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Avant 1968, les sous-marins du type DAPHNE paraissaient
réussis et nos services techniques en étaient
fiers. On allait même jusqu'à dire, bien
imprudemment, qu'ils étaient parfaitement sûrs
en plongée.
Lorsque
Ia MINERVE disparut cette confiance ne fut pas
ébranlée. On voulut croire à un
abordage en plongée avec un mystérieux
sous-marin, peut-être soviétique, ou encore
à une faute de l'équipage. Cette sorte de
blocage intellectuel fit qu'on n'étudia pas
sérieusement l'hypothèse d'une
défaillance du matériel ou celle d'une erreur
de conception, et qu'on ne prit par conséquent aucune
mesure préventive ni curative.
Deux
ans après, le 4 mars 1970, l'EURYDICE disparaissait
à son tour, corps et biens, prêt de St Tropez,
au large du cap Camarat, ( une quinzaine de
kilomètres ). Cette fois, ce fut comme un coup de
tonnerre qui débloqua les esprits les plus
verrouillés dans leurs certitudes.
Après
repérage de l'épave ( Latitude : 43.16 N
,Longitude : 6.80 E ) , une enquête approfondie et des
simulations sur ordinateur révélèrent
plusieurs causes techniques possibles des deux accidents, et
on y porta enfin remède.
Depuis,
les DAPHNE sont effectivement des sous-marins sûrs,
mais pour les 57 hommes de L'EURYDICE, c'était trop
tard.
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