Poésie et fables amérindiennes



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        Poésie et fables amérindiennes

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Mélodie indienne ( Silvaine Arabo )

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père

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je t'appelle par le son de la gourde

je t'appelle par ma fumée

j'appelle tout ce qui est toi en moi

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tu réponds de toutes les directions

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esprit saint omniprésent

âme éternelle

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prends-moi en pitié

donne-moi

la lumière.

Prière cheyenne Lance Henson

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Fables mayas  

( recueillies par Victor Montejo )

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Celui qui coupe les arbres coupe sa propre vie

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   Quand j'étais enfant mon père me disait souvent, " mon fils, ne coupe pas les arbustes

verts sans raison. Chaque fois que tu fais cela tu abrèges ta propre vie. Tu te prépares une

lente agonie . "

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   Cette mise en garde m'inquiète toujours, particulièrement depuis l'époque où j'ai coupé

à la machette et avec insouciance quelques petits arbres au bord de la route.

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   L'avertissement de mon père n'avait rien de nouveau : il venait des anciens qui l'avaient

dit dans des temps reculés. Et mon père qui connaissait leurs enseignements, me les répé-

tait ainsi qu'à mes frères. Maintenant, lorsque j'entends parler de pollution, d'érosion, de dé-

forestation, je comprends la valeur de cette vieille philosophie. Ces choses sont des signes

de la lente agonie que nos anciens pressentaient quand ils disaient, " celui qui coupe les arb-

res sans raison abrège sa propre vie ".

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" Si nous devons mourir,

nous mourrons

en défendant nos droits ".

Sitting Bull

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Le chant de jubilation de Tsoai-Talee

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Je suis une plume dans le ciel lumineux

Je suis le cheval bleu qui galope dans la plaine

Je suis le poisson qui virevolte et miroite dans l'eau

Je suis l'ombre qui suit l'enfant

Je suis la luminosité de l'après-midi, l'éclat des prairies

Je suis l'aigle qui joue avec le vent

Je suis un bouquet de perles étincelantes

Je suis la plus lointaine étoile

Je suis le grondement de la pluie

Je suis le scintillement sur la neige croûtée

Je suis la large traînée de la lune sur le lac

Je suis une flamme de quatre couleurs

Je suis un cerf qui s'éloigne au crépuscule

Je suis un champ de sumac et la pomme blanche

Je suis un vol d'oies dans le ciel d'hiver

Je suis la faim d'un jeune loup

Je suis totalement le rêve de ces choses.

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Voyez-vous, je suis vivant, je suis vivant

Je suis en bons termes avec la terre

Je suis en bons termes avec les dieux

Je suis en bons termes avec tout ce qui est beau

Je suis en bons termes avec la fille de Tsen-Tainte

Voyez-vous, je suis vivant, je suis vivant ..

N.Scott Momaday

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" Que sont devenus les Pequots ?

Où sont les Narragansetts, les Mohicans, les Pocanets

et les autres tribus puissantes de notre peuple ?

Elles ont disparu sous l'avarice et l'oppression de l'homme blanc,

comme la neige sous le soleil de l'été ... ".

Tecumseh, chef Shawnee

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Deux femmes

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Je suis une femme

         Je suis une femme

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Je suis une femme née d'une femme dont l'homme acheta une usine.

            Je suis une femme née d'une femme dont l'homme travailla à l'usine.

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Je suis une femme dont l'homme porte des costumes de soie; qui surveille

constamment son poids.

        Je suis une femme dont l'homme porte des costumes en lambeaux, dont le

coeur est constamment serré à cause de la faim

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Je suis une femme qui éleva deux bébés qui devinrent de beaux enfants.

Je suis une femme qui éleva deux bébés morts faute de lait .

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Je suis une femme qui éleva des jumeaux qui allèrent au lycée et passèrent leurs

vacances à l'étranger.

Je suis une femme qui éleva trois enfants dont les ventres sont plats faute de nourriture .

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Mais un homme vint ;

         Mais un homme vint ;

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Et il raconta aux paysans qu'ils s'enrichiraient et que ma famille s'appauvrirait

Et il me parla de jours meilleurs, et il fit des jours meilleurs .

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Nous devions manger du riz

Nous mangions du riz

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Nous devions manger des haricots !

Nous mangions des haricots

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On n'accorda plus de visa à mes enfants pour qu'ils puissent partir en vacances en Europe.

Mes enfants ne pleuraient plus pour s'endormir .

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Et je me sentis paysanne

         Et je me sentis une femme .

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Une paysanne avec une vie ennuyeuse, dure, sans attrait .

                 Une femme avec une vie qui lui permettait parfois de chanter .

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Et je rencontrai un homme.

       Et je rencontrai un homme.

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Et ensemble nous commençâmes à comploter avec l'espoir de retrouver la liberté.

Je vis son coeur se mettre à battre avec l'espoir de la liberté, enfin .

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Un jour, le retour de la liberté.

Un jour la liberté .

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Et alors,

       Mais alors,

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Un jour,

    Un jour,

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Il y eut des avions au-dessus de nos têtes et des fusils qui tiraient tout près.

     Il y eut des avions au-dessus de nos têtes et des fusils qui tiraient au loin .

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Je rassemblai mes enfants et rentrai chez moi.

Je rassemblai mes enfants et courus .

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Et les fusils s'éloignèrent de plus en plus.

        Et les fusils se rapprochèrent de plus en plus.

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Et alors ils annoncèrent le retour de la liberté!

               Et alors ils arrivèrent, c'était de très jeunes hommes.

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Ils vinrent en compagnie de mon homme.

Ils vinrent et trouvèrent mon homme.

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Ces hommes qui avaient presque tout perdu.

                      Ils trouvèrent tous ces hommes qui ne possédaient que leur vie .

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Et nous trinquâmes pour fêter l'événement .

    Et ils les tuèrent tous .

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Les meilleurs apéritifs .

        Ils tuèrent mon homme .

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Puis ils nous invitèrent à danser .

       Puis ils vinrent pour moi .

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Moi .

                       Pour moi, la femme .

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Et ma soeur .

                   Et pour ma soeur .

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Alors, ils nous emmenèrent,

Ils nous emmenèrent ,

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Ils nous emmenèrent dîner dans un petit club privé .

              Ils nous arrachèrent la dignité que nous avions gagnée .

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Et ils nous offrirent du boeuf .

Et ils nous frappèrent .

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Les plats se suivaient sans cesse .

      Sans cesse ils étaient sur nous .

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Nous étions prêt d'éclater tant nous avions mangé .

                   Coup de poing, immersion - les soeurs saignent, les soeurs meurent .

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C'était magnifique d'être libre à nouveau !

                     C'était vraiment un soulagement que d'avoir survécu .

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Les haricots avaient maintenant presque disparu .

Les haricots avaient disparu .

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Le riz, je l'avais remplacé par du poulet ou du steak .

Le riz, je n'en trouve pas .

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Et les fêtes continuent nuit après nuit pour effacer tout le temps perdu .

Et mes larmes silencieuses se joignent à nouveau aux cris

nocturnes de mes enfants.

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Et je me sens à nouveau une femme .

On dit que je suis une femme .

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Traduit de l'Américain par MVT

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Ce texte a été écrit par une ouvrière chilienne, en 1973, peu après

l'assassinat du  Président Allende . Une missionnaire américaine

le traduisit et l'emporta avec elle quand elle fut expulsée du Chili .

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Ces textes ont été extraits des numéros 19, 20 et 22 de la revue

culturelle amérindienne:

" SUR LE DOS DE LA TORTUE "

1, PLACE DE L'ÉGLISE

13120 BIVER-FRANCE

(abonnement annuel : France et C.E.E. 150 FF )

que je remercie pour son autorisation de reproduction .

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Poèmes de Maurice Kenny

Traduits de l'américain par Béatrice Machet

(Edit. Wigwam, 2001)

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VIEUX COYOTTE DANS LES ADIRONDACKS

Il se tenait

sur le bas-côté

de la vieille route campagnarde

il attendait

que nous passions

pour pouvoir

pénétrer

la nuit

et chanter

sur les rondeurs de sa colline.

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LE LONG DE LA ROUTE DE CORTEZ

La route royale pour Cuernavaca :

les rochers, là où son cheval vigoureux

trébucha jusqu'au palais...

chargé de gloire

épaissi au fil de l'histoire...

maintenant des ruines de murs effondrés

et des pierres fendues

nous montrent renversées les têtes ensanglantées

de quelques mauvaises herbes écarlates.

Aujourd'hui de nouveau : les pistes

d'indiens aux pieds nus

et des ânes maigres.

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Note :

Maurice Kenny est né en 1929 de père Mohawk et de mère d'origine Seneca.

Oeuvre importante et prix littéraires, notamment celui de l'American Book

Award pour The Mamma Poems (nominé en 83 pour le Prix Pullitzer  

avec Blackrobe).

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