
s'écroulant et ce sang ruisselant sur la terre se change en feu.
Le Christ est l'Arbre
de Vie (Sacré) sur le bois de la croix qui meurt en
répandant son sang et fait périr le monde du péché: « j'ai vaincu le monde » (Jn
16,33). Ce sang libère le feu de la Pentecôte dans le don de
l'Esprit-Saint (Ac 2,3).
Le sang menstruel de
la femme est considéré comme impur (Lv 15.19-30).36
Il
y a une perte de sang parce qu'il signifie l'absence de vie dans le sein
féminin. Il
rappelle le sang versé dans le cas d'un crime. Le sang de l'agneau pascal
sacrifié
sert de signe de salut (pour être épargné de la mort) sur le linteau des portes
des
hébreux en Egypte (Ex 12,13). Il est l'antitype du sang du Christ qui va transformer
le sang versé en source de Vie éternelle (Mt
26,27-29) pour la multitude.
Dans l'Ancien
Testament, au moment du sacrifice de communion le sang est
répandu sur l'autel et sur le Peuple pour signifier la communion entre Dieu et
son
Peuple. (Ex 24,6-8). Avec le Christ, non seulement nous sommes aspergés mais
nous buvons le sang du Christ, ma vie devient celle du Christ. « Je vis mais ce
n'est
plus moi, c'est le Christ en moi » (Gai
2,20).
L'unique sang de
l'Epoux et de l'Epouse symbolise l'union physique en une
seule chair dans laquelle un même et unique sang coule.
3.2.3.2. Le cœur
Le
cœur a 4 cavités et 3 artères (3 coronaires) et est formé de deux parties.
Toutes les secondes environ deux cavités se contractent et propulsent le sang
dans
les artères puis il se relâche et ce sont les deux autres cavités qui
accueillent le
sang venu des veines. Le côté droit accueille le sang chargé de déchets et le
côté
droit le sang oxygéné.
Symbolique
Le
cœur est l'organe central de l'individu, il sera donc le symbole de l'amour,
de la vie, car c'est lui qui assure la circulation du sang, symbole de vie. Le
cœur,
par ses deux mouvements, (aspiration et expiration du sang) exprime les deux
faces
de l'amour : le don et l'accueil. Chaque battement, chaque instant doit se
vivre dans
se double mouvement d'amour, c'est une question de vie ou de mort. De même, le
cœur de Dieu est le don de la vie (naissance de l'homme) et accueil dans son
cœur
(mort de l'homme).On trouvera le même symbolisme dans le souffle de Dieu. Dieu
insuffle son haleine de vie dans les narines
de l'homme (Gn 2,7) pour le créer et
accueille l'homme dans son dernier souffle en « l'aspirant » vers lui (Jn
19,30).
Le cœur symbolise la
relation d'amour entre la créature (4 est le chiffre
symbole de la création - 4 cavités) et la Trinité (chiffre 3-3 coronaires). Le
cœur est
un muscle « vide » en cavité donc symbole de l'humanité qui a tout à recevoir
de
Dieu, qui n'est rien sans lui. Toutefois, le cœur reçoit cet Amour, cette Vie
pour la
redonner sinon il éclate. Il y a donc « un
va et vient » continuel à chaque battement,
à chaque instant, et un lien indissoluble entre l'amour de Dieu et l'amour des
hommes car le cœur envoie le sang à tout le corps, symbole de l'Eglise.
C'est du cœur de
l'homme que sort le mal (Me 7,21) lorsqu'il
n'est pas
circoncis. La circoncision était, bien au-delà du temps biblique, un rite
initiatique qui
36 II faut
distinguer « impur » et immoral. Le sang de la femme n'est pas mauvais
mais il symbolise l'absence de vie, c'est dans ce sens qu'il est impur.
rendait le garçon
apte à la vie sexuelle. La dimension physique de la circoncision
qui prépare le jeune au mariage devient le symbole de la préparation
spirituelle à
l'amour en couple. On ôte le prépuce de son
cœur (Jr 4,4), autrement dit, on l'ouvre
totalement pour que rien ne puisse empêcher le don de la vie.
3.2.4. L'appareil respiratoire
3.2.4.1. Les poumons
Le poumon est l'organe essentiel de l'appareil respiratoire, il permet
d'oxygéner le sang. Le poumon droit est séparé en trois lobes et le poumon
gauche
en deux lobes. Les poumons sont entourés de deux fines membranes humides.
Lorsque les muscles travaillent la consommation d'oxygène grandit. Le cerveau
envoie alors des ordres aux poumons pour qu'ils accélèrent leur rythme. L'air
que
nous expirons est chargé d'eau. On le remarque lorsqu'il fait froid (de la buée
sort
de notre bouche). L'éternuement est un
blocage de la gorge qui augmente la
pression des poumons et lorsque la gorge se relâche l'air est expulsé
brusquement.
Après les efforts, une grande quantité de gaz carbonique est produite. Il nous
arrive
alors de bâiller pour l'éjecter. Le rire et
le hoquet sont des expulsions d'air
irrégulières provoquées par le diaphragme.
Dans le ventre de la
mère, l'enfant beigne dans l'eau (eau
matricielle), il
respire de l'eau et non de l'air, il « respire par sa mère ». Il est nourri par
le cordon
ombilical (pas de mélange de son sang avec celui de la mère). Le cri de l'enfant
à la
naissance est déterminant pour qu'il expulse l'eau et commence de respirer de
l'air.
Nous avons vu que les eaux matricielles sont le symbole des eaux du baptême.
Symbolique
Le
poumon en oxygénant le sang est l'expression symbolique de la
« respiration de Dieu ». La Respiration divine expire son Souffle (Esprit)
oxygéné
pour son Corps qui est l'Eglise en insufflant une haleine
de vie (Gn 2,7) qui va dans
chaque cellule (symbole d'une personne humaine) pour qu'elle puisse vivre et
respirer. Et Dieu aspire notre dernier souffle plein de gaz carbonique (symbole
de
notre mort) (Jn 19,30). Chaque respiration
est comme une journée, une vie:
- le départ de la
respiration symbolise la naissance
- l'inspiration
symbolise le fait de grandir, la vie (notre
corps se remplit)
- l'expiration
symbolise la mort.
D'autre part, nous
pouvons aussi voir le symbole de l'intimité de notre relation
amoureuse avec Dieu et dont le baiser est l'échange du souffle d'amour. Lorsque
Dieu expire, j'aspire son Souffle dans toutes les fibres de mon être. La
moindre
petite cellule de mon corps respire et lorsqu'on
retour d'amour j'expire à mon tour
mon souffle d'amour, Dieu aspire mon souffle au plus profond de son être. Dans
ce
cas, l'oxygène qui vient de lui symbolise son être qui me façonne et qui «
devient
moi » et le gaz carbonique que je lui donne symbolise tout mon être qu'il
aspire en
lui. Il devient moi, je deviens lui, c'est un même souffle de vie mais sans
confusion
chacun restant aussi ce qu'il est tout en étant plus qu'un dans un même baiser
d'amour.
L'Esprit-Saint, le Souffle symbolise l'Epouse parce qu'il jaillit du
sein de
l'Epoux, comme nous l'avons vu,37
mais aussi parce qu'il se laisse pénétrer par
l'Epoux dans le Baiser d'Amour pour vivre d'une seule Vie, d'un seul Souffle.
3.2.4.2.
Le larynx, le cou et la nuque
Les muscles du cou relient le crâne aux clavicules, aux omoplates, aux
côtes et
à la colonne vertébrale. Le cou relie la tête au reste du corps. Il joue un
rôle
essentiel de « communication ». C'est aussi une partie fragile de notre corps
souvent visée par ceux qui veulent étouffer quelqu'un.
Symbolique
On
se jette au cou de quelqu'un pour l'embrasser ou pour pleurer... c'est un
« lieu de communication » de ses émotions. Au niveau ecclésiologique38,
on peut
voir dans le cou le symbole de l'Eglise en tant qu'elle « communique » dans le
Souffle de l'Esprit, la Vie divine. Lorsque l'on veut étouffer le don de la Vie
divine on
s'attaque souvent à l'Eglise.
« Le Peuple de Dieu à
la nuque raide » (Ex 32,9) est un Peuple
infidèle qui
refuse de suivre Dieu. Après le péché du veau d'or (Ex 32,1-10), Dieu dit à
Moïse
« c'est un peuple à la nuque raide ». La nuque, comme le cou est le lieu de
communication entre la Tête et le Corps39. Lorsque cette communication ne passe
plus le Peuple a la nuque raide.
3.2.5. L'appareil urinaire
3.2.5.1. Les reins
Les
reins filtrent le sang et ils le purifient. C'est toute une région du corps qui
est désignée par le terme de « reins » et non seulement l'organe en lui-même.
Elle
inclut la ceinture, la zone pelvienne et l'espace occupé par l'appareil
génital.
Les deux reins sont
avec les poumons les principaux organes excréteurs de
l'organisme et ils contrôlent le contenu en eau et en sels du corps. Le rein
droit se
trouve sous le foie, le rein gauche sous la rate.
Les reins, symbole de
purification
Lorsque Dieu change le nom de Jacob pour l'appeler Israël, il lui dit: "Je
suis El
Shaddaï. Sois fécond et multiplie. Une
nation, une assemblée de nations naîtra de
toi et des rois sortiront de tes reins. (Gn
35,11) Des reins de Jacob et de ses
descendants sortiront le Peuple d'Israël, c'est-à-dire un Peuple purifié des
faux
dieux, des déchets des péchés, car leurs reins filtrent leur sang, leur vie.
Les reins sont alors
aussi le siège de la puissance. Briser les reins de
l'ennemi, c'est le détruire (Dt 33,11) (Jb 40,16). Cette force peut susciter l'orgueil de
l'homme qui pense pouvoir se passer de Dieu sa force siégeant dans ses reins (Jr
13,1-9). « Casser les reins » consistera alors à briser l'orgueil de
l'homme (Si 35,
37 cf. p.
10.
38 L'ecclésiologie
est la réflexion théologique sur l'être de l'Eglise.
39 Même si l'image du corps
n'est pas si développée dans l'Ancien Testament, la
symbolique est déjà valable car Dieu est la Tête de l'humanité.
20-21). Le vêtement
sur les reins peut symboliser l'état d'esprit de celui qui le porte.
Ainsi, celui qui porte le deuil déchire ses vêtements et se ceint d'un pagne de
toile
grossière, un « sac » (Gn 37,34). C'est
aussi un signe de pénitence, il faut humilier
les reins qui sont source d'orgueil.
La ceinture est le
lien qui rassemble la force des reins, elle porte le glaive,
symbole de cette puissance (2 S 20,8). Les reins ceints symboliseront l'esprit
attentif
de celui qui est prêt à recevoir l'ordre de Dieu (Ex 12,11; Le 12,35), sa Parole. Nous
avons vu que le glaive symbolise la Parole de Dieu véritable force de l'homme
(2 Co
6,7).
C'est ainsi que
vous la mangerez: vos reins ceints, vos sandales aux pieds
et
votre bâton en main. Vous la mangerez en toute hâte, c'est une Pâque pour Yahvé.
(Ex 12,11) La justice sera la ceinture de ses reins, et la fidélité la
ceinture de ses
hanches. (Is 11,5)
La justice et la
fidélité permettent d'unifier l'homme de Dieu pour être prêt à le
servir. Dans la vision d'Ezéchiel, cette
ceinture est de feu, symbole de la Lumière et
de l'Esprit de Dieu (Ez 1,27) qui est aussi
symbolisé par le glaive (Eph 6,17).
Les « reins », symbole
de puissance génitale
Si
nous nous rappelons que la Parole est source de connaissance et que son
glaive unifie et ceint les reins et que, d'autre part, « connaître » dans la
Bible
désigne la relation sexuelle (Le 1,34), nous
comprenons que les « reins » incluent la
force génitale (1 R 8,18-19). Ainsi
l'expression « Dieu sonde les reins et les cœurs »
(ps 7,10) dépasse infiniment le
fait que Dieu connaisse toute nos pensées, dépasse
son omniscience car il pénètre en nous «
connaissant » dans une relation de corps
à corps entre l'Epoux et l'Epouse qui ne font plus qu'une seule chair. La bible
n'utilise pas de termes précis pour désigner les parties génitales.40
Reins se dit
en hébreu Matnaïm, c'est la même
racine que celle du verbe « donner ». Le rein
rejette ce qui est impur, il purifie l'amour de tout ce qui est « possession »
de l'autre
pour n'être que « don de soi » et conduire le sang, symbole de vie, au cœur de
l'homme. Le péché originel, et chaque péché ensuite est une perversion de
l'amour
qui laisse une place à la possession dans la relation de don41.
Lorsque l'on est
« que don », on s'aime dans la transparence de la nudité mais sans en avoir
peur,
mais à partir du moment où la possession a une place dans la relation d'amour,
la
transparence de la nudité fait peur42.
Des forces
contradictoires s'affrontent dans les reins, depuis la perversion de
l'amour, (symbolisée par les déchets dans le sang) qui s'exprime dans la
possession
de l'autre jusqu'au don de soi (désir d'avoir un sang purifié). Ce sont les
reins qui
symbolisent ce « combat » perpétuel contre le péché pour vivre dans l'amour
vrai et
pur.
40 (sauf en Dt 23,2).
41 Symbole du fruit saisi par la
femme (acte de possession) transmit à l'homme
(Gn 3,6).
42 Comparer Gn 2,25 et Gn 3,10.
3.2.6. L'appareil digestif
3.2.6.1. L'estomac
et le tube digestif
Le corps est « énergie », « combustion », la nourriture est « brûlée »
grâce à
l'oxygène qui alimente le feu.
Le tube digestif est
un long tuyau qui commence dans la bouche et se termine
à l'anus. L'estomac transforme la nourriture en bouillie. Celle-ci est conduite
à
l'intestin grêle puis dans le gros intestin qui « sélectionne » ce qui peut
être donné
au sang, le reste est un déchet conduit à l'anus.
Le pancréas produit
de puissants sucs digestifs ainsi que la vésicule biliaire
pour commencer la décomposition des aliments que l'intestin terminera.
L'estomac est
l'organe qui me permet d'intégrer ce qui n'est pas moi,
autrement dit, de transformer (par décomposition à l'aide des acides) un
aliment en
mon corps. En ce sens, il permet une « élévation » de la chose créée au rang de
l'humanité même si cet aliment doit passer par une transformation totale à tel
point
qu'elle doit abandonner ce qu'elle est. C'est aussi ce qui me permettra de me
nourrir
pour grandir et ne pas mourir.
Symbolique
Le « feu », l'énergie qui anime notre corps et qui « brûle » la
nourriture que
nous absorbons, symbolise le feu de l'Esprit (Ac
2,3) d'autant plus que c'est
l'oxygène qui alimente le feu.
La digestion est un
long processus. Pour devenir ce que l'on n'est pas,
autrement dit pour assimiler la nourriture, celle-ci doit d'abord est broyée
dans
l'estomac. C'est le symbole du don de soi total qui va jusqu'à la croix pour
devenir
nourriture eucharistique... le Christ se laisse manger pour que nous devenions
son
propre Corps, Accueillir l'autre pour qu'il ne fasse plus qu'un avec moi ne
signifie
pas pour autant qu'il faille être comme lui, il faut purifier ce qui en lui ne
doit pas être
assimilé par moi, notamment ce qui est « péché » en lui. J'accueille l'autre
tel qu'il
est (la nourriture en moi) non pas pour le laisser dans son péché mais pour
l'aider à
« digérer » ce qui est à ôter en lui (Jr 4,4). L'accueil de l'autre me permet de
grandir
et de ne pas mourir, il est « nourriture »
pour moi.
On retrouve pourtant
la tentation de « posséder l'autre » symbole du péché
d'Eve qui mange le fruit défendu (Gn 3,6).
L'amour désire que l'autre soit tout en moi
(et moi en lui) pour n'être plus qu'une seule chair alors que le péché43 désire la
même chose mais par la possession de l'autre et non plus le don de soi.
Au plan symbolique,
si l'on considère l'assimilation de la nourriture au niveau
d'une personne humaine, on y reconnaît le symbole d'un acte de possession.44 Par
contre, si l'on comprend la symbolique de la nourriture dans le Corps du Christ
où
chaque cellule symbolise une personne humaine, la nourriture que le Corps
absorbe
43 C'est la
tromperie du serpent, l'ange de lumière, qui nous fait croire que le
bien est mal et que le mal est bien. L'arbre de la connaissance du bien et du
mal est
bon en soi, c'est vrai, et le serpent utilise cette bonté pour corrompre la
relation de
l'homme à Dieu. Au lieu de se donner à Dieu, il propose de « saisir Dieu ». En
effet,
« connaître » est synonyme d'union sexuelle dans la
Bible. C'est pour cette raison
que l'arbre symbolise la connaissance du bien et du mal. (Gn 2,17 et Gn 3,5).
44 La pomme que je mange n'est
plus une pomme, elle devient moi, ma chair, je
la possède.
ne symbolise pas un
acte de possession mais de don car elle nourrit et fait
« grandir » des milliers de cellules. L'acte de nutrition est donc le symbole
de l'acte
eucharistique où l'Eglise absorbe le Pain de Vie pour permettre à des milliers
de
personne humaine de se nourrir du Christ et de « grandir » en lui.
Symboliquement c'est
la faim suscitée par « l'estomac creux » qui va me
contraindre à avoir les pieds sur terre, à garder un lien vital avec la
création
matérielle. La faim et la soif du corps seront utilisées pour symboliser la
faim de
Dieu et la soif d'Eau vive (Jn 4,1-42).
L'estomac est un symbole du réalisme de
l'incarnation, nous ne sommes pas des anges, de purs esprits, mais des hommes.
Nous ne sommes pas faits pour vivre seul mais en communion profonde avec toute
la création et toute l'humanité. L'eucharistie est le symbole de cette
indissolubilité
entre la faim de Dieu et la faim de communion d'amour des hommes. L'un ne va
pas
sans l'autre.45
Le jeûne n'est pas
une coupure du monde mais une action symbolique qui
manifeste la primauté de la faim de Dieu. La privation rompt aussi l'habitude
et nous
donne d'apprécier les différents dons de Dieu. De même le martyre n'est pas un
mépris de la vie mais le témoignage de foi en la primauté absolue de la Vie. En
ce
sens-là, le jeûne est l'expression symbolique du martyre.
3.2.6.2. Le foie, la bile et la graisse
Le
foie rend la nourriture plus assimilable et détruit les vieilles cellules du
sang. Le foie a un rapport étroit avec la circulation sanguine. Il établit la
bile qui joue
un rôle important au niveau de la digestion. La vésicule biliaire stocke la
bille pour
décomposer les graisses. La rate est un stock de globules blancs.
Symbolique
Pour son lien avec la bile qui est amère,
le foie est un symbole de la colère.
« Echauffer la bile de quelqu'un », c'est le mettre en colère.
Saint Jean de la
Croix rapporte le fiel (bile des animaux) à la mémoire, à la
mort de l'âme, à l'entière privation de Dieu. (Lam
3,18-20). Le foie devient le
symbole, selon le mythe de Prométhée, du
désir de l'homme d'être l'égal de Dieu.
La graisse est la
partie riche réservée à Dieu (Lv 3,9) dans
le sacrifice de
communion du Peuple avec Dieu, elle symbolise l'inverse du foie qui produit la
bile
symbole d'amertume et de colère qui va jusqu'au désir d'être l'égal de Dieu.
3.2.7. L'appareil
génital
Chaque être humain se forme à partir d'une seule et unique cellule qui
contient
toutes les informations nécessaires au développement de ce que deviendra un
homme ou une femme. Cette cellule résulte d'un ovule de la mère et d'un
spermatozoïde du père. C'est à partir de cette relation que la vie d'un homme
ou
d'une femme commence.
Les spermatozoïdes se
forment dans les deux testicules de l'homme. Les
ovules sont emmagasinés dans les deux ovaires de la femme. Chaque mois, un
ovule mûrit et s'engage dans la trompe de fallope.
S'il n'est pas fécondé, il est
45 Certains
saints se sont nourris que de l'eucharistie, d'autres vivent en ermite.
Cela n'a rien avoir avec l'égoïsme et
l'eucharistie leur rappelle qu'ils doivent rester
en profonde communion d'amour avec l'humanité et la création tout entière.
évacué avec un peu de
sang par le vagin (règles).46
L'ovule est une cellule immense
à comparer du spermatozoïde. Une centaine de spermatozoïdes parviennent jusqu'à
l'ovule mais un seul y pénètre pour le féconder, les autres meurent.47 Plus tard,
l'ovule fécondé se divise en deux puis en trois et ainsi de suite.
Le chromosome sexuel
de l'ovule est toujours X mais celui du
spermatozoïde
peut être X ou Y. Ainsi à la fécondation, il y aura XX (fille) XY (garçon).
Symbolique
L'unique
cellule (spermatozoïde + ovule) qui contient
toutes les informations
nécessaires ou développement d'un être humain est le symbole d'Adam48 dont tous
les êtres humains procèdent. Les deux testicules de l'homme ainsi que les deux
ovaires de la femme symbolisent, une fois de plus l'importance de la symétrie
et ceci
dès la conception.
3.2.7.1. Les seins
Les
seins sont des glandes qui produisent le lait pour le nouveau-né. Pendant
la grossesse, le volume du sein augmente mais le lait n'apparaît qu'après
l'accouchement. Le lait maternel est l'aliment idéal qui correspond exactement
aux
besoins du nourrisson.
Symbolique
Le sein est surtout symbole de maternité, de douceur, de sécurité, de
protection et de ressource. Lié à la fécondité et au lait, il est lié aux
symboles
d'intimité, d'offrande et de refuge. Comme tout symbole maternel, il signifie
la
promesse et la naissance. Le retour dans le sein de la terre-mère d'un mort est
le
symbole d'une nouvelle naissance. Le sein désigne Dieu, (Gn 18,24). Le sein
d'Abraham désigne un lieu de repos pour les
justes après leur mort (Lc 16,22).
Comme le miel, le lait est une nourriture naturelle
symbole d'abondance et de
fertilité et par sa blancheur est symbole de pureté, de lumière, de
résurrection et de
vie éternelle. Le lait maternel symbolise la nourriture par excellence du
nourrisson.
Première nourriture, il est source de vie. C'est une nourriture messianique de
la
Terre promise car il y coule « le lait et le miel » (Ex 3,8). La terre promise
a en son
sein le lait spirituel pour faire grandir le Peuple de Dieu.
Toutefois, le lait
non consommé peut trancher, il faut donc le consommer... //
mangera du lait caillé et du miel jusqu'à ce qu'il sache rejeter le
mal et choisir le
bien. (Is 7,15)
Ce lait à consommer
symbolise aussi la Parole de Dieu, nourriture qui
correspond exactement aux besoins des nourrissons:
Comme des enfants
nouveau-nés désirez le lait non frelaté de la parole, afin
que, par lui, vous croissiez pour le salut. (I P
2,2) Les yeux de l'Epoux baignent
dans
cette Parole, il est donc lui-même la Parole, le Verbe. Ses yeux sont des
colombes,
au bord des cours d'eau se baignant dans le lait, posées au bord d'une vasque.
46 Cf. le
symbolisme à la p. 31. Symbolique du sang
versé
47 Cf. p. 15 notre point 3.1.1.
Le symbolisme de l'homme
48 Adam, au sens de l'Homme en
général aussi bien homme que femme. Cf. p.
28 Symbolique de la côte tirée de l'homme pour façonner la femme.
(Cant 5,12) C'est bien le Verbe de
Dieu qui ne fera plus qu'une seule chair avec son
Epouse dans le Christ (Jn 1,1-18). C'est
aussi le Christ qui est la véritable Terre
promise car il est l'humanité façonnée de terre glaise où ne demeure aucun
péché et
il a en son sein le lait spirituel (Parole de Dieu) qui fera grandir son Corps
qui est
l'Eglise.
Fécondée par l'Epoux,
le sein de l'Epouse enceinte de ses enfants grossit et
les nourrit de son lait dès leur accouchement. Cet Epoux qui ne cesse d'être
Tendresse pour son Epouse repose entre ses seins dans un désir constant de
communion. Mon bien-aimé est un sachet de
myrrhe, qui repose entre mes seins.
(Cant1,13) La myrrhe est un parfum fort apprécié, symbole de communion, qui
symbolise ici l'Epoux qui repose entre les seins de son Epouse.
3.2.7.2. Les entrailles
Les
entrailles correspondent au mot hébreu rahamim
qui est le pluriel de
réhem qui signifie le sein maternel.
Il y a donc un lien étroit avec ce que nous avons
dit du symbolisme du sein. Rahamim étant un organe interne exprime
toutefois
surtout les sentiments profonds de la personne. C'est le siège des émotions
profondes et donc du sentiment d'amour (Ct
5,4), Dieu a aussi des rahamim (Jr
31,20). « Fermer ses entrailles », c'est montrer son indifférence (1 Jn
3,17).
3.2.7.3. Le nombril et l'appendice
Le nombril est le lieu où passait le cordon ombilical qui nous apportait
nourriture et oxygène dans le sein de notre mère. L'appendice est le seul
organe qui
semble n'avoir aucune utilité mais s'il s'infecte il peut provoquer la mort si
on
n'intervient pas pour l'enlever.
Symbolique
Le
nombril doit nous rappeler que nous ne sommes pas notre propre source,
que nous nous recevons de quelqu'un d'autre. Quant à l'appendice, est-il
vraiment
inutile, serait-ce le seul organe qui ne symbolise rien ou est-il là pour nous
rappeler
qu'il n'y a rien qui est pour rien et qui ne symbolise rien. De toute manière,
s'il
s'infecte il faut l'ôter, il doit donc «
rester saint ». Ainsi, même si l'appendice est
inutile il doit rester saint ce qui nous montre l'extraordinaire gratuité qu'il
faut avoir et
d'autre part l'exigence de sanctifier la création tout entière.
3.2.8. Le système
nerveux
3.2.8.1. Les nerfs
Le
système nerveux nous permet de réagir très vite au moment d'un danger
même au-delà de notre volonté. C'est notre système de communication qui nous
permet aussi de bouger, d'agir.
Le système nerveux
fonctionne à partir d'impulsions électriques et de
composés chimiques. Le cerveau est le « poste de contrôle de tout le système
nerveux. Les neurones sont les cellules nerveuses et notre corps en comprend
des
milliards. Le réflexe est toutefois une réaction de certains nerfs sans le
contrôle
direct du cerveau. Les nerfs moteurs exécutent les ordres reçus du cerveau
alors
que les nerfs sensitifs enregistrent les informations des
différents organes des cinq
sens.
Symbolique
Le
système nerveux symbolise l'importance de la relation entre la Tête et le
corps et entre les différents membres. C'est cette relation correcte qui nous
permet
d'avancer de « travailler à la moisson abondante », d'agir et de réagir. Ce
système
est aussi symbole de l'obéissance car les nerfs exécutent ce que commande la
Tête.
3.2.9. Les différents membres du corps
3.2.9.1. Les jambes
La jambe est constituée par le mollet et la cuisse, c'est elle qui me
permet
d'avancer, de me déplacer, de marcher, d'être debout, de courir. L'homme a deux
jambes à la différence de l'animal qui a quatre pattes.
Symbolique
Ses jambes sont des colonnes d'albâtre, posées sur des bases d'or pur.
Son
aspect est celui du Liban, sans rival comme les cèdres. (Cant 5,15)
Les deux jambes
rejoignent parfois le symbolisme des colonnes (Ap
10,1),
autrement dit, de ce qui supporte l'édifice. Symbole de solidité, elle relie «
le haut »
et « le bas », le divin et l'humain comme le tronc de l'arbre de vie. Elle
prend parfois
un sens théophanique avec la « colonne de
feu » symbolisée par le cierge pascal
pour éclairer Israël de nuit dans le désert et avec la colonne de nuée qui
indique la
route de jour. On retrouve ici le symbolisme des deux jambes qui nous font
avancer
de jour et de nuit.
Yahvé marchait avec eux, le jour dans une colonne de nuée
pour leur indiquer
la route, et la nuit dans une colonne de feu pour les éclairer, afin qu'ils
puissent
marcher de jour et de nuit. (Ex 13,21)
Ces colonnes sont
brisées chez les hommes (Jn 19,32) mais
elles ne peuvent
pas l'être chez le Christ car celui-ci est déjà mort (Jn 19,33). Briser les
jambes des
hommes sur une croix contribue à leur mort parce qu'ils vont mourir étouffés
n'ayant
plus d'appui sur leurs jambes. Par contre, le Souffle de Vie du Christ ne doit
pas et
ne peut pas être étouffé car il est offert avant que l'homme puisse lui
prendre.
Autrement dit, le Christ a remis son esprit, a offert sa vie (Le 23,46) avant qu'on lui
brise les jambes pour l'étouffer et lui
prendre son Souffle de vie. « Car ma vie, nul ne
la prend, c'est moi qui la donne » dit le Christ.
Les hommes ont voulu
faire mourir la Vie mais la Vie a fait mourir la mort en la
précédant, en la construisant sur les jambes inébranlables de l'Amour car « il
n'y a
pas de plus grand Amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime... » (Jn
15,13)
personne ne peut briser de telles jambes... pas même la mort pris à son propre
piège en devenant l'acte d'Amour suprême de Dieu pour les hommes ! Les colonnes
sont embrasées dans le feu de l'Esprit dans cette alliance éternelle.
Je vis ensuite un
autre Ange, puissant, descendre du ciel enveloppé d'une
nuée, un arc-en-ciel au-dessus de la tête, le visage comme le soleil et les
jambes
comme des colonnes de feu. (Ap 10,1)
3.2.9.2. Les
pieds
Le pied est ce qui assure
l'équilibre de mon corps, il s'agit donc d'avoir le pied
sûr. Les orteils jouent un rôle essentiel pour assurer cet équilibre dans la
plupart des
positions du corps que nous connaissons. Toutes les parties essentielles de
notre
corps semblent être en lien avec une partie du dessous de notre pied.
Symbolique
Le pied nous permet de marcher sur quelque chose, de
l'écraser, il devient
ainsi un symbole qui marque la puissance, la domination, la supériorité (ps 8,7;
36,12) « Se faire marcher dessus », c'est se laisser dominer par
quelqu'un. Le pied
sera donc aussi un symbole de pouvoir. Se jeter au pied de quelqu'un est un
symbole de soumission. Le Seigneur a dit à mon Seigneur: Siège à ma droite,
jusqu'à ce que j'aie mis tes ennemis dessous tes pieds? ( Mt 22,44)
Marie-Madeleine, la prostituée s'est donnée à de faux
amants mais elle
reconnaît en Jésus son véritable Epoux qui l'attend, elle s'y soumet en se
mettant à
ses pieds pour les couvrir de baisers.
Et se plaçant par-derrière, à ses pieds, tout en
pleurs, elle se mit à lui arroser
les pieds de ses larmes; et elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de
baisers, les oignait de parfum. (Le 7,38)
Le geste de Marie-Madeleine dépasse la simple
soumission, nous l'avons déjà
vu avec le symbole du parfum'®, car le pied
est aussi un symbole phallique, le pied
désigne les organes sexuels50. Ainsi Marie-Madeleine manifeste son désir d'être
pénétrée par son véritable Epoux.
De même, le symbolisme du lavement des pieds des
Apôtres par le Christ va
beaucoup plus loin que le symbolisme du service. En effet, ce lavement des
pieds
est dans un contexte de « don du corps de l'Epoux à son Epouse » lors du repas
pascal (Lc 22,19). Le pied porte la marque
de la marche, bonne ou mauvaise,
accomplie. En purifiant son Epouse « des faux pas de sa marche » dans le sang
versé pour la nouvelle alliance (Ap 7,14)
symbolisé par le lavement des pieds (Jn
13,5), l'Epoux pénètre son Epouse pour ne faire plus qu'un seul Corps
avec elle (1
Co 10,16-17).
Les Apôtres doivent alors se dépouiller (Mt 10,10)51 pour pouvoir être lavé,
purifiés, pénétrés par l'Epoux, ils doivent enlever leurs chaussures (symbole
féminin). En enlevant leurs chaussures, en se dépouillant d'elle-même pour être
tout
donné à son Epoux qui la pénètre, les Apôtres (symbole de l'Eglise-Epouse)
prennent conscience, dans la foi, qu'ils ne font plus qu'une seule chair
avec leur
Epoux (réalité reconnue dans le sacrement de l'eucharistie) et qu'ils sont le
Corps
du Christ, leur pied, leur être est habité du Christ, ils deviennent une
humanité pour
l'Epoux, leur pied, leur marche est celle de l'Epoux en eux....
Dieu demandait déjà un tel dépouillement à Moïse (Ex
3,5), il reçoit l'ordre
d'enlever ses chaussures devant le buisson ardent pour que ses pieds soient en
contact direct avec la « terre sainte ». Lorsqu'un homme jette sa sandale sur
un
objet, il montre qu'il en prend possession (ps
60,10) ou lors d'un rachat (Rt 4,7).
Dieu invite donc Moïse à se dépouiller pour prendre possession de la terre
promise.
40 Cf. p. 22 sous
notre titre 3.2.1.7. Les joues
50 Selon les
psychanalystes comme Freud et Jung, le pied est bien un symbole
phallique qui pénètre dans la chaussure (symbole féminin) et doit s'y adapter.
51
Aller pieds nus est un signe de pauvreté (Le
15,22), de dépouillement.
Le
Christ invite les Apôtres à se dépouiller pour prendre possession de la
véritable
Terre promise, la terre glaise qui a façonné l'humanité du Christ.
La sandale donne à l'homme une certaine sécurité,
elle évite bien des maux
aux pieds lorsque nous marchons. Toutefois, il faut s'en dépouiller parce que
c'est
une sécurité artificielle, on doit compter que sur Dieu qui est toujours avec
nous, sur
notre route (Ex 3,12-14). Cette révélation est à la base de la vocation de
Moïse qui a
peur (Ex 3,11) parce qu'il se rend compte qu'il n'est rien. Il s'agit
précisément de
reconnaître que nous ne sommes rien, il faut donc se dépouiller de soi-même, (ôter
ses sandales, ses fausses sécurités humaines) pour que la puissance de
Dieu
puisse se déployer à travers nous "Ma grâce te suffit: car la puissance
se déploie
dans la faiblesse. " C'est donc de
grand cœur que je me glorifierai surtout de
mes
faiblesses, afin que repose sur moi la puissance du Christ. (2 Co 12,9) (I Co 1,27; 2
Co12,10;2Co13,4)
3.2.9.3. Les mains52
La main nous permet de
travailler de manière habile et très efficace et ceci
grâce à ses cinq doigts. Les ongles protègent le bout de nos doigts très
sensibles.
Symbolique
La main est si importante
qu'elle symbolise la puissance et la suprématie, la
force et la puissance. En effet, être entre les mains de quelqu'un c'est être
soumis à
sa volonté. Jésus sera livré aux mains des pécheurs (Mt
26,45). Comme tous les
grands symboles, la main peut exprimer la perte d'une puissance. L'expression
« revenir les mains vides » souligne l'infortune. Lorsque Dieu envoie Jérémie, la
main de Yahvé touche sa bouche pour la
rendre puissante. La main droite divine est
celle des bénédictions, la gauche, celle des malédictions.
Le geste de l'imposition des mains est un geste
d'investiture (Nb 8,10) et de
guérison (Me
7,32-33). Le geste d'imposition signifie que la puissance vient d'en
haut (les paumes sont tournées vers le bas). Le diable par contre propose à
Jésus
la perversion de ce geste (sur leurs mains
ils te porteront) pour signifier que la
puissance vient d'en bas (maintenant qu'il est incarné comme homme) qu'il ne
fasse
donc plus la volonté de son Père mais celle du diable ! Porter quelqu'un sur
ses
mains (paumes tournées vers le haut) signifie que la puissance vient d'en bas
pour
s'élever vers le haut et donc remplacer Dieu ! (même tentation que le péché
originel:
« vous serez comme des dieux » en désobéissant à Dieu dit le serpent à
Adam et
Eve.
Le diable dit à Jésus: "Si tu es Fils de Dieu,
jette-toi en bas; car il est écrit: II
donnera pour toi des ordres à ses anges, et sur leurs mains ils te porteront,
de peur
que tu ne heurtes du pied quelque pierre. "
(Mt 4,6)
En fait, Jésus se soumettra jusqu'au bout à la
volonté de son Père: "Père, en
tes mains je remets mon esprit." Ayant dit cela, il expira. (Le 23,46) c'est l'opposé
partait de la tentation du diable.
L'imposition des mains est un geste nettement attesté
dans l'Ancien et le
Nouveau Testament. L'Eglise a repris ce geste pour chaque sacrement. Lors de
l'ordination d'un prêtre, il y a encore un autre rite avec les mains lorsque le
candidat
met ses mains jointes dans celles de l'évêque
qui lui demande d'être en communion
avec lui et ses successeurs dans le respect et l'obéissance.
52 Cf. ce qui est
dit des doigts sous le point 3.2.1.1. L'oreille, pp. 18-19.
« Se laver les mains »
symbolise l'innocence mais aussi la négation de toute
responsabilité, c'est le cas de Pilate au moment
du procès de Jésus (Mt 27,24).
3.2.9.4. Les doigts53
Les doigts permettent une
grande mobilité et une grande précision de la main
dans le travail. Chaque doigt a une importance bien précise. Les doigts ont une
grande sensibilité, ceux des mains nous permettent de nous déplacer dans
l'obscurité car ils sentent les obstacles. Le pouce est le seul doigt de la
main qui
peut se replier sur les autres ce qui nous permet de saisir des objets et
d'utiliser des
outils. Si nous n'avions pas de pouce, les doigts devraient se replier dans la
main
pour saisir quelque chose, grâce au pouce, la main peut rester ouverte tout en
tenant bien ce qui est saisi.
Symbolique
Le doigt de Dieu symbolise
la force divine agissante (Ex 8,15) et créatrice (ps
8,4). Le doigt de Dieu, c'est la Parole créatrice, (Dt 9,10) celle de la Loi, celle qui
s'incarne dans le Christ, celle qui délie la langue et donne d'entendre (Me 7,32-35).
Cette Parole est d'une grande sensibilité, elle éclaire notre route et nous
indique les
obstacles,
Le pouce nous permet de garder la main ouverte, de
saisir les choses sans les
« enfermer » dans sa main. La main est ici symbole de l'amour : celui qui
accueille
l'autre en soi reste ouvert à l'autre car il ne l'enferme pas en lui.
3.2.10. La peau et les cellules
La peau n'a pas partout la
même sensibilité, nous avons vu qu'il y a des parties
plus sensibles que d'autres dans notre corps. Le sens du « toucher » passe par
la
sensibilité de la peau qui nous renseigne sur la température des objets et de
l'atmosphère, sur le degré d'humidité, sur la force de la pression. La
sensibilité
jouera notamment un rôle essentiel pour percevoir la douleur qui nous protège
de
tout ce qui n'est pas compatible avec notre corps, c'est un signal d'alarme qui
nous
prévient d'un danger.
Les cellules nerveuses peuvent vivre aussi longtemps
que nous mais ne sont
pas remplacées si elles disparaissent contrairement aux autres. Les cellules du
sang ne vivent que quelques semaines. Notre corps se compose de dizaines de
milliards de cellules.
Chaque cellule contient en elle tout le potentiel de
l'homme, les cellules d'une
personne ont toutes le même noyau. Une cellule a des chromosomes qui
contiennent l'ADN (code génétique). La
cellule est un centre de combustion, elle
respire, elle se nourrit. La surface extérieure de la peau est formée de
cellules
mortes (épidémie).
Nous en éliminons des millions en faisant notre toilette et à
chaque frottement de la peau. Des glandes produisent la sueur (élimination de
la
chaleur du corps) et d'autres un liquide huileux qui donne l'imperméabilité à
la peau.
La mélanine nous protège du soleil, c'est qui donne la couleur de la
peau.
53 cf.
notre point 3.2.1.1. L'oreille,
p. 19.
Symbolique
La sensibilité de la peau est une protection54 mais dont le prix est la douleur.
C'est le symbole de la douleur, de la souffrance qui peut nous protéger de
certains
dangers dus aux péchés. Nous pouvons voir ici le sens symbolique du mal que
Dieu
permet.
Dans le symbolisme du
Corps du Christ utilisé par saint Paul, la tête symbolise
le Christ, les membres symbolisent les chrétiens.
ainsi nous, à plusieurs, nous ne formons qu'un
seul corps dans le Christ, étant,
chacun pour sa part, membres les uns des autres. (Rm
12,5)
Le membre peut aussi
symboliser la communauté et l'ensemble des membres
avec la tête l'Eglise universelle. Le chrétien dans cette symbolique sera une
cellule
du corps. On peut avoir un membre mort (mort d'une communauté), mais ce qui est
quotidien dans notre corps, c'est la mort et la naissance des cellules, symbole
des
morts et des naissances dans le monde. Chaque cellule contient en elle tout le
potentiel de l'homme, symbole de chaque chrétien qui a en lui le Christ et donc
tout
son Corps.55 Le noyau identique
de chaque cellule (sinon il y a un phénomène de
rejet) symbolise la grâce divine qui doit être commune à tous les membres du
corps.56 Les cellules mortes (p.
ex. de l'épidémie)
peuvent aussi symboliser les
personnes attachées au corps par la grâce (caractère baptismal) sans vivre
toutefois
de l'amour de Dieu (état de péché « mortel »).
Les cellules nous
rappellent que chaque personne humaine a une fonction
nécessaire, une vocation différente et que chacun a sa place... « II y a
plusieurs
demeures dans la maison de mon Père » comme dit Jésus (Jn
14,2). D'autre part,
l'intimité d'une cellule est beaucoup plus
profonde avec celles qui l'entourent
qu'avec celles qui sont à un tout autre endroit du corps même si elles vivent
toutes
de la même vie du Corps. Ainsi, même à la résurrection, l'époux et l'épouse qui
se
sont aimés sur terre garderont une intimité tout à fait particulière entre eux.
Dieu
respecte toujours ce que l'on a vécu sur terre, il respectera le don
particulier que j'ai
vécu sur terre avec mon épouse pour ne faire plus qu'une seule chair.
A la résurrection, en effet, on ne prend ni femme
ni mari, mais on est comme
des anges dans le ciel. (Mt 22,30)
Ce texte ne signifie pas que le mari n'aura plus aucun lien
particulier avec sa
femme mais que l'union des corps ne se vivra plus du tout de la même manière au
ciel que sur terre car nous aurons des corps ressuscités...
la communion sera donc
enfin plénière et non moins forte ! Il est
vrai que cette communion sera réelle pour
tous ceux qui partageront la Gloire de Dieu mais tout en respectant les liens
créés
sur terre. Mon amour pour tout le corps passera par mon épouse avec laquelle je
ne
fais plus qu'une seule chair... N'est-ce pas l'image de l'amour où l'ovule et
le sperme
54 Si elle
n'existait pas nous ne sentirions rien quand nous nous faisons brûler
mais ce serait un danger terrible pour nous. La douleur a donc un sens.
55 II y a un principe
philosophique qui dit que l'âme est tout entière dans le tout
et tout entière dans chaque partie. (St-Thomas
d'Aquin, Somme Théologique, l Q 76
a 8)
56 La grâce ici est entendue
comme l'amour vécu dans le Christ car tous ceux
qui vivent du Christ font partie de son Corps même s'ils n'en ont pas toujours
conscience. Par exemple des hommes de bonne volonté qui n'ont jamais reçu
l'Evangile n'ont pas la même conscience d'appartenir au Christ mais ils vivent
de
son Amour.
ne font plus qu'un seul
être ? Le Corps du Christ, l'amour chrétien ne provoque pas
une fusion ou une confusion mais une communion d'êtres qui s'aiment...
3.2.11. La nudité du corps
Dans notre culture, la nudité est vue comme un signe de provocation, de
séduction, de sensualité, de dégradation matérialiste. Le culte du corps et du
plaisir
occupe une grande place. En fait, un corps nu est une splendeur, il n'est pas
en soi,
évidemment, un péché, c'est le regard que je porte sur lui qui peut être bon ou
mauvais (don ou possession). Comme le regard, à partir du péché originel, n'est
plus pur, le vêtement est devenu quelque chose d'indispensable.
La nudité avant et
après le péché
Le passage de la nudité comme source de honte est dû au péché (Gn 3,7). Elle
devient aussi le symbole de la possession dans l'amour. Déjà le regard posé sur
l'autre peut être le premier stade de cette possession. Désormais, la
transparence
totale (symbole de la nudité) de l'amour fait peur (Gn 3,10) ce qui n'était pas
le cas
avant le péché (Gn 2,25). Le vêtement devient un signe de protection (Gn
3,7.21)
mais en même temps il cache la splendeur de la symbolique puisque la
Transparence dans l'Amour n'est plus possible dans toute sa plénitude.
Découvrir
sa nudité est un signe de trahison, de prostitution (Ez
16,36), c'est le cas du Peuple
de Dieu, l'Epouse prostituée (dont l'épouse d'Osée sera le symbole vivant - Os
1,2).
Cham sera maudit pour avoir regardé la nudité de son
père, c'est le symbole
d'une faute qui rappelle celle d'Eve, autrement dit le désir de maîtriser la
source de
la vie, le désir de la posséder (Gn 9,22-24). Un regard de possession sur
l'autre
« qui perce le vêtement » c'est déjà accomplir l'acte sexuel dans son cœur (Lv
18,16). Eh bien! moi je vous dis: Quiconque regarde une femme pour la
désirer a
déjà commis, dans son cœur, l'adultère avec elle. (Mt
5,28)
La nudité, symbole de
notre misère
La nudité comme symbole de trahison dans la prostitution nous amène au
symbolisme de la nudité comme pauvreté et misère car l'épouse est dépouillée de
l'amour dans sa relation aux amants (Ez 16,35-43). On comprend dès lors que la
pénitence est aussi symbolisée par la nudité physique (1 S 19,18-24). Il faut
se
mettre à nu devant Lui, être vrai car il sonde les reins et les cœurs et nous
pénètre
tout entier. Il faut être humble, autre signification symbolique de la nudité:
"Nu, je suis
sorti du sein maternel, nu, j'y retournerai. Yahvé
avait donné,
Yahvé a repris: que le nom de Yahvé soit
béni!" (Job 1,21) Elle
symbolise le
dépouillement, le détachement.
Un corps nu est une
merveilleuse expression du symbole
Banaliser (p. ex. camps nudistes) la nudité est grave également, car un
corps
nu appelle à la communion, en ce sens le corps est hautement symbolique57. Il
57
Le symbole étant
l'union de deux parties (visible et invisible) faites pour être
mises ensemble de manière unique. Il n'y qu'une seule pièce qui correspond à
l'autre ce qui permet de reconnaître celles qui vont ensemble. sumbalein
veut dire mettre ensemble, unir.
appelle l'autre
partie qui lui est complémentaire (Gn 1,27).
Ce symbolisme doit nous
rappeler que Dieu a façonné pour l'époux une seule et unique épouse (et
réciproquement) qu'il mettra sur sa route.58
Ainsi si nous banalisons le corps nu, il
nous appellera plus à la communion mais à l'individualisme. Il est donc normal
qu'un
corps nu éprouve en moi un désir de communion mais comme cet appel n'est plus
pur depuis le péché originel, comme le don se mélange en moi avec la
possession,
le vêtement me rappelle symboliquement que je dois d'abord purifier mon regard,
mon cœur dans le don total avoir d'avoir droit à contempler la nudité de
l'autre. Le
don total étant unique, ce droit me sera réservé que pour une seule personne.
Nous
avons ici tout le fondement du sacrement du mariage.
Le célibat consacré est un « vêtement » qui couvre
notre nudité
Le
célibat consacré est « le vêtement » qui a pour but de purifier mon regard et
le don de soi dans l'amitié. Il est la promesse de ne jamais ôter le vêtement de
l'autre, non pas pour moins aimer, mais au contraire pour signifier
symboliquement
l'exigence du don total gratuit (au-delà de tout plaisir, au-delà de toute
possession).
C'est ainsi que l'amitié parfois arrive à une plus grande profondeur que bien
des
relations amoureuses de couples. Le célibat n'empêche pas le don total de soi
mais
il se vit différemment dans le sens où il renonce pas définitivement au don de
son
corps, il y renonce durant la vie sur terre, mais à la résurrection l'union des
corps
ressuscites se réalisera pour tous ceux qui
s'aiment.59 C'est le sens de la
parole de
Jésus, « A la résurrection, en effet, on ne prend ni femme ni mari, mais on
est
comme des anges dans le ciel. » (Mt 22,30)
Jésus ne dit pas que l'on ne sera pas
uni, il souligne que l'union des corps ne se réalisera pas comme sur terre.
Il n'y aura plus de
différence Si le célibat est « consacré », choisi, le
renoncement arrive parfois à un don bien plus profond de soi que la possibilité
de
répondre à tous ses désirs.60
N'oublions pas d'ailleurs que la nature est bien faite et
qu'elle est un équilibre, même dans le couple, entre don de soi et
renoncement...
L'Amour est le Vêtement parfait qui couvre notre nudité
II va sans dire qu'il ne suffit pas d'être célibataire pour avoir un
regard pur,
ainsi c'est l'Amour qui sera notre « vêtement » même dans la nudité physique
car il
58 Cela
n'enlève rien à la liberté de l'homme ou de la femme, au contraire, si
l'époux reçoit celle qui est façonnée exactement pour lui, il y trouve une
source de
liberté.
59 Nous
sommes un seul Corps qui vit d'un seul Amour, d'une seule Vie et d'un
seul Esprit mais où tout ne sera pas confusion mais communion. Ainsi les
relations
qui nous ont marquées durant la vie terrestre (d'époux à épouse p. ex., ne se
fondront pas dans la masse mais resteront comme une marque dans ma chair pour
toutes mes autres relations). Cf. note 33 et notre titre 3.2.10 La peau et
les cellules.
60 Notons
également que la distance physique fait partie du même mouvement
que le vêtement en ce sens que le choix de ne plus voir quelqu'un « couvre même
son visage ». A une époque de l'Eglise, on ne pouvait même plus voir le visage
de
certaines religieuses. La distance physique joue donc un grand rôle dans la
protection qu'apporte le vêtement. C'est le piège dans lequel tombent beaucoup
de
couples qui s'habituent tellement à la présence de l'autre qu'ils n'en
apprécient plus
le don. Il éprouve aussi l'amour car si l'amour n'est pas vrai, il ne résistera
pas à la
distance.
nous amène au respect
et au don de soi. Ainsi notre vêtement parfait et définitif,
c'est le Christ. Revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ et ne vous pas de la
chair
pour en satisfaire les convoitises. (Rm
13,14)
Tant que le Christ
n'est pas ressuscité, l'homme ne l'a pas revêtu, il reste nu
mais désormais il peut quitter ses vêtements humains pour s'immerger totalement
dans le Christ ressuscité par le baptême et le don du Corps ressuscité du
Christ
dans l'eucharistie (Jn 21,9)
Le disciple que
Jésus aimait dit alors à Pierre: "C'est le Seigneur!" A ces mots:
"C'est le
Seigneur!" Simon-Pierre mit son vêtement - car il était nu - et il se jeta
à
l'eau. (Jn 21,7) Notre vêtement
définitif et parfait est le Christ car il nous revêt de sa
résurrection, autrement dit d'un corps glorifié qui ne sera plus soumis aux
plaisirs de
la chair, embrasé qu'il sera par le Feu de l'Esprit (Rm 13,14). Nous avons déjà
reçu
ce vêtement et en même temps nous sommes encore en train de le mettre. C'est un
vêtement de peau (Gn 3,21) mais ce n'est pas
encore notre peau61, il faut attendre
pour cela notre propre résurrection.
3.2.12.
L'union des corps
La Schekhina, la tente, plane
sur l'homme et la femme qui s'accouplent, elle
est le symbole de la Présence de Dieu qui couvre de son ombre l'amour humain.
La
Vierge Marie devient « la tente » symbole de
l'accouplement, en son sein de l'Epoux
(Verbe de Dieu) et de l'Epouse (humanité du Christ) en une seule chair car
l'Esprit la
couvre de son ombre (Lc 1,35). L'Epoux pénètre
sous cette tente pour s'accoupler à
son Epouse (l'humanité du Christ donnée par Marie) Marie devient donc l'icône
privilégiée de l'Eglise Epouse du Christ.
Le Christ ressuscité
pénètre dans un endroit clos où se tenaient les disciples,
cette pénétration fait de la communauté son Eglise car c'est là qu'ils
reçoivent
l'Esprit (féminin en hébreu) (Jn 20,19-23). On retrouve le symbolisme de la
femme
Epouse tirée de l'homme Epoux (cf. pp. 13-14). L'Eglise de pierres devient la
« tente » symbole de l'accouplement en elle de l'Epoux et de l'Epouse et dont
le
sacrement de l'eucharistie, le don du Corps du Christ, est le signe sacré.
Chaque corps humain
qui reçoit le Corps du Christ devient symbole de la tente
où en lui s'unit l'Epoux (Christ) et l'Epouse (Eglise dont je fais partie).
Chacun donne
son humanité, à l'image de Marie pour donner une humanité de surcroît au
Christ-
Epoux. A la résurrection, la tente de notre corps laissera totalement
transparaître cet
accouplement de l'Epoux et de l'Epouse.
3.2.13. L'enfant
dans le corps de sa mère
Le bébé vit dans une poche remplie de liquide. L'oxygène et la
nourriture dont
il a besoin passent (échanges par le placenta qui filtrent l'oxygène et la
nourriture
tout en évitant de mélanger les deux sangs) par le cordon ombilical relié à la
circulation sanguine de sa mère. Il n'y a pas de mélange de sang entre la mère
et
son enfant qui a sa propre circulation sanguine (les groupes sanguins peuvent
être
différents). A trois mois, il peut bouger, sucer son pouce (apprend à téter),
entendre
la voix de sa mère et tous les bruits de son corps. Il apprend avant de naître
à saisir
en repliant ses doigts mais aussi à tousser, à éternuer,
à bâiller et à s'étirer.
61 Pleine de cellules encore mortes comme
nous l'avons vu ! (p. 44)
Symbolique
Nous
avons déjà dit que les eaux matricielles étaient le symbole du baptême.
Nous avons vu également que la circulation du sang était le symbole de la Vie
trinitaire en nous mais nous voyons bien ici
encore qu'il y a communion sans
confusion, chacun a sa vie propre, le sang de la mère et de l'enfant ne se
mélangeant pas.
La place de la femme
dans l'église doit se comprendre à partir de sa vocation
qui est principalement l'accueil et « l'accouchement de la vie ».
Conclusion
générale
A propos de notre
recherche...
Ce travail de recherche que nous avons réalisé n'est pas exhaustif. Si telle
était sa prétention, il contredirait l'essence même du symbolisme qui est
rattaché à
la vie et à l'expérience de chaque être humain, il est donc en soi « inépuisable
».
Notre désir est de donner des clés de lecture et des pistes
d'approfondissement, de
méditation.
Il vous a peut-être
semblé, à un moment ou à un autre de notre recherche, que
le symbolisme tiré d'une réalité ou d'une autre était un peu « tiré par les
cheveux ».
Nous nous sommes efforcés d'être le plus « objectif » possible mais il y a
toujours,
inévitablement une part de subjectivité car nul n'est « Parole d'Evangile ».
Toutefois,
il faut remarquer que l'important, dans le symbolisme, est de se laisser «
porter par
la contemplation ». Par exemple, si je regarde la TV et que je vois trois
journalistes,
je peux y voir le symbole de la Trinité, même si ceux-ci parlent de tout autre
chose et
qu'ils n'ont peut-être pas la foi et même s'ils n'ont pas du tout voulu
signifier la
Trinité. En fait, peu importe, car je me laisse imprégner du symbolisme qui me
conduit à être contemplatif à chaque instant de ma vie.
L'importance du symbolisme
II ne faut jamais réduire une étude à une seule approche mais il faut
reconnaître que l'approche symbolique a traversé toute l'histoire de l'humanité
et
tout particulièrement le langage biblique. Pourtant, il y a un trésor fabuleux
qui est
bien loin d'être découvert (il ne le sera jamais totalement). Cette étude du
symbolisme du corps humain dans l'Ecriture sainte nous la confirmé avec force.
Inutile de dire, après tout ce que nous avons vu, que l'être humain est
profondément
symbolique dans toutes les fibres de son être et que, par conséquent, sa
connaissance elle-même est d'essence symbolique puisqu'il tire de ses sens
toute
sa connaissance pour qu'elle devienne, en lui, spirituelle, pour qu'elle
s'enracine
dans son esprit.
Le corps humain créé à l'image de Dieu
L'Ecriture Sainte confirme absolument la profondeur symbolique de l'homme
et
de la femme puisqu'il les a créés à son image et que le Christ, pour nous
« dire Dieu » a pris chair dans un corps. D'autre part, l'être humain a
toujours été vu
comme l'expression symbolique, le résumé, de tout l'univers (microcosme).
Enfin, ce
n'est pas par hasard que la Bible par du Christ puis de chacun de nous comme le
Temple de Dieu.
Ainsi, non seulement nous sommes le reflet de Dieu mais la
Présence de Dieu, son Temple. L'être humain devient donc, avec le Christ le
Symbole par excellence, l'être visible qui ré-présente,
rend absolument présent
l'Etre invisible. Quant à chacun de nous, comme nous sommes de simples
créatures
marquées par le péché, cette habitation de Dieu parfaitement et pleinement
réelle
en nous dans sa dimension Invisible, ne s'exprime pas parfaitement et
pleinement
dans notre être visible, nous sommes des symboles de Dieu. Ce sera le cas à la
résurrection au moment où Dieu sera tout en tous (1 Co
15,28).
L'homme et la femme
sont à l'image de Dieu
Dans
une période de l'histoire qui a tendance à opposer l'homme et la femme,
il n'est pas inutile de dire qu'ils ne sont rien et n'arrivent à rien l'un sans
l'autre. Leur
corps en est le symbole manifeste, sans leur union, ils n'auront jamais de
fécondité
possible. Malheureusement la logique de
l'individualisme moderne a pénétré à
l'intérieur même du couple et donc de l'image la plus profonde de Dieu. La
profondeur de l'amour du couple est de reconnaître dans la joie que l'on a
besoin
l'un de l'autre et non de dire que tout ce que l'un apporte l'autre peut aussi
l'apporter
sous prétexte d'égalité. Il ne faut pas confondre égalité et égalitarisme. L'homme et
la femme sont égaux en dignité précisément parce qu'ils ont besoin
réciproquement
l'un de l'autre. La femme tirée de l'homme ne l'abaisse pas, au contraire, cela
souligne la profonde égalité de la femme.
Le sommet d'amour du
couple se vit dans la communion du Christ-Epoux à
son Eglise-Epouse
On entend souvent dire « j'ai la foi mais je n'ai pas besoin de l'Eglise
! A
l'église j'y vais mais quand elle est vide ! »
Dieu donne
entièrement son Corps à chacun de nous (symbole de
l'eucharistie) mais il ne le donne pas qu'à nous... autrement dit, chaque
personne
humaine qui reçoit le Christ est membre de son Corps et chacun a besoin des
autres. Saint Paul l'a très nettement souligné (1 Co 12,12-30). En recevant le
Corps
du Christ, je me donne à lui et par voie de conséquence je ne m'appartiens plus
!
Ainsi la plénitude de communion du couple ne pourra se vivre que dans
l'eucharistie
en communion avec le Peuple de Dieu, l'Eglise-Epouse
qui se donne à son Epoux.
La place de la femme
dans l'Eglise
Nous avons vu qu'à partir de la symbolique nous découvrons la place de
la
femme dans l'Eglise. De nos jours, plusieurs chrétiens revendiquent l'ordination
de
la femme comme prêtre sous prétexte d'égalité.
Premièrement, nous
avons vu qu'égalité ne signifiait pas faire la même chose
mais au contraire être complémentaire.
Deuxièmement, après
cette étude, nous avons pris conscience que l'argument
de l'égalité des sexes en cachait un autre plus profond: la revendication
d'être l'égal
de Dieu. C'est le principe même de l'ange de lumière qui prend un argument
apparemment tout à fait bon pour séduire et conduire à faire le mal, notre
orgueil fait
le reste ! Mais comment sommes-nous arrivés à une telle conclusion ?
Le Christ s'est incarné dans un corps d'homme car la morphologie
masculine
symbolise, dans l'acte sexuel, le jaillissement de la vie.62 L'homme symbolise alors
l'Etre même de Dieu d'où jaillit la Vie alors que la femme symbolise l'accueil
de cette
vie par l'humanité. Le prêtre sera donc toujours un homme pour cette raison
précise
puisqu'il représente (fonction symbolique) le Christ, d'où jaillit la Vie
puisqu'il est
Dieu lui-même. Si nous mettions une femme à
l'autel, nous renversions l'ordre
symbolique en prétendant que l'humanité est la Source de la Vie ! Peut-être que
notre orgueil intellectuel et notre capacité technologique nous montent à la
tête et
que nous nous prenons pour Dieu... créateur ! C'est le prolongement parfait du
péché originel ! « vous serez comme des
dieux » (Gn 3,5).
C'est aussi pour
cette raison symbolique que c'est la femme qui, dans la
Genèse, prend le fruit défendu en premier, car c'est elle qui symbolise ce
renversement de l'humanité qui se prend pour Dieu (Gn 3,6).
Evidemment tous ceux
qui n'arrivent pas à comprendre que l'ordre symbolique
n'a rien avoir avec une question de dignité n'accepterons jamais l'argument
symbolique. Mais après tout ce que nous avons vu sur la puissance et
l'importance
du symbole (que l'on voudrait souvent réduire à des petites images pour enfant
et ce
n'est sûrement pas par hasard !)63
nous n'avons plus besoin de souligner l'extrême
importance de cet argument. Il est donc tout aussi important et urgent de
redécouvrir
la spécificité de la place de la femme dans l'Eglise à partir de sa fonction
symbolique.
On n'arrive pas à y
croire ou on ne veut pas y croire et pourtant c'est si beau
de croire !
Nous
avons vu, tout au long de notre étude, l'importance de la symbolique
sexuelle pour parler de la relation entre Dieu et son Peuple. C'est vrai, c'est
profondément biblique mais ce n'est pas facile, pastoralement,
de le transmettre soit
dans la catéchèse, soit dans la prédication parce que l'acte sexuel est tabou,
dégradé pour d'autres, source de blessures pour d'autres encore ou au contraire
banalisé. Il n'en reste pas moins vrai que c'est un langage tout à fait
privilégié pour
en parler puisque c'est l'homme et la femme qui sont, en tant que couple, image
de
Dieu. Et c'est si beau de croire... c'est la source de la Joie !
62 Nous ne
prétendons pas que la femme n'apporte pas sa part pour engendrer
la vie, nous voulons simplement dire qu'au niveau symbolique, c'est à dire de
la
réalité visible qui nous renvoie à la réalité invisible, à partir de ce que je
vois
extérieurement dans l'acte sexuel, le jaillissement de la vie est symbolisé par
la
morphologie de l'homme alors que la femme symbolise l'accueil de la vie.
63 Autrement dit, parce qu'ils nous dérangent et parce
que l'intelligence,
l'efficacité technologique et la rentabilité
économique, ont pris une telle place qu'ils
n'en laissent pratiquement plus aux symboles !
Bibliographie
Première
partie
La
crise du symbolisme religieux
Jean Borella, éd. l'Age d'Homme, Lausanne, 1990
Deuxième
partie __
Catholicisme,
Henri de Lubac, éd. Cerf, Paris, 1983, 7e éd.
Corps
et Sagesse,
Philosophie de la liturgie,
Samuel Rouvillois, éd. Fayard,
Paris, 1995.
Dictionnaire
des symboles, éd.
revue et augmentée,
Jean
Chevalier et Alain Gheerbrant, éd. Robert Laffont, Paris 1982.
Initiation
à la symbolique romane,
M.-M. Davy, éd. Champs-Flammarion, Paris, 1977.
La Bible et le chromosome, Histoire d'une naissance
Gabriel Lecourt, éd. du Tricorne, Genève,
1994
Le
monde des symboles,
Gérard de Champeaux, éd.
Zodiaque, Paris, 1989, 4e éd.
L'essence
du prophétisme,
André Neher, éd. Calmann-Lévy,
Paris, 1983