Jean -Pierre Desthuilliers
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Dessin au fusain de Silvaine Arabo
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.Histoire d'U ( extrait )
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su J'ai su certains orages
Et tremblé de comprendre
En compulsant des pages
Que la foudre peut fendre
Le calme des naufrages
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tu J'ai tu certains aveux
Brouillé les verbes vrais
Les souhaits et les voeux
La preuve du secret
Que devine qui veut
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vu J'ai vu certains reflux
Nagé contre le vent
Cette étreinte absolue
Où suffoque souvent
Le ciel irrésolu
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Les mots comme mouettes
Picorent mon attente
La phrase que j'apprête
Et la strophe trop lente
Que leur bec déchiquette
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Précipitation
précipitée
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L'averse violoncelle
De plomb mat éclabousse
La peau nue de la nuit
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L'orage cicatrice
Recoud le ciel fendu
Du choc bleu des cascades
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La tempête insomnie
Agace de ses ongles
Les flaques du sommeil
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La parole colombe
D'embruns secrets modèle
Les lagons du désir
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L'attente rêverie
S'invente les rapides
Houleux d'autres rencontres
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Croquemots
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Une pluie de syllabes
S'abat sur le papier ;
Le sang, dans l'encrier,
Se fige, imprononçable.
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La phrase fracassée
Palpite sur la feuille
Où les rimes en deuil
Ressassent le passé.
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La parole perdue
Expire à exprimer
Nos amours périmées
Et nos malentendus.
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En cortège, les lettres,
A pieds comptés, escortent
Le poème que portent
Six mots noirs, et pénètrent
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Dans la terre promise,
Où le temps décompose
L'aspect qu'eurent les choses
Avant que je les dise.
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Cosmic sextuor
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Orient Un vent né du levant Opposition La gemme crépuscule
Vêtu de caravanes Qu'expulse le nadir
Dérive d'erg en reg Explose en feux obscurs
Au gré des prophéties. Qui dévorent le jour.
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Méridien Un homme aux yeux de quartz Ascension J'enferme en ma mémoire
Aux rais de la persienne Les marges du cahier
Déchiffre les halos Et les lignes zénith
Où le sud s'insinue. Où migrent les idées.
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Couchant Sur la carte une infante Cosmos Quelle harpe à six cordes
Suit du doigt le chemin Gamme à gamme édifie
D'un rêve caravelle L'exacte symphonie
Qui s'estompe au ponant. Qui anime les sphères
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Septentrion Un renard prisonnier Création Sous quel accord genèse
Mord aux barreaux du nord La harpe éclate et fuse
La robe boréale Aux six points cardinaux
D'une aurore erronée. Où s'accrochent nos cieux ?
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Poèmes extraits de la section 2 de " Sculpteur d'Eaux " :Les Ciseaux du Sourcier
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La femme du potier
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Femme aux poignets d'argile et de nappes d'embruns,
Quel potier de son ongle entaille dans la croûte
L'étreinte cicatrice et la trace des fils
Qui trament l'archipel de ton corps fracassé ?
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Femme aux tétons de terre et de fleuves en crue,
Quel potier sur leur chair esquisse de son pouce
La pointe qui résume et cripse l'aréole
Où dansent des fourmis frémissantes de sang ?
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Femme au ventre de marne et de hautes marées,
Quel potier au pourtour de ton nombril décèle
La caresse écorchure et agaçant la peau
De la pulpe du doigt érige ses frissons ?
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Femme aux cuisses de glaise et de nuée d'orage,
Quel potier paume nue creuse et lisse les bords
Du lac aux algues d'or dont le flux écartèle
Les berges puis explose en lames déferlantes ?
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Femme aux jambes de grès et de rideau de pluie,
Quel potier larme à larme y lave la parure
Brûlante de cristaux et d'émaux qu'incrusta
La morsure arc-en-ciel des canines du feu ?
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Extrait de la section 3 de Sculpteur d'Eaux : Fonte à neige perdue de gisants d'équinoxe
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L'arbre parole
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L'arbre frôle la parole
ab et dévore é élabore
la nuit où il le nu profil
s'élève des rêves
et son élan vigueur et son rythme rigueur
de larmes de larges
puis de sève puis de brèves
secrète, se prête
mes aux mé-
aurores taphores
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L'arbre
à
vents
et
vagues
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la main effleure les doigts nus
un aveu
retenu
s'esquisse et s'insinue
tel le vent
enroulant
la vague
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les doigts gardent la main posée
une envie
supposée
hésite à trop oser
telle vague
avalant
le vent
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L'arbre
prison
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l'homme
emprisonne
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dieu
dans les églises
aux voûtes opaques
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les mots
dans les énigmes
aux phrases obscures
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l'amour
dans les étreintes
aux gestes obliques
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la lumière
dans les
lampes
l'eau
dans les
fontaines
le désir
dans les
aveux
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L'arbre Octobre
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au décours d'octobre
les jours
épousent
leurs brouillards vierges
les soirs
fréquentent
de rares orages un peu gris
les nuits
partagent
le lit des fleuves obscurs
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au décours d'octobre
tes larmes
fécondent
le nom d'un voyageur
ta mémoire
pénètre
le firmament clos de l'été
tes mots
font éclater
des germes d'encre sur la page froide
des gerbes d'astres sur la vitre glacée
des gerces d'or sur les lèvres gelées
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quels avenirs naîtront
de ces étreintes
successives
et
notre rencontre embrasera-t-elle à nouveau
l'aurore
?
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Extraits de la section 4 : L'Elagueur de Fontaines
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Trois Dimensions Principales *
Première épure**
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Toi, Silence, rends nous la musique vibrante
Où le Temps maîtrisé cristallisait sa fuite
Et l'archer du plaisir sur les heures détruites
Construisait des refrains d'où la mort est absente.
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Toi, Ténèbre, rends nous la lumière éclatante
Où l'Espace calmé condensait son élan
Et la main du désir sur le noir et le blanc
Rythmait de lents dessins d'où la mort est absente.
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Et toi, Rigueur, rends nous la fantaisie vivante
Où le Hasard vaincu résumait ses sursauts
Et les dés à saisir, les jonchets en faisceaux
Réglaient des jeux sereins d'où la mort est absente.
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Extrait de la Section 5 : Trois Tailles pour Grains d'Eau
Notes de l'auteur :
* Les 3 dimensions principales naissent de la multiplication
des 3 dimensions élémentaires de l'Espace par 2 dimensions
complémentaires : le flux continu du Temps, les chocs discrets du Hasard.
** Publié, sans titre, dans le cristal opaque , page 17.
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Au fil des heures
et des idées
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déjà sept heures du MATIN
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Matin de rêve inachevé
Qu'un réveil aigu échevelle
Entre la lampe et le chevet
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Matin de savon et d'eau grise
De cheveux fous de lit défait
Et de faux plis dans la chemise
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Matin de pain de confitures
Le lait se sauve on ne sait où
La clef fait crier la serrure
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Matin
C'est bientôt dimanche
Matin de caresses
Idées de paresse
Retroussons nos manches
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au milieu de la MATINÉE
Matinée de journal humide
De quai de gare et de retard
De regard vague de mots vides
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Matinée temps de retrouvailles
Recommencer comme la veille
Ravauder le même travail
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Matinée lente alourdie d'heures
Et de désirs mis de côté
Dans la chemise du bonheur
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Matinée
C'est bientôt dimanche
Matinée lessive
Idées subversives
Retroussons nos manches
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Extraits de la section 6 de Sculpteur d'Eaux : Modeleur de Clepsydres
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Notice bio-bibliographique de Jean - Pierre Desthuilliers
1 - La vie
Né à Versailles en 1939..
Études classiques latin-grec, mathématiques spéciales au Lycée Henri IV,
École nationale supérieure d'ingénieurs de constructions aéronautiques,
Institut de droit appliqué.
Syndicalisme étudiant et animation de chantiers européens de
reconstruction.
38 années de réalisations professionnelles : ingénieur, puis cadre
dirigeant, enseignant, consultant, créateur d'entreprise et gérant de
société. Complémentairement, responsabilités associatives, culturelles et
politiques.
Formations pratiques en techniques graphiques, expression artistique,
logique et sémantique.
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2 - Publications
1956, premières publications aux Cahiers de l'Ile de France du poète Jehan
Despert et en divers journaux.
1974, éditions Saint-Germain-Des-Prés, LE CRISTAL OPAQUE, avec trois
crayons de Tardivo.
1979, chez José Millas-Martin, L'ARBRE PAROLE, avec des dessins au trait
d'Odile Damon-Leclerc.
1979, comité de rédaction de la revue de l'ACILECE.
1983, co-fondateur de La Jointée, président-trésorier de l'association et
éditorialiste de sa revue : Jointure.
1983-1986, création et animation des ateliers d'écriture poétique de Deuil-La-barre.
1987, Prix Jacques NORMAND de la SGDL pour LE SCULPTEUR D'EAUX, suivi de
TRAVAUX D'UN SCULPTEUR D'EAUX
1979-2000, publications dans Jointure et diverses revues (Phréatique, Envol,...).
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3 - Travaux en cours :
L' OPÉRA DES TAROTS DORÉS, poèmes et réflexions sur la construction du texte du Tarot.
LA VIGNE ADAMANTINE, souvenirs et notes de ce voyage qui conduit au -delà du solstice
personnel.
LA MARGUERITE CRUCIFIÉE, travail de regardement d'une suite de 31 gravures tracées par
Henri Landier sur le thème d'un FAUST revisité.
L'ÉBAUCHE ACCOMPLIE, dérive raisonnée au sein de l'univers des doubles engendrés par le
poète.
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