Mycoplasmes


Mycoplasmes

[ morphologie - classification | pouvoir pathogène | isolement | identification | traitement et antibiogramme | prophylaxie | compléments]

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 Mardi, 20 août 2002


1. morphologie classification

Ce sont des bactéries sans paroi et incapables de produire les précurseurs de peptidoglycanes contrairement aux formes L ou les protoplastes. On ne trouve donc pas de PLP, protéines liant la pénicilline, chez les mycoplasmes. Elles forment une classe aux côtés des classes des Firmicutes (Gram +) et Gracilicutes (Gram -), la classe des Mollicutes (peau molle) ou Ténéricutes mais seraient dérivées de Clostridiums. Tous les mycoplasmes sont évidemment résistant aux bétalactamines.

Elles sont très fines (0,3 µm) et donc traversent les filtres de porosité 0,22 µm.

Elles sont très polymorphes, sont trouvées comme parasites (commensales ou pathogènes) des animaux et des plantes (spiroplasmes des agrumes), ou comme saprophytes.

Les Mycoplasmes parasites ont une forte tendance à se coller aux cellules car elles sont très généralement à la recherche de cholestérol, indispensable à la structure de leur membrane plasmique. Il existe des Mycoplasmes qui n'ont pas besoin de cholestérol.

Leur culture est difficile en particulier car leur génome est réduit (0,5 Gg mol-1 ou 0,9 Mpb). Elles furent prises parfois pour des virus avec leur culture sur oeuf embryonné mais elles sont toutefois capables de multiplication sur milieu acellulaire... Ce sont pourtant les bactéries qui ont le plus petit génome tout en étant capables de multiplication autonome. La plupart sont des bactéries parasites des muqueuses. Leur GC% va de 23 à 35 environ.

Classification de la Classe des Mollicutes ou Ténéricutes (Mycoplasmes)

Niveau de classification nombre
d'espèces
taille du génome
Mpb
besoin
cholestérol
particularités habitat
Ordre des Mycoplasmataceae
Famille des Mycoplasmataceae Genre Mycoplasma
85
1
+
vertébrés
Genre Ureaplasma
5
1,1
+
Uréase + vertébrés
Ordre des Entomoplasmataceae Famille Entomoplasmataceae
9
1,05
V
Insectes
Plantes
Famille Spiroplasmataceae
11
1,6
+
hélicoïdale Insectes
Plantes
Ordre des Acholeplasmataceae
9
1,6
-
tous
Ordre des Anaeroplasmataceae
5
1,5
V
anaérobies strictes Rumen
(ruminants)

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2. pouvoir pathogène

Il existe de nombreux mycoplasmes commensaux. Les espèces pathogènes sont très généralement des commensales. Les mycoplasmes pathogènes sont donc des pathogènes opportunistes dans l'état actuel de nos connaissances.

On peut distinguer de façon pratique :

On ne doit pas prendre ces données avec trop d'absolu : les infections à M. hominis sont possibles chez l'homme mais plus rares.

La comparaison du nombre de partenaires sexuels et de la positivité en mycoplasmes montre une forte transmission sexuelle.

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3. isolement et identification des mycoplasmes d'intérêt médical

Le diagnostic est difficile pour deux raisons :

3.1 milieux de culture

Les milieux de culture utilisés, obligatoirement isotoniques, sont à base de :

Le pH doit être adapté aux espèces recherchées.

Bouillon A3

Composition finale pour 1 dm3 :

  • bouillon trypticase-caséine-soja 24 g
  • sérum de poulain non inactivé 200 mL
  • ampicilline 100 kUI/mL 10 mL
  • cystéine à 4 % 0,25 mL
  • eau

Un disque de kétoconazole peut être ajouté pour éliminer d'éventuels Candida.

Bouillon Arginine

Composition finale pour 1 dm3 :

  • bouillon PPLO 15 g
  • pastone 7 g
  • sérum de cheval 200 mL
  • extrait de levure 100 mL
  • rouge de phénol 1 % 2 mL
  • ampicilline 0,4 g
  • solution d'arginine 50 % 20 mL
  • eau
  • pH final = 7,2 ± 0,2
Bouillon Glucosé

Composition finale pour 1 dm3 :

  • bouillon PPLO 15 g
  • pastone 7 g
  • sérum de cheval 200 mL
  • extrait de levure 100 mL
  • rouge de phénol 1 % 2 mL
  • ampicilline 0,4 g
  • solution de glucose 50 % 10 mL
  • eau
  • pH final = 7,8 ± 0,2
Bouillon Urée (U9)

Composition finale pour 1 dm3 :

  • bouillon pour mycoplasmes 5 g
  • pastone 2,5 g
  • NaCl 5 g
  • KH2PO4 0,2 g
  • sérum de poulain non inactivé 40 mL
  • cystéine à 4 % 2,5 mL
  • rouge de phénol 1 % 1 mL
  • ampicilline 100 kUI/mL 10 mL
  • solution d'urée à 10 % 5 mL
  • eau
  • pH final = 6,0 ± 0,2
Gélose A6

Composition finale pour 1 dm3 :

  • bouillon trypticase-caséine-soja 20 g
  • sulfate de manganèse 0,3 g
  • pastagar B 3,5 g
  • extrait de levure 10 mL
  • sérum de poulain non inactivé 200 mL
  • cystéine à 4 % 2,5 mL
  • ampicilline 100 kUI cm-3 10 mL
  • solution d'urée à 10 % 10 mL
  • eau
  • pH final = 6,0 ± 0,2
-

3.2 Identification

L'identification peut reposer sur : (voir fiche Mérieux)

Mycoplasma pneumoniae Mycoplasma
fermentans
Mycoplasma hominis Ureaplasma urealyticum
Voie d'attaque du glucose fermentative du glucose fermentative du glucose glucose - glucose -
Uréase
-
-
-
+
ADH
-
+
+
-
pH optimum
6,5 - 7,5
7,3 - 8
5,5 - 8
5,5 - 6,5
taille des colonies -
100-300µm
100-300 µm
10-50 µm
forme - oeuf sur le plat oeuf sur le plat en oursin (brunes sur milieu au Mn)

3.3 Numération

On doit toutefois plutôt réaliser une numération selon les techniques suivantes:

technique simplifiée (Mycoplasma-Kit Mérieux) commercialisation abandonnée

Après culture anaérobie ou µaérophile, la couleur du bouillon permet l'identification :

La gélose (A7) permet, en comparaison avec les abaques (pour la densité et la forme des colonies), de déterminer le nombre d'UFC et de conclure.

Les colonies, qui s'incrustent dans la gélose par leur centre avec une acumination leur donnant l'aspect d'oeuf sur le plat, ont les caractéristiques suivantes :

Deux types de colonies sont parfois observés dans le cas d'une forte alcalinisation : Mycoplasma hominis et Ureaplasma urealyticum peuvent en effet être associés dans le prélèvement.

On se reportera à l'abaque bioMérieux en cas de problème d'interprétation et pour le résultat de la numération.

PROTOCOLE

technique avec dilution (Pasteur mycoplasmes urogénitaux)

prélèvement placé dans un bouillon A3

Réalisation de dilutions de 100 à 10-6.

Incubation 16 à 20 heures à 37°C

Ø
Ø
inoculation Gélose A6 (milieu à l'urée) à l'aide de trois gouttes de A3 sans étaler et

incubation anaérobie 37°C 3 à 4 jours et jusqu'à 6 jours

inoculation de trois bouillons d'identification

(ADH, GLU, Urée)

incubation anaérobie 37°C qq jours

Ø
Ø
examen des colonies
lecture de la couleur pour l'identification et la numération. (+ si 10-4 positive)

antibiogramme (qui peut être réalisé en galerie ATB ou par la technique des dilutions par mesure de l'inhibition métabolique en microplaques)

technique Mycoplasma IST

voir feuille technique

En résumé, cette technique repose sur l'ensemencement d'une galerie miniaturisée par un bouillon Arginine Urée dans lequel l'écouvillon de prélèvement a été porté. Il s'agit donc d'une dilution (approximative) du prélèvement. (en réalité, l'écouvillon est placé dans un milieu de transport qui sert à la mise en suspension du milieu Arginine Urée lyophilisé).

Les différentes cupules sont :

Remarque : la sérologie peut apporter des arguments intéressants notamment avec M. pneumoniae.

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4. traitement

Des vaccins sont en cours d'étude.
Les Mycoplasmes sont évidemment insensibles aux
b-lactamines, mais aussi aux sulfamides, rifampicine et quinolones.
On utilise essentiellement les tétracyclines
y compris pour les citronniers ...
Un antibiogramme en milieu spécial est possible par utilisation des galeries ATB ensemencées à l'aide d'un milieu approprié ou par la technique des dilutions par mesure de l'inhibition métabolique en microplaques. (voir ci-dessus)

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5. prophylaxie

Dans une certaine mesure, les protections adoptées dans le cadre de la lutte contre les MST sont efficaces pour les Mycoplasmes transmis génitalement.

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Ce texte a été écrit par Jean Noël Joffin qui souhaite que vous lui transmettiez vos critiques. Merci. Le 20.8.2002

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