LES HOTELS DE VILLE DE LOURDES

Sommaire :
A. La Maison Commune
B. La Maison Caubotte
C. La Mairie du Porche
D. Chassé-croisé mairie/école/tribunal
E. La mairie 1900
F. La place Peyramale
G. Le projet Seyrès
H. Second projet au tribunal
I. La villa Roques
Annexe - Liste des maires de Lourdes

Cette étude présente les lieux où, du Moyen-Age à nos jours, se sont réunis ceux qui ont eu la charge d'administrer la communauté lourdaise.

L'histoire de LOURDES s'est faite, pour la plus grande part, dans les cinq Hôtels de Ville différents. De la simple Maison Commune au bel ensemble d'aujourd'hui, plus de huit siècles d'histoire locale sont inscrits dans leurs murs. Et c'est grâce aux documents laissés par les édiles des différentes époques que l'on a pu reconstituer l'histoire de la cité.

Avant de connaître son développement, la cité, dont les habitants étaient groupés au pied du Château-Fort, avait pour centre de vie urbaine l’église et le Porche.

C’est donc naturellement vers ce lieu que les édiles tendront à installer leur centre administratif.

La voie citoyenne, royale, impériale, enfin républicaine, qui séparera les différents Hôtels de Ville, mesurera cent mètres tout au plus.

Précédant l’expansion de la cité vers ses extérieurs, l’Hôtel de Ville actuel quitte ses lieux de prédilection pour un cadre plus agreste.

Il se situe au centre d’un environnement commercial, social artistique qui répond bien aux nécessités présentes.

A. LA MAISON COMMUNE : 1er Hôtel de Ville

C'est vers 1170 que CENTOT III, Comte de Bigorre, en son château de MIRAMBEL, fait droit à la requête des habitants de LORDE, et leur accorde une Charte de Privilèges. Les 39 articles qui la composent établissaient les droits et devoirs des habitants : elle est l'acte fondamental de la communauté. De principe démocratique, elle permettait aux habitants de choisir chaque année leurs Consuls, pour les représenter et les administrer.

Il est vite apparu la nécessité d'avoir une Maison Commune, où les Consuls pourraient délibérer, prendre leurs décisions et aussi conserver les écrits faisant force de loi. Cette Maison Commune prendra plus tard, dès que Louis XIV aura créé les mairies, le nom d'Hôtel de Ville. Leur structure sera identique : le rez-de-chaussée servait d'entrepôt des biens communaux et de halle. A l'étage, la ou les pièces pour les délibérations des Consuls et des conseillers, marguilliers et bassiniers. Ainsi en était-il à LORDE, comme dans les villes franches du royaume.


L'EMPLACEMENT

Il faut, pour situer la Maison Commune, examiner le plan de LORDE en 1715, et porter l'attention sur le quartier central du PORCHE (actuellement place Mgr PEYRAMALE). L'Eglise, organe principal, est à la place du Monument aux Morts actuel, entourée du cimetière et de bâtiments au nord et au sud. Seule, la place du PORCHE est à l'ouest de cet ensemble (parking actuel).

Peu d'écrits nous situent la Maison Commune, mais l'année 1651 nous éclaire, à l'occasion d'une demande des membres d'un ordre religieux.

Le 31 Juillet 1651, M. de Peyrafitte, Recteur de la Ville, fait part au Conseil de ce que les "confraires" de N.D. du Mont Carmel veulent installer la "confrairie" du St Scapulaire dans "l'esglise paroissiale, à charge de bastir une chapelle qui doilt estre destinée à cet effaict, en perceant l'esglise du costé de la chapelle de St Celse, où estant, elle embellira l'esglise qui se trouverait bastie en croix".

Pour obtenir satisfaction, le Recteur invoque trois raisons de construire la chapelle.

Le 10 Septembre 1651, il présente au Conseil sa requête :
- on pourra mettre dans la chapelle quelques tombeaux, car le cimetière est très petit.
- la partie sud du transept de l'Eglise étant tronquée, elle sera embellie en forme de croix, à condition que la chapelle se fasse du côté où est la Maison Commune, où se tient le Collège, en perçant la muraille du côté de la chapelle de St Celse, qui est au sud de l'Eglise.
- les confrères du St-Scapulaire éviteront d'aller à Tarbes, comme précédemment, pour gagner les indulgences.

Sur quoi, le Conseil décide :
"Après délibéré, il sera arrêté qu'il sera pris la place nécessaire de la dite Maison de Ville, où se tient le Collège, pour bâtir et construire la dite chapelle, auxquels MM. les Consuls donneront ordre d'en faire la démolition".
Jean Sommesav, "masson", entreprendra la démolition nécessaire pour rebâtir le privé du Collège. La nouvelle chapelle prendra le nom de chapelle du Mont-Carmel.

Le 28 Avril 1662, MM. les Consuls feront la délivrance de quatre chars de bois pour être employés au bâtiment de la chapelle N.D. du Mont-Carmel, joignant la maison du Collège de la présente ville.

Afin de juger de la réalisation de ces travaux, M. le Comte de Toulongeon, Sénéchal et Gouverneur de la Bigorre, est reçu le 16 Mai 1664 à la Maison de Ville.

Il est donc établi que la Maison de Ville est tout près de l'Eglise, côté sud (voir croquis).

Le Collège, appelé Faderne, qu'elle contient, est un bâtiment qui appartient à là Couronne. Il sera donné à la Ville par un arrêt du Parlement de Navarre du 27 Mars 1767, article 17 :
"Possédant encore en nom commun, en la dite Ville, et sous la Directe de Sa Majesté, une autre maison appelée la Faderne, où est l'école, dans laquelle la jeunesse de la dite Ville s'assemble d'ordinaire pour être instruite et enseignée en la Doctrine des bonnes Lettres, piété et religion catholique, par le Régent, qui annuellement est choisi à ces fins".

Le collège est resté connu sous le nom de Vieille Ecole.

La Maison Commune est placée entre l'Eglise et la tour Mauhourat, celle-ci à l'entrée du Marcadal. Elle est assez importante, puisque incluant le Collège et l'immeuble où se tiennent les entrepôts et la salle des délibérations. De plus, elle permet encore d'y prendre la place nécessaire à la construction de la chapelle jointe à l'église.


AUTRE CONFIRMATION

Le 20 Décembre 1789, un rapport du Maire signale que le 18 de ce mois, lors des troubles causés par la vente des biens communaux, "on sonna l'alarme, et tout le monde, femmes et enfants, se rendit sur la place du Porche, qui répond du cimetière à l'Hôtel de Ville".

Ceci conforte l'emplacement de la Maison Commune à l'endroit défini précédemment.


LES REPARATIONS

Il sera fait peu de réparations à la Maison Commune, la Communauté assurant l'entretien de l'Eglise et des chemins, surtout celui qui conduit à Subercarrère, vital pour la cité, car l'accès au Bois par le Pont vieux est le seul franchissement du Gave entre Argelès (pont du Tilhos) et Saint-Pé (pont de Rieulhès). C'est là que passent sans discontinuer les charrois, porteurs du marrain, ressource importante de la Ville, et les animaux conduits à la pâture et au glandage.

On doit toutefois noter quelques décisions prises par l'Assemblée de ville pour l'entretien de la Maison commune.

- Le 5 Avril 1619, pour assurer le bon ordre dans la tenue de l'Assemblée, il est établi le règlement des opinions dans la Maison de Ville. S'il y a désordres et confusions avec interruptions, il sera exigé une amende de 5 sols avant de pouvoir sortir de la salle.

- Le 4 Septembre 1651, "Les Consuls feront faire murailhe sur le mur de la Ville, sur lequel le sieur de Lasale, notaire, a fait une fenestre qu'y regarde et aboustit sur la basse-cour de la maison de Ville, de laquelle avant l'on peult voyr et ouyr ce qu'y se faist et dict dans ladite maison de Ville".

- Le 4 Décembre 1680, il sera payé 40 livres 12 sols à Jean Fontan pour la valeur de la plaque de fer que la Ville a achetée pour le devant du feu de la Maison de Ville.

- Le 18 Décembre 1684, il est dit qu'il sera versé aux Consuls une allocation de 28 livres 8 sols tant pour la réparation de la Maison de Ville que celle du Collège.

- Le 10 Décembre 1702, on procède au changement de la serrure de la porte de la Maison de Ville pour 3 livres.

- Le 31 Décembre 1717, il est décidé des réparations à l'Eglise, à l'Ecole, à la Maison de Ville pour 139 livres 3 sols 9 deniers, et le 31 Décembre 1741 des réparations au plancher de la Maison de Ville.

- Le 21 Novembre 1763, la Communauté se trouve dans un état misérable de réparations à faire à l'Hôtel de Ville et à l'Eglise. Elle demande le changement du quart de réserve des chênes à Subercarrère. C'est la première fois qu'apparaît cette notion du quart de réserve. Quelques années plus tard, elle resurgira à plusieurs reprises par des adresses à l'Intendant Boucheporn pour faire face aux dépenses causées par le délabrement des murs et pour envisager la construction d'un nouvel Hôtel de Ville au Marcadal.


LES PROJETS

Le 28 Mars 1774, en séance du Conseil, "il a été dit que l'Hôtel de Ville actuel n'est pas commode et que les prisons sont malsaines. La Salle du Conseil est peu convenable à la dignité de la seconde ville de la province, les archives exposées à être pillées. On pourrait construire un Hôtel de Ville, de manière que le bas fut propre à mettre les marchands qui viennent aux marchés, les grains et les denrées qui ne peuvent se vendre dans les temps pluvieux; et que la Ville n'a d'autres ressources que dans les marchés; que tous ces projets d'utilité première embelliraient la Ville; et que le quart de réserve de Mourle pourrait suffire à les faire".

Le 11 Septembre 1778, on envisage de construire un Hôtel de Ville à la place Marcadale. Le présent Hôtel de Ville est dans un délabrement entier et menace de s'écrouler. On demande à Sa Majesté l'autorisation de vendre le quart de la forêt de Mourle.

Cette demande sera renouvelée le 12 Mars 1781.

Le 1er Janvier 1787, "L'Assemblée, reconnaissant que le devant de l'Hôtel de Ville "menasse" une chute prochaine, n'ayant été anciennement construit qu'en torchis, qu'il est de toute nécessité de le faire refaire à mur à chaux et sable, avec la porte d'entrée et deux croisées aux côtés de pierre de taille, donne pouvoir à MM. les Officiers Municipaux de traiter avec les maçons, tailleurs de pierre, aux conditions les meilleures pour la Communauté, le tout par acte public, et de leur demander un plan à cet égard, pour la dépense entreprise sur le produit des carrières de marbre, puis il sera passé acte d'exploitation par MM. les Officiers Municipaux aux dits tailleurs de pierre".


CREATION DE LA MAIRIE

Le Roi LOUIS XIV a confirmé le 13 Mai 1682 les Privilèges accordés par Centot III à la Communauté de LORDE. Il n'en a pas moins voulu renforcer le pouvoir royal en dotant les villes d'un Maire à ses ordres. Voyant là un danger que cette charge échoit à un étranger, c'est avec habileté que les Consuls de LORDE ont présenté leur requête dans la délibération du :

- 6 Juin 1694 : "A été représenté que le Roy, ayant créé des Offices de conseillers de Sa Majesté et des Maires dans toutes les villes du royaume par édict du mois d'Aoust 1692, il a été adverti que quelqu'un du voisinage, se voulant prévaloir de ce qu'il n'y a point dans la dite Ville aucun particulier habitant en état de pouvoir acquérir la mairerie de la dite Ville, était dans le dessein de s'en faire pourvoir, et comme la Communauté se trouverait accablée si un étranger en était pourveu.

Le sieur Jean de Burlotte est prié de se transporter au bureau des maireries pour donner la soumission de la part de la Communauté, qui supplie humblement Sa Majesté de vouloir unir la dite mairerie, créée par le sus-dit édict, pour la Ville de LORDE, à la charge du Premier Consul annuellement de la dite Ville, pour en faire les fonctions, sans appointements, comme un particulier aurait droit de le faire, s'il en était pourveu".

Le Premier Consul prendra dès lors le titre de Maire.

Le 20 Juin 1713 est la date où apparaît la première mention d'"Hôtel de Ville", qui remplace la Maison Commune ou la Maison de Ville des délibérations précédentes.


CONSERVATION DES ARCHIVES

C'est dans un réduit de l'Eglise, situé près de la chapelle St Celse, que sont conservés les archives de la Communauté. Les secrétaires les gardent souvent chez eux, ce qui va amener la délibération suivante :

Par la décision de l'Assemblée du 18 Mai 1731, tous les papiers, titres et autres pièces qui regardent la Communauté, seront retirés des mains des Secrétaires pour être remises, avec le Livre Terrier, dans le coffre du cabinet de la Ville, pour y avoir recours quand "besoing" sera.

Le 15 Juin 1772, l'Assemblée décide qu'il y aura deux clefs pour les archives, l'une donnée au premier Officier Municipal, l'autre au plus ancien conseiller politique.

La conservation des archives sera assurée avec grand soin par les diverses Assemblées et les Conseils Municipaux.

En 1794, lors du transfert de l'ancienne Maison Commune au bâtiment Caubotte, l'armoire des archives sera l'objet d'une surveillance rapprochée, et installée au Greffe Civil.

En 1832, lors de l'incendie de l'Hôtel de Ville, les documents archivés seront les premiers à être protégés et mis en sécurité.


LE ROLE D'ENTREPOT

La Ville de LORDE tire le plus gros de ses revenus de l'exploitation des forêts. Le bois est vendu sous forme de marrain : bois de charpente et de construction - bois fendu en planches et propre à différents ouvrages (Littré). La Maison Commune sert d'entrepôt et de relais entre la Ville et les acheteurs, ou les destinataires gratuits (Château-Fort).

On y conserve aussi des produits ne pouvant rester à l'air libre pour cause d'altération, comme la chaux : en 1741, 5 chars de chaux sont entreposés en attendant leur vente prochaine.

On retrouve là la destination première des Hôtels de Ville du Nord de la France, qui servaient de Halles, abritant les marchands et leurs produits les jours de marchés et de foires. Ils constituaient des entrepôts pour amasser les denrées en réserve, dans les périodes de guerres et d'intempéries.

La Maison Commune de LORDE abritait le marrain, et les quantités de bois traitées nous prouvent que les Lordès étaient d'impressionnants bûcherons. Les forêts de Subercarrère et de Mourle constituaient la richesse locale.

Quelques délibérations de l'Assemblée communale au XVIIIème siècle sont consacrées aux revenus produits par la vente du marrain : elles confirment le rôle d'entrepôt de la Maison Commune.


EXTRAITS DE DELIBERATIONS DE L'ASSEMBLEE

a) La Maison commune reçoit le marrain très encombrant, mais aussi d'autres matériaux

En 1657, sont portés en dépense "5 sols baillés à Miquette et à un autre homme pour avoir porté le tuf dans la Maison de Ville, qu'y tomba de la tour de Mauhourat".

En 1660 : Portés en dépense "6 sols baillés à deux hommes qui ont porté dans la Maison de Ville le boisage de la tour de la Nonette, qui est tombée de l'effort du tremblement de terre du 21 Juin 1660".

La chaux.

Le 15 Octobre 1741, on a porté 5 chars de chaux à la Maison de Ville pour 10 Livres 12 sols, et quelques jours après a lieu une vente de 30 milliers de marrain. En Décembre, 42 Livres sont donnés pour 7 chars de chaux portés à la maison de Ville.

Le 30 Décembre 1743, on a perçu 40 livres 19 sols pour la chaux vendue en semaux et mesures, celle qui était dans l'Hôtel de Ville à raison de 1 Livres 10 sols le semal et de 5 sols la mesure.

Le semal : cuve cylindrique en bois cerclé, avec deux poignées opposées. Contenance : 100 ou 120 litres environ.

La mesure : cylindre en bois cerclé, avec un T intérieur en fer pour le portage. Contenance très variable selon les régions. 20 litres à LOURDES.

b) La redevance au Château

En fin d'année, sur le marrain entreposé à la Maison commune, il faut prendre le bois pour le chauffage de M. le Gouverneur du Château, cela de par le droit féodal.

Le charriage du bois de la Maison commune au Château se fera fin décembre et il en coûtera à la communauté en 1715 et 1716, 8 livres. En 1738, le premier consul Caubotte fera porter 18 chars de bois au Château.

c) Le charriage à la Maison de Ville

Il faudra aussi payer pour le voiturage du bois du Pont vieux à la Maison commune.

Le 13 Mars 1702, forte tempête de vent dans la forêt. "Les arbres tombés ou arrachés seront travaillés en marrain, et ceux qui ne seront pas propices seront ouvrés en planches ou solivage, qu'on fera porter dans la Maison de Ville pour gratifier les personnes qui ont souffert quelques dommages par l'impétuosité du vent". de Lassalle, Maire- Consul.

En 1727, 474 Livres sont offertes pour faire le marrain pour la Ville, pour le faire voiturer et porter dans la maison de Ville.

Le 8 Février 1728, on a payé 6 sols pour le charriage de 12 chars de bois, portés du bout du pont à la Maison de Ville.

En Décembre 1729, le voiturage du marrain du Bois à l'Hôtel de Ville est payé 55 Livres et 19 sols.

Le 2 Juin 1730, on a payé 78 livres et 3 sols au sieur Maransin, trésorier, pour avoir fait "voiturer" le bois à l'Hôtel de Ville.

En Décembre 1732, vote de 35 Livres et 4 sols “ pour le voiturage du bois qui a esté porté le courant d'année dans la maison de Ville ”.

d) La vente du marrain

En 1705, le marrain est vendu par milliers à 66 livres le millier à M. Claverie, Maire de Nogaro en Armagnac.

Le 19 Octobre 1706, on entrepose 19 chars de marrain dans la Maison Commune. On fait raffiner deux milliers de marrain qui est dans la Maison de Ville pour 22 livres.

Le 11 Février 1718, vente au sieur P. Lalanne Cazalis, de Sévignac en Béarn, de 50 milliers de marrain pour 3 000 livres, à 60 livres le millier.

Ces décisions de vente assurent à la communauté de bons revenus.


VIE MUNICIPALE

En 1725, De Guinle, Maire-Consul accorde 108 Livres pour les feux de "joye" pour le sacre du Roi, et en Décembre 1726, 87 Livres pour son mariage.

La vie municipale est marquée, en l'an 1790, par la réunion le 25 Janvier de tous les habitants à l'Eglise paroissiale pour constituer la Municipalité. Julien Normande est élu Maire.

Le 13 Novembre, c'est la création de la Justice de Paix, avec la réunion de tous las Maires du canton. Quelques temps après, le 6 Décembre, le Tribunal est installé.

Le 1er Janvier 1792, acte de rébellion de la Municipalité : "on ne nommera pas de Régent, car l'Assemblée nationale a supprimé les fonds. On en nommera quand on en recevra", ce qui sera fait six mois plus tard.

C'est une décision importante qui sera prise le 11 Floréal de l'An II (30 Avril 1794) : le déplacement du cimetière situé autour de l'Eglise. On le transporte à l'Arbéret (rue de l'Egalité). Il faudra 7 ans pour réaliser la translation.

Lourdes a le Tribunal mais ne s'est jamais satisfait de n'être pas chef-lieu de l'arrondissement. Aussi le 16 Germinal de l'an 9 (1801), le Conseil général de la Ville présente une pétition tendant à accorder à Lourdes le titre de chef-lieu, sous le fait qu'Argelès n'a que 700 habitants, alors que Lourdes en compte plus de 3 000.


FIN DE LA MAISON COMMUNE

La Révolution signera la fin de la Maison Commune. La Communauté, ayant acheté la maison Caubotte en 1780, décidera d'en faire la nouvelle Mairie le 17 Germinal de l'An II (6 Avril 1794) et y installera la Municipalité sur le champ.

La Maison Commune, en très mauvais état, servira à installer le deuxième instituteur Gardey en 1794, puis deviendra la prison de ville jusqu'à sa démolition le 31 Décembre 1803.

9 Nivôse An 12 (31 Décembre 1803) : Lettre du Maire a M. Dauzat, Capitaine des Vétérans au Château de LOURDES :

“ Nous allons travailler lundi prochain à la démolition de notre ancienne Maison Commune. J'espère, qu'ainsi que vous me l'aviez promis, nous pourrons compter sur la prison du Fort jusqu'à ce que nous en ayons fait construire une. Les prisonniers que nous serons obligés d'y mettre n'y seront jamais que pour peu de temps, et ne nécessiteront, de la part de vos soldats, que peu de peine. En revanche, citoyen Capitaine, comptez sur la reconnaissance de la Ville de LOURDES, et sur les sentiments particuliers d'estime et d'amitié que le Maire vous a avoués. ” Latour, Maire

La Maison Commune a été - avec l'Eglise - le lieu de mémoire de la Communauté. Pendant plus de six siècles les générations successives y auront délégué leurs administrateurs, défenseurs de l'unité communautaire, et dépositaires des traditions auxquelles les Lordès étaient très attachés.

B. LA MAISON CAUBOTTE : 2ème Hôtel de Ville

La décision de transfert de l'ancienne Maison Commune au nouvel Hôtel de Ville date du 17 Germinal de l'An II (6 Avril 1794). Elle est prise par la Municipalité dirigée par le Maire Dufo aîné. Le nouvel Hôtel de Ville est situé dans la Maison Caubotte, rue du Porche, renommée aussitôt rue Municipale. Cet immeuble a été acheté en 1780 par la Commune, pour servir de "presbytaire". Il aura une grande importance dans la vie lourdaise jusqu'à nos jours. Aujourd'hui, c'est le Commissariat de Police, rue Baron Duprat.


HISTORIQUE DE L'ACHAT DE LA MAISON

La famille CAUBOTTE a été très influente dans les siècles passés. Depuis le Moyen-Age, elle a donné à la Ville des prêtres, consuls, procureurs du Roi, officiers royaux, médecins, agent national sous la Révolution. Par les mariages, elle est alliée aux familles nobles de Bigorre. Leurs membres sont des propriétaires fonciers : ils figurent parmi les notables de LORDE (LORDE deviendra LOURDE au XVIIème siècle).

En 1780, leur dernier héritier, M. de Castelbajac s'est couvert de dettes, et il est dans l'obligation de vendre son immeuble, rue du Porche (actuelle rue Baron Duprat). La Communauté fait savoir le 20 Mai 1780 qu'elle désire acheter la maison pour en faire le "presbytaire".

3 Septembre 1780 : Confirmation du désir d'achat à M. de Castelbajac de "la propriété possédant maison et un terrain sur lequel on peut faire une grange pour les fruits décimaux du curé et aussi de la Communauté, car celle-ci possède une abbaye laïque et a droit à une partie des fruits décimaux".

Ce même jour, la requête a été présentée à M. l'Intendant pour l'estimation de la maison. Les Officiers Municipaux nommeront un expert qui estimera avec celui de M. de Castelbajac, et aussi établiront un devis de réparations de la maison et de la construction d'une grange. Le Maire Bordanave demandera la permission de vendre des communaux.

Le 9 Avril 1781, le Maire Bordanave se rend à Tarbes où se vend la maison Caubotte, devant le Sénéchal de Bigorre. Il obtient la maison pour 2 400 Livres, aux enchères et au plus offrant et dernier enchérisseur. M. de Castelbajac ne touchera pas cet argent : la Communauté sera autorisée à le garder jusqu'à ce que tous les créanciers soient payés. Cela demandera une dizaine d'années.

La maison a été achetée pour en faire le "presbytaire". Comme des réparations doivent être faites et qu'il faut donner un logement au curé Peyruc, l'Assemblée loue pour 3 ans la maison Rives Bourié, rue du Bourg, pour un montant de 120 Livres par an.


LES AMENAGEMENTS

Propriétaire de la maison Caubotte et désireuse d'en faire le presbytère - destination première - la Municipalité, en possession du projet de réparations, décidées avant même l'achat, accorde le 18 Décembre 1782 l'adjudication des travaux à l'entrepreneur Jean Claverie, qui reconstruira pour 3 630 livres.

Les époux Lacay-Lacrampe ont un mur mitoyen au sud avec la maison Caubotte. Les travaux en cours ont occasionné le 26 Avril 1784 des dégâts chez eux, contestés par la Ville. On va faire expertiser en présence des époux Lacay.

En Novembre 1784, il faut rectifier le devis primitif des réparations. On a oublié le cheval de M. le curé, indispensable pour aller porter ses soins à l'extérieur, ainsi que la basse-cour qu'il faut protéger. La grange est portée au devis, ainsi que le mur de clôture.

L'année 1785 verra un agrandissement du domaine presbytéral.

Le 16 Mars 1785, M. le curé Peyruc achète en son propre un terrain contigu au presbytère pour y construire grange et écurie, ce qui dispense la Communauté de cette dépense.

En Septembre, il cède cette nouvelle parcelle bâtie par ses soins à la Ville. De plus, le voisin Jean Mouniquet offre à son tour un petit jardin contigu à la maison Caubotte.

Le 8 Août 1786 sont publiés les comptes du financement :
- dépenses : l'achat 2 400 Livres, la reconstruction 3 636 Livres.
- recettes : la vente des biens communaux 1 590 Livres, l'autorisation d'autres ventes : 755 L. de Cazenave, 40 L. de Capdevielle, 300 L. de Lesponne, 427 L. de Garros, 160 L. de Verdier, 178 L. de Latour.

Ces comptes sont approuvés par l'Intendant Boucheporn.

L'Assemblée a pris connaissance des ventes des biens du "Beüt" aux particuliers, pour le financement des travaux. Va naître alors un long procès, car la Ville a assigné devant le Parlement de Toulouse la Communauté d'Aspin, qui conteste la validité des ventes faites.

M. de Castelbajac écrit au Maire en juin 1789 pour clôturer l'arrangement fait avec la Communauté pour l'achat de sa maison.

En Janvier 1792, l'Assemblée veut régler l'affaire. Le sieur Castelbajac, héritier Caubotte, doit des arrérages en rentes foncières. Il faut donc régler le litige entre lui et la Communauté qui ne lui a pas versé les 24 00 Livres. Pour cela, il faut liquider les dettes par conciliation ou par tribunal.

Aussitôt, M. de Castelbajac assigne la Communauté au versement de la somme due. Le Parlement de Toulouse, ayant autorisé la Commune à garder l'argent jusqu'à ce que les créanciers soient payés, la Municipalité peut surseoir à cette assignation.

Là s'arrêtent les modalités du règlement. Aucun acte n'en signale la conclusion.


L'INSTALLATION DE L'HOTEL DE VILLE

Les évènements survenus en France depuis 1789 vont avoir leur répercussion sur la vie locale de Lourdes. L'immeuble Caubotte, rénové par Jean Claverie, reste maison presbytérale, mais le curé Peyruc n'y est pas installé. C'est en pleine Révolution qu'incidemment l'immeuble, non occupé par le curé Peyruc que l'on a mis en loyer, va prendre sa prochaine affectation, par la délibération du :

17 Germinal An II (6 Avril 1794) :
La Gendarmerie a jeté son dévolu sur la maison Caubotte pour y installer ses quartiers. L'Assemblée, considérant que :
- la maison presbytérale est propriété communale et que l'édifice a été construit aux frais de la Commune,
- le décret de la Convention veut que les maisons presbytérales, abandonnées par les curés, rentrent au pouvoir des Communes,
- le besoin absolu que la Commune en a, soit pour établir les archives, soit pour y établir les séances de la Municipalité et Conseil général de la Commune, soit pour y loger un secrétaire que la permanence et le passage des troupes rendent de plus en plus nécessaire, soit enfin pour fournir au Tribunal l'emplacement qui lui est indispensable pour salle d'audience, chambre et greffe,
Arrête :
L'Assemblée tiendra ses séances à la maison presbytérale, et que les archives y seront transportées de suite, et qu'il y sera accordé un logement au secrétaire et une salle au Tribunal.

Quatre jours après la nouvelle affectation, on équipe la maison Caubotte pour qu'y siègent les membres de l'Assemblée. On transporte les bancs de la "cy-devant" Eglise à la maison presbytérale pour les séances de l'Assemblée.

La Convention nationale a apporté ses soins à la promotion de l'instruction publique et au sort des instituteurs qui doivent être mieux installés dans leur commune. Aussi, à Lourdes, le 6 Frimaire An IV (27 Novembre 1895), le citoyen Menou, instituteur public, demande l'application de la loi du 27 Brumaire An III, qui dit que les presbytères, non vendus au profit de la République, seront mis à la disposition de l'instituteur, pour son logement et la réception de ses élèves.

La Commune n'a pas d'autre local propre à remplir l'objet de l'école primaire que la maison acquise du citoyen Castelbajac depuis 14 ans.

L'Assemblée arrête :
"Le citoyen Menou établira, dès ce moment, son école primaire dans ladite maison, et prendra possession de son logement, ainsi que du jardin dépendant de la dite maison.
Sous la réserve qui est faite des appartements qui se trouvent affectés aux séances de l'administration municipale et placement de ses bureaux, de même qu'aux audiences du juge de paix et de son greffe, attendu que ces deux établissements et ces dépôts ne peuvent être placés ailleurs".

Voici donc installés dans le même bâtiment Mairie, Ecole et Justice de Paix.

La création de la Justice de paix va compliquer la cohabitation et l'on va assister, tout au long du XVIIIème siècle, à un chassé-croisé incessant pour loger les trois organismes, jusqu'à ce que chacun d'eux trouve place dans son propre immeuble.

Le premier à quitter la maison Caubotte sera la Justice de Paix, transférée en loyer rue du Bourg. Puis, devant l'urgence des réparations au bâtiment Caubotte, Mairie et Ecole reviendront pour quelque temps à l'ancienne Maison d'Ecole rénovée, sise près de l'Eglise.

La reconstruction totale durera six ans.


LA RECONSTRUCTION : PREPARATION

Le 28 Pluviose AN 11 (17 Février 1803), Martin Latour, Maire, énumère les grands projets à venir et leur mode de financement. Parmi ceux-ci figure la reconstruction de la Maison Commune, avec l'achat d'une maison attenante à l'ouest. Mais le 16 Prairial (5 Juin), on abandonne l'idée de l'achat de la maison voisine : on reconstruira sur l'emplacement actuel.

Le 20 Prairial An 11 (10 Juin 1803), le Département approuve la décision de reconstruction de l'Hôtel de Ville, qui prévoit :

1) la réfection du mur de façade sur la grande rue au nord;
2) celle du mur de la petite rue à l'orient;
3) un mur de refend et deux de façade sur la basse-cour côté sud;
4) une grande porte d'entrée et deux petites donnant sur la basse-cour;
5) six cheminées et la réfection des cloisons et des plafonds.

La disposition adoptée veut que le bâtiment serve au rez-de-chaussée de Mairie et d'Ecole, et à l'étage de Tribunal.

Le devis, dressé à Tarbes par l'architecte départemental Devèze, s'élève à 13 571 F.

Jusqu'à l'élaboration du projet définitif de reconstruction, il faudra de laborieuses négociations dans l'An 11 (année 1803) pour :
- établir le 10 Germinal An 11 (1er Mai 1803) l'état des arbres chênes de Subercarrère nécessaires à la reconstruction.
- obtenir le 9 Messidor An 11 (29 Juin 1803) l'autorisation d'emprunt au Préfet et la justification du Budget qui prévoit la reconstruction pour 13 571 F.
- convoquer le 23 Fructidor An 11 (14 Septembre 1803) les artisans pour établir le devis de récupération des bois, pierres, ardoises, pour 860 F. et celui de la démolition de l'ancienne Maison Commune pour 388 F.

Enfin, l'année 1804 (An 12) verra la démolition de l'ancienne Maison Commune le lundi 10 Nivôse (1er Janvier), ainsi que la publication du devis détaillé établi par les entrepreneurs et qui reprend les dispositions de celui du 20 Prairial de l'An 11. Il comprend :
- le frontispice de la façade sur la grande rue,
- la salle ordinaire des séances, la chambre du Conseil et le greffe, les latrines à cinq portes,
- à l'étage, la salle d'audiences avec une grande cheminée, la salle d'archives, le greffe du juge de paix, la chambre de la Conciergerie.

Ce devis présenté, la mise en adjudication a lieu : c'est Jean Laborde Louzé qui est choisi, ayant accepté les travaux avec un rabais sur le montant du devis. Le nouveau Maire, Bernard Francès présente le compte administratif le 15 Pluviose An 12 (5 Février 1804), lors de la dernière séance avant travaux.


LE DEMENAGEMENT

Voici le moment où il faut libérer la maison Caubotte pour entreprendre les travaux de rénovation. Après la translation du cimetière à l'Arbéret, on a réparé le bâtiment de l'Ecole primaire - l'ancienne Faderne - pour y recevoir le Conseil municipal. Cette maison de ville provisoire a été réaménagée sans devis - d'où reproches au Maire - pour 1874 F. Le Maire se félicite de son aspect et de la promenade d'avant-cour aménagée sur l'ancien cimetière.

La Justice de paix, trop à l'étroit, ira en loyer chez M. Lassalle, rue du Bourg, et l'on pressera l'entrepreneur Laborde d'activer les travaux à l'Hôtel de Ville, car le fort loyer du Tribunal grève le budget.

Le 30 Pluviose An 12 (20 Février 1804) se tient la première réunion du Conseil Municipal dans l'édifice nouvellement aménagé.

Ce déplacement durera six ans et ce n'est qu'en 1809 que l'Hôtel de Ville Caubotte recevra les Services communaux, et ce jusqu'en 1829, date à laquelle un nouvel Hôtel de Ville sera construit.


LA RECONSTRUCTION : EXECUTION

Adjudication des travaux à Jean Laborde Louzé cadet, tailleur de pierres à LOURDES, pour le montant du devis 12 981 F - avec caution de Cénac, propriétaire, sur la métairie de Canonge. Sont détaillés : la grosse maçonnerie en pierre de taille, la charpenterie, les cloisons et les plafonds, les chenaux, les vitrages, la serrurerie et les peintures.

Deux ans après le début des travaux, le gros œuvre est achevé. Mais Laborde Louzé, pris par d'autres obligations (carrières d'ardoises, travaux extérieurs à la Ville), abandonne le chantier. Le 16 Août 1806, le Maire Francez écrit au Préfet pour autorisation de poursuivre l'entrepreneur Laborde qui ne continue pas les travaux, afin que le 1er Janvier 1807, le Tribunal, qui est en loyer chez M. Lassalle, rue du Bourg, puisse s'installer à l'Hôtel de Ville.

Le 15 Septembre 1806, l'architecte Devèze, dépêché d'urgence, est venu voir les travaux commencés et exige que l'activité reprenne avec plus d'ouvriers.

Le 27 Septembre 1806, l'état de situation après reconstruction, établi par Devèze et Laborde, s'élève à 16 662 F.
- mur du Nord façade longueur : 13 m., hauteur : 9 m., épaisseur : 1 m.
- mur d'Orient (rue des petits Fossés) longueur : 23,25 m., hauteur : 9 m., épaisseur : 1,30 m.

Entre-temps, le 24 Août 1806, un accident se produit dans la construction de l'Hôtel de Ville. Un ouvrier maçon, père de trois filles est tombé alors qu'il posait l'entablement et a été tué. Le Maire fait son éloge et signale l'état de misère de la famille.

Dans la même séance, établissement de la liste civique et des Sections de LOURDES : 1ère section : Hôtel de la Mairie; 2ème section : Hôtel de Ville provisoire.

Au dénombrement, il y a 2 900 âmes à LOURDES.

Mai 1807 : Compte administratif de 1806 : les travaux de reconstruction de l'Hôtel de Ville : L'entablement, la charpente, la toiture sont achevés. Le Maire se plaint des matériaux employés, de médiocre qualité, et des retards apportés. Prévision de trois ans avant la finition.

Le 19 Mai 1807, le Conseil de Préfecture statue sur l'état de situation dressé par M. Devèze. Il autorise à poursuivre Jean Laborde Louzé qui se défend âprement.

Le 19 Février 1808, le nouveau Maire Pascal Davezac, constate que les travaux sont loin d'être achevés et sont suspendus. Il demande un ingénieur pour constater et activer.

La Municipalité occupe en ce moment la maison d'école et la Ville paie le loyer du Tribunal à la rue du Bourg.

L'année 1808 voit l'avancement rapide et la fin des travaux de rénovation. Si bien qu'il est établi le 27 Février 1809 par M. Devèze, architecte départemental, l'état de réception des ouvrages, avec les augmentations, s'élevant à 23 093 F.

La Municipalité reprend possession de l'Hôtel de Ville Caubotte et tous les Services s'y installent : Mairie, Ecole, Justice de paix.

La Justice de paix occupe l'étage, la Mairie le rez-de-chaussée, l'Ecole officiant dans la grande salle du Conseil municipal, ce qui causera pendant 12 ans bien des désagréments.


LES DEGRADATIONS

Deux ans à peine suivant l'installation, des dégradations sont découvertes à l'Hôtel de Ville le 27 Juillet 1811, et un nouveau conflit, qui durera 6 ans, va naître entre l'entrepreneur et la Ville, car il faut prévoir des réparations.

Les dégâts seront constatés le 5 Février 1815 par une lettre de Laborde au Conseil Municipal où il expose les causes des défectuosités des travaux faits en 1809.

Le 12 du mois, le Maire Martin Latour écrit au marquis de Villeneuve, Préfet, pour signaler ces défectuosités et demander l'autorisation de plaider contre l'entrepreneur.

Ces dégâts seront reconnus par l'architecte le 3 Octobre 1815, et confirmés le 3 Février 1817.

Le 13 Avril 1817, devant le Conseil Municipal, M. Laborde s'engage à réparer à l'Hôtel de Ville les malfaçons constatées. Il demande un rapport et un devis à l'Ingénieur des Ponts et Chaussées, qui sera totalisé à 24 000 F depuis le début de la reconstruction.

Les réparations interviendront dès le 13 Avril 1817 et seront réglées à l'amiable par un projet d'accord qui est signé le 18 Octobre.

Le plan définitif réalisé comprend :
- au rez-de-chaussée : la grande salle du Conseil Municipal, la petite salle, le vestibule, la conciergerie et les latrines;
- à l'étage : la galerie, la grande salle des audiences du Tribunal, le Greffe criminel, le Greffe civil.

L'étage est surmonté du grenier.

La Mairie restera encore douze ans dans cet immeuble. Puis, revenant vers le Porche, s'installera dans le troisième Hôtel de Ville.

L'immeuble Caubotte restera Ecole et Tribunal au cours du XIXème siècle.

Il redeviendra Mairie et finira Commissariat de Police, ce qu'il est actuellement.

C. LA MAIRIE DU PORCHE

En 1817, après l'accord Ville-Laborde Louzé concernant les dernières réparations à effectuer à l'Hôtel de Ville Caubotte, LOURDES possède un bel établissement réunissant Mairie, Ecole et Justice de Paix.

Deux ans après, le Sous-Préfet demande la création d'une Ecole de l'Enseignement Mutuel. La Ville, voulant dégager l'Ecole de l'Hôtel de Ville, accepte et présente en Août 1819 un projet approuvé aussitôt.

S'il est fait ici l'étude de la construction de l'Ecole, c'est parce que le bâtiment verra sa destination changée et deviendra le nouvel Hôtel de Ville. Ce n'est que le 13 Mai 1822 que sera prise la décision de construction. Le devis de 12 763 F. et les plans ont été établis par l'architecte départemental M. Artigala.


EMPLACEMENT

L'école sera édifiée sur l'ancien cimetière où il n'y a pas eu d'inhumation depuis 1803. La façade ornera la place du Porche : elle sera attenante à la Vieille Ecole (ancien Hôtel de Ville provisoire de 1803 à 1809).

L'immeuble sera à double usage :
- au rez-de-chaussée : l'enseignement mutuel,
- à l'étage : la salle de Justice de Paix.

Il y aura deux entrées séparées. Le bâtiment mesurera 14,50 mètres sur 8,70 mètres. Les trois fenêtres ne donneront pas beaucoup de jour, car trop près de l'Eglise, mais serviront à renouveler l'air. L'adjudication des travaux sera donnée à Jean-Marie Marthe, entrepreneur à LOURDES, le 15 Décembre 1822.

En Mars 1825, les abords seront dégagés : les terres du vieux cimetière transportées à l'Arbéret, et le grand tilleul abattu en 1826.


CHANGEMENT DE DESTINATION

Le 21 Octobre 1827, alors que les travaux sont terminés, voici que Mgr l'Evêque intervient. Il demande que le nouveau bâtiment serve de "presbytaire" pour éviter les frais du loyer actuel du curé, ou à défaut, de Mairie et Justice de Paix, non d'Ecole, car trop bruyante près de l'Eglise.

Discussion en séance :
1) Le Conseil Municipal n'est pas en position de construire un "presbytaire", car il faut payer l'école mutuelle et refaire l'Hospice. Plus tard, cela sera possible. En attendant, la Ville peut supporter le loyer actuel de 300 F. du "presbytaire".
2) L'école est actuellement à l'Hôtel de Ville, dans la grande salle. Beaucoup de désagrément, car il faut enlever à chaque fois les tables fixées au sol quand il y a le tirage au sort, le Conseil de recrutement et autres réunions. Tout cela entraîne des dégradations et des frais.

Délibération :
Le Conseil Municipal émet le vœu de destiner la salle d'en bas du nouveau bâtiment à la Mairie et celle d'en haut à la salle d'audience de la Justice de Paix.

Six conseillers ont voté pour et six ont dit que la Mairie et la Justice de Paix pouvaient rester là où elles sont. La voix du Maire étant prépondérante (pour le changement), le transfert se fera et l'Ecole restera à l'Hôtel de Ville actuel, immeuble Caubotte.

Il faut remarquer que les notables lourdais sont assez heureux que Mgr l'Evêque ait fait cette pressante proposition d'écarter l'école de l'Eglise. Ils peuvent ainsi décider plus facilement de s'approprier le nouveau bâtiment. L'Ecole est cause de gêne dans le fonctionnement matériel de la Municipalité, et elle n'a pas encore l'importance qu'elle va acquérir dès 1835. D'ailleurs, en restant à l'immeuble Caubotte, elle va gêner aussi le fonctionnement des audiences du Tribunal et il faudra lui trouver bientôt un nouveau local.


TRANSFORMATION

Il faut donc reconsidérer l'aménagement du nouveau bâtiment en son intérieur, et aussi prévoir son raccordement à la Vieille Ecole attenante. Un nouveau devis sera dressé par l'architecte départemental Artigala et les travaux adjugés à J-M Marthe le 15 Mars 1828. Ils consistent en :

1) Travaux de jonction Vieille Ecole-Bâtiment :
Un escalier extérieur amènera au palier de la porte d'entrée du 1er étage. Le mur de jonction sera de 0,80 m. de haut sur 0,50 m. de large. Le logement du concierge sera dans la vieille école et on construira un dépôt pour le bois de la Mairie de 3 m. sur 1,90 m.

2) Travaux intérieurs :
- au rez-de-chaussée : salle de la Mairie, cabinet du Secrétaire, vestibule, départ de l'escalier de 1,30 m. de large,
- à l'étage : la salle de la Justice de Paix, le vestibule, le vestiaire, le Greffe.

Les portes intérieures auront 1,40 m. sur 2,60 m. Le total de ces travaux s'élèvera à 4 349 F.

Le budget, présenté le 9 Décembre 1828 porte la somme de 3 000 F. pour le transfert de la Mairie et Justice de Paix au bâtiment du cimetière. Il y aura un supplément de 1930 F. à régler.

Le mois de Mai 1929 est marqué par un très violent tremblement de terre pendant la messe, provoquant une grande frayeur chez les fidèles et d'importants dégâts à l'Eglise.

Le 16 Juillet 1829, la Municipalité trouve que l'entrepreneur Marthe ne suit pas son travail depuis deux ans. Sur plainte du Maire Martin Latour, le Conseil de Préfecture prend un arrêté qui constate que l'entrepreneur Marthe est très en retard, il ne répond pas aux convocations du Conseil Municipal. Aussi le Maire nomme M. Mengelle Touya pour continuer les travaux. Il sera payé sur les fonds non encore versés à M. Marthe, ce qui va entraîner une longue procédure entre celui-ci et la Ville.

Le 1er Septembre 1829, le Conseil municipal s'installe enfin en Mairie et prend aussitôt ses fonctions.

Les terres levées pour la construction de la nouvelle Mairie et l'aménagement de la place sont transportées à l'Arbéret le 20 Septembre, avant la réception définitive des travaux par l'architecte Artigala le 27 Octobre suivant.

Ces travaux auront consistés en : 183 m3 de déblais, 63 m3 de maçonnerie (murs de la chapelle et de la vieille école), 23 m2 de crépis, 154 m2 de plancher, emmarchement de l'escalier, charpente, couverture, cloisons, serrurerie, chambranle des cheminées, croisées.

Compte-Rendu Moral de 1830 :

Le Maire Latour décrit la situation nouvelle :

Dans le nouveau bâtiment du Porche se trouvent : au rez-de-chaussée, la Mairie; à l'étage : la Justice de Paix et son Greffe.

Dans la Vieille Ecole attenante : le logement du concierge, le corps de garde et la prison : le "violon".

Dans l'ancien Hôtel de Ville Caubotte : l'Ecole est au rez-de-chaussée; le Tribunal, le Greffe et le bureau du Ministère Public sont à l'étage et dans les pièces libérées par la Mairie.

Sur le plan local, l'action des édiles portera sur l'organisation de la Garde nationale en 1830, les jugements sur l'usurpation des terres communales, la création de deux fontaines au Porche et au Champ commun pour y amener l'eau du Tydos et des deux Jers, la réfection de la Fontaine des trois trous en 1832.

C'est dans cette vie active qu'un événement dramatique va troubler la quiétude de la Ville :

L'INCENDIE DE 1832
(il fait l'objet d'une conférence annexée au présent chapitre,
laquelle détaille les épisodes de cet événement)

C'est dans la nuit du 30 Janvier que cet incendie s'est déclaré à l'Hôtel de Ville du Porche, récemment construit.

Deux actes seront dressés en séance du Conseil Municipal le lendemain 31 Janvier 1832 :

Compte-rendu du Maire Latapie au Préfet pour l'informer qu'un incendie s'est déclaré au Secrétariat de la Mairie. Les dégâts portent sur les planchers, cloisons, plafonds et meubles. Et aussi sur les registres d'Etat-Civil et sur les Archives.

Délibération pour les remerciements à la population, les gratifications à accorder aux plus méritants, les remises en ordre, les dédommagements dus par l'Assurance Incendie.


PREVISIONS DE TRAVAUX

Les années 1830 ont vu une nouvelle organisation de la Garde nationale. Lourdes a formé un bataillon important, comportant toutes formations militaires qu'il faut équiper en armes diverses. Ces armes devant être entreposées, il est prévu un programme de travaux comprenant :
a) Reconstruction de la Mairie,
b) Construction d'un Corps de Garde et du Hangar d'Artillerie,
c) Réfection du mur de soutènement rue Basse.


REMISE EN ETAT DE LA MAIRIE

Le 8 Mars 1832, l'architecte Artigala établit plans et devis de reconstruction. Le 20 Mai, l'entrepreneur Jean Lacrampe-Pourtalet obtient l'adjudication des travaux, qui seront terminés en Décembre :
- rez-de-chaussée : parement des murs, plafonds, poutres et voussures,
- étage : réfection des planchers et des cloisons,
- escaliers : travaux sur limons, potelets, marches palières, rampe,
- combles : poutres et lambourdes, solives, plancher et plafonds,
- peintures rénovées,
- 10 journées de travail; Coût des travaux : 2 716 F.

En complément, le 12 Avril 1832, décision de la construction d'une galerie pour communiquer de la Mairie aux latrines de la Vieille Ecole, de 8,60 m. sur 1 m., avec portes et cloison de protection de la salle de la Vieille Ecole. Devis de 355 F.


LE CORPS DE GARDE

La Mairie reconstruite, le Maire J-M Latapie va devoir envisager la demande de la Garde Nationale, nouvellement reconstituée. L'important bataillon de Lourdes vient d'être doté d'armes nouvelles qu'il faut entreposer. Un service de permanence de Gardes doit être organisé. Il convient donc de construire un corps de garde central et un dépôt pour l'armement. Il faut aussi aménager un local pour abriter la pompe à incendie et ses agrès, nouvellement achetés après l'incendie de l'Hôtel de Ville.

Tous ces bâtiments seront placés dans l'espace libre entre la Mairie et l'Eglise.

Décision du 13 Mai 1832 : le Corps de garde jouxtera l'Eglise sur 7,10 m. de long sur 4,85 m. de large. Il comprend :
- au rez-de-chaussée, la salle de garde, le départ d'escalier, l'armoire et l'évier,
- à l'étage, la salle de discipline et le cabinet d'aisances.


LE HANGAR D'ARTILLERIE

C'est une construction de 9 m. de long sur 6 m. de large, placée derrière la Mairie, contre le mur de la Vieille Ecole. Il est fermé à l'est, sur la rue St Pierre, par une porte de 80 cm. de large. Le toit touche la partie circulaire de la chapelle N.D. du Mont Carmel, avec un chéneau.

L'entrée du Hangar, entre le Corps de garde et la Mairie, a 2,55 m. de large, et est fermée par une barrière à claire-voie à deux vantaux (voir croquis).

Pour compléter cet ensemble, on procède le 6 Juin 1832 à la construction du mur de terrasse, en continuation au sud de celui déjà fait devant l'ancien cimetière le long de la rue Basse.

La place du Porche a fort belle figure avec cet environnement de bâtiments neufs, la promenade aménagée devant l'Eglise et les bâtiments, et la fontaine du Porche alimentée par la fontaine d'Anjouan.

Ce qui permettra aux édiles de porter leurs études sur les sujets urbains qui vont se présenter :

En Mai 1833, la création de l'Abattoir au quartier des Moulins est décidée.

En 1834 est établi le plan d'organisation de l'enseignement à Lourdes, avec la création de l'Ecole supérieure.

En 1836, après une pressante intervention de la Sous-Préfecture - la Ville y étant opposée - création du Commissariat de police. M. Pailhasson sera le premier commissaire de Lourdes.


TRANSFERT DES SERVICES

Ce nouvel Hôtel de Ville va subir un changement en 1844.

L'école d'Enseignement Mutuel occupe, avec le Tribunal, l'ancien Hôtel de Ville Caubotte. La classe a souvent cours en même temps que les séances d'audience, d'où bruit et gêne.

Le 7 Mai 1844, sous la pression des magistrats, le Maire Brice Dufo et le Conseil municipal décident le transfert de l'école à la nouvelle Mairie. On l'installe à l'étage, à la salle de la Justice de Paix.

La Justice de Paix revient à l'immeuble Caubotte, dans la salle de l'école. Ainsi, l'ensemble des services du Tribunal sont regroupés dans un même lieu. La rue Municipale devient rue du Tribunal, puis rue du Palais.

Ecole et Mairie cohabiteront au Porche quelques années encore, jusqu'à ce que le développement de l'instruction nécessite la construction de bâtiments scolaires.

La Mairie du Porche occupera le bâtiment en totalité lorsque l'école s'installera dans la maison Dupont en 1849.


LES REPARATIONS

Les réparations de 1832 ont permis un fonctionnement normal des services municipaux dans l'Hôtel de Ville du Porche jusqu'en 1856f, date à laquelle il faudra faire appel à l'architecte départemental pour rénover le bâtiment.

Le 22 Juillet 1849, l'entrepreneur Dominique Lacrampe procède à la reconstitution du plancher de la salle du Conseil municipal.

Le 12 Octobre 1852, sous la Municipalité Lacadé, l'entrepreneur Jean-Marie Ladagnous effectue : le plâtrage du plafond, le repiquage des murs, le nivelage du plancher, la réfection et la peinture des contrevents et des boiseries. Le coût en est de 460 F sur une prévision de 680 F.

Mais c'est en Septembre 1856 que l'architecte départemental Tiffon établira un devis de grosses réparations , qui seront décidées le 12 Mars 1859 :
- reconstruction en pierre de la galerie en bois extérieure; réfections intérieures,
- escalier principal refait avec fenêtre agrandie,
- les sept croisées de 2,84 m. sur 1,28 m. de l'étage doivent avoir des persiennes plus larges,
- recrépissage des façades ouest et midi et des murs des vestibules,
- réfection des carrelages du grand escalier,
- pose de chenaux et de gouttières le long du toit, avec les tuyaux de descente,
- réfection des murs du Secrétariat au premier étage, ainsi que des portes et des contrevents,
- dans la galerie des lieux d'aisances, pose de tablettes en pierre supportées par huit corbeaux.
- renouvellement des peintures extérieures des boiseries.

La somme votée par le Conseil Municipal est de 2 000 F, et le 23 Mars, s'ajoutera la même année un complément pour l'ameublement de la grande salle en rideaux et glaces, pour 2 000F.

L'adjudication des travaux est donnée à J-M Ladagnous, entrepreneur à LOURDES.

Le 31 Janvier 1865, un contrat Lacadé/Ladagnous prévoit des travaux de déblaiement pour assurer une pente uniforme devant la Mairie et son raccordement à la route impériale. Le gravelage de la placette coûtera 618F.


VIE MUNICIPALE

On signale en 1847 - pour le regretter - que les chevaux vont à l'abreuvoir par 5 ou 6 et sont menés par des enfants, et que des mendiants passent tous les jours dans les maisons.

Le conseiller général Dauzat-Dembarrère est désigné en Décembre 1851 pour représenter la Ville aux fêtes de l'élection du Président de la République Louis Bonaparte.

La Grotte de Massabielle reçoit les visites de Bernadette Soubirous, accompagnée par de nombreux fidèles. C'est le départ en 1858 du destin de Lourdes, centre religieux mondial.

La Ville vend à Mgr l'Evêque, en 1861, la Grotte de Massabielle et 3 hectares 72 centiares de terrain contigu.

L'emplacement de la Gare de chemin de fer est défini en Mai 1863 : elle sera construite en 1873.

Trois ans plus tard, la ligne Toulouse-Bayonne fonctionne, le télégraphe est installé en gare.

1870 voit la création de la Gendarmerie pour surveiller les 1500 tailleurs de pierre et ouvriers de la Ville.

La Basilique supérieure de Massabielle est achevée : elle recevra les foules des pèlerinages de l'année. La Basilique du Rosaire sera construite en 1889.

Après la défaite de 1871, la France occupée doit, par un emprunt, régler la dette de guerre à l'Allemagne. Lourdes verse 10 000 F pour la libération du territoire.

On construit toujours, en 1879, le Palais de Justice à la place des Tilleuls. Même année, c'est le percement du Boulevard de la Grotte avec le Pont St Michel.

Le Château Fort devient propriété de la Ville en 1895.


FIN DE LA MAIRIE DU PORCHE

Devant l'ampleur des problèmes liés au développement de la Ville après les Apparitions, les édiles lourdais prendront conscience de l'exigüité des locaux de la Mairie. En attendant la libération progressive de la place Peyramale pour la construction d'un nouvel Hôtel de Ville - toujours dans l'optique d'installation au même lieu - c'est vers l'ancien tribunal, immeuble Caubotte, libéré par le transfert de la Justice aux Tilleuls, que vont se porter les vues du Conseil Municipal pour une période provisoire.

Le 3 Décembre 1897, la Municipalité Cazaux-Moutou décide le transfert de la Mairie à l'ancien Tribunal, rue du Palais, et la démolition de la Mairie du Porche.

Le 26 Août 1898, c'est la décision d'adjudication de la démolition à l'entrepreneur Soulagnet. Elle sera réalisée le 21 Février 1899.

Cette mutation sera le dernier épisode du chassé-croisé entre les deux immeubles, séparés de cent mètres par l'ancienne rue du Porche, aujourd'hui rue Baron Duprat.

Pour un demi-siècle, LOURDES aura son quatrième Hôtel de Ville réinstallé à la Maison Caubotte, qui aura été un centre administratif crucial de la Commune.

D. Le chassé-croisé MAIRIE/ECOLE/TRIBUNAL aux XIX et XXème siècles

1) DE LA REVOLUTION A 1829

Jusqu'en 1794 : La Maison commune est au Sud de l'Eglise St Pierre.

L'Ecole (la Faderne) est contiguë à l'Eglise, dans la Maison commune.

En 1794 : La Mairie s'installe dans l'immeuble Caubotte, second Hôtel de Ville. Le Tribunal, qui vient d'être créé, occupe l'étage.

En 1795 : L'Ecole (1ère classe), s'installe dans la grande salle de la Mairie, la 2ème classe reste à la Maison commune jusqu'en 1803.

De 1795 à 1804, Mairie, Ecole et Tribunal sont dans la maison Caubotte.

En 1804, gros travaux à l'immeuble : il faut déménager.

En Février 1804 : La Mairie revient à la Vieille Ecole (la Maison commune a été détruite, mais non la Vieille Ecole), l'Ecole aussi. Le Tribunal part en loyer rue du Bourg, chez M. Lassalle.

En Février 1809 : les travaux terminés, retour à l'immeuble Caubotte des trois organismes qui cohabiteront 20 ans.


2) DE 1829 à 1900

Le 3ème Hôtel de Ville vient d'être construit, place du Porche. Le 1er Septembre 1829, la Mairie quitte la maison Caubotte et prend place au rez-de-chaussée. La Justice de Paix s'installe à l'étage du nouveau bâtiment.

L'Ecole reste à la maison Caubotte, ainsi que le Greffe et le Parquet du Tribunal.

En Mai 1844, nouveau chassé-croisé car l'Ecole gêne les magistrats. Elle quitte l'immeuble Caubotte, laissant la place libre à la Justice de Paix qui s’y installe. Le Tribunal, entièrement reconstitué, restera dans ces lieux jusqu'en 1882.

L'Ecole va s'installer à la place libérée dans la Mairie du Porche par le départ de la Justice de Paix. Cela pour 5 ans seulement car il faut plus de place aux élèves des deux classes (classe primaire et classe supérieure).

En 1849, l'Ecole part en loyer chez M. Dupont, rue de Langelle, en attendant la construction d'un nouveau bâtiment.

La Mairie reste seule au Porche.

Ici se placent deux mouvements concernant l'Ecole.

La Municipalité Lacadé a appelé les Frères enseignants qui auront de nombreux élèves. En 1855, on les installe dans la maison Dupont et l'Ecole communale revient à la Mairie du Porche.

En 1858, le bâtiment de l'Ecole des Frères est construit rue de Bagnères. Les Frères s'y installent et libèrent la maison Dupont : l'Ecole communale quitte la Mairie et revient chez Mme Dupont. Elle y restera jusqu'en 1898, date à laquelle elle s'installera dans l'enclos Larrieu, rue de Langelle, où elle est aujourd'hui.

NOTA. Il faut signaler, lorsqu'il est énoncé dans le triptyque Ecole-Mairie-Tribunal qu'il n'est mention que de l'école communale de garçons. La mixité n'existant pas, les écoles de filles - publiques et privées - ont leurs propres locaux. On ne signale qu'une fois le transfert dans la salle de la Mairie, rue Baron Duprat, de l'école enfantine, dans l'attente de la construc-tion de l'école enfantine de la rue des Jardins (rue H. Lasserre) en 1904.

La Ville a fait construire place des Tilleuls un beau Palais de Justice.

En 1882, le Tribunal s'y installe, libérant l'immeuble Caubotte qui restera inoccupé quelques années.

En 1899, la Municipalité quitte la Mairie du Porche qu'il faut abattre pour cause de vétusté d'abord, et aussi en vue de l'aménagement de la place Peyramale (l'Eglise sera aussi sacrifiée, ainsi que de nombreuses maisons). La Mairie revient à l'immeuble Caubotte rénové, rue Baron Duprat, avec les services de la Police.


3) AU XXème SIECLE

Après plusieurs études et projets non réalisés, la Ville a acheté la Villa Roques-Soubirous, route d'Argelès.

En 1942, la Mairie quitte l'immeuble Caubotte et occupe la Villa. Le Commissariat de Police reste en place.

En 1989, la Villa Gazagne est achetée, des Services municipaux s'y installent.

En 1994, la Villa Rachel voisine complète l'ensemble des bâtiments de l'Hôtel de Ville.

En 1950, le Tribunal quitte le Palais de Justice des Tilleuls. Le Correctionnel part à Tarbes. La Justice de Paix va au Château de Soum.

En 1980, le Palais de Justice devient le Palais des Congrès.

E. LA MAIRIE 1900 : 4ème Hôtel de Ville

En 1882, le Tribunal va s'installer dans le Palais de Justice que la Ville a fait construire place des Tilleuls, selon les plans de l'architecte communal Simian. Ce départ libère l'immeuble Caubotte, rue Baron Duprat (ancienne rue du Palais). La Municipalité, qui est à l'étroit dans la Mairie du Porche, va envisager le transfert des Services municipaux dans l'immeuble libre.

C'est l'époque des grands travaux de construction à LOURDES, menés de main de maître par l'architecte Jean-Marie Lacrampe, et où s'exerce le talent des tailleurs de pierre : école laïque des garçons, école des Frères, château de Soum, grands Hôtels près de la Grotte et belles villas.

Il sera donc facile d'aménager la nouvelle Mairie dans l'ancien Tribunal.

C'est l'année 1897 qui détermine le changement.

La séance du 26 Octobre voit la décision de transfert de la Mairie du Porche à l'ancien Tribunal (immeuble Caubotte qui était déjà en 1794 le second Hôtel de Ville). C'est l'architecte J-M. Lacrampe qui va établir les plans de restructuration.

Le 28 Novembre, les plans sont approuvés, ainsi que le devis de 8 807 F, après que le cahier des charges ait été étudié en Commission le 22 Novembre.

Le 3 Décembre, la nouvelle installation est confirmée, et décision est prise de la démolition de la Mairie du Porche.

L'année suivante 1898 va voir la réalisation des travaux de réfection. Ils portent sur la porte d'entrée, le couloir, le cabinet du Maire et ceux des adjoints, le vestibule, la salle de délibération, l'installation des bureaux, les façades, le pavillon annexe, la salle de répétition, le logement du concierge, le Commissariat, les deux cours, les "violons", le secrétariat, le grand escalier.

L'adjudication en a été donnée le 6 Février 1898 à Pierre Gelé, entrepreneur à LOURDES, pour 7 029 F, car ayant proposé le meilleur rabais sur le devis initial.

Le 1er Octobre 1898, des travaux supplémentaires pour 2 826 F. seront effectués, suivant un devis établi par J-M. Lacrampe le 9 Juin :
- réfection du plancher au premier étage,
- réfection de l'escalier avec couverture en verre,
- agrandissement des portes donnant sur l'escalier,
- étaiement du plancher de la salle de délibérations.

Au début de l'année 1899 le Conseil Municipal s'installe à la nouvelle Mairie. La rue du Palais s'appelle rue Baron Duprat. Le Maire est M. Cazaux-Moutou : sa Municipalité a été une des plus actives du siècle, ayant réalisé des édifices publics importants et apporté son concours à des entreprises valorisant le patrimoine communal, comme le Funiculaire du Pic du Jer et l'exploitation des carrières communales.

L'entrepreneur Pierre Gelé présentera son décompte des travaux le 24 Mars 1900, s'élevant à 11 690 F. Et le 15 Avril, Jean-Marie Lacrampe délivrera le certificat de réception définitive des travaux.

Parallèlement à cette rénovation de la nouvelle Mairie, un autre entrepreneur, M. Soulagnet, obtient le 26 Août 1898 l'adjudication de la démolition de l'Hôtel de ville du Porche. Le 21 Février 1899, il procède a cette suppression qui va, avec celle de l'Eglise Saint Pierre et d'autres immeubles, libérer une grande surface pour aménager la place Peyramale.


DESCRIPTION DES LIEUX

- Au rez-de-chaussée : la surface de 32 m. sur 14 m. comprend : la grande salle pour les réunions publiques et de Sociétés (principalement pour les répétitions de l'Harmonie Municipale), donnant sur la rue Baron Duprat; en remontant la rue des Petits Fossés, se trouvent le logement du concierge, le poste de Police et le bureau du Commissaire. Un passage couvert fait communiquer deux cours, dont l'une accède aux deux "violons", pour hommes et femmes.

- A l'étage : la salle de délibérations du Conseil Mal, les bureaux du Maire, des adjoints et des secrétaires. Sur le côté ouest, sont les pièces attribuées aux Services techniques, à l'architecte municipal, au Cadastre, au plaçage et à l'octroi.


LES AMELIORATIONS

Nous sommes maintenant dans le XXème siècle et le modernisme va exiger, sur le plan de l'hygiène, du confort et de l'esthétique que l'on procède à des aménagements.

En 1902, on procède à l'installation du tout à l'égout, vers la rue des Petits Fossés - qui remplace la fosse d'aisances de l'immeuble.

En Octobre 1907, travaux au bureau du Secrétariat du premier étage, pour la somme de 300 F.

Crépissage de la façade de la Mairie, devis de 317,81 F.

En Mars 1908, installation du chauffage de la Mairie et de la salle d'audience du Palais de Justice par calorifères, dépense de 500 F. (fournitures de M. Martinetti de Tarbes).


FIN DU 4ème HOTEL DE VILLE

La Mairie fonctionnera dans cet immeuble jusqu'en 1942.

Il a toujours été dans l'esprit des édiles lourdais que cette installation dans l'ancien Tribunal ne serait que provisoire, le retour vers le Porche étant le désir avoué de tous les administrateurs. C'est pour cela que sera libérée de constructions la place Peyramale et que le projet d'un grand Hôtel de ville sur la place sera étudié par l'architecte Seyrès et verra le jour en 1934, mais restera à l'état de projet.

Une autre proposition d'installation au Palais de Justice sera proposée, mise en forme par des architectes, et abandonnée lorsqu'en 1942, saisissant une heureuse opportunité, les édiles lourdais choisiront l'immeuble qui est l'Hôtel de Ville actuel.

L'immeuble Mairie de la rue Baron Duprat sera laissé en totalité aux services de Police, qui le convertiront en un Commissariat moderne.

F. LA CREATION DE LA PLACE PEYRAMALE

Ce chapitre précède la présentation d'un projet, né à la fin du XIXème siècle, visant à rétablir l'Hôtel de Ville à la place Peyramale.

Au début du XIXème siècle, l'espace compris entre la rue Basse et la rue St Pierre est entièrement occupé par des constructions :
- au centre : l'Eglise entourée du cimetière,
- au nord : angle rue St Pierre / rue Traversière, les immeubles Balette-Lannegrand; angle rue Basse / rue Traversière, les immeubles Nicolau-Auzous,
- au sud : la Mairie, flanquée de la Vieille Ecole, et trois maisons attenantes.


Pour faire de cette surface une place nette, diverses opérations seront réalisées au fil du temps. Toujours dans l'optique d'y établir l'Hôtel de Ville, car les édiles lourdais ont constamment vu dans le Porche le cœur de la cité. Ils se rappelaient que la Maison Commune y était implantée. S'ils ont dû à deux reprises se replier par nécessité à l'immeuble Caubotte, ils ont aussitôt projeté de revenir au Porche :

1) En 1827 : Le Conseil Municipal décide de changer la destination du bâtiment neuf de l'école de l'Enseignement Mutuel pour en faire la troisième Mairie, installation réalisée deux ans après.

2) En 1898 : Lorsqu'elle décide de revenir à l'immeuble Caubotte rénové, la Municipalité Cazaux-Moutou achète, la même année, les immeubles Balette et Nicolau-Auzous, situés au nord de la place actuelle, pour y construire une nouvelle Mairie et un square.

La comparaison des figures 1 et 2 montre les diverses transformations opérées.


LES ACTES SUCCESSIFS DE CREATION

11 Floréal An II (30 Avril 1794) : Le Conseil Général de LOURDES décide le transfert du cimetière qui est autour de l'Eglise à l'Arbéret (aujourd'hui cimetière de l'Egalité). Le 5 Avril 1804, le Maire constate la réalisation de ce transfert : le terrain libéré est devenu une promenade.

21 Septembre 1862 : Achat par le Conseil Municipal de trois maisons au sud-est de l'Eglise (contre la Mairie), par voie d'expropriation : maisons Salsac, Daléas et Morillon.

24 Octobre 1864 : Les maisons Salsac et Daléas sont détruites pour dégager la Mairie.

En 1888 : M. Morillon veut reprendre sa maison ayant fait l'objet d'une expropriation en 1855, sur le motif qu'elle a été louée par la Commune, d'abord à M.Forio, coutelier, puis à un marchand de tabac; donc détournée de sa destination : elle aurait dû être abattue, comme les autres maisons mitoyennes, pour agrandir la place de la Mairie. La Ville modifie alors le cahier des charges, ce qui annule la réclamation.

1899 : La Mairie du Porche est abattue, ainsi que la maison Morillon.

1904 : L'Eglise St Pierre est à son tour abattue. L'Eglise actuelle du Sacré-Cœur est ouverte depuis le 8 Septembre 1903. Restent donc les immeubles côté nord.

22 Septembre 1898 : La Ville se rend acquéreur des immeubles Balette, pour construire une Mairie et un square, par acte notarié signé Cazaux-Moutou/Balette, ainsi désignés :
- une maison d'angle rue St Pierre/rue Traversière, où se trouvent la Poste et l'Octroi, plus un bâtiment en fond de cour, l'écurie, les remises et une cour;
- une maison de rapport, comprenant rez-de-chaussée et deux étages, avec plusieurs locataires (dont la librairie Carret) ;

La surface totale est de 505 m2. La vente est faite pour le prix de 80 000F. devenu 106 000F. à la clôture de l'achat le 17 Octobre 1905. Les baux seront prorogés jusqu'en 1930.

13 Décembre 1902 : Achat, par voie d'utilité publique pour construire une Mairie, des immeubles Nicolau Antoine, dit Harriaca, et Antoinette Auzous, à l'angle des rues Basse et Traversière. La première promesse de vente date du 22 Février 1898. L'achat comprend :
- une maison comprenant rez-de-chaussée, un étage et des mansardes, et une grange avec grenier à fourrage,
- une autre maison avec rez-de-chaussée, étage et grenier, et les dépendances : cour, jardin, hangars, cabinets, fosse à fumier,

La surface est de 602,23 m2, évalués 100 000 F. Les maisons sont occupées par de nombreux locataires et commerces, dont les baux seront prorogés jusqu'en 1930.

1er Février 1932 : La démolition des immeubles Nicolau-Auzous et Balette est entreprise par Cyprien Courrèges, entrepreneur à LOURDES, qui a obtenu l'adjudication des travaux le 23 Décembre 1931. La liquidation de cette démolition apparaîtra au budget 1933 pour un montant de 33226 F.

A la fin de la grande Guerre 1914-18, et pour honorer les Morts de la Ville, la Municipalité Bouriot met au concours le 4 Décembre 1922 un projet de Monument aux Morts à édifier sur la place. Celui présenté par l'architecte M. Gay et le sculpteur M. Mourgues est adopté le 13 Novembre 1923. Réalisé en 1927, il est inauguré en Mars 1928. L'entourage du Monument est fait d'une grille posée en Mars 1935 par l'entrepreneur Malaval.

Le projet de nouvel Hôtel de Ville, présenté par l'architecte M. Seyrès, ne pouvant être réalisé, sans doute à cause de son devis élevé, la place sera aménagée selon un plan publié le 31 Mars 1936. Il prévoit :
- le nivellement général à partir du Monument aux Morts,
- un entourage par une clôture avec bacs à fleurs,
- un jardin central entouré d'une promenade de six mètres de large,
- au sous-sol, un parc de stationnement d'automobiles, le dépôt de matériel de la voirie, les cabinets d'aisances.

Ces travaux sont évalués à 150 000 F. et sont complétés par l'élargissement de la rue Basse.

Des bassins avec jets d'eau seront ajoutés plus tard dans le jardin central.

Ainsi s'est trouvée constituée la place désignée Peyramale, du nom du curé de LOURDES au moment des Apparitions.

La nouvelle et actuelle structure de la place sera réalisée en 1993, avec l'édification du bâtiment en verre Office du Tourisme et salle d'Expositions, et après la construction du Parking souterrain en 1991-92.

G. LE PROJET SEYRES - Place Peyramale 1934

Ce projet, né dès l'installation en 1899 de la quatrième Mairie à la rue Baron Duprat, sera étudié aussitôt que la place Peyramale sera libérée. Ce sera chose faite en 1932, après la démolition des immeubles Nicolau-Auzous et Balette. C'est le conseiller Lucien Pourxet qui présente un rapport approuvé le 26 Juillet 1932, portant description d'un nouvel Hôtel de Ville. Les plans en seront dessinés par Ernest Seyrès, architecte de la Ville, et présentés le 16 Août 1934. Le devis portera sur la somme de 7 133 380 F.


DESCRIPTIF

L'ensemble se présente sous une forme élancée, à pignons à forte pente et à fenêtres toutes en hauteur. La façade principale donne sur la place Peyramale. Plusieurs entrées donnent accès à l'immeuble :

a) en sous-sol :
- la partie ouest est occupée par les services de Police, les bureaux du Commissaire et des secrétaires, le dépôt de la voirie, le corps de garde, ainsi que le Syndicat d'initiative,
- la partie est se partage entre la salle de musique, la chaufferie, les bains douches et sanitaires, et les ateliers.

b) à l'entresol rez-de-chaussée :
- à l'ouest, la bibliothèque et le dépôt de livres, les archives et la salle de documentation,
- à l'est, les bureaux de l'architecte, le cadastre, le contrôle de l'eau et de l'éclairage, le logement du concierge.

c) à l'étage :
- deux grandes salles séparées par le salon de réception :
- à l'ouest : la salle du Conseil Municipal de 16 m. sur 8 m., suivie des bureaux du Secrétariat,
- à l'est : la salle des mariages de 16 m. sur 8 m., suivie des bureaux des adjoints.

Ces pièces pouvant être réunies pour constituer une salle des Fêtes de 36 m. sur 8 m. Enfin, sur l'arrière, une grande terrasse.

d) au grenier : le dépôt des vieilles archives, celui du mobilier pour les élections, les ateliers de réparations.

Cette étude est restée à l'état de projet.

Sept ans plus tard va se présenter une opportunité que saisiront les édiles lourdais nommés par l'Etat Français. L'Hôtel de Ville de la place Peyramale ne verra pas le jour, et la place restera sous forme de square jusqu'en 1991.

H. LE SECOND PROJET AU TRIBUNAL

Le projet Seyrès étant abandonné de par son coût très élevé, l'idée a germé d'installer l'Hôtel de Ville dans l'immeuble du Palais de Justice, place des Tilleuls, construit en 1875 par l'architecte municipal Simian.

C'est à la suite du pèlerinage national des Anciens Combattants et Victimes de Guerre de 1937, organisé par l'abbé Bergey, que la nécessité d'un nouveau bâtiment s'est avérée urgente. Pour recevoir les autorités civiles, militaires et religieuses présentes au Pèlerinage, il a fallu emprunter aux magistrats les salles du Palais de Justice, seul lieu susceptible d'accueillir les participants, la Mairie de la rue Baron Duprat étant inadaptée de par l'exiguïté des locaux.

Dans la séance du Conseil municipal du 27 Décembre 1937, il fut donc décidé :
- d'acquérir la Maison d'Arrêt de Lourdes, sise rue de Bagnères, désaffectée par les Pouvoirs publics,
- de construire sur son emplacement un Palais de Justice,
- de transformer en Hôtel de Ville le Palais de Justice actuel dès que le nouveau serait édifié.

En 1938 ont été dressés les plans de ces aménagements.

C'est le 31 Octobre 1940 que la Ville de Lourdes s'est rendue acquéreur de la Prison et des terrains en dépendant pour la somme de 100 000 F, sous la condition de construire en premier le Tribunal.

A) La mise au concours, dès le 3 Décembre 1938, du projet de construction du nouveau Tribunal a donné pour résultat le premier prix attribué à M. Jules Noutary, architecte à Pau. Le premier devis de 1 800 000 F a été réévalué le 1er Décembre 1940 à 2 997 236 F et approuvé par le Conseil municipal le 17 Décembre.

M. Noutary est le fils de Jean-Baptiste Noutary, l'ancien adjoint au Maire de Lourdes, et également Lieutenant de la Compagnie des Sapeurs-Pompiers de 1870 à 1881.

B) Le projet relatif à la transformation en Hôtel de Ville du Palais de Justice actuel a été confié, toujours à la suite d'un concours, à M. Vergnaud, architecte à Tarbes. Le devis de 1938 a été réévalué en Décembre 1940 à 814 624 F.

C) Pour assurer le financement des deux projets, l'emprunt doit être envisagé. Il convient de prévoir, au taux de 3%, une annuité de remboursement de 90 000 F, et ce, sans augmentation des taxes municipales, ni de centimes additionnels. Les municipalités d'avant-guerre se sont toujours appliquées à faire des Lourdais les contribuables les moins imposés du département.

Comme le projet Seyrès, ces projets de construction et de translation seront annulés l'année suivante, en 1941, car la Ville saisira une heureuse opportunité avec l'offre de cession de la Villa Roques qui deviendra l'Hôtel de Ville actuel.


L'AVANT-PROJET DU PALAIS DE JUSTICE

DESCRIPTIF

- Façade principale sur la rue de Bagnères,
- Entrée des Greffes, Magistrats et Avocats sur la voie projetée et face au stationnement,
- Axe Nord-Sud : d'un côté : salle du Tribunal civil et correctionnel, avec salle du Conseil et les cabinets des Juges et du Président; de l'autre côté : bureaux du Procureur et du Juge d'Instruction; au sous-sol : les Archives et les commodités,
- Escalier monumental pour accéder à la bibliothèque,
- Conciergerie près de l'entrée secondaire,
- Extérieurs : matériaux et main d'œuvre de la région, architecture du pays,
- Défense passive : grande salle située sous la salle d'audience pour 60 personnes, mais équipée pour 20, avec deux entrées, murs coupe-feu, conduit imperméable de 20 mètres pour obtenir sous le clocheton de l'air pur,
- Entourages : trottoir rue de Bagnères, graveline sur les allées de l'entourage de l'immeuble, sol sur le parc d'autos, sablage des vides intérieurs.


LA TRANSFORMATION DU PALAIS DE JUSTICE EN HOTEL DE VILLE

DESCRIPTIF

- Création d'une salle de réception dans la cour centrale Est (entre le corps principal et les deux bâtiments en aile Nord et Sud),
- Sous-sol distribué en chaufferie pour chauffage central, cave à charbon et bûcher,
- Nouveaux services de Mairie : secrétariat dans la salle du Tribunal civil,
- Aile Sud : cabinets du Maire, des adjoints et des Commissions,
- Aile Nord : Commissariat de Police et logement du Concierge,
- Voirie dans la salle de Justice de Paix,
- Archives dans les combles,
- Réfection de la couverture en ardoises,
- Peinture et ravalement des façades,
- Mobilier,
- Jardin et clôtures.
- Devis de 850 000 F présenté par M. Vergnaud le 18 Novembre 1940.

I. LA VILLA ROQUES

Le 18 Juillet 1941, après la défaite de 1940, l'Etat Français installe à LOURDES une Délégation Spéciale, qui remplace le Conseil Municipal. Le président en est Auguste Brenjot, faisant office de Maire.

Une offre de cession à la Ville se fait jour, celle d'une belle villa, construite par l'architecte Jean-Marie Lacrampe dans les années 1900, appartenant à la famille Roques, et située au début de la route d'Argelès.

La Délégation Spéciale est intéressée : elle y voit la possibilité d'y installer la Mairie, le projet Seyrès de 1934 ayant été abandonné, et le projet de 1940 d'installation au Tribunal et de construction d'un nouveau Palais de Justice s'avérant problématique.

Par délibération du 29 Juillet 1941, l'achat de la villa est décidé et le 2 Septembre 1941 paraît l'arrêté du Préfet René Le Gentil prévoyant l'acquisition par voie d'utilité publique.

Le 9 Septembre 1941, l'acte d'acquisition est établi par Me. Rebeyrol, notaire à LOURDES, M. Auguste Brenjot représentant la Ville et Mme Laurentine Soubirous, veuve Roques, étant propriétaire. Le prix sera de 1 500 000 F., réglés de la façon suivante :
- 300 000 F. versés à la signature de l'acte,
- 980 000 F. par un emprunt contracté par la Ville,
- 220 000 F. versés le 31 Décembre 1941.

La Villa étant occupée par plusieurs locataires (MM. Brieu et Bousquet, Me. Fesquet et Thoumieux), il faudra leur verser des indemnités de départ.

DESCRIPTION

Il s'agit d'une maison bourgeoise, située avenue Foch, comprenant un rez-de-chaussée et trois étages, sur une superficie de 2 200 m2, cadastrée Section B, n° 86p et 87p, au lieu-dit Lannedessus.


LES AMENAGEMENTS

- 1941 : Réfection des façades - Pose des clôtures.
- 1942 : Travaux de peinture - de plâtrerie - de menuiserie - Installation électrique.
- 1944-45 : Ameublement de la salle du Conseil Municipal par l'entreprise Minvielle-Cabanne.
- 1946 : Installation du chauffage central.
- 1947 : Peintures extérieures.
- 1948-49 : Installation téléphonique dans l'immeuble.
- Février 1969 : Aménagement du bureau du Maire.
- 1967-68 : Délibérations du 29 Décembre 1967 et du 28 Février 1968 portant création du Parking de la Mairie.
- 25 Mars 1969 : Le Parking sera réalisé par l'entreprise Béguère à l'ouest du bâtiment.
- En 1990 : L'entreprise Bigorre Construction réalisera le parvis qui réunit les trois immeubles formant aujourd'hui l'ensemble administratif de la Ville.


L'AGRANDISSEMENT

Il se fera, non par transformation, mais par acquisition de deux villas mitoyennes de la Mairie :

a) LA VILLA GAZAGNE

Achetée en 1989 par la Municipalité Abadie, d'une superficie de 693 m2, située au nord et de style proche de la villa Roques, elle appartenait à Me Gazagne, notaire à Lourdes et Maire de la Ville de 1929 à 1941. Y sont installés les Services de l'Etat-Civil, les Services Sociaux (Centre Communal d'Action Sociale) et les Services concernant la Culture et la Communication.

b) LA VILLA RACHEL

Origine de propriété : la Villa a été construite sur un terrain acquis par Me Navarret, avocat à Lourdes, à Me Gazagne, notaire. L'acte d'achat date du 29 Novembre 1901 (Etude Canonne). La Villa a été construite en 1902. Elle s'est appelée Rachel à la naissance de la fille de Me Navarret en 1907.

La Villa Rachel a été vendue aux consorts Picot (de Cholet) par Mme Veuve Navarret et sa fille le 18 Janvier 1946.

La Villa Rachel a été revendue à la Ville de Lourdes par les consorts Picot le 11 Mars 1993. De surface de 400 m2, située à l'ouest, elle vient de recevoir les Services Techniques de la Ville. La réfection intérieure et extérieure (peintures en harmonie avec les villas Roques et Gazagne) a été réalisée en Janvier 2001. Les lettres N et S entrelacées à la base de la rampe de l'escalier sont les initiales des constructeurs Jean-François Navarret et son épouse Jeanne Soulé.


LE CENTRE ADMINISTRATIF LOURDAIS

L'ensemble des trois villas forme un groupe harmonieux, jouxtant le jardin des Tilleuls et le Palais des Congrès en un ensemble fonctionnel et d'agrément. La proximité des Halles et du Forum ont fait que la vie publique lourdaise s'est déplacée, dans la deuxième partie du siècle, de l'ancien Porche vers le Champ Commun, soulignant ainsi le développement de la Ville, trop à l'étroit dans ses anciennes structures.

Reste, au cœur de la cité, l'impérissable Château-Fort de Mirambel, témoin de l'histoire ancestrale, rappelant aux Fils et Filles de LOURDES qu'ils sont garants de l'identité bigourdane.

LES MAIRES DE LOURDES

ABADIE Pierre 1782
NORMANDE Julien 1790
CROUZET 1-1-1793
DUFO Aîné Jean 5-6-1793
LACAY Pierre 1795
(Agent Municipal)
LATOUR Martin 1800
FRANCEZ Bernard 1803
DAVEZAC Pascal 1808
LATOUR Martin 1813
DAVEZAC Pascal 1815
JOANAS Bernard 1816
LATOUR Martin 1820
LATAPIE Jean-Marie 1830
LATOUR DE BRIE Martin 1835
DUFO Brice 1838
LACADE-ABADIE Anselme 1848
LAPEYRE Nestor 1866
LARRIEU Maxime 1871
BARTHIER Ferdinand 1876
LAPEYRE Nestor 1877
BARTHIER Ferdinand 1878
LAPEYRE Nestor 1881
BARTHIER Ferdinand 1884
LAPEYRE Nestor 1885
LAVIGNE Justin 1892
CAZAUX-MOUTOU J.-Marie 1896
LAPEYRE Nestor 1900
CAZAUX-MOUTOU J.-Marie 1901
LACAZE Justin I 1904
BOURIOT Laurent 1919
LACAZE Justin I 1925
LATAPIE Lucien 1926
GAZAGNE Lucien 1929

Délégation spéciale : BRENJOT Auguste 1941

DUPIERRIS Georges 1944
BEGUERE Antoine 1952
VIRON Noël 1960
LACAZE Justin II 1965
ABADIE François 1971
DOUSTE-BLAZY Philippe 1989
ARTIGANAVE Jean-Pierre 2000


LOURDES, SALUT ! SALUT A TU !

O BILA TANT AYMADA !

TOUS QUEM ACI

UNIS PER L'AMISTAT !