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[ coloration | culture | tuberculose | mycobactérioses opportunistes | lèpre | compléments]
(Groupe 21 du Bergeys'manual avec un genre unique)
Les Mycobactéries sont des bactéries colorées de façon particulières par la coloration de Ziehl Neelsen.
Elles sont très étudiées car responsables de deux graves maladies :
De nombreuses Mycobactéries commensales prennent une grande importance chez les immunodéprimés et surtout les Sidéens.
Les bactéries sont colorées fortement par la fuchsine phénolée concentrée à CHAUD (ou de préférence à FROID). Elles sont ensuite décolorées par l'ÉTHANOL puis par un ACIDE fort. Une contrecoloration par le Bleu de méthylène est réalisée pour colorer les autres bactéries.
Dans ces conditions certaines bactéries ne sont pas décolorées : elles apparaissent roses :
elles sont dites AAR (acido-alcoolo-résistantes)
(voir Médecine et maladies infectieuses n°1996-11 et Précis de bactériologie clinique)
La structure de la paroi des Mycobactéries est particulière et peut être représentée ainsi :

Le squelette de la paroi est composé de peptidoglycane relié de façon covalente à un hétéroside, l'arabinogalactane, lui même estérifié par des acides mycoliques, acides gras particuliers à très longue chaîne (76 à 90 atomes de C, a ramifiés, b hydroxylés, avec des cycles propane...). Ils forment alors des CIRES.
La présence de ces cires de mycolates (60 à 90 atomes de C) d'arabino-galactane dans la paroi fixés sur le peptidoglycane est la cause de l'AAR par :
- l'hydrophobie importante qui rend difficile la pénétration des agents colorants et décolorants.
- la fixation de la Fuchsine sur les acides mycoliques, fixation qui retiendrait de plus la fuchsine qui a pénétrée dans le bacille.
La couche externe, sorte de capsule, est de composition et structure forts complexes. On estime aujourd'hui qu'il y a :
- une couche externe constituée de polyosides et de protéines (dont une alanine déshydrogénase) et de quelques lipides (lipoprotéines ?)
- une couche interne beaucoup plus riche en lipides
Un autre facteur, le Cord Factor (dimycolinate de tréhalose) semble avoir un rôle dans la formation des amas particuliers de M. Il est situé plutôt vers l'intérieur (en tout cas pas en surface).
On peut utiliser aussi l'auramine, molécule fluorescente à 434 (ou 370) nm.
Elle est utilisée à la place de la fuchsine avec un chauffage.
Au microscope à fluorescence on recherchera très facilement les bacilles fluorescents surtout sur les frottis pauvres (paucibacillaires). Il faudra toutefois confirmer par Ziehl en raison de faux positifs.
La culture des Mycobactéries est :
- parfois très facile sur GO... pour des Mycobactéries pathogènes opportunistes
- lente et difficile sur milieux spéciaux pour les Mycobactéries de la tuberculose (G = 20 heures)
- impossible in vitro pour la Mycobactérie cause de la lèpre
Une des causes de la lenteur de la multiplicaiton est le faible nombre de copies des gènes de RNA ribosomiaux.
Les milieux utilisés pour les Mycobactéries de la tuberculose incluent des inhibiteurs de la flore associée qu'un prétraitement limite.
Ce sont :
- la pomme de terre glycérinée et biliée
( milieu a priori peu riche mais permettant la culture...)
- le milieu de Lowenstein-Jensen :
- ions minéraux( phosphate de K, sulfate Mg, citrate Mg)
- asparagine : C,N
- glycérol : C
- fécule de pomme de terre : C
- vert malachite agent inhibiteur de... nombreuses bactéries !
- oeufs entiers qui assurent le durcissement et apportent des nutriments nombreux.
- le milieu de Coletsos :
- ions minéraux
- asparagine
- glycérol
- fécule de pomme de terre
- vert malachite agent inhibiteurs
- oeufs entiers qui assurent le durcissement.
- +
- pyruvate
- glutamate
- cendres d'anthracites
- micronutriments minéraux (titane, gl ...)
- osséine (collagène de l'os)
- le milieu de Coletsos additionné de pulpe d'organes de singe
- bouillon de Dubos au Tween 80 pour les sub-cultures
(ions minéraux, caséine hydrolysée, glucose, Sérum albumine bovine, Tween 80 ...)
- des milieux synthétiques transparents très coûteux.
baptisés 7H10 et 7H11
Ces milieux contiennent : ions minéraux, glucose, fraction de Sérum albumine bovine, AA, pyruvate, catalase... Ils sont incubés sous CO2.
- des milieux liquides
Les Mycobacterium tuberculosis forment des colonies en chou-fleur dites eugoniques contrairement à celle de M. bovis. (dysgoniques)
C'est une maladie extrèmement grave et répandue caractérisée par une grande fatigue, une fièvre au long cours et le plus souvent une toux persistante. C'est le grand fléau infectieux du XIX° dont la régression est d'abord liée à l'amélioration des conditions de vie. La tuberculose est donc la maladie de la misère ou un excellent indicateur de misère.
On considère qu'il y a aujourd'hui 10 millions de malades avec 3 millions de morts dans le Monde (soit plus que sida et paludisme réunis). 1,5 milliard de personnes seraient porteuses de la bactérie.
En France il y a eu en 1996, 8000 nouveaux cas et 1000 morts officiels. La mortalité a, grâce aux traitements, fortement diminuée.
Autres données : 12,8 à 15,8 cas par an pour 100 000 habitants (soit 9500 cas) atteignant 50 % d'étrangers. (55/100 000 en région parisienne). 50 % des tuberculeux sont séropositifs pour le HIV.
D'après le BEH 97, on constate une baisse régulière du nombre de cas en France.La recrudescence dans les pays issus de l'ex URSS est très préoccupante. On atteint en 1996 des incidence de 75,6 cas pour 100 000 habitants en Russie, de 194,7 en Géorgie, de 105,9 en Roumanie. (voir Le Monde du jeudi 25 mars, données issues de Eurosurveillance vol-3-Nov 1998). S'ajoute le nombre important de multirésistances.
Tuberculose pulmonaire dans le monde (Euréka septembre 1999 p 59) :
estimation pour 1999 de tuberculose pulmonaire en phase contagieuse : (nombre pour 100 000)
EUROPE : 23 Moyen-Orient 57 Pacifique 54 Amérique (du sud) 23 Afrique 108 Asie du Su Est 90Quelques hommes ou femmes célèbres ayant eu la tuberculose : Molière, Frédéric Chopin, Sarah Bernhardt, Albert Camus, Franz Kafka, André Gide, Simone Weil...
Pour illustrer le problème de la tuberculose avec des exemples familiaux, mon père a fait une tuberculose vers 1949 au retour de l'occupation en Autriche dans des conditions sanitaires d'après guerre. Il a été soigné par "gavage" dans un sanatorium car les antibiotiques n'étaient pas encore disponibles et que l'on pensait au rôle favorisant de la malnutrition. Un de ses fils, marin sur un bateau militaire a contracté une tuberculose vers 1965 et a été soigné par perfusion de grandes quantités d'antibiotiques dans un sanatorium de Briançon.
introduction (extrait de Bactériologie médicale Flammarion)
HISTOIRE DE LA MALADIE
Connue depuis l'antiquité sous le nom de phtisie (vocable qui englobait de nombreuses autres affections consomptives [= amaigrissement et dépérissement observés dans toute maladie grave et prolongée] "), elle ne donna lieu à de sérieuses études anatomiques qu'au XVIIIe siècle où Jacques Dubois (connu sous le nom de " Sylvius ") et Morton identifièrent les " tubercules ".
Au siècle suivant, son allure devenue véritablement épidémique, en raison des conditions économiques nouvelles résultant du développement du machinisme et de l'exode des campagnards vers les villes, incita à de nombreuses recherches : Bayle proposa de la définir, non plus par l'état phtisique, mais par la constatation des tubercules; on sait comment la méthode anatomo-clinique de Laënnec le conduisit à admettre que les lésions tuberculeuses pouvaient se présenter sous deux formes:
- l'une caractérisée par la présence de tubercules,
- l'autre à type d'" infiltrations ".
Désirant trouver un test histologique, Virchow décrivit " le follicule tuberculeux ", mais il était ainsi amené à éliminer la pneumonie caséeuse.
Villemin (1865), par la méthode expérimentale, rétablit l'unité de la maladie en prouvant l'inoculabilité au jeune lapin de tous les produits tuberculeux, non seulement ceux de la phtisie vulgaire, mais encore de la matière infiltrée de la pneumonie caséeuse, des pus ganglionnaires dits scrofuleux, et aussi ceux de la " pommelière des bovidés ".
Ainsi devenait évidente la contagion de la tuberculose, dont la raison allait être trouvée par l'identification du bacille de Robert Koch.
CULTURE DE MYCOBACTERIUM TUBERCULOSIS : HISTORIQUE
Nous avons signalé comment, en 1882, Koch obtint la culture sur sérum de boeuf coagulé; mais, sur ce milieu, elle est si mauvaise que Robert Koch avait douté que la culture puisse jamais apporter une notion importante dans l'étude de la maladie
En 1887, Nocard et Roux montrèrent l'intérêt de l'adjonction de glycérine à 5 %; en 1888, Pawlowsky recommanda l'emploi de la pomme de terre, qui, une fois glycérinée, représente un milieu très favorable; en 1899, Bezançon et Griffon mirent au point la gélose glycérinée au sang de lapin, puis en 1903, en même temps d'ailleurs que Dorset et Lubenau, la gélose glycérinée au jaune d'uf.
Quel que soit le milieu, la présence de germes d'infection secondaire rend difficile la culture.
Les bactériologistes s'ingénièrent donc, soit à les supprimer, soit à empêcher leur pullulation sans gêner le bacille de Koch.
Pour stériliser le produit pathologique, Spengler (1900) proposa les vapeurs de formol; Uhlenhut (1909) l'adjonction d'antiformine (eau de Javel et soude)- Petroff comme Bezançon et Philibert, la lessive de soude, qui assure de plus l'homogénéisation du produit et permet la centrifugation; enfin, en 1924, Lwenstein conseilla le traitement par l'acide sulfurique et la soude.
Pour inhiber la pullulation des germes secondaires qui persistent, on eut recours à l'incorporation au milieu de produits qui ne gênent pas la multiplication du bacille de Koch: violet de gentiane (Petroff), vert malachite (Lwenstein)- la pénicilline peut rendre le même service, et aussi le teepol (Tison).
LA TUBERCULINE : DÉCOUVERTE
En 1882, Koch montrait que l'inoculation des bacilles de Koch au cobaye déterminait la lésion que nous étudierons sous le nom de chancre d'inoculation; en 1890 il reconnaissait que si, à un cobaye ayant présenté ce chancre, on réinoculait à nouveau des bacilles de Koch, la lésion de réinoculation présentait un aspect différent et une évolution tout autre; nous verrons qu'à cette réaction autre (à cette réaction " allergique ") fut donné le nom de phénomène de Koch.
Cherchant à comprendre les raisons du phénomène, Koch reconnut que des bacilles de Koch tués par la chaleur étaient, lors de la réinoculation, tout aussi bien que des germes vivants, capables de le déterminer.
Ainsi fut-il amené a penser que le phénomène était dû à un poison (toxine) élaboré par le germe.
Pour définir quel était ce poison, il essaye de le mettre en évidence dans le filtrat d'une culture en bouillon glycériné du germe; de fait, le cobaye antérieurement tuberculisé s'avéra bien sensibilisé à ce filtrat, qui ne provoquait rien chez un cobaye neuf. A ce filtrat contenant l'hypothétique poison, à cette " lymphe " que Koch pensait devoir être douée de propriétés curatives, fut donné le nom de tuberculine.
Les bactéries provoquant la tuberculose sont extrèmement proches du point de vue génomique mais on distingue historiquement trois genres de Mycobactéries tuberculeuses ou bacille de Koch (1882) conservés aujourd'hui :
- Mycobacterium bovis (1902) dans 1 % des cas français
- Mycobacterium tuberculosis (1882) dans 99 % des cas français bactérie strictement humaine par fois appelé M. hominis.
- Mycobacterium africanum (1968) en Afrique de l'Ouest essentiellement qui possède des caractères intermédiaires avec les deux autres espèces et une grande variabilité.
Ces bactéries sont des bacilles de 2-5 µm sur 0,3 µm, non capsulé, non sporulé.
Elles sont aérobies strictes, parfois microaérophiles à l'isolement.
Elles sont très résistantes à l'état desséché, quelques années !
Les bacilles sont généralement tués, en particulier par manque d'oxygène, mais peuvent rester à l'état quiescent dans les follicules, situation relativement fréquente avec les pathogènes.
L'évolution ultérieure peut se faire soit vers une guérison spontanée, avec stérilisation totale et guérison acquise, soit vers la maladie elle-même :
Chez d'autres malades, la stérilisation est totale et la guérison acquise.
D'autres localisations sont possibles : plèvres (enveloppes du poumon), rein, articulations, organes génitaux, péricarde, cerveau (méningite tuberculeuse)


(image captée sur un site internet (New York City ?))
Le diagnostic se fera par :
- la détection des cavernes (ou une image louche) chez le malade (radiologie)
- la détection de l'hypersensibilité à la tuberculine extraite de la paroi du bacille
- la mise en évidence des BK dans les produits pathologiques par la coloration de Ziehl ou l'auramine, puis leur isolement et identification.
La détection de l'allergie tuberculinique peut être faite à l'occasion de contrôles systématiques alors que les deux autres techniques seront orientées par le diagnostic clinique : toux persistante, asthénie, fièvre... ou encore par la découverte de cas dans l'entourage. La radiographie systématique autrefois la règle est aujourd'hui beaucoup moins pratiquée car le bénéfice par rapport au risque de tumeurs induites est réduit.
Les produits (crachats par ex.) seront homogénéisés (grâce à la L-cystéine, la soude, le lauryl sulfate) et décontaminés (pour les produits polymicrobiens par la soude et le lauryl sulfate) afin de libérer les mycobactéries des particules purulentes et d'éliminer un maximum de bactéries. La centrifugation permet une concentration des bactéries.
Cette culture est très lente (jusqu'à un mois), se fait en aérobiose sur les différents milieux évoqués. Les milieux liquides sont plus sensibles avec une détection par émission de 14CO2, de fluorescence ou de modification de couleur d'un colorant.
Un certain nombre de tests sont réalisables :
- Niacin test qui consiste à apprécier la quantité de niacine (acide nicotinique) produit. L'acide nicotinique réagit avec le bromure de cyanogène et l'aniline pour donner une coloration jaune sous l'action de la lumière. De l'ammoniac est ajouté pour arrêter la production d'un gaz lacrymogène (HBr ?).
- La Nitrate réductase
- La catalase qui est, pour Mycobacterium tuberculosis, détruite par chauffage à 68°C durant 20 minutes et dont on apprécie l'activité en faible, moyenne, forte.
Il est possible de réaliser une recherche spécifique de DNA de BK par amplification génique :
- addition d'amorces spécifiques puis amplification du DNA
- coupure du DNA produit par des enzymes de restriction, électrophorèse, fixation d'une sonde marquée spécifique de gènes du BK
Cette technique permet éventuellement la détection de gènes de résistance aux antibiotiques de la souche testée grâce à des sondes spécifiques.
Elles nécessitent l'association d'antibiotiques (éthambutol, isoniazide, PAS, ...), le repos, l'amélioration de l'alimentation ... De nouveaux antibiotiques sont apparus comme la rifampicine (1968) ou la pyrazinamide (environ 1980) particulièrement actifs sur le BK. Des quinolones nouvelles (sparfloxacine) peuvent représenter une alternative ou un complément en cas de problème ou de résistances.
L'air des montagnes est favorable ! À moins que l'isolement en sanatorium pratiqué longtemps ait d'abord pour but, louable, d'éviter la contamination de l'entourage.
| nom chimique | spécialité | posologie |
| Isoniazide (INH) | Rimifon | 4 mg/kg/j (adulte) 10 mg (enfant) |
| Rifampicine | Rifadine, Rimactan | 10 mg/kg/j (colore en rouge les urines) |
| Pyrazinamide | Pirilène | 15 à 30 mg/kg/j |
| Éthambutol | Dexambutol, Myambutol | 20 mg/kg/j |
On espère inventer un nouveau médicament antituberculeux après l'identification d'une cible spécifique, l'isocitrate lyase (ICL), enzyme indispensable à l'approvisionnement énergétique de la bactérie. Les bactéries dépourvues par mutation de cet enzyme ne tuent plus les souris au laboratoire. Un inhibiteur de l'enzyme permettrait très certainement soit de guérir les patients soit de réduire les traitements antibiotiques habituels, cette réduction permettant de limiter les rechutes à germes multirésistants et d'éliminer des porteurs contaminant leur entourage. (Le Monde 2 septembre 2000)
D'autres Mycobactéries sont pathogènes. Mais elles sont essentiellement opportunistes et deviennent très fréquentes chez les Sidéens en raison du déficit de l'immunité cellulaire qu'ils présentent. Des Mycobactéries sont aussi retrouvées comme saprophytes dans les eaux, le sol ... C'est en particulier le cas de Mycobacterium avium.
On les classe en :
- - à croissance lente
- photochromogènes (non pigmentées à l'obscurité, pigmentées en jaune après exposition à la lumière)
- scotochromogènes (pigmentées en jaune orangé à l'obscurité)
- non chromogènes (non pigmentées à l'obscurité, rarement pigmentées en jaune ou rose après exposition à la lumière et de croissance lente)
- à croissance rapide (pigmentation variable)
Divers tests biochimiques permettent l'identification.
Les maladies sont très proches de la tuberculose mais ne s'installent que chez les immunodéprimés.Un cas particulier : Mycobacterium xenopi.
Une épidémie de mycobacteriose à Mycobacterium xenopi s'est déroulée à la clinique du sport à Paris sur des patients opérés au niveau articulaire. Il semble que la contamination soit de type nosocomiale : l'eau utilisée pour laver les instruments était contaminée par la bactérie, saprophyte semble-t-il de l'eau. Le mode de contamination habituel semble ressembler fort à celui observé avec Legionella (aérosols d'eau chaude par ex.) et déclenche une maladie très proche de la tuberculose pulmonaire tandis que la contamination articulaire provoque une sorte de tuberculose osseuse.La bactérie est de culture difficile et lente et résiste aux antituberculeux classiques. Le traitement utilise un tétrathérapie antibiotique et la chirugie pour les lésions osseuses. Son efficacité est difficile à mesurer.
Il faut noter que les infections à Mycobacterium xenopi sont rares et ne touchent, sauf en cas d'infection nosocomiale, que des immunodéprimés (sidéens par ex.). [voir Le Monde du 5 février 2000]
Schéma d'identification d'une mycobactérie atypique(La Pitié Salpétrière)
| Ensemencer : (avec 1 anse d'une suspension de colonie de BAAR à 1 mg/ml en eau distillée stérile)
à 30°C 1 gélose ordinaire 1 tube de Lowenstein-Jensen à 37°C 1 gélose ordinaire 1 tube de Lowenstein-Jensen 1 tube de Lowenstein-Jensen à l'obscurité 1 tube de Lowenstein-Jensen avec thiosemicarbazone 20 mg.dm-3 (Tb1) . 1 tube de Lowenstein-Jensen avec thiosemicarbazone 500 mg.dm-3 (Tb1) puis SI colonies non pigmentées : à 37°C 1 tube de Lowenstein-Jensen avec PAS 5 mg.dm-3 (Tb1) 1 tube de Lowenstein-Jensen avec Éthambutol 20 mg.dm-3 (Tb1) à 42°C 1 tube de Lowenstein-Jensen |
Tests possibles :
Catalase à 22°C Catalase à 68°C Uréase (Urée Tryptophane) ONPG hydrolyse du Tween 80 b-glucuronidase CFA (test de brunissement des colonies en présence de citrate de fer III ammoniacal en 21 j.) |
Résultats : (voir tableaux plus complets dans Le Minor- Véron par exemple ...)
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| M. aurum | pigmentée | 3-4 jours | |||
| M. phlei | pigmentée | 3-4 jours |
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| M. marinum | pigmentée | 3-4 jours | photochromogène | non réduits |
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| M. flavescens | pigmentée | 7 jours | scotochromogène | réduits |
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| M. kansasii | pigmentée ou non pigmentée | 14 jours | photochromogène | réduits |
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| M. gordonae | pigmentée | 14 jours | scotochromogène | non réduits |
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| M. scrofulaceum | pigmentée | 21 jours | scotochromogène | non réduits | |
| M. xenopi | pigmentée | plus de 28 j. | scotochromogène | non réduits |
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| M. fortuitum | non pigmentée | 56 jours | réduits |
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| M. chelonei | non pigmentée | 63 jours | non réduits |
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| M. radish | non pigmentée | 7 (à 14) j. | non réduits |
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| M. avium, intracellulare | non pigmentée | 14 jours | non réduits |
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| M. ulcerans | non pigmentée | plus de 28 j. | non réduits |
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C'est le bacille de Hansen (1873) ou Mycobacterium leprae.
Il n'est obtenu en culture qu'in vivo :
- sur coussinet plantaire de souris immunologiquement normale ou déficiente (thymectomie, irradiation. (G = 12-13 jours ...)
- sur tatou à neuf bandes (incubation de.18 à 24 mois) depuis 1971 ce qui a permis des études sérieuses de son métabolisme
Il mesure de 1-8 µm sur 0,25-0,30 µm. Il est AAR et capsulé.
La maladie a frappé le Monde entier et elle est aujourd'hui surtout confinée dans les zones tropicales où elle atteint environ 1 million de personnes grâce à l'action des traitements (5,3 millions en 1985). En 2001, l'OMS estime que ses efforts ont provoqué un net recul (90 %) depuis 1981. Six pays ont une situation non complètement maîtrisée : Brésil, Inde, Madagascar, Mozambique, Birmanie et Népal.
La durée d'incubation est de quelques mois à 10 ans.
Le bacille se multiplie très lentement (G= 10 à 20 jours dans les coussinets plantaires de la souris).
Il est intracellulaire strict et il ne cultive pas dans les tissus profonds.(seulement sur la peau glabre et au niveau des nerfs périphériques)
Deux formes principales entre lesquelles on peut en distinguer d'autres :
- la lèpre tuberculoïde : Incubation de 3 à 5 ans. On observe des lésions cutanées (grandes taches hypochromiques sur peau foncée ou chamois sur peau claire, à bords nets, insensibles et sans sudation), des lésions nerveuses des nerfs périphériques entraînant des atrophies musculaires et des troubles sensitifs et conduisant à des lésions mutilantes.
La quantité de bacilles dans les lésions est faible à nulle.
Ces lésions sont essentiellement dues à une forte réaction immunitaire de type hypersensibilité retardée (type IV) contre les Ag bacillaires, au niveau de la peau et à l'atteinte par les bacilles souvent présents dans la gaine de Schawnn des axones et donc des nerfs où les réactions immunitaires n'ont pas lieu (ATTENTION : ces données mériteraient une confirmation ou une contestation).
L'immunité est donc relativement bonne.- la lèpre lépromateuse : Incubation de 7 à 10 ans. On observe le même type d'atteintes cutanées mais très mutilantes avec formations de nodules (granulomes) cutanés donnant un faciès léonin associées à une rhinite fortement bacillaire. La mort survient en 5-6 ans.
Dans ce cas les bactéries sont nombreuses dans les macrophages : l'immunité est mauvaise, sous forme d'une sorte de tolérance immunitaire au bacille non comprise aujourd'hui.Quant à la cause des lésions ! Mystère et boule de gomme ! On peut imaginer une hypersensibilité.
Des formes intermédiaires existent et des passages d'une forme à l'autre sont aussi possibles.
Les Ac antibacilles existent dans le sang mais ne sont pas protecteurs. Ils peuvent être à l'origine d'HS de type III (phénomène d'Arthus) = HS à complexes immuns.
La contamination interhumaine est aérienne à partir des lésions de rhinite. En milieu lépreux, tous les individus sont probablement contaminés. Seuls certains font la maladie. Le passage de la bactérie est soit pulmonaire soit cutané : on ne le sait pas aujourd'hui.
Il existe un trouble de l'immunité cellulaire : tolérance immunitaire vis à vis de la bactérie.
L'antibiogramme est évidemment impossible.
Les antibiotiques utilisés sont les sulfones (dapsone), et surtout la rifamycine (1981 OMS : association rifamycine-dapsone-clofazimine tout particulièrement dans les formes multibacillaires)
On a pratiqué l'isolement des malades.
Pas de vaccin (même si le BCG peut procurer un certain degré de protection en association avec une suspension de M. leprae tués en cours de test)
Le dépistage et traitement systématique peuvent faire reculer la maladie.
Ce texte a été écrit par Jean Noël Joffin (avec les contributions de Dominique Étienne, Isabelle Karzinsky et de Claudine Schuster) qui souhaite que vous lui transmettiez vos critiques. Merci.Mec, 17 avr 2002
Défense de cracher (PLS ?)
BCG (Médecine et maladies infectieuses) et extrait de la notice
New York enferme ses tuberculeux indociles (La Recherche n°318 mars 1999)
L'épidémie de tuberculose flambe à l'échelle planétaire (Le Monde - Jean-Yves NAU)
La Journée mondiale des lépreux - Le visage du mal (Le Monde - Béatrice CAUX)
Le travail sur les mycobactéries de la tuberculose est TRÈS DANGEREUX (classe 3) si certaines précautions majeures ne sont pas prises, en plus des précautions habituelles du travail en microbiologie.