Le salaire des tailleurs de pierre

C'est par analogie avec le salaire servi pour d'autres travaux que l'on peut évaluer le salaire des ouvriers de la pierre.

Le 26 Février 1817, pour les travaux sur les chemins, le prix du char de transport ainsi que la journée de main d'œuvre est fixé à 1,75 F.

Le 21 Mars 1830, pour les travaux communaux, le prix de chaque journée d'homme est de 1,25 F, alors que la location d'un tombereau à un cheval est payée 1 F.

En 1832,une journée d'ouvrier du bâtiment de 10 heures est payée 2F.

Dans la seconde moitié du siècle :

  1. En 1860, les documents relatifs à la construction du Pont Napoléon nous renseignent avec plus de précision. Un manœuvre touche 0,23 F de l'heure de travail (4,50 F actuels) et la journée de 10 heures lui rapporte 2,30 F. Mieux rétribué est l'ouvrier tailleur de pierre qui reçoit 0,35 F/h, soit 3,50 F par jour. Le compagnon (égal au contremaître) touche 5 F par jour. La location d'une voiture à cheval avec son conducteur revient à 5,50 F pour la journée.
  2. En Juin 1889, lors du conflit Ville/Grotte sur la construction du Rosaire, un rapport de commission porte qu'un tailleur de pierre touche 3 F par jour et travaille 200 jours par an. Il reçoit donc 600 F, plus "ce que peuvent rapporter femme et enfants : d'autres corps de métier vivent avec beaucoup moins".
  3. L'année 1898, date de la construction de l'école laïque de garçons, prouve que les salaires n'ont guère évolué. Le manœuvre se retrouve sous-payé à 2,50 F/jour, l'ouvrier maçon reste à 4 F/jour. La journée de voiture ou tombereau avec conducteur, pour un gabarit ne pouvant porter que 1/2 m3 de sable, revient à 6 F. Si le modèle plus grand peut porter 1 m3, on devra donner 9 F. Aujourd'hui, la camionnette se loue pour la journée 600F.

Si LOURDES reste à l'écart des grands mouvements sociaux de la fin du XIXème s., cela est dû à l'esprit d'entraide qui s'est établi entre édiles et citoyens et entre les ouvriers au sein de la Confrérie. Le climat créé par la venue des pèlerinages après 1860 y est aussi pour une grande part. Le clivage entre les diverses couches de la population reste adouci par l'action sociale des gouvernants locaux.