Legionella


Legionella

[ morphologie - classification | habitat | pouvoir pathogène | isolement | identification | traitement et antibiogramme | prophylaxie | compléments]

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 Mar, 16 avr 2002


1. morphologie - classification - historique - habitat

En 1976, une épidémie bizarre frappe le congrès de l'American legion (anciens combattants) à Philadelphie aux USA : 182 personnes sont atteintes d'une sévère pneumonie sur les 4400 participants. 29 meurent (incidence en mortalité : 0,7 %, en nombre de cas 4 %).

Il fallut d'énormes moyens pour mettre en évidence l'agent pathogène. Ce n'est qu'un an plus tard que l'isolement de la bactérie fut réalisé à partir de poumons de personnes décédées, grâce à la fabrication du milieu adapté. Elle est alors baptisée Legionella.

La recherche d'anticorps contre la bactérie isolée chez les autres infectés montre rétrospectivement que ces malades ont bien été en contact avec cette bactérie. À partir de là de nombreux autres cas sont diagnostiqués rétrospectivement. La souche avait même été isolée en 1963.

Du point de vue épidémiologique, on peut constater que la grande majorité des cas montre une entrée aérienne des microbes par aérosols liés le plus souvent à la climatisation, c'est à dire aux bacs d'eau assurant l'humidification de l'air issu des climatiseurs. La température de multiplication est comprise entre 25 et 43°C. Au delà de 50°C, les Legionella sont tuées.

Il est surprenant d'y trouver ces bactéries fragiles et de culture difficile... La raison en est simple : elles se multiplient en parasitant des protozoaires, en particulier des amibes colonisant des biofilms se formant dans les tuyauteries. De plus les Legionella survivent 2 heures dans un aérosol contenant 65 % d'eau à l'intérieur d'AMIBES (kystes ou formes végétatives). L'ensemble des participants au congrès ont donc été exposés à ces aérosols à cause de la climatisation centrale de l'hôtel.

photo d'Hartmanella, amibe infectée par Legionella (remerciements à Barry FIELDS du cdc Atlanta)

Après cette découverte, de nombreuses Legionella ont été trouvées dans des environnements aquatiques d'eau douce. Elles parasitent là aussi des protozoaires. Le genre Legionella contient aujourd'hui 43 espèces. D'autres genres apparaîtront probablement dans l'avenir pour cette famille nouvelle des Legionellaceae. La légionellose humaine est essentiellement due (81 %) au sérovar 1 de Legionella pneumophila (8 % au sérovar 6).

Legionella est aérobie stricte, inerte vis à vis des glucides, exige de la cystéine et du fer III pour sa croissance. La concentration en NaCl doit être faible, le pH de 6,9.
Le génome est de 2,5 Gg/mol soit 3900 kbases.

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2. pouvoir pathogène

Legionella pneumophila provoque en fait deux sortes de syndromes, la maladie des légionnaires décrite ci-dessous et un syndrome pseudogrippal guérissant spontanément, la fièvre de Pontiac.

La maladie des légionnaires se caractérise par une pneumonie très fébrile accompagnée de diarrhées(?). La multiplication bactérienne est intracellulaire au fond des alvéoles. La phagocytose par les macrophages alvéolaires, avec intervention du complément, n'est pas suivie de l'union de la vacuole avec les lysosomes, mais au contraire avec son union avec le réticulum endoplasmique où les bactéries se multiplient puis tuent le phagocyte et vont infecter des cellules voisines.

Le grand danger est l'insuffisance respiratoire ou rénale, et l'état de choc avec coagulation intravasculaire disséminée en lien avec le LPS. La guérison est, sinon, la règle. Toutefois, 40 % des personnes hospitalisées décèdent.

Les personnes atteintes sont toujours un terrain favorable. Le risque augmente avec :

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3. isolement

Le diagnostic peut se faire par :

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4. identification

En laboratoire spécialisé.

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5. traitement et antibiogramme

On utilise érythromycine, spiramycine et rifampicine si nécessaire.

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6. prophylaxie

La recherche des sources de contamination dans les établissements collectifs utilisant des eaux chaudes (douches, bains à remous, installation de climatisation et de traitement d'air) est essentielle et nécessite des enquêtes souvent difficiles. Les panaches des tours aéroréfrigérantes sont souvent mis en cause. La lutte contre les réservoirs de Legionella par chloration, par choc thermique, la modification des systèmes en essayant d'éviter les aérosols, la suppression des sources externes de Legionella permettront l'éradication.

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Ce texte a été écrit par Jean Noël Joffin qui souhaite que vous lui transmettiez vos critiques. Merci.16.4.2002

compléments

• voir Opéron n°5 (1998) : cet article est disponible sur le site : cliquez ici

• site à visiter : www.legionelle.com

• de Bruno Peiffer (liste Hygiène)

Toute question technique au sujet des Legionella peut être posée au

CENTRE NATIONAL DE REFERENCE DES LEGIONELLES
Hospices civils de Lyon
Laboratoire Central de Microbiologie
Bat 10 - Place d'Arsonval

69437 LYON CEDEX 03
Tél 04.72.11.07.62 Fax 04.72.11.07.64 email cnrheh@chu-lyon1.fr

Voici des liens francophones donnant des renseignements :

Document AFP :

PARIS, 7 juil (AFP) - 16h32

Aéroports de Paris (ADP) précise mercredi que la présence de bactéries "légionella" avait été constatée dans le réseau d'eau chaude sanitaire de l'aérogare 1 à Roissy-CDG en février et qu'aussitôt "une désinfection totale du réseau" avait été entreprise.

"Après avoir appliqué ces mesures de désinfection au mois de mars, ADP a aussitôt remis en service ces installations dont l'usage ne comporte aucun risque sanitaire", déclare encore ADP.

Depuis, ADP "à titre de précaution" a entrepris "une vérification systématique et un traitement de désinfection des réseaux de distribution d'eau chaude dans tous les bâtiments annexes de l'aéroport", ce qui a occasionné la coupure d'eau chaude dans certains bâtiments comme indiqué mercredi par l'AFP.

"Le risque pathogène est minime: la légionellose ne se transmet que par inhalation aérienne de vapeur d'eau contaminée (douche). Il n'y a pas de transmission interhumaine de la légionella", conclut le communiqué d'ADP.