A - LES SYNDICATS
Le syndicat des carriers de Lourdes, inscrit sous le n° 184 du répertoire départemental a été créé le 27 Juin 1936. Son siège est au café du Trinquet, rue J. Barbet : il compte 212 membres. La cotisation mensuelle est de 4 F.
Le secrétaire général est M. Jean Bruaut, son adjoint est M. J.B. Bourdette ; le trésorier est M. L. Doucet et l'archiviste est M. J. Lignier.
Les revendications portent sur la semaine de 40 heures, l'octroi de 15 jours de congés payés, la fixation de salaires : 1) mineurs : 5,50 F/h - 2) spécialiste ajusteur tourneur : 6 F/h - 3) manœuvre : 5 F/h.
L'année suivante vont être déclarés deux autres syndicats parents: le syndicat des carriers des Trois Vallées, secrétaire Jean Faure, de Lugagnan et le syndicat professionnel des mineurs ardoisiers de Bigorre, sis à Ségus.
B - LA GREVE DE 1925
Le XIXème s. n'aura pas vu de grève organisée à LOURDES . Toute demande sera présentée sous forme de pétition qui aura toujours une réponse. Par le caractère même de la Confrérie, par son action, par cet esprit d'exploitation " en bon père de famille" exigé des adjudicataires, l'arme suprême de l'ouvrier – la cessation du travail – ne planera pas sur les carrières.
Il en sera de même au XXème s. en ce qui concerne les ouvriers bigourdans. Il faudra la pugnacité des ouvriers espagnols employés à la carrière de l'Ophite pour que la première – et seule – grève touche la profession.
Animée par un syndicaliste espagnol, la grève débute le 2 Janvier 1925. Elle touche d'abord la carrière de l'Ophite où travaillent 110 ouvriers. 95 ouvriers espagnols font grève, les ouvriers français continuent à travailler et assurent une production ralentie.
La grève s'étend aussitôt à la carrière voisine Blavet où 30 ouvriers espagnols suivent leurs camarades de l'Ophite. Ici aussi, les ouvriers français continuent à travailler.
La revendication des grévistes :
Elle ne porte que sur un point : la diminution de la durée de la journée de travail, actuellement de 10 heures et que l'on exige à 8 heures, avec le maintien du 1/4 d'heure pour le casse croûte et avec le même salaire.
Une première concertation échoue, puis sur conciliation du juge, l'accord se fait sur la journée de 9 heures avec même salaire. La journée de 9 heures sera payée 20 F à l'Ophite et 23,50 F à la carrière Blavet. La grève cesse le 14 Janvier à l'Ophite et le 17 Janvier à la carrière Blavet.
Les conséquences :
La carrière Blavet retrouvera ses 49 ouvriers après la grève. Mais l'Ophite subira un rude choc : 40 ouvriers seront repris sur les 110 d'avant conflit, les autres s'étant expatriés vers la montagne et surtout vers les Landes. L'effectif primitif des ouvriers ne se retrouvera qu'après guerre.
La grève de 1925 fut le seul mouvement social signalé dans l'exploitation des carrières.