Le Micro-monde

Lettre ouverte à mon maître

Début Septembre, un crime contre l'humanité a été commis. Vous n'en avez pas entendu parler? Ah, je me demande bien pourquoi...Ah, ça y est, je pense avoir deviné...Cela ne concernait ni les Kosovars, ni les Timorais mais ...un chien. Et cela explique le fait que les médias n'en aient presque pas touché mot; oui, après tout, ce n'était qu'un chien (!). C'est pour cela que je considère qu'il est essentiel de vous en informer, vous, les lecteurs du Micro-Monde. Pour que de telles horreurs n'arrivent plus sous vos yeux ou pas loin en tout cas, OUVREZ LES YEUX!!!! Ci-dessous, une lettre ouverte destinée à ce sal.... de "maître!". A vous de pousser vos coups de gueule pour que cette histoire bouge, pour qu'on en reste pas là, peut-être pour faire avancer l'enquête que la gendarmerie a entamé( la finira-t-elle, c'est une autre histoire..)et peut-être pour témoigner si vous avez vu quelque chose( la SPA lance un appel à témoins) .Pourquoi pas une pétition pour que ces choses-là n'arrivent plus? En tous cas, vous savez où est la boîte aux lettres du Micro-Monde, alors REAGISSEZ!!!!!!!!!!!!!!

Un certain matin, tu es venu vers moi avec ma laisse, tu avais l'air pressé, tu m'as parlé sèchement, comme tu le fais depuis un certain temps déjà.

Je me suis levé aussi vite que me le permettaient mes rhumatismes- et oui, c'est vrai, je ne suis plus tout jeune- pour la promenade du matin, pensais-je.

Mais tu m'as emmené dans un endroit que je ne connaissais pas, où il n'y avait ni gens, ni autres chiens, et tu m'as attaché à un mirador, c'était dans la forêt de la Wantzenau.

J'ai essayé de te faire comprendre que tu avais trop serré, mais je ne pouvais pas, je n'arrivais plus à respirer ainsi, je supposais que tu allais t'en rendre compte, TOI, Mon Maître ,si supérieur à l'humble chien que je suis, revenir vers moi, me donner une petite tape amicale, me détacher et dire: " Allons, c'était pour rire !". Au lieu de cela, tu es parti très vite, sans te retourner.

D'abord, je n'ai pas compris, j'étais terrifié, j'étouffais, j'avais très mal avec ce collier qui resserrait encore ce noeud! Et puis, tout d'un coup, j'ai compris: tu ne voulais plus .

Je sentais bien depuis quelque temps déjà que je t'agaçais. Bien sûr, je n'étais plus ce nounours drôle et plein de vie, qui t'avait séduit lorsque tu m'avais pris avec toi, mais je suis resté ce coeur avec pleins de poils autour qui ne battait que pour toi, tu ne supportais plus les bobos dûs à mon âge, comme ce sera ton tour un jour, et ces petites contraintes quotidiennes que t'imposait ma présence. Je ne voudrais surtout pas avoir l'air de te faire des reproches car pour moi, tu étais parfait, Mon Maître.

Mais si tu en avais assez de moi à ce point, est-ce que cet amour que je te portais, et ma fidélité de tous les instants ne méritaient pas quelques Francs pour m'assurer une mort "HUMAINE", et un enterrement décent? Sache que, pendant toute cette éternité qu'a duré mon agonie, je ne pensais qu'à toi, Mon Maître, mais qu'ai-je bien pu te faire pour que tu te montres aussi barbare avec moi ?

Sache aussi que si je pouvais revenir, c'est encore vers toi que j'irais, car je t'aimais de toutes mes forces de brave chien.

Je t'envoie cette photo, bien sûr, je n'y suis plus très photogénique, ni très présentable, mais c'est tout ce qui restait de moi quand les gendarmes m'ont retrouvé après des jours à pourrir sur pied, c'est pour que tu penses quand même à moi, de temps en temps, peut-être.

Sache enfin que lorsque la mort m'a délivré de mes souffrances, mon dernier soupir aura été pour toi, Mon Maître.

ELINA WEIL 2nde 3

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