En 1967, John Griffith, Mathématicien anglais, suggère que l'agent est un conformère modifié d'une protéine normale qui agirait comme patron pour convertir la forme normale en forme pathogénique.
Dix ans plus tard, Stanley Prusiner débute des travaux qui lui vaudront le Prix Nobel en 1997 :
Il parvient à purifier l'agent infectieux et montre que le constituant majeur est, comme prédit,
une protéine qu'il appelle Prion (PrP: Protein resistant Protein); Il montre encore que cette
protéine existe dans le cerveau sous une forme différente et soluble.
Caractéristiques du Prion
La PrP est une glycoprotéine ancrée de 35 kDa, relativement flexible et instable : sa forme se modifie avec les propriétés des solutions (pH...);
Elle est codée par un gène appelé PRNP ( gène dont la mutation est à l'origine de la forme héréditaire de la MCJ)
Son rôle dans la cellule à l'état normal n'est pas encore bien connu; on pense cependant qu'elle agit au niveau de la communication entre l'intérieur et l'extérieur de la cellule.
John Collinge ( Directeur de l'unité sur les Prions du Médical Research Council ) et son équipe ont réussi pour la première fois à provoquer in vitro le passage de la conformation normale à la conformation anormale de PrP: Celui-ci se fait par rupture d'une liaison unique de la molécule.
La molécule anormale est une forme partiellement résistante aux protéases, c'est pourquoi elle est notée: PrP-res.
Et cette molécule, placée dans une solution saline de concentration telle qu'elle existe dans
le cerveau, forme des agrégats!
Ce mécanisme d'infection est encore peu connu (On ne connaissait pour l'instant que les infections bactériennes, fongiques et
virales) et ouvre la voie à de nombreuses pistes de recherche.
Pour plus de renseignements, vous pouvez consulter la traduction par R. Montaigne, d'un article paru dans le Chemistery & Industry du 18 Mai 1998.
Mécanisme de l'infection
A priori, l'infection serait due à l'introduction dans l'organisme d'une forme anormale de la PrP
qui, serait à l'origine d'une conversion des PrP normales en PrP anormales; celles-ci s'accumuleraient en agrégats , notamment dans le SNC et provoqueraient une destruction des cellules nerveuses.