par Jean-Noël Joffin (*) avec l'aide précieuse de Bernard Chevalier (*)
paru dans l'OPÉRON XXI - N°2 - Janvier 1996 revue de l'Union des Professeurs de Physiologie Biochimie Microbiologie accompagné de "hypochlorites et eaux de Javel : un peu d'histoire et de chimie... et de biochimie" par Guy DURLIAT et Jean Louis VIGNES" et "extraits et eaux de Javel : quelques expériences avec une électrode à oxygène et un spectrophotomètre" par Guy DURLIAT et Sophie LOGNON
L'article original est profondément remanié.
- document chambre syndicale (activité désinfectante de l'eau de Javel)
- désinfection et sida
- tableau de correspondance solutions-matières premières
- articles de journaux
L'eau de Javel est rencontrée sous différentes formes, y compris dans les usages domestiques. Chaque forme présente des avantages et inconvénients qui dépendent de l'utilisation de la solution. On trouvera :
Quelques exemples de formes de commercialisation trouvées au supermarché : (cliquer pour agrandir)
| bidon de 2 L | bidon de 5 L | berlingot | pastilles
non disponible |
| Les comprimés sont des pastilles de dichloroisocyanurate de sodium réagissant avec l'eau pour donner de l'hypochlorite et de l'acide cyanurique (ne présentant aucun rapport avec les cyanures...) selon la réaction suivante (que l'on peut évidemment écrire sous d'autres formes en fonction du pH) :
(formule : catalogue Aldrich-Sigma) Autre nom : Sodium dichloro-S-triazinetrione (CAS 2893-78-9) d'après bernard tailliez. VOIR |
![]() |

L'acide cyanurique obtenu a peut être un effet antiseptique. Il n'est pas mentionné par les fabricants donc peu probable.
Les différentes unités rencontrées ou possibles sont :
2 H+ +Cl- + ClO- --> Cl2 + H2O
Cette libération suppose la réaction d'une quantité suffisante d'acide chlorhydrique. Le degré chlorométrique anglosaxon est probablement exprimé par kg. CETTE UNITÉ EST ABANDONNÉE EN 2001 LES EAUX DE JAVEL FRANÇAISES SERONT EN % DE CHLORE ACTIF.
1 g de dichloroisocyanurate de sodium libère 0,3 g de chlore actif.
Tout le problème est de savoir quelle unité utiliser. En bons chimistes, il pourrait sembler qu'une expression molaire (en mmol.dm-3 par ex.) serait la bonne... L'Europe a choisi, en 1994, l'expression anglosaxonne en pourcentage de chlore actif.
Les premières expressions ne posent guère de problèmes de conversion. En considérant le dichlore comme un gaz parfait, une solution à 1° chlorométrique est, dans les conditions normales de température et de pression, à 44,6 mmol.dm-3 d'hypochlorite, donc à 3,16 g.dm-3 en Cl2, à 2,30 g.dm-3 en ClO-, et à 3,32 g.dm-3 en Na+,ClO-.
L'expression en pourcentage de chlore actif est plus délicate à manipuler car la référence est massique et non plus volumique : la masse volumique de la solution intervient donc...
Sur les emballages on trouvera l'expression suivante : 36 °chl. correspondent à 9,82 % de chlore actif mais on ne pourra pas en déduire qu'1° chl. correspond à 0,27 % de chlore actif car il n'y a pas proportionnalité.
Il faut donc connaître la relation entre masse volumique et concentration pour convertir °chl en % qui de plus, peut varier selon les matières premières utilisées car il existe deux matières premières différentes :
(sources : Chambre syndicale de l'eau de Javel)
Voici les courbes tracées d'après les mêmes sources (voir tableau en fin d'article)
Le tableau nous permet de déterminer approximativement la masse volumique des solutions d'eau de Javel (préparées à partir de la solution à 50°chl.) en supposant la masse volumique égale à la densité à 20°C :
On en déduit, à partir des données précédentes,
que la solution d'eau de Javel à 36° chlorométriques libère 114,1 g de dichlore par dm3 donc pour 1,162 kg.
100 g libèrent 9,8 g de dichlore, donc que le % de chlore actif est de 9,8 valeur égale aux 9,8 % annoncés.
De la même façon, la solution d'eau de Javel à 12° chlorométriques est à 3,61 % soit 3,6 %.
Le tableau ci-dessous rassemble les différentes données pour la conversion entre unités et permet d'effectuer facilement les calculs nécessaires POUR DES SOLUTIONS DILUÉES :
| °chloromé-triques | mmol.dm-3 de ClO- | g.dm-3 en Cl2 (M = 70,9 g.mol-1) |
g.dm-3 en ClO- (M = 51,5 g.mol-1) |
g.dm-3 en Na+,ClO- (M = 74,4 g.mol-1)
|
% de chlore actif (SOLUTION DILUÉE) |
| 1,00 | 44,6 | 3,17 | 2,30 | 3,32 | 0,316 |
| 3,16 | 141,0 | 10,00 | 7,26 | 10,50 | 1,00 |
| 0,30 | 13,4 | 0,95 | 0,69 | 1,00 | 0,10 |
| 0,44 | 19,4 | 1,38 | 1,00 | 1,45 | 0,14 |
| 0,32 | 14,1 | 1,00 | 0,73 | 1,05 | 0,10 |
| 0,022 | 1,00 | 0,071 | 0,051 | 0,074 | 0,007 |
La solution à 12° chl. contient par dm3:
Elle est donnée à 3,6 % ce qui est conforme au calcul précédent.
Voici des polynomes permettant de faire les conversions. Au dessous de 1°chl ils ne sont pas garantis valides. Mais à des concentrations inférieures à 1 on peut considérer la masse volumique de la solution à 1 kg/L et alors °chl et %chl sont proportionnels. Les polynomes sont du 3° degré donnant les y en fonction des x selon les valeurs suivantes :
| COEFFICIENTS DU POLYNOME | ||||||
| Y | X | X3 | X2 | X | - | |
| NORMAL | °CHL = | F(CHL%) | 0,000992 | 0,041088 | 3,1666 | -0,01068 |
| F(CHL%) | °CHL = | 4,06E-06 | -1,35E-03 | 3,16E-01 | 2,68E-03 | |
| CONCENTRÉ | °CHL = | F(CHL%) | 6,09E-04 | 3,37E-02 | 3,163 | 7,90E-03 |
| F(CHL%) | °CHL = | 2,77E-06 | -1,10E-03 | 3,16E-01 | 1,99E-03 | |
(normal = solution de base classique, concentrée = solution à 100°chl)
| solution préparée avec une solution initiale classique | %chl | |
| solution préparée avec une solution initiale à 100° chlorométriques | %chl |
(pour calculer, introduisez la valeur dans le champ et cliquer sur calculer. Attention, la virgule est remplacée par un point...)
La détermination de la valeur des coefficients utilise Excel en réalisant un graphe y=f(x) puis "Ajouter une courbe de tendance" avec les options d'affichage des coefficients. La courbe polynomiale a été choisie car donnant la meilleure approximation, à moins de 0,1 % sauf éventuellement aux extrémités. Mieux vaut évidemment vérifier les données qui ne peuvent ici être garanties.
| solution préparée avec une solution initiale classique | %chl |
Pour préparer une solution à 0,94 % (3°chl) :
Il reste à déterminer les concentrations obtenues à partir des pastilles du commerce qui représentent une solution intéressante pour la préparation des solutions. Il semble (d'après un fabricant) qu'un comprimé soit à 1,5 g de chlore actif, soit 211,5 mmol d'hypochlorite. Un comprimé dans un litre donnera donc une solution à 4,5°chl. et 1 comprimé dans 1,5 litre une solution à 3°chl.
Pour un autre fabricant il faut 7 pastilles dans 1 dm3 pour obtenir une solution à 12°chl. Une pastille contiendrait donc 76 mmol d'hypochlorite. Pour départager il faudra doser... ou obtenir des renseignements plus précis. Un article du Concours médical cité plus loin donne 0,3 g de chlore actif par comprimé.
L'utilisation de l'eau de Javel ainsi préparée, que ce soit à partir de berlingot ou de pastilles, doit tenir compte de la perte progressive d'activité, de l'action éventuellement destructrice des ajouts (contenus des pipettes par exemple), toutes choses qu'il n'est pas facile d'appréhender...
Les calculs précédents doivent donc tenir compte de l'imprécision liée à l'instabilité de l'eau de Javel !
La littérature (Chimie appliquée : Lessives, antiseptiques, désinfectants de J. STEYAERT au CRDP de Grenoble) donne les valeurs suivantes :
Il semble que l'on puisse conseiller une eau de Javel à 1 % soit 3° chl. pour cet usage (éventuellement à 0,5 % ou 1,5 °chl.).
La solution de DAKIN est à 5 g de chlore actif par litre soit 0,5 % ou 1,6°chl. Elle est préparée par dissolution, dans 1 dm3 d'eau froide bouillie, de 15 g d'hydrogénocarbonate de sodium, de 10 mg de permanganate de potassium et d'eau de Javel en quantité suffisante pour obtenir 5 g de chlore actif.
Un article de I. Muranyi-Kovacs (INSERM) et P. de Micco (Hôpital Salvador Marseille) donne des indications plus précises à partir desquelles le tableau suivant est réalisé. Il tient compte de deux situations, surface propre et surface contaminée par des matières organiques car il ne faut pas oublier que l'hypochlorite est détruit par les matières organiques... (ce que l'on peut traduire par "l'activité antimicrobienne est diminuée en présence de matières organiques")
|
|
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sur une surface PROPRE
|
||
| dilution d'eau de Javel à 2,7 % ou 9°chl | durée de contact | |
| désinfection courante des sols dans le cadre d'un usage domestique | 1/70
(0,12 °chl- 0,40 g.L-1 - 0,04 %) |
5 à 10 min |
| désinfection des sols, surfaces de travail et du matériel en structures de soin ou laboratoires | 1/35
(0,24 °chl- 0,80 g.L-1 - 0,08 %) |
5 à 10 min |
| lavabos, bacs, éviers | 1/15
(0,60 °chl- 2,0 g.L-1 - 0,2 %) |
10 min |
| désinfection virale (HIV, HBV) | 1/15 à 1/6
(0,60 à 1,5 °chl- 2,0-5 g.L-1 - 0,2-0,5 %) |
20 min au moins |
| prions (maladie de Creutz Feldt-Jakob) | 1/6 à pur
(1,5 à 8 °chl- 5-25 g.L-1 - 0,5-2,5 %) |
plusieurs heures (24 h) |
|
|
|
sur une surface souillée par des matières organiques et contaminée
|
||
| dilution d'eau de Javel à 2,7 % ou 9°chl |
|
|
| désinfection des sols, surfaces de travail et du matériel en structures de soin ou laboratoires | 1/7 à 1/2
(1,2 à 4 °chl- 4-12,5 g.L-1 - 0,4-1,25 %) |
10 à 15 min |
| lavabos, bacs, éviers | 1/15 à 1/7
(0,6 à 1,2 °chl- 2-4 g.L-1 - 0,2-0,4 %) |
15 à 20 min |
| désinfection virale (HIV, HBV) | 1/3 à 1
(3 à 9 °chl- 10-29 g.L-1 - 1,0-2,7 %) |
20 min au moins |
| prions (maladie de Creutz Feldt-Jakob) | pur
(12 °chl- 32 g.L-1 - 3,2 %) |
plusieurs heures (24 h) |
Pour les virus HIV et HBV, les auteurs précités indiquent que la neutralisation d'une goutte de sang contaminé par HIV est réalisée en 2 minutes avec un volume équivalent d'eau de Javel à 10 g.dm-3 alors qu'il faut 20 minutes pour le HBV.
Il ne faut pas oublier enfin la toxicité de l'eau de Javel, le danger de l'addition d'acide qui libère le dichlore gazeux, et l'inutilité du mélange avec un autre antiseptique.
(d'après document Société des produits chimiques HARBONNIÈRES)
L'eau de Javel se détruit de quatre façons :
Il est facile de compenser les trois premières voies mais la dernière est incontournable.
Voici quelques données numériques sur la décomposition en fonction du temps de l'ion hypochlorite :
eau de Javel à 50° chl conservée à différentes températures![]() |
eau de Javel à 12,5° chl conservée à différentes températures![]() |
Comparaison de l'eau de Javel à 12,5 et à 50° chl conservées à 40°C, concentrations ramenées à la concentration de départ.![]() |
On remarquera donc qu'il convient de conserver l'eau de Javel au frais pour limiter sa destruction spontanée. L'eau de Javel diluée semble d'ailleurs moins sensible à cette réaction.
| Norme AFNOR | Activité | Concentration exprimée en % de chlore actif | Quantité d'eau de Javel à 12°chl (3,6 %) pour 1 dm3 |
| NF T 72-151 (Novembre 1987) | bactéricide 5 min.Spectre 5 | 0,0036 % | 1,3 cm3 par dm3 |
| NF T 72-190 (Novembre 1988) | bactéricide 15 min.Spectre 5 Décontamination des surfaces | 0,072 % | 26 cm3 par dm3
|
| NF T 72-201 (Septembre 1987) | fongicide 15 min. Spectre 5 |
0,18 % | 65 cm3 par dm3 |
| NF T 72-180 (Mars 1986) | Virucide 15 min.
Spectre 5 |
0,036 % | 13 cm3 par dm3 |
| Étude Institut Pasteur | virucide sur le sida | 0,36 % | 130 cm3 par dm3 |
| NF T 72-231 (Aoüt 1988) | sporicide 5 min. 20 °C ou 5 min. 75 °C | 2,8 %
0,018 % |
pur
6,5 cm3 par dm3 |
|
Durée de contact : 15 min (minimum) |
Durée de contact : 15 min (minimum) |
|
| Dosage pour 10 L d'eau | Titre chlorométrique de la solution obtenue | |
| Dose minimale virucide |
|
|
| Dose préconisée par l'Institut Pasteur pour la désinfection des surfaces |
|
0,48° à 1,2° chl |
| Dose préconisée par l'Institut Pasteur pour la désinfection du matériel souillé (pipettes, verreries...) |
|
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| Hypochlorite classique | Hypochlorite classique | Hypochlorite 100°chl | Hypochlorite 100°chl | ||
| degré chl (litre de chlore par litre) | chlore actif en g par L | densité moyen-ne | % chlore actif | densité moyen-ne | % chlore actif |
| 1 | 3,17 | 1,004 | 0,32 | 1,004 | 0,32 |
| 2 | 6,34 | 1,009 | 0,63 | 1,007 | 0,63 |
| 3 | 9,51 | 1,013 | 0,94 | 1,011 | 0,94 |
| 4 | 12,68 | 1,018 | 1,25 | 1,014 | 1,25 |
| 5 | 15,85 | 1,022 | 1,55 | 1,018 | 1,56 |
| 6 | 19,02 | 1,027 | 1,85 | 1,022 | 1,86 |
| 7 | 22,19 | 1,031 | 2,15 | 1,025 | 2,17 |
| 8 | 25,36 | 1,036 | 2,45 | 1,029 | 2,47 |
| 9 | 28,53 | 1,040 | 2,74 | 1,032 | 2,77 |
| 10 | 31,70 | 1,045 | 3,03 | 1,036 | 3,06 |
| 11 | 34,87 | 1,049 | 3,32 | 1,040 | 3,35 |
| 12 | 38,04 | 1,054 | 3,61 | 1,043 | 3,65 |
| 13 | 41,21 | 1,058 | 3,90 | 1,047 | 3,94 |
| 14 | 44,38 | 1,063 | 4,18 | 1,051 | 4,22 |
| 15 | 47,55 | 1,067 | 4,46 | 1,054 | 4,51 |
| 16 | 50,72 | 1,072 | 4,73 | 1,058 | 4,79 |
| 17 | 53,89 | 1,076 | 5,01 | 1,061 | 5,08 |
| 18 | 57,06 | 1,081 | 5,28 | 1,065 | 5,36 |
| 19 | 60,23 | 1,085 | 5,55 | 1,069 | 5,63 |
| 20 | 63,40 | 1,090 | 5,82 | 1,072 | 5,91 |
| 21 | 66,57 | 1,094 | 6,09 | 1,076 | 6,19 |
| 22 | 69,74 | 1,099 | 6,35 | 1,079 | 6,46 |
| 23 | 72,91 | 1,103 | 6,61 | 1,083 | 6,73 |
| 24 | 76,08 | 1,108 | 6,87 | 1,087 | 7,00 |
| 25 | 79,25 | 1,112 | 7,13 | 1,090 | 7,27 |
| 26 | 82,42 | 1,117 | 7,38 | 1,094 | 7,53 |
| 27 | 85,59 | 1,121 | 7,64 | 1,098 | 7,80 |
| 28 | 88,76 | 1,126 | 7,88 | 1,101 | 8,06 |
| 29 | 91,93 | 1,130 | 8,14 | 1,105 | 8,32 |
| 30 | 95,10 | 1,135 | 8,38 | 1,108 | 8,58 |
| 31 | 98,27 | 1,139 | 8,63 | 1,112 | 8,84 |
| 32 | 101,44 | 1,144 | 8,87 | 1,116 | 9,09 |
| 33 | 104,61 | 1,148 | 9,11 | 1,119 | 9,35 |
| 34 | 107,78 | 1,153 | 9,35 | 1,123 | 9,60 |
| 35 | 110,95 | 1,157 | 9,59 | 1,126 | 9,85 |
| 36 | 114,12 | 1,162 | 9,82 | 1,130 | 10,10 |
| 37 | 117,29 | 1,166 | 10,06 | 1,134 | 10,34 |
| 38 | 120,46 | 1,171 | 10,29 | 1,137 | 10,60 |
| 39 | 123,63 | 1,175 | 10,52 | 1,141 | 10,84 |
| 40 | 126,80 | 1,180 | 10,75 | 1,144 | 11,08 |
| 41 | 129,97 | 1,184 | 10,98 | 1,148 | 11,32 |
| 42 | 133,14 | 1,189 | 11,20 | 1,152 | 11,56 |
| 43 | 136,31 | 1,193 | 11,43 | 1,155 | 11,80 |
| 44 | 139,48 | 1,198 | 11,64 | 1,159 | 12,04 |
| 45 | 142,65 | 1,202 | 11,87 | 1,163 | 12,27 |
| 46 | 145,82 | 1,207 | 12,08 | 1,166 | 12,51 |
| 47 | 148,99 | 1,211 | 12,30 | 1,170 | 12,73 |
| 48 | 152,16 | 1,216 | 12,51 | 1,173 | 12,97 |
| 49 | 155,33 | 1,220 | 12,73 | 1,177 | 13,20 |
| 50 | 158,50 | 1,225 | 12,94 | 1,181 | 13,42 |
| 51 | 161,67 | 1,229 | 13,16 | 1,184 | 13,66 |
| 52 | 164,84 | 1,234 | 13,36 | 1,188 | 13,88 |
| 53 | 168,01 | 1,238 | 13,57 | 1,192 | 14,10 |
| 54 | 171,18 | 1,243 | 13,77 | 1,195 | 14,33 |
| 60 | 190,20 | - | - | 1,217 | 15,63 |
| 93 | 294,81 | - | - | 1,309 | 22,52 |
| 100 | 317,00 | - | - | 1,320 | 24,02 |
Le tableau Excel correspondant est disponible en téléchargement en cliquant ci-après : télécharger le fichier excel.
L'eau de Javel fête ses 200 ans
L'eau de Javel va fêter ses deux siècles d'existence. Elle demeure l'un des désinfectants les plus actifs. Rien ne lui résiste, pas même le virus du Sida.
Cette vieille dame est là, disponible à tout moment, irremplaçable. Les habitants de la région de Belfort, dont les nappes phréatiques ont été polluées a la suite des inondations, viennent d'en faire l'expérience: il leur a été conseillé de verser deux gouttes d'eau de Javel dans leur carafe d'eau pour s'affranchir de tout danger digestif.
Déjà, durant la Première Guerre mondiale, le Colonel Bruneau Varilla, directeur du service des eaux de l'armée de Verdun, avait eu recours à l'eau de Javel. Ne disposant plus d'eau potable, il mélangea un petit stock d'eau de Javel à l'eau de la Meuse pour abreuver ses troupes assiégées. C'est depuis cette date que l'on appelle cette opération « procédé de verdunisation ».
Ces vertus désinfectantes ne furent mises en évidence que de longues années après la découverte de l'eau de Javel qui a son origine dans le blanchiment des toiles. C'est en s'intéressant au laborieux travail des lavandières que le chimiste Berthollet put, au début des années 1790, démontrer que cet effet blanchissant était dû à l'oxygène de l'air.
17 ans plus tôt Schelle avait découvert un gaz verdâtre résultant de l'action de l'acide muriatique sur le bioxyde de manganèse.
A la manufacture des produits chimiques qui était installée sur le site de l'actuel quartier de Javel, Berthollet fabriqua l'hydrochlorite de potassium qui reçut dès sa naissance le nom d'eau de Javel.
Ce n'est qu'en 1811 que Gay-Lussac et Thénard découvrirent que le gaz verdâtre était un élément chimique qui reçut le nom de chlore (en grec: jaune verdâtre). C'est au début du 19e siècle que le pharmacien Labarraque mit au point une «liqueur» qui n'était en fait que de l'hypochlorite de sodium. Plus tard, d'autres solutions plus complexes furent créées à partir de l'eau de Javel dont certaines comme la liqueur de Dakin, sont toujours en usage. Mais si l'on sait depuis longtemps que l'eau de Javel est une excellente arme de guerre anti-bactériologique, on connaissait moins en revanche son mode d'action.
Il a fallu un microscope électronique explique le Dr André Dodin, professeur à l'Institut Pasteur pour démontrer l'action de l'eau de Javel à faible dose sur les micro-organismes. La membrane des germes est comme une sorte d'enveloppe qui les protège des agressions. En présence d'eau de Javel, cette membrane éclate presque instantanément, ce qui détruit le germe qu'il soit bactérie ou virus.
In vitro, avec une dilution au centième d'eau de Javel du commerce, toutes les bactéries sont détruites en 30 secondes.
Aux doses utiles, l'eau de Javel est sans danger pour l'homme. C'est à l'hôpital que le risque infectieux est le plus élevé. Sur 10 sujets hospitalisés, on estime qu'un contractera une infection au sein même de l'hôpital. L'infection hospitalière qui tue plus que la grippe, la tuberculose ou le sida, résulte essentiellement de quatre facteurs:
Pour diminuer les risques d'infections, il ne suffit pas de nettoyer, il faut désinfecter. Parmi tous les désinfectants disponibles, l'eau de Javel est un produit actif aussi bien sur les bactéries, que sur les champignons, les Ïufs et les kystes de parasites, les virus les plus résistants tels que ceux des hépatites.
(Yves Buisson, professeur agrégé à l'hôpital d'instruction des Armées du Val-de-Grâce et chef du laboratoire de biologie clinique)
compléments de la liste hygiène (bernard taillliez) :
Les molécules que vous mentionnez appartiennent à la famille des
isocyanurates chlorés, qui compte trois représentants :
Trichloro-S-triazinetrione
Trichloro(iso)cyanuric acid
CAS No.: 87-90-1
Formule brute Cl3(NCO)3
Masse molaire 232
Chlore disponible >90%
Sodium dichloro-S-triazinetrione
Sodium dichloro-(iso)cyanurate
CAS No.: 2893-78-9
Formule brute NaCl2(NCO)3
Masse molaire 220
Chlore disponible 62.5%
Sodium dichloro-S-triazinetrione dihydrate
Sodium dichloro-(iso)cyanurate dihydrate
CAS No.: 51580-86-0
Formule brute NaCl2(NCO)3,2H2O
Masse molaire 256
Chlore disponible 55.5%
Les isocyanurates chlorés sont des solides cristallins de couleur blanche,
utilisées comme sources sèches de chlore.
Ils sont utilisées dans de nombreuses formulations de blanchiment, de
détergents, de nettoyants et de désinfectants.
Pour en savoir beaucoup plus, vous pouvez accéder au document très complet
(en anglais)
http://www.oxychem.com/products/handbooks/ACLHB.pdf
ou aux fiches de sécurité :
OMS
http://www.cdc.gov/niosh/ipcsnfrn/nfrn0437.html
ou CCHST
http://www.cchst.ca/reponsessst/chemicals/oxidizing/oxidizing_hazards.html