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Mylène Catel
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Méditation (S .Arabo).)
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Ombre
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Aux pieds de votre Ombre en sursis
mon corps vite tombe se rappelle et soupire
Dieu faites-moi voir par-dela l'ignorance
la peur l'illusion la démence
le coeur noyau qui en tous brille
grain plus pur de Votre foi
mon âme veut y boire
sans lendemains
un genou à terre
les doigts recueillis
en poing
oiseau
flamme
de
la
paume
croyante
qui cache le mystère
pour faire agir la plume
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Assise
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Assise sur l'arbre des suicidés
j'attends mon Dieu
la lune a un sourire de chat
les portes sont pleines de coups
les âmes s'échangent tout bas
pendant que j'attends l'Amour
mon Dieu m'a convoquée
sur le tronc je L'attends
nuit noire lune folle
traffic de portes
où je vais finir
où mon âme surgit
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l'Amour
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bras plus étendus
mains retenant le vase
tête bouchon rompu
l'Amour y déferle
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de versants en versants
d'un côté et de l'autre
nous offrons notre main
en nous tenant le coeur
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les âmes se rejoignent
en une flamme pure
et brûlent jusqu'à Dieu
en qui tout se confond
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L'ampleur de mon mal
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mon Dieu me fait comprendre
l'ampleur de mon mal
entre moi la faille fatale
ou j'échange mon âme
où mon corps ce vertige
s'accroche à des échardes
mon Dieu me fait saisir
la nature de mon être
tête contre tête
dos contre dos
coudes contre coudes
je suis assise à l'autre
qui me double dans la nuit
l'ombre le miroir
alors le front colle
contre la fenêtre
je regarde de l'autre côté
une vitre banale
et je vois une grande bête
qui me regarde
duel
l'ampleur de mon mal
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Chant Croisé
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le premier segment est
le plus impulsif
le plus imprévu peut-être
or plus pur que les frontières
toujours à la lisière
du futur
chant croisé
sans soutien autre
que son être propre
souvent retenu
toujours à refaire
photo ratée montage
quand grimpe le cri de pierre
la dernière brique calme l'agonie
du Livre
caresse des paupières
synecdoques glissées
dans les coulisses
les pages latentes
origami de l'âme
une plume
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Lumière
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corps plus pur que les fontaines
éclaboussées d'oiseaux
couloirs perdus seuils intérieurs
nuit d'avalanche et chenilles au coeur
ne me retirez pas la lumière
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corps si pur arraché aux limbes
langue de roc arrosée de soleil
ballottée entre l'eau et le germe
plus dur à récolter que l'été
ne me retirez pas la lumière
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c'est elle qui me porte
c'est elle qui me pousse
c'est elle qui m'exprime
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ne me retirez pas la lumière
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Amour
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Bouche graciée
par l'Amour
séparée par
la vitre
dans le matin
fendu qui
pousse
coulée
de l'univers
horizon toujours
à refaire
encre
du grand
Livre blanc
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La Prière Automatique
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le saxophone suinte à lentes coulées
moinillon je raccorde les corps blessés
de lentes et longues cordées de lettres
qui naissent à contre - jour sans le vouloir
peut-être et s'alignent sagement dans l'ordre
le chant qui s'
évapore condense ces lueurs
pause
mon coeur est un vaste regret
indélébile
où le souffle manque parfois
mais le pli intermédiaire de cette lettre
forme un croisement entre mon Dieu
et moi
crayon tu croises à la verticale
des prières venues d'un autre temps
pli tu retiens le crayon qu'il ne
se perde
dans les dédales de sa mémoire
or il faut éviter l'impatience
mais quand se rapproche l'aurore
le stylo se raccroche aux lenteurs
des mots
pause avant le pli de cette montagne
rayée de cachets
oui sous cette frontière étrange
naîtra l'amont
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Textes extraits de " Petites Pierres "
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" J'ai écrit ces textes inspirée par la lecture des " Adombrés " de
Silvaine Arabo et par celle des poèmes de Bruno Durocher, que je tiens
à remercier. "
Mylène Catel
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Tes rires
délirants se côtoient en
cascade
à ton cou qui saillit tes épaules font naître
des mouvements d'attente en l'instance de l'Etre
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sous l'atlantide nue autrefois les étoiles
souvent le crépuscule avait enfoui ses palmes
les vautours ne font plus des ombres écarlates
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seul le soleil te hante et sème la pagaille
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si je pose les mains sur ton dos mordoré
c'est pour sentir l'écaille et percer tes secrets
amérique mon âme est un fruit qui se fond
sous un soleil usé où se croise le deuil
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entre deux croches pendent des lenteurs d'agraphe
un tambour à mon front la main sur le tambour
rien qui cède sans aube et qui s'ouvre la voile
point d'accord sans folie point de rime sans tour
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Extraits de " FRONTIÈRES NAVALES "
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Notice bio-bibliographique:
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Mylène Catel est née en 1966,en Normandie (France).
Maîtrise d'Anglais,Masters et PH.D en Français.Vit actuellement aux
Etats-Unis ( Michigan )où elle enseigne la littérature française à l'Université.
A publié jusqu'ici deux recueils de poèmes :
- " Le Jongleur Fou " ( 1995 ),Paris,Editions Caractères
- " JC " ( 1996 ) : même éditeur.
Publications en revue et sur l'Internet ( sites francophones et anglophones ).
Elle déclare : " Je n'ai pas choisi la poésie,elle s'est imposée.Je devais écrire...
Une grande tache,une grande larme toujours renouvelée,un grand doute en som-
me,une grande foi . "
Nécessité,engagement,authenticité : tels sont les trois mots-clés par lesquels
on pourrait tenter de définir le rapport de Mylène Catel à l'expérience poétique.
Pour Mylène,la poésie est une avec la Vie.
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Merci à Mylène Catel de m'avoir adressé ses textes
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.Voir aussi le texte de Mylène Catel sur TI JEAN L'HORIZON , de Simone SCHWARZ-BART , dans
la rubrique " COUPS DE COEUR " .
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Ecrire à Mylène Catel:
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MylèneCatel<CATEL@HOPE.CIT.HOPE.EDU>
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