moulins

 

L'Auxance et ses moulins
Au bon temps de la meunerie, les eaux de l'Auxance, issues de Saint Martin du Fouilloux dans les Deux-Sèvres, font fonctionner sur la commune de Migné-Auxances 13 moulins (pour la plupart) jusque vers la moitié du XX° siècle.

 

Moulin à eau redessiné d'après une gravure sur bois
du début du XVI° siècle.

A l'origine, la plupart des moulins sont destinés au broyage des céréales provenant en grande partie des plateaux voisins. Ils sont, en général, équipés de deux grandes roues.Chacune d'elles entraîne une meule d'utilisation bien spécifique, constituant en elle-même un "moulin".

Ceux destinés aux céréales les plus nobles, tel le blé, sont dits "à blanc", et pour les plus communes comme le seigle, "à brun".

Les autres sont des moulins à papier et des moulins à foulons encore appelés moulins à draps.

L'activité meunière seule est vraisemblablement insuffisante pour nourrir les familles dans les moulins, car les baux mentionnent : granges, écuries, terres labourables, prés, vergers, chenevières et saulaies, montrant que leur tenant est à la fois meunier et cultivateur.

 

 

Sous l'ancien régime, les moulins dépendent de seigneuries laïques telles le comté d'Auxances ou ecclésiastiques comme l'abbaye de Saint Jean l'Evangéliste de Montierneuf ou de Saint Cyprien à Poitiers.

D'une manière générale, le moulin est arrenté à un propriétaire qui peut l'affermer par la suite à un ou plusieurs meuniers.
La durée des fermages varie généralement de trois à neuf ans et le fermier est redevable envers le propriétaire d'une somme en argent et de produit en nature, ces derniers provenant de la meunerie, de l'exploitation agricole et de la pêche.

Moulin des Boisses

Le13 juin 1681, en présence de Louis Royer, notaire et propriétaire du moulin, Hélène Pasquier, Jean Mousnier, Louis, Nicolas, Gabriel et Joseph Surrault afferment les Boisses pour une période de 5 ans contre redevance :

  • de quatre chapons à la Toussaint,

  • six poulets à la Pentecôte,

  • une douzaine de canards à la Saint-Michel,

  • une douzaine d'anguilles et de pigeons en la saison

  • et un gâteau beurré à la fête des rois.


Moulin de Moulinet

Vers 1086, les seigneurs de Grissé en ont fait, semble-t-il, don à l'abbaye Saint Cyprien de Poitiers.

Il dépend alors de l'office d'aumônier auquel les propriétaire versent une rente de :

"dix setiers de froment,
dix setiers de mesture
et deux chapons rendables à l'hostel de l'aumosnerie à Poictiers."

Moulin de Sigon

Moulin à deux roues, possédant four et exploitation agricole, il est affermé à la fin du XVIII° siècle :

  • pour une somme de 340 livres,
  • quelques produits d'élevage
  • et une participation à la lessive.

 

"Les preneurs seront tenus lorsque le seigneur voudra faire laver sa lécive, de netoyer et préparer et accomoder les lavoirs, même d'arester le moulin si besoin est pour fournir l'eau convenable aux lavandières, de ramener les dittes lécives sur leurs mulets lorsquelles seront lavées en la maison de Sigon, et même de conduire le linge à Poictiers s'ils en sont requis".

Au bout du parc boisé de chênes séculaires dissimulant à peine le logis de Salvert, apparaît le Moulin Vieux qui dépendait de l'abbaye de Montierneuf.

Les dénombrements qu'en font les textes jusqu'à la fin du XV° siècle ne font mention ni de roues entraînant des moulins à blanc ou à brun, ni de bâtiments typiquement agricoles et de four, mais simplement d'un moulin à foulon.

Avec quelques terres agricoles et un four, il fait partie, à la fin du XVII° siècle, des dépendances du fief du même nom, et est détenu par le seigneur de Salvert.

Vendu comme bien de la nation, il fonctionne jusque vers les années 1960.

 

L'Auxance quitte la commune de Migné-Auxances au village de Pontrault.

Avant de rejoindre le Clain, après avoir fait fonctionner environ cinquante moulins, ses eaux trouvaient encore l'énergie nécessaire pour faire tourner les deux moulins de Preuilly et de Grand pont situés sur la commune voisine de Chasseneuil.

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