SAINT-PAUL ET LE MYSTERE D’ISRAEL (2ème partie)
BIBLHISTOIRE

SAINT-PAUL ET LE MYSTERE D’ISRAEL (2ème partie)

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Ancienne église de Normandie

 

 

 

PAUL, SA RELATION AVEC ISRAËL, AVEC LE JUDAÏSME, AVEC LA SYNAGOGUE.

 

Chapitres 9, l0 et ll de l’Epître aux Romains.

 

 

 

 

Pourquoi dans cette épître capitale de Paul, 3 chapitres sont-ils consacrés au mystère d’Israël ?

Paul réalise avec effroi que la tumeur de l’antisémitisme a fait son apparition dans la jeune communauté chrétienne de Rome.

Ce qui s’est passé est très simple, de nombreux convertis païens, gréco-latins, égyptiens ou autres arrivent dans l’Eglise en prononçant des attaques terribles contre les juifs.

Par exemple, Justin Martyr, un des premiers Pères de l’Eglise, a affirmé que la Torah (les livres de Moïse), est une punition de Dieu pour le peuple d’Israël.

Les nouveaux convertis à Christ avaient été contaminés par des slogans antisémites de l’époque et, au lieu de s’en débarrasser , les charriaient toujours avec eux. Ils en ajoutent même un terrible : " Vous avez tué Jésus. "

Cette tumeur de l’antisémitisme va inspirer ä Paul les chapitres 9, l0 et ll de l’Epître aux Romains.

CHAPITRE 9, VERSETS 1 A 5

Voici un juif, et non des moindres, qui d’entrée souhaite être anathème, excommunié, ne plus être au bénéfice du salut en Jèsus-Christ pour être avec les siens selon la chair.

Suit alors une extraordinaire énumération, qu’en général les milieux chrétiens édulcorent ou passent sous silence. Celle des privilèges qui appartiennent encore au peuple d’Israël.

L’ADOPTION FILIALE : Dieu a choisit Abraham et sa descendance par Isaac et Jacob et nous n’avons pas à discuter les choix de Dieu

LA GLOIRE : la Doxa en grec est peu fidèle, peu conforme à la pensée hébraïque. Il s’agit de la gloire du général, du militaire, de la vedette sportive, gloire de l’empereur.

C’est un tragique contresens, une tragique erreur de traduction dans notre nouveau testament. Qu’est-ce que ce petit peuple qui prétend avoir le monopole de la Doxa (gloire) alors que c’est l’aigle romain qui règne à Jérusalem et sur le monde ?

Saint-Paul pensait lui en hébreux au mot Kavod, terme biblique et hébraïque. Ce mot n’a rien à voir avec la Doxa (gloire du vainqueur sur le vaincu), la Kavod, c’est la présence de Dieu au sein de son peuple, c’est la gloire de Dieu au sein de son peuple. C’est donc à Israël qu’appartient la présence divine.

LES ALLIANCES : cela a beaucoup gêné les chrétiens antisémites, car ce fait signifie que l’élection d’Israël demeure. L’alliance, en particulier avec la maison de David, est une alliance éternelle.

 

 

Nous allons lire maintenant, dans le livre de Jérémie, chapitre 3l les versets 3l à 33. Dieu y annonce qu’ Il fera une nouvelle alliance (nouveau testament).

Cependant, malgré le fait que Dieu établit une nouvelle alliance avec les barbares, les païens, les gréco-latins, etc., son pacte avec Israël demeure.

Ce que Saül de Tarse doit accepter, ce que les apôtres doivent accepter, c’est que dorénavant ce nouveau pacte s’adresse à tous.

Les grecs resteront des grecs, les romains resteront des romains, les vaudois resteront des vaudois, mais face à cette nouvelle alliance, personne ne pourra plus faire le malin. Les divisions en Jésus-Christ doivent toutes tomber......

LA LOI : c’est là, la plus grave des erreurs de traduction. Le grec Nomos signifie la loi du légiste, du juge, loi de ce monde, des états, froides et cruelles.

Mais le terme hébreu Torah, c’est tout autre chose. Il y a 3 termes en hébreux pour dire le précepte, le commandement, la loi.

Il n’y a qu’une seule Torah, et c’est non seulement le Pentateuque, mais toute la bible hébraïque, c’est à dire la Torah et les prophèques.

Celui qui a dit : " Je suis le Chemin, la Vérité , la Vie, nul ne va au Père que par moi... ". Cela ne nous rappelle-t-il pas quelqu’un ? C’est encore à Israël qu’appartient l’enseignement qui mène à Dieu (Torah).

LE CULTE : on peut penser que Saint-Paul va un peu loin. Le culte de la première communauté est déjà là. Il y a le baptême, les cantiques, les prières à Jésus, toutes choses qui sont inconnues de la Synagogue.

Et cependant l’apôtre affirme que c’est encore à Israël qu’appartient le culte. Il y a dans tout l’empire et même au-delà un culte qui est quotidiennement suivi, 3 fois par jour, matin, midi , soir, et cela jusqu'à nos jours pour adorer le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob.

Pour qu’il y ait un culte, il faut qu’il y ait dix hommes, Paul est clair à ce sujet, ce culte synagogual, Dieu l’entend et l’accepte.

LES PROMESSES : cette terre, a dit Dieu, je te la donne à toi et à tes enfants pour toujours.

Or, nous constatons que le monde des églises officielles (Rome, Genève, Moscou, et les églises installées à Jérusalem), un demi-siècle après la renaissance en terre toujours promise de l’Etat d’Israël n’a toujours pas reconnu ce pays.

Amos déclare à la fin de son livre au chapitre 9, versets l3-15, que Dieu ramènera les captifs de son peuple d’Israël et qu’ils ne seront plus arrachés du pays qu’Il leur a donné.

Arrachés par les Romains, après l9 siècles, ils sont revenus. C’est pourquoi il est faux de dire que toutes les prophéties ont été accomplies avec la venue du Christ.

LES PATRIARCHES : du 7ème siècle jusqu’au 7 juin 1967, l’Islam a interdit aux Juifs comme aux Chrétiens de pénétrer dans le mausolée d’Hébron où reposent les patriarches et leurs épouses (sauf Rachel, enterrée à Bethléhem).

Pendant des siècles, les juifs n’ont pas pu aller plus haut que la 7ème marche en signe d’humiliation et de honte.

Depuis le 7 juin l967, Israël a retrouvé le lieu de sépulture de ses patriarches.

LE CHRIST : qui est au dessus de toutes choses. La pilule est dure à avaler. Quand on a pendant des siècles proclamé que les Juifs ont tué Jésus, que l’on a été contaminé par les slogans antisémite de l’antiquité, il n’est pas envisageable que le Christ leur appartienne en premier.

Or, de très grands noms dans l’histoire, des écoles de théologie jusqu’au nazisme, et même de nos jours encore, affirment toujours qu’il n’est pas juif.

Au chapitre 9, verset 7 de l’épître aux Romains, Paul affirme, chose terrible, que tous les enfants d’Abraham ne sont pas d’Israël. Il y a toujours eu des sectes fanatiques qui ne reconnaissent pas cet Etat.

Les adeptes refusent jusqu'à utiliser les timbres postes. Régulièrement, ils en appellent à Kadhafi, Arafat, au Pape, etc... Chose pénible à voir, ils lapident les passants, le samedi, dans leur quartier. On peut penser à ceux qui ont tué les prophètes, comploté contre Jésus ; on peut dire en les voyant : "  Ceux-là ne sont pas d’Israël. " Paul l’affirme.

CHAPITRE 11 :

Verset 1 : dès le premier verset, Paul va au-devant des affirmations antisémites de son temps. Dieu a-t-il rejeté son peuple ?

- grande question, déjà à l’époque de Paul, mais qui demeure encore d’actualité.

- " Loin de là, Dieu n’a jamais rejeté son peuple. " Il faut toujours, pour comprendre, étudier de près ce qui s’est passé à Jérusalem tout au long de la semaine sainte.

Ce n’est pas parce qu’ une majorité de dirigeants a comploté contre Jésus, qu’il faut mettre tous les œufs dans le même panier. Voyez la parabole des vignerons où les chefs ont eu leur cœur rempli de haine quand ils ont compris que Jésus parlait d’eux.

Verset 2 : Dieu n’a pas rejeté son peuple, mais l’a certes mis à l’écart. Or, être mis à l’écart, ne signifie pas être rejeté. Israël a été mis par Dieu à l’écart de l’histoire ; ce n’est plus Israël qui va porter le flambeau de la Bonne Nouvelle du salut, mais Dieu donne à la communauté de Jésus la vocation missionnaire qu’ Il retire à Israël, pour un temps.

Dans tout l’empire, il existe une importante diaspora juive. Ces gens ont construit un peu partout des synagogues. Autour de ces lieux de culte, des personnes (par dizaines de milliers dans l’empire), souvent des femmes, viennent écouter l’enseignement biblique.

Ils ont compris l’absurdité des religions païennes. Mais, à cause des règles alimentaires et de la circoncision, ils ne peuvent pas faire le pas. Ce sont des craignants-Dieu, des fidèles du pas de porte.

L’enseignement de l’apôtre Paul va leur permettre de franchir cette porte et de venir jusqu'à Dieu. C’est à cause de cela que l’Eglise est l’héritière de la Synagogue dans sa vocation de propager la Bonne Nouvelle.

Versets 11 à 15 : le salut, en hébreu, se dit : Jéschoua ; ce qui a été traduit en français par Jésus. Paul fait un jeu de mots au verset 11, mais qui ne peut se comprendre qu’en hébreu. " C’est par leur chute que Jésus est devenu accessible aux païens. " Qu’est-ce que cela veut dire ?

Si Jésus avait été reconnu comme le Messie par le Sanhédrin, les docteurs, les chefs religieux, ceux-ci auraient d’abord exigé des nouveaux convertis qu’ils se plient aux traditions, aux règles et aux commandements.

C’est-à-dire que le petit grec, le petit romain, le petit gaulois aurait dû devenir un juif orthodoxe. Qu’ils reconnaissent toutes les règles alimentaires, la circoncision et qu’Israël est leur patrie.

Est-ce que celà pouvait être accepté sans autre ? Dieu utilise le rejet des chefs, des prêtres, pour rendre plus facile, plus accessible, la conversion à Jésus-Christ pour les non-juifs.

Verset 12  : on entend souvent dire que Jésus ne peut pas revenir tant que tous les Juifs ne seront pas convertis. Mais convertis à quoi ? A entrer dans nos églises ? Obligés d’accepter toutes les dogmatiques : baptême, communion, parler en langues... ? A entrer, en fait, dans tout ce qui nous divise.

Paul ne pense pas ainsi. Tout son peuple se convertira et sera sauvé, car leurs yeux s’ouvriront devant lui. (chapitre 11, verset 15). Si la mise à l’écart, pour un temps, d’Israël a été une richesse pour les non-juifs, la réintégration de ce peuple ne peut nous conduire qu’à la certitude merveilleuse de la résurrection des morts et de la venue du Royaume.

Lire dans Ezéchiel au chapitre 37 les versets 1 à 12. C’est la danse des morts à l’envers. Nous y trouvons d’abord une résurrection physique, biologique et ensuite une résurrection spirituelle d’Israël.

Ce peuple qui surgit des pogroms russes et d’Auschwitz marche sans le savoir vers sa résurrection spirituelle, parce que Jésus se rapproche de lui. Car si leur rejet, leur mise à l’écart, a été la réconciliation du monde, que sera leur réintégration sinon le passage de la mort à la vie.

Nous n’avons lu que quelques passages de ces trois chapitres de l’épître aux Romains, nous vous encourageons vivement à prendre le temps de les lire entièrement.

AMEN

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