Les symboles du Jubilé 2000
"Jubilé" vient du terme biblique yobel qui désigne la corne de bélier utilisée comme trompette. Celle-ci servait à annoncer tous les 50 ans une année exceptionnelle de remise des dettes. En français le verbe jubiler désigne la manifestation d'une joie intense, souvent intérieure.
Ainsi le Jubilé de l'an 2000 est la manifestation d'une année exceptionnelle, sainte qui nous rappelle la "remise de notre dette envers Dieu" due à nos péchés car il y a 2000 ans le Christ s'est incarné et a sauvé l'humanité de ses péchés par le pardon divin sur la croix. C'est donc une source de joie intense.
Pour évoquer le mystère du mal, la Bible a retenu une catégorie d'animaux: les bêtes à cornes. En un sens, leur activité meurtrière soulève encore davantage le dégoût: au moins le carnassier se nourrit des vivants qu'il étrangle; au contraire, un taureau, un bouc ou un bélier qui attaque et qui encorne tue tout simplement pour tuer, de façon purement gratuite et sans y trouver d'autre profit que l'affirmation de sa propre suprématie et la libération de ses pulsions agressives du moment. Le lion et le chacal se repaissent du sang de leur victime; la bête à cornes, elle, se contente de verser le sang en pure perte. C'est le mal pour le mal !
Il est donc extrêmement symbolique que l'on ait choisi précisément une corne de bélier (celle qui tue par le simple plaisir de tuer) pour annoncer une année de rédemption des péchés (qui tuent la vie divine en nous). Ce symbolisme montre que Dieu assume ce qui est mal pour le salut, il assume la souffrance et la mort sur la croix pour nous sauver. C'est précisément à travers cet instrument de torture (que ce soit la corne de bélier ou la croix) que le cri, le chant de la rédemption, de l'amour de Dieu va se manifester.
Taureau, bélier ou bouc impressionnent tous les trois par leur puissance, leur fécondité et leur combativité. Ils deviennent alors symbole de force, de fécondité et d'agressivité. Arrêtons-nous simplement au bélier puisque la corne annonçant le jubilé était celle d'un bélier. Contrairement au taureau et au bouc, le bélier apparaît surtout en mythologie comme un animal solaire (cf R. Guénon, Symboles de la science sacrée, Paris, ed. Gallimard, 1962, pp. 187-188), il associe le feu créateur la fertilité et l'immortalité.
On retrouve dans la Bible, ce lien entre les cornes, la lumière (Ha 3,4), la puissance (Jos 6,5) au moment de la prise de Jéricho. Cette lumière et cette puissance se manifestent pour toute la création (symbole du chiffre 4) sur l'autel à 4 cornes (Ex 27,2) par l'offrande faite à Dieu.
Nous pouvons ainsi tirer une première conclusion: la corne du jubilé exprime la puissance salvatrice de Dieu mais cette dernière ne se passera pas dans la douceur à la manière d'un conte de fée car la puissance de Dieu détruit les puissances du mal. Ce combat n'est certainement pas spécifiquement biblique ce qui l'est certainement est le fait que Dieu chante sa victoire à travers même l'instrument qui servait de destruction, la corne de bélier. C'est ce symbole qui nous invite à une profonde méditation: comment combattons-nous les forces du mal ? Epousons-nous véritablement le désir de Dieu de chanter sa victoire dans le cur du pécheur ? de celui qui nous persécute ? de celui qui nous blesse et nous humilie ? Voilà un beau sujet pour l'année du Jubilé !
Comme toujours la symbolique nous conduit sur des chemins merveilleux !