Conclusion générale

Les Tailleurs de pierre ont apporté leur contribution à la riche histoire de Lourdes qui est longtemps restée le pôle dominateur de la région.

Présence humaine en nos Grottes au temps préhistorique, occupations successives des Romains, puis des peuples barbares en migration, chacun ayant son siècle jusqu'à ce qu'en 819 Charlemagne établisse le Comté de Bigorre à Mirambel.

Vers le Château convergent pendant tout le Moyen Age les vassaux des pays de Bigorre. Il est le symbole de la résistance. Pendant huit siècles, Normands, Montfortains catholiques, Forces françaises de la Guerre de Cent ans, Huguenots de Montgomery ne pourront jamais le prendre. Symbole aussi de la fidélité au suzerain : pendant leur occupation, les Anglais en seront bénéficiaires. Le rôle du Château s'effaçant, c'est aux Lordès d'assurer eux-mêmes leur destin. Plusieurs fois incendiée par dépit par les envahisseurs, la cité est vite reconstruite par les vaillants bûcherons que sont ses habitants, travaillant dans les forêts communales de Subercarrère et de Mourle (cf. la publication sur la Maison Commune), lieux de grande activité avec la production du marrain. On peut imaginer les mouvements incessants de transport passant par le Pont Vieux, seul passage du Gave entre Argelès et St-Pé.

Lourdes n'était pas ce bourg endormi au pied du Château que l'on nous décrit en opposition avec la vie actuelle, mais bien une cité agricole importante à vocation pastorale – il y avait un millier de porcs à la glandée dans Subercarrère avec deux gardeurs et deux langueyeurs affermés ; la seule petite rue des Granges abritait plus de cent chevaux – et aussi une cité d'industrie forestière assurant un commerce florissant, les producteurs viticoles du Gers venant acheter de grandes quantités de marrain.

Sur ce, voici que vient se greffer après la Révolution, le siècle des Tailleurs de pierre dont ces pages ont relaté l'importance, en conjonction avec le destin miraculeux donné à la Ville par les Apparitions. L'activité redoublera : dans tous les quartiers résonneront les bruits des outils et des hommes, les mouvements des véhicules et des animaux. Cette communauté de 4000 âmes sera bien plus remuante que les grosses villes de plaine.

Il manquera quand même à Lourdes cette auréole de culture que ses voisines ont obtenu de la générosité des eaux thermales : Bagnères, l'Athènes des Pyrénées avec la présence des gloires littéraires; Cauterets, avec sa brillante saison artistique; et par le rang de chef lieu, Tarbes, avec le Lycée impérial et les Sociétés savantes.

Aurait-il pu se faire que cette activité florissante des Tailleurs de pierre puisse continuer en notre temps ? Hormis les conditions qui ont présidé au déclin, on doit aussi mentionner le peu d'initiative des Municipalités de l'entre deux guerres. Un Institut du travail de la pierre, appelant maîtres carriers, architectes, dessinateurs, sculpteurs, aurait pu, par la diversification des tâches, encourager les jeunes Lourdais à continuer l'œuvre des pionniers.

Ces temps étant révolus, il appartient au XXIème siècle de révéler à Lourdes d'autres activités, le destin de la Ville voulant que chaque siècle lui apporte, sinon une renommée nouvelle, du moins des centres d'intérêts assurant sa pérennité.