Charles Baudelaire : poèmes



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                     Charles Baudelaire

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Femme au chapeau ( Silvaine Arabo )

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Correspondances

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La Nature est un temple où de vivants piliers

Laissent parfois sortir de confuses paroles ;

L' homme y passe à travers des forêts de symboles

Qui l'observent avec des regards familiers.

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Comme de longs échos qui de loin se confondent

Dans une ténébreuse et profonde unité,

Vaste comme la nuit et comme la clarté,

Les parfums,les couleurs et les sons se répondent.

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Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants,

Doux comme les hautbois,verts comme les prairies,

- Et d'autres, corrumpus ,riches et triomphants,

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Ayant l'expansion des choses infinies,

Comme l'ambre,le musc,le benjoin et l'encens,

Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.

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Réversibilité

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Ange plein de gaieté,connaissez-vous l'angoisse,

La honte,les remords,les sanglots,les ennuis,

Et les vagues terreurs de ces affreuses nuits

Qui compriment le coeur comme un papier qu'on froisse ?

Ange plein de gaieté,connaissez-vous l'angoisse ?

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Ange plein de bonté,connaissez-vous la haine,

Les poings crispés dans l'ombre et les larmes de fiel,

Quand la Vengeance bat son infernal rappel,

Et de nos facultés se fait le capitaine ?

Ange plein de bonté,connaissez-vous la haine ?

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Ange plein de santé,connaissez-vous les Fièvres,

Qui,le long des grands murs de l'hospice blafard,

Comme des exilés,s'en vont d'un pied traînard,

Cherchant le soleil rare et remuant les lèvres ?

Ange plein de santé,connaissez-vous les Fièvres ?

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Ange plein de beauté,connaissez-vous les rides,

Et la peur de vieillir et ce hideux tourment

De lire la secrète horreur du dévouement

Dans des yeux où longtemps burent nos yeux avides ?

Ange plein de beauté,connaissez-vous les rides ?

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Ange plein de bonheur,de joie et de lumières,

David mourant aurait demandé la santé

Aux émanations de ton corps enchanté ;

Mais de toi je n'implore,ange,que tes prières,

Ange plein de bonheur,de joie et de lumières !

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Harmonie du Soir

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Voici venir les temps où vibrant sur sa tige

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;

Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir;

Valse mélancolique et langoureux vertige !

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Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;

Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige;

Valse mélancolique et langoureux vertige !

Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

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Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,

Un coeur tendre,qui hait le néant vaste et noir !

Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir;

Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

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Un coeur tendre,qui hait le néant vaste et noir,

Du passé lumineux recueille tout vestige!

Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige ...

Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !

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Poèmes extraits des " Fleurs du Mal " ( section: " Spleen et Idéal " )

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Paysage

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Je veux,pour composer chastement mes églogues,

Coucher auprès du ciel , comme les astrologues,

Et,voisin des clochers,écouter en rêvant

Leurs hymnes solennels emportés par le vent

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Les deux mains au menton,du haut de ma mansarde,

Je verrai l'atelier qui chante et qui bavarde;

Les tuyaux,les clochers,ces mâts de la cité,

Et les grands ciels qui font rêver d'éternité.

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Il est doux,à travers les brumes,de voir naître

L'étoile dans l'azur,la lampe à la fenêtre,

Les fleuves de charbon monter au firmament

Et la lune verser son pâle enchantement.

Je verrai les printemps,les étés,les automnes;

Et quand viendra l'hiver aux neiges monotones,

Je fermerai partout portières et volets

Pour bâtir dans la nuit mes féériques palais.

Alors je rêverai des horizons bleuâtres,

Des jardins,des jets d'eau pleurant dans les albâtres,

Des baisers,des oiseaux chantant soir et matin,

Et tout ce que l'Idylle a de plus enfantin.

L'Emeute,tempêtant vainement à ma vitre,

Ne fera pas lever mon front de mon pupître;

Car je serai plongé dans cette volupté

D'évoquer le Printemps avec ma volonté,

De tirer un soleil de mon coeur,et de faire

De mes pensers brûlants une tiède atmosphère.

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Extrait des "Fleurs du Mal " ( section: " Tableaux Parisiens" )

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La Mort des Amants

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Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères,

Des divans profonds comme des tombeaux,

Et d'étranges fleurs sur des étagères,

Ecloses pour nous sous des cieux plus beaux.

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Usant à l'envi leurs chaleurs dernières,

Nos deux coeurs seront deux vastes flambeaux,

Qui réfléchiront leurs doubles lumières

Dans nos deux esprits,ces miroirs jumeaux.

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Un soir fait de rose et de bleu mystique,

Nous échangerons un éclair unique,

Comme un long sanglot,tout chargé d'adieux;

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Et plus tard un Ange,entr'ouvrant les portes,

Viendra ranimer,fidèle et joyeux,

Les miroirs ternis et les flammes mortes.

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Extrait des " Fleurs du Mal " ( Section: " La Mort " )

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Charles Baudelaire : notice bio-bibliographique

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Lire ce que Verlaine dit de Baudelaire dans son " CHARLES BAUDELAIRE "

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