Les carrières du pic du Jer

A - LES DEUX CARRIERES INDUSTRIELLES DU PETIT GER

1) LA CARRIERE BLAVET

2) LA CARRIERE DE L'OPHITE

La grande carrière de l'Ophite s'est constituée par la réunion de deux exploitations voisines, toutes deux créées à la même époque. Elle occupera la plus grande partie des terrains au Sud de la carrière Blavet.

a) Le 8 Mai 1919, M. Cazaux-Debat demande à exploiter une carrière d'ophite au petit Ger, confortant au levant aux rochers communaux; au couchant aux propriétés Vilon et Barrère; au nord à la carrière Blavet; au sud aux carrières Camps et Bordedebat. Sur le plan du 7 Mai 1919, M. Cazaux-Debat définit l'emplacement à exploiter entre Barrère et Bordedebat ainsi que les terrains à acquérir pour arriver au chemin du pied du Ger.

Il offre de payer à la Ville 0,35 F par m3 de pierre extraite. Le 5 Juin, des ouvriers sont déjà installés pour préparer le terrain, ce qui vaut un procès-verbal à M. Cazaux-Debat.

Le 14 Mars 1920, le traité de concession est établi, l'enquête a lieu le 25 Mars et le 13 Juillet, la première convention est signée entre le Dr Bouriot, Maire de la Ville, et MM. Camps, Cazaux-Debat et Clos : elle porte sur une concession sur les parcelles 20 et 3 bis de la section B1, pour une durée de 30 ans. Les concessionnaires devront à la Ville 50 centimes par m3 de pierres concassées, plus 15 c pour le m3 de déblais, plus la fourniture de 150 m3 d'ophite en graviers par an.

b) Parallèlement, le 7 Octobre 1919, MM. Vivès et Bautia, de Mont de Marsan, désirent exploiter pour la fourniture de pierre aux chemins vicinaux des Landes. Ils désirent établir une voie de chemin de fer Decauville depuis la carrière jusqu'à la ligne Pierrefitte-Lourdes. Après l'enquête de l'Agent Voyer, le Préfet autorise l'occupation temporaire des terrains Barrau, Barrère et Moureu qui confrontent à la parcelle cédée à M. Cazaux-Debat. Cette occupation durera 5 ans sur 4 000 m2. En Mars 1920 interviendra la fusion entre la Société Vivès-Bautia et la Société l'Ophite des Pyrénées, sise à Pau.

c) C'est le 13 Juillet 1920 que MM. Clos, Cazaux-Debat et Camps cèderont l'exploitation de leur concession à la Société l'Ophite des Pyrénées, sur une longueur de 301 mètres, allant de la propriété Cazaux-Moutou à la carrière Blavet.

Ainsi s'est formée la grande carrière de l'Ophite.

Le 16 Mai 1922 est établie la délimitation des concessions accordées aux carrières Ophite et Blavet, car l'Ophite, qui veut s'étendre, a demandé l'attribution des terrains communaux situés au-dessus des carrières. Un second bornage sera nécessaire en Mars 1935.

d) Le 16 Septembre 1929, un problème de salubrité va se poser. Les logements ouvriers comprenant 45 familles et 120 personnes ne bénéficient que d'un seul point d'eau. M. Pourxet, directeur de l'Ophite, va demander 4 autres concessions à la Société Gaz et Eaux qui refuse, car les logements sont trop distants (800 mètres) de la conduite mère.

Aussi se tourne-t-il vers la Ville en proposant le captage de la source sur le flanc du Ger, au-dessus de la carrière. Ces eaux se perdent chez M. Cazaux-Moutou qui autorise le captage. Ainsi captées, ces eaux correspondent à 2 concessions qui s'ajoutent à la première. La Société l'Ophite offre à la Ville un dédommagement de 600 F et la construction d'un abreuvoir pour le bétail du Pré de la Pie.

e) La production de l'Ophite :

f) Le 16 Mai 1949, la première convention est arrivée à son terme; le Maire M. Dupierris signe une 2ème convention avec Louis Cazaux, nouveau directeur. La redevance est revue à la hausse : elle sera de 5 F le m3 de pierre avec fourniture de 150 m3 de graviers à la Ville.

Le 30 Janvier 1951, une 3ème convention est signée pour la prorogation de la concession jusqu'au 6 Septembre 1951, puis une autre pour un an de plus, et le 20 Février 1952, la convention accorde 18 ans de bail. Un inventaire détaillé de la carrière avec ses installations, établi en Février 1948, fixait sa valeur à 61 027 000F

Année 1958 : Devant la non rentabilité de l'exploitation et l'annonce d'un plan de constructions de logements sociaux, l'activité de la carrière cesse le 30 Septembre 1958 : il ne restait plus que 17 ouvriers pour assurer l'entretien du chantier.

C'est sur l'emplacement de la carrière que seront construits les actuels logements H.L.M. de l'Ophite.

B - LES AUTRES CARRIERES DU PETIT GER

1) LA CARRIERE CAZAUX-MOUTOU parcelle 32 (projet)

La famille Cazaux Moutou possède la métairie au pied du Ger (parcelles n°30 & 32) avec bétail et élevage de chiens de montagne "patous", et la carrière n°35 bis voisine, anciennement exploitée.

En Février 1924, M. Cazaux Moutou demande à la Municipalité une concession de 30 ans sur la parcelle rocher au-dessus de la parcelle 32, avec possibilité d'installer un transporteur aérien avec pylônes, pour l'exploitation d'une carrière.

Il offre à la Ville 1 200 F par an pour le droit d'alimenter 4 fours de 50 m3 sur sa propriété, plus une taxe de 0,20 F par m3 de moellon exporté et 3 F par m3 de pierre de taille.

Le 3 Mai 1924, l'architecte Seyrès rend son rapport favorable au Maire. Mais M. Cazaux Moutou va décéder l'année suivante et il ne sera donné aucune suite à ce projet.

2) LA CARRIERE D'ANCLADES - LA COURADETTE

Le site de la Couradette se trouve à l'entrée du hameau, côté ouest, à la base du Pic du Ger, à l'écart de la route qui traverse l'agglomération en direction de Jarret. C'est la parcelle n°3 bis de la Section B2.

La production de la carrière est de nature différente. Une partie produit des pierres calcaires servant à la chaux et au ciment : deux fours sont attenants. L'autre production est de marbre servant aux travaux publics et aux ouvrages d'art.

a) Une adjudication de Mai 1876 concédée à J.Marie Fourcade pour 105 F de redevance, avec emploi de 6 ouvriers et 2 déblayeurs, sera résiliée un mois après , car l'exploitant ne peut effectuer des tirs de mine, le voisin Nicolau ayant fait défense d'envoyer des pierres dans son pré, distant de la carrière de 6 mètres seulement.

b) En Septembre 1912, le Préfet Canal autorise les époux Arquié d'ouvrir un four à chaux. En Février 1914, Mme Vve Arquié désire mettre en exploitation la carrière à ciel ouvert.

c) Le 1er Janvier 1926, la reprise du chantier de la Couradette se fait par la concession des terrains communaux accordée à Clément Capdevielle, jusqu'au 31 Décembre 1955, à 1 000 F par four.

Le 26 Septembre 1928, M. Capdevielle crée la "Société des Fours à chaux, marbres et graviers du Pic du Ger", qui s'engage à fournir chaque année à la Ville 200 m3 de graviers, 50 m3 de sable, 150 m de bordure linéaire et 2 000 F de location.

Mais M. Capdevielle ne remplit pas ses obligations vis-à-vis de la Ville qui l'assigne en Février 1928 en résiliation de bail. Le 18 Avril 1930 est prononcé le jugement qui résilie le bail et notifie l'expulsion de l'adjudicataire. La Société des Fours à chaux se substitue à lui jusqu'en 1933 pour le règlement du litige.

En Mai 1931, est réalisée l'expertise des biens de la carrière qui se composent de :

Cet inventaire prouve l'importance de la carrière. La résiliation effective du bail interviendra deux ans après.

Un autre carrier, M. Auguste Capdevielle, demande de prendre la carrière. Il obtiendra l'autorisation en Octobre 1935, mais "à ses risques et périls". En Juin 1936, l'adjudication en Mairie lui sera accordée pour 3 ans sur la carrière de marbre pour 1 000 F par an et sur la carrière de calcaire pour 2 000 F /l'an. En fin de bail, Auguste Capdevielle se dirigera vers Ger Mayou.

En Août 1938, lors du renouvellement du bail, aucun candidat ne se présente. Puis se dessine une offre de la Société industrielle des Pyrénées de Bagnères, mais en Décembre, la Mairie donne une réponse négative, car les tirs de mine exigés ne peuvent être accordés.

d) Dernier exploitant : le 17 Décembre 1940, M. Béguère va occuper la carrière.

Le 11 Août 1942, M. Béguère informe le Conseil municipal qu'il va installer une ligne électrique pour ses compresseurs depuis la route de Bagnères, par suite de la pénurie de carburant liquide.

Le 1er Septembre 1942, le bail d'exploitation est prolongé jusqu'au 30 Juin 1960.

Depuis cette date, la carrière est abandonnée. Elle présente un état de non entretien regrettable, car de nombreux randonneurs partent de cet emplacement pour l'ascension du petit Ger, agréable excursion qui permet de beaux points de vue sur LOURDES et les environs.

C - LES CARRIERES DU GRAND GER

Leur périmètre s'étend de l'aire de repos au bas de la côte des Courriers route N. 21 Paris / Barèges jusqu'au pont de Saint Créac sur le Néez, route départementale n°26. Elles sont situées à plus de 500 mètres d'altitude : les chemins d'accès sont pentus et pénibles.

Le Pic du Ger, dans sa partie la plus méridionale, vient finir en pointe sur le Néez; le chemin qui longe ce gave rive droite dans sa partie lourdaise, et qui dessert les carrières du sud-est est très court. On est là en limite des trois communes LOURDES, LUGAGNAN et Saint CREAC.

On peut séparer les carrières en deux groupes : au sud-est et au sud, surplombant le Néez, les ardoisières anciennes; au revers sud-ouest, le groupe des carrières de la Plagnette et des Courrèges, en surplomb de la route N 21.

Ces carrières sont de surface très différente, allant de 2 hectares à une dizaine d'ares. Beaucoup sont mitoyennes, d'où de nombreux conflits dus aux dangers de proximité. Enfin, elles sont communales ou privées. Les exploitants seront nombreux car les baux, s'étalant de un an à neuf ans, n'iront pas tous à leur terme et les reprises d'activité seront le plus souvent immédiates.

Presque toutes seront ardoisières : les roches sont de formation jurassique, calcaires schisteux. Il y aura une carrière de pierre bleue, très sollicitée.

La première adjudication – traité entre la Ville et le carrier – date du 31 Octobre 1811 : elle est accordée à Jacques Castérot pour 160 F par an avec un bail de 9 ans et emploi de 4 ouvriers maximum. Il pourra vendre l'ardoise 12 F le char et devra livrer un char gratuitement à la Ville.

De chaque côté de la carrière concédée à J. Castérot se trouvent deux autres carrières. Cinq ans après, elles seront toutes trois adjugées par un arrêté préfectoral.

1er Mai 1816 : Le Préfet confirme les adjudications municipales du 31 Août 1813.

    1. une carrière d'ardoises à Jean Cénac pour 2 085 F l'an ;
    2. une autre voisine à Navarret-Montat pour 1 600 F l'an ;
    3. une troisième à Mengelle Touya pour 1 425 F l'an, (celle de J. Castérot).

D'autre part, Jean Cénac s'est rendu acquéreur à titre privé de 32 carrières.

A côté de ces trois principales, d'autres carrières vont être ouvertes par le Conseil municipal, car elles sont d'importance pour les revenus de la Ville.

Deux longs conflits vont opposer d'une part Cénac, et d'autre part Mengelle Touya, à la Ville : ils dureront plus de 30 ans. On ira en Justice, en Appel et jusqu'en en Cassation. Il y aura même deux Ordonnances royales de Charles X et de Louis-Philippe 1er. La Ville gagnera les procès, mais aura beaucoup dépensé. Les Maires de LOURDES pendant cette période étant des hommes de loi, et le Barreau lourdais très actif, on comprend qu'aucune partie n'ait voulu céder, des centaines de pages d'attendus ont étayé les jugements.

D - LES ARDOISIERES ANCIENNES :

versants sud et sud-est

1) L'ARDOISIERE MENGELLE-TOUYA

Située sur la face orientale, exploitée depuis le Moyen-Age, elle a été attribuée en 1813 à Bertrand Mengelle-Touya pour 1425 F par an, succédant à J. Castérot. En 1820, il se rend acquéreur de la carrière. EN 1822, deux autres chantiers vont s'ouvrir au Bouridès voisin. Ils seront confiés à Mengelle-Touya en un seul bail, puis à ses successeurs. L'ensemble est sûrement le plus important chantier des lieux : 80 mètres de long sur 25 à 30 mètres de hauteur, situé à 530 m d'altitude.

Bien vite, Mengelle entre en conflit avec son voisin Cénac qui projette des pierres sur sa carrière par les tirs de mine; avec Cazenave qui voit son moulin sans eau, car le Néez est encombré par les déblais de Mengelle; avec la Ville qui ne lui assure pas une exploitation rentable. Un long procès avec la Municipalité ne sera réglé que 30 ans après, en 1848.

Mengelle-Touya revendra l'ardoisière à la Ville en 1886. Pendant plus de 20 ans, elle restera inexploitée; Mme Pomès la reprendra, installera une voie Decauville pour le transport des matériaux, son fils Louis Pomès continuera.

Cette ardoisière était connue pour la qualité de l'ardoise gris-clair débitée : on l'appelait la carrière blanche.

2) L'ARDOISIERE CENAC

C'est la carrière la plus orientale de Ger Mayou, contiguë à la précédente et en limite de St Créac. Le docteur Cénac d'Argelès a acheté 32 carrières dès leur mise en vente par la Municipalité en 1813. Il prend aussi la location de l'ardoisière située le long du Néez pour 2085 F par an. Il sera aussi un important propriétaire urbain.

Le Dr. Cénac entrera aussi en conflit avec la Ville de Lourdes, responsable de la carrière voisine. Le procès sera très long et réglé 30 ans après.

Son fils, lors de la tractation sur l'église paroissiale, obligera la Ville à lui céder une partie de carrière communale.

Le 2 Novembre 1875, après plusieurs échanges, M. Cénac signe une promesse de vente à Mgr Peyramale d'un jardin de 21 ares 36 centiares pour la construction de l'église du Sacré Cœur, mais la Ville, qui a laissé imprudemment les mains libres au curé de Lourdes, devra céder une partie de carrière au grand Ger à M. Cénac. Cette barre rocheuse, riche en schiste gris, est comprise entre les carrières Mengelle et Cénac; la Ville s'en était gardé jalousement la propriété et l'avait affermée à Mengelle Touya. L'arpenteur Zénaïs Bouriette l'avait évaluée à 1000 F.

Le 28 Février 1877, l'autorisation préfectorale de vente était acquise, et le 12 Mars l'acte de vente du terrain où sera construite l'église, réalisé chez le notaire Barthier. La Ville cède en compensation une partie de carrière de 10 ares 6 centiares au Bouridès.

La famille Cénac savourait là sa revanche sur la perte du long procès qui l'avait opposé à la Ville pendant la première moitié du XIXème siècle.

La carrière sera confiée en sous-location à divers carriers. M. Pomès l'exploite en 1910 : il demande un bornage avec la carrière communale Montat-Bégarie dont l'exploitation laisse à désirer. La carrière sera abandonnée vers 1970.

3) L'ARDOISIERE MONTAT-NAVARRET-BEGARIE

Située au-dessus des deux précédentes et contiguë à Mengelle-Touya, elle a été adjugée à Montat-Navarret en 1813 pour 1600 F l'an. Sa surface est de 12 ares 67 centiares. Elle est restée longtemps dans la famille : un incident du 15 Mars 1851 est à relater. Une violente altercation oppose Mme Navarret aux ouvriers de la carrière communale voisine, à qui elle reproche d'empiéter sur son bien. Des injures et des voies de fait sont portées aux ouvriers. La Ville entre en procès : un jugement (110 pages de texte) ordonne le bornage des ardoisières avec partage des frais. Il assure la pleine intégrité de la carrière communale et condamne Mme Navarret à 30 F de dommages-intérêts.

En 1859, la Ville reprend l'ardoisière et la remet en adjudication. Lucien Bégarie l'exploite en 1865 pour 1310 F l'an, suivi de Pierre Arqué en 1889 et Jean Maystre en 1910 (12 ouvriers y travaillaient depuis 1892). C'est Jean Abadie qui reprend en 1910, puis après la guerre jusqu'en 1926, date de sa fermeture par manque de matière.

 

4) L'ARDOISIERE BARRAM

En Juin 1816, le Maire Joanas adjuge pour 103 F l'an à Paul Dulout une carrière anciennement ouverte. Le bail sera de 5 ans et l'exploitant occupera 4 ouvriers. C'est l'ardoisière de Barram, située sur la parcelle 127 bis de la section B1. On y accède par le chemin qui prend naissance au Pont Neuf, à droite du café, au carrefour de la route N.21 et de la route de Lugagnan D.26. Trois chantiers (l'un d'eux sera appelé Constantine) seront ouverts à plus de 500 mètres d'altitude, à une centaine de mètres des ardoisières précédentes. Ils formeront la carrière Barram qui sera adjugée régulièrement tout le siècle.

Dans les années 1890 à 1900, les éboulements et le manque de matière obligeront les derniers adjudicataires Nabias, Bonzom, Bertin et Maumus à résilier les baux.

La carrière sera reprise en 1943 par M. Cazes. Il obtiendra l'autorisation d'édifier une cabane au carrefour pour le dépôt des ardoises. En Octobre 1951, Mme Cazes continuera avec un bail à 1000 F l'an. L'exploitation cessera en Décembre 1955, par épuisement du filon.

E - LES CARRIERES DU REVERS SUD OUEST

Le revers Sud-Ouest du Pic du Grand Ger s'étend de l'aire de repos côte des Courriers jusqu'au Pont Neuf. Sur ce flanc, huit carrières ont été très actives au XIXème siècle. Une seule continuera dans la première moitié du XXème siècle.

1) L'ARDOISIERE "GER MAYOU"

C'est la plus importante en ces lieux. Elle occupe la parcelle 125 bis de la section B1, à 200 m environ de la carrière Barram et même altitude. Sa surface est de 2 hectares 65 ares. C'est Mengelle Touya qui en prendra l'adjudication en Juin 1812 pour 240 F l'an et pour 9 ans. Mais en 1815, il demande la résiliation pour finition du filon d'ardoises. Joseph Abadie la reprend en 1823 puis de nombreux exploitants suivront jusqu'à ce qu'en 1897, MM. Pujo et Lavigne, ne payant plus la location, le bail soit résilié.

L'ardoisière sera interdite en Juin 1900 par l'Ingénieur des Mines, par suite du manque d'entretien de certains exploitants dans les années 1890 à 1900. Le Conseil municipal passe outre et met en adjudication. M. Davau obtient en 1901 un bail de 9 ans à 100 F l'an, mais il sera tué par une mine en 1906. Sa veuve reprend la suite jusqu'en 1913. En 1911, elle fait installer un câble aérien pour assurer le transport des ardoises.

Suivront Jean Maystre, puis Mme Saunères qui, en 1920, a un bail pour 2480 F pour l'exploitation de cette carrière et de la carrière voisine Gesta-Darrou abandonnée. M. Pomès continue de 1932 à 1935. Puis ce sera le long bail d'Auguste Capdevielle, qui vient de quitter la carrière d'Anclades Couradette. Il y travaille de 1936 à sa mort en 1950. La location est reprise par son neveu Jean Faure, de Lugagnan, jusqu'en 1954. Une tentative de reprise en 1960 échoue sur le prix de location fixé à 15 000F.

2) L'ARDOISIERE PELOT

Elle est située au lieu-dit Plateau de la Vignette. Tardivement ouverte en 1885 et adjugée à Louis Cazenave pour 3 ans à 150 F l'an. Le filon d'ardoises va vite s'épuiser et deux ans après, le bail est résilié. En 1888, c'est Victor Majesté, carrier à Lugagnan qui exploite : son bail durera 4 ans. En Avril 1903, Jean Domec veut rouvrir le chantier, mais sur un rapport défavorable du Garde des Eaux et Forêts par crainte d'incendies d'arbres, la demande reste sans suite. Ce qui n'empêche pas le Conseil municipal de s'élever vivement contre l'interdiction, car on craint qu'ainsi les carrières ne disparaissent.

3) L'ARDOISIERE DE LA PLAGNETTE

Elle se situe immédiatement à droite de l'aire de repos de la N.21, au bas de la côte des Courriers. Elle est formée en réalité de deux chantiers contigus, faisant l'objet d'une seule adjudication. Elle est mitoyenne avec la carrière privée Baudéan et, en 1872, un bornage sera indispensable pour éviter un litige.

Très facile d'accès, à faible altitude, elle mesure 24 m de long sur 15 m de hauteur, ouverte en Juin 1835 et adjugée à Joseph Latapie pour 3 ans à 145 F l'an. Les enchères pour obtenir l'adjudication seront vivement disputées jusqu'au dernier feu, la carrière étant très convoitée.

En 1853, Lucien Bégarie devient exploitant, mais un premier écrasement de l'ardoisière en Septembre 1856 interrompt l'exploitation, ainsi qu'un éboulement en Décembre 1871. L'ardoisière sera vite remise en état. Son dernier exploitant sera Cyprien Bacquerie en 1878 : il finira avec un bail de 3 ans.

4) L'ARDOISIERE GESTA-DARROU

Située la plus en altitude, en surplomb de l'ardoisière "Ger Mayou", elle est ouverte en 1883 par MM. Gesta et Darrou; elle passe à Justin Cazenave qui, en 1890, a un bail de 9 ans; il le voit résilié car ne payant pas sa location et étant insolvable.

Paul Sajous, maître carrier et conseiller municipal, la prend alors jusqu'en 1905. L'exploitation s'avérant dangereuse pour la carrière au-dessous, P. Sajous se retire. M. Davau, qui exploite alors "Ger Mayou" la reçoit en charge : les deux ardoisières seront confondues.

5) L'ARDOISIERE PLAA DE MILHET

Située versant ouest du Ger, à la Plagnette, elle est exploitée dès 1825 par Dulout Soulé. Formée de trois carrières n'ayant qu'un seul bail, son dernier exploitant sera Jean M. Sajous qui aura un bail de 1886 à 1891.

6) L'ARDOISIERE DE L'ABREUVOIR

Elle est exploitée avant 1895, car l'Inspecteur des Eaux et Forêts demande en Août 1897 l'abandon de l'exploitation de cette carrière, qui surplombe la route et la voie ferrée, par manque de matière. Passant outre, le Conseil municipal la remet en adjudication en Mars 1901, mais aucun candidat ne se présente.

7) LA CARRIERE DES COURREGES : pierre bleue

C'est une petite carrière située à 200 m de Barram, côté ouest, contiguë à l'Abreuvoir. Ouverte en Avril 1816, le premier exploitant sera Jean Lacrampe, le dernier sera Jacques Soubies qui, en Décembre 1864, verra son contrat renouvelé pour 3 ans à 200 F l'an.

8) LA CARRIERE DE LA PEYRE CROUXADE : pierre bleue

Elle est aux Courrèges, au-dessus de la grande route, à 700 mètres d'altitude. C'est Jean Laborde Louzé qui, en 1824, a ouvert, sans droit, trois chantiers de pierre bleue au lieu dit Peyre Crouxade. Le Maire le traduit en justice pour ce délit, mais comme il vient de reconstruire la Mairie, maison Caubotte (cf. Les Hôtels de Ville de LOURDES), proposition lui est faite d'un bail de 3 ans pour extraire des pierres, sous condition de protéger la route. J. Laborde doit construire des ponts à Ossun et à Bordères. Les trois chantiers seront donc exploités : les pierres seront taillées et déposées à 6 mètres du fossé gauche de la route royale n° 21.

On retrouve un exploitant en 1851, Louis Claverie.

Cette carrière de pierre bleue absorbera la carrière des Courrèges. Son abandon sera causé par le développement des carrières de marbre lumachelle de Peyramale, plus proches du lieu de construction des Sanctuaires.