LENSEIGNEMENT DE LA GRAMMAIRE
M. ROQUE - Inspecteur Primaire
I - LIMITATION DE LA NOMENCLATURE
Lunité du Vocabulaire grammatical est établie à tous les degrés de lenseignement, depuis les classes primaires jusquau baccalauréat et au brevet supérieur, par larrêté du 25 Juillet 1910.
Il est possible de nen utiliser quune partie à lécole primaire, jusquau Certificat détudes primaires. Des termes et des expressions de la nomenclature ne sont pas indispensables à ce niveau détudes.
PARTIES DU DISCOURS
SYNTAXE
Remarques
Avant de passer à la deuxième question, M. lInspecteur appelle lattention des instituteurs et des institutrices sur limportance quil y a à nemployer que les termes compris dans la nomenclature officielle ; à éviter lemploi de termes tels que "substantif, adjectif déterminatif, complément déterminatif, pronoms conjonctifs".
Il fait aussi remarquer que la nomenclature officielle a été limitée aux appellations de forme, mais que toute latitude est laissée aux maîtres en ce qui concerne les questions de sens.
Un peu de clarté : daprès la nomenclature officielle, le complément direct est un complément sans préposition ; le complément indirect, un complément avec préposition. On doit sattacher à la forme, sans que lenfant ait à se préoccuper du sens. Il y aurait peut-être pourtant nécessité certaine à faire sentir à lenfant des distinctions de sens dans deux cas nommés de la même façon, et de sens différent.
II - REGLES A ALLEGER
Il faudrait :
III - LA PROGRESSION A SUIVRE
La progression à suivre dans lenseignement grammatical à travers les trois cours, élémentaire, moyen, supérieur, a été fixée par larrêté du 23 Février 1923 ; elle a été, en outre, commentée et expliquée par les instructions relatives au nouveau plan détudes.
Quel devrait être le programme minimum, à trois étapes pour les écoles ayant les trois cours, élémentaire, moyen et supérieur nettement distincts ; à deux étapes pour les écoles à classe unique, obligées pour cet enseignement, de resserrer en deux cours tous leurs élèves ?
Discussion
On admet, en général, que le programme est bien établi.
Quelques remarques pourtant :
Programme minimum : un programme doit indiquer le niveau à atteindre à chaque cours. Le programme officiel lindique assez bien.
IV - LES EXERCICES DANALYSE ET DE SYNTHESE
Les exercices danalyse. Dans quelle mesure en user ? Abus à éviter. Suffit-il dapprendre aux élèves à décomposer une proposition, une phrase en ses éléments ?
Pour devenir, non seulement vivant, mais encore vraiment utile et pratique, lenseignement grammatical ne doit-il pas, au travail danalyse, ajouter un travail de synthèse ? compositions de phrases, selon un modèle donné et précédemment analysé; recherche et groupement des différentes formes dexpressions qui peuvent traduire une idée, etc.
Comment concevoir de tels exercices pour quils soient à la fois laboutissement de lenseignement de la grammaire, et linitiation à lenseignement de la composition française ?
Après avoir rappelé les défauts de lanalyse mécanique, M. lInspecteur fait remarquer quelle ne doit pas être un exercice denseignement ; elle est, et doit être un exercice de contrôle. Lanalyse peut consister :
En ce qui concerne lanalyse logique, les tournures disgracieuses qui déforment la phrase pour la commodité de lanalyse sont à éviter ; on sattachera surtout à la fonction des propositions (saider des mots de liaison, de relation).
Exercices de synthèse
Les exercices de synthèse ne sont autres que les exercices de construction de phrases. M. lInspecteur fait la critique de ces exercices non méthodiques (nom tantôt sujet, tantôt complément) ; ils doivent, au contraire, être donnés en vue datteindre, au point de vue grammatical, un but fixé :
On aura toujours en vue le " rapport utile " de ces exercices avec les autres exercices de français.
Remarques générales
M. lInspecteur attire lattention des maîtres sur limportance quil y a à ne pas faire de la grammaire un enseignement distinct. Il rappelle que la matière denseignement grammatical, cest le langage de lenfant, le nôtre, celui des grands écrivains.
Quelques recommandations : (a) préciser le sens des mots, prudence dans leur emploi ; (b) nécessité de bien savoir les leçons ; (c) ne pas négliger la culture de la mémoire ; (d) marche lente en grammaire.
Réponses au questionnaire
Après la réunion du 18 Octobre 1926, lInspecteur M. ROQUE a convoqué les maîtres en Janvier 1927 pour létude des mémoires réponses au questionnaire de Janvier 1926 étudié à la conférence dOctobre. Ce rapport a pour objet de compléter par les propositions des maîtres le programme nouveau denseignement de la Grammaire.
Arrêté du 27 - 7 - 1910 : Nomenclature grammaticale.
A - LIMITER les TERMES dont la connaissance ne devrait pas être obligatoire, concernant les formes et la syntaxe : mêmes propositions que celles de lInspecteur.
B - LIMITER les TERMES qui sont source déquivoque : propositions sur les compléments du verbe.
C - NOUVEAUX ALLEGEMENTS DEMANDES : application de la règle générale du féminin et du pluriel ; suppression des règles concernant les noms en al, en ail, avec s. Sen tenir aux 3 règles daccord du participe passé, à la règle générale accord verbe-sujet.
D - MODIFICATIONS et précisions souhaitées : regret de non initiation au C. Préparatoire. Il est illogique que lanalyse ne soit introduite quau C. Moyen et la syntaxe au C. Supérieur, car dès le C. Elémentaire il est question de fonctions et daccords. Létude des verbes irréguliers devrait commencer avant le C. Sup. car il en est de très usuels dans la conversation. Le programme du C. Sup. devrait se confondre avec celui du C. Moyen en classe unique.
E - PROGRAMME COMMUN DE CHAQUE ETAPE
Deux étapes principales : C. E. et C.M.-C.S. Trois étapes avec le C.P. dans les écoles à plus de deux classes. Au C.P. initiation, sans emploi de vocabulaire technique, par de simples observations.
F - LES EXERCICES DANALYSE. Ils sont indispensables.
a) Ils assurent le contrôle des connaissances.
b) Ils établissent les rapports de dépendance entre les éléments de la phrase ; ils doivent rester simples.
Eviter lanalyse intégrale de tous les mots dune phrase ; ceux-ci, bien adaptés, peuvent toutefois stimuler lattention des élèves. Lanalyse sera orale lors des lectures et dictées, écrite dans les applications daccords.
G - LE TRAVAIL DE SYNTHESE
Cest le complément du travail danalyse ; cest la pratique de la construction de phrases, exercice très varié.
a) Ils complètent létude de la grammaire : ils font rentrer les règles dans les phrases. Exemple : dès le C. Elem., donner un sujet ou un complément à un verbe - ajouter un adjectif - changer de temps ou de personne.
b) Ils apprennent la syntaxe et montrent le mécanisme de la phrase Exemple : avec des mots en désordre, reconstituer une phrase - retrouver lordre logique quand des inversions sont introduites - enrichir une phrase en y ajoutant des compléments divers.
c) Ils aident à la formation du style :
Ils contribuent à faire saisir que les raisons dharmonie, de clarté, portent à préférer telle construction à toute autre.
Autres exercices :
d) Eviter que ces exercices de synthèse ne deviennent routiniers et mécaniques. Pour que le travail de la forme soit intimement lié à celui de la pensée, il y aura intérêt à les lier aux autres exercices de Français : lecture, étude de textes, vocabulaire. Par là, ils prendront toute leur efficacité, tant au point de vue de la connaissance de la langue que de son utilisation dans la composition française, dernier aboutissement de toutes ces études de détail.