Poèmes de Michel Ducom



Michel Ducom



Poèmes extraits du recueil " UNE ATTENTE DE VERRE " (Edit. Cadratins )

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Femme haute au destin neuf

Nous mêlons nos langues comme des baisers

La nuit a faim de sourires

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Rêveuse et habile pourtant

Tu chemines tu m'échappes

Tu es buveuse d'étoiles lointaines

.

        Et moi guetteur

..

Femme haute au destin neuf

Je veille sur tes signes indiens

Mon front contre ton front

Mes songes contre tes songes

.

Le ciel se peuple de nos tendres énigmes

humaines.

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Au matin, la bleuie, la tendre en déroute

La souveraine multiple aux désirs appuyés

La rouge, l'encrée, l'ocre des îles

La jeune aux chevaux, la vieille des oreilles de l'aube,

Elle

Crie ses légendes comme on vomit le ciel

Sa cruche d'eau et ses sources de miel

Sa démarche de haut sourire sa rare

Epissure de mots sur mon corps blanc

De qui suis-je la page ? De possibles étoiles

Aux baisers sidéraux D'une comète rêveuse

Qui s'en va retournant d'oasis en oasis

Un

Touareg bleu regarde le sourd fracas du sang

La rayure de l'oeil qui signe nos nocturnes

Homme apte

A confondre un ver luisant avec les galaxies

Dormeur léger, roulé parfois dans ses enfances

Oublieuses.

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Dans la forêt des signes le coeur nous

échappe

Tu vas de maison en maison, les portes aux

gerbes clouées, aux raisons anciennes

Le neuf se cache

Celle qui s'ouvre est celle du pain immobile

sur le bois de la table

Quatre chaises vides à grand dossier espagnol

rêvent ,face à face

Une pièce intime et seule, la lumière d'une

jalousie

Le printemps a fui, singulier,

Où est l'homme, dans ce silence et dans ce

gel ?

Le plancher geint, une ombre se profile à

la porte du fond

Tu regardes, égrenant des larmes étoilées

Dans la forêt des signes, ton chemin perdu,

le fanal éteint.

Où est l'homme dans ce silence et dans ce

gel ?

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Au loin la mer n'a pas de nom mais mille

secrets rapides.

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Le seuil, seul lieu habitable des maisons .

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      Ronde femme aux risques aigus

Apte à connaître

      Certaine d'être

      Tous ses cris chuchotés pourtant

Et la règle d'or du silence des chiens blessés

      La rafle des mots aux bords de ses rêves

       Ronde femme aux risques aigus

Lente amoureuse au coeur de louve

      Aux puits aux sources te voici écoutant

L'eau patiemment recoudre le temps Qui chavire

en toi face à l'éternité ?

      Un chant s'étire une

      Danseuse tente le grand écart

            A l'oreille du désir un arc vibre

      Peuple de nuit, indienne vivante

      Entre tes doigts file l'écrit

      Son noeud serré dans ta gorge

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°°°°°°°

   Parfois nous allons,indécis au milieu du peuple des objets,étendant

des oriflammes blafardes entre les nuits et les matins.

   Rares ,volant les baisers, gravant des ongles les murs déjà entamés

de salpêtre et de signes, nous savons surtout que nos repères sont battus

comme des cartes, et dans les eaux glacées de leurs surfaces, nous avons

droit au goût amer des vérités.

   A force d'appeler l'as, il vient, mais fou est celui qui croit tenir le

monde sous un coup heureux. Tout est toujours à refaire et il y faut du

couteau pour ponctuer la gagne, agrandir les gorges.

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°°°°°°°°

Epilogue de la femme bleuie

         Celle, rêveuse de nuit, qui

           Posa son corps entier dans

Ma main Immobile comme un

Cheval buvant aux sources fraîches

        Ses laines abandonnées

        Ses rives souveraines

Le monde sous nos pieds

Tournant comme un manège

Rit

Pour un jour de tendresse blessée.

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°°°°°°°°°

Ma furtive ma secrète, ma figue fraîche, ma neuve

Où caches-tu tes grands chevaux nocturnes ?

Te voici haute et louve, comptable d'étoiles

              Rivale fière

Aussi ai-je mis une femme rebelle sur ma langue.

Les marées de l'encre sont nos saisons majeures.

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°°°°°°°°

Il avait dans sa main cette frayeur de fennec

la solitude voulue au bord des puits

il ne venait qu'aux heures chaudes ou la nuit, avec

les chevaux sauvages

Sous la lune des mares dormait une raison noyée

faudra-t-il boire ce vin qui sert aux échanges

d'épices ?

Carte à carte, j'écris un destin attendu

une femme s'étire une corde d'arc casse

j'ai tendu dans l'air quelques mots sévères.

C'est peu d'une vie, le coeur aux vents pourtant,

quand le monde me manque.

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°°°°°°°°

Un poème s'éteint sur une ville nonchalante

Rues ouvertes et nerveuses, le cri appuyé d'or

Une ombre du poème déjà perdu, à peine né

jusqu'à l'encre

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Le frêle des doigts plus têtus que l'argile,une

ambre de caresses

Sur nos cous la ferveur de voix dans la veille

Mille départs

Sans promesse, mais les doigts courbent les destins

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°°°°°°°°

J'ai déchiré tous les miroirs

Les ongles en plein visage

Brisez soldats toutes les bouches

Seules nos mains sont ultimes

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Voici la trame d'avant la dague

Chaque jour rejoué, ou par surprise,

Voyant, tes amours s'éternisent

Voici le sang, le chant et le couteau

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Brisez, soldats, toutes les bouches

..

Alors, serai-je encore farouche ?

Et si la parole se porte haut

Pourquoi faudra-t-il si tôt qu'on se couche ?

Qui, déjà, a réveillé le bourreau ?

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Brisez, soldats, toutes les bouches

..

Allons, miroirs, laissez. Nos images brûlent

Les verres fondent. Un  souffleur vous tournera

En cul de lampe. La Terre

Toute petite mourra dans vos fenêtres

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Comme un soupir d'oiseau après un baiser fou

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Brisez, soldats, toutes les bouches.

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Marge d'aube, la pierre est nourricière

J'entre dans la pierre en moi la pierre

Animale chanson de nuit Qui

Ouvrira alors les serrures d'argile ?

Les arbres assignés s'éprennent de ciel

Les réponses cheminent sans hâte et sans gîte

Une mathématique d'oiseaux imprime

Le définitif dans le fugace

...

Je tiens alors la fréquentation des pierres

Leurs révélations hasardeuses pour un jour décidé.

..

°°°°°°°°°°

L'inconnaissable de la pierre, ni de la suivante

Ni de celle qui ose hasarder la divinité

Ni de celle qui frappe de la chair ni de la pierre

Qui s'établit dans son grain de pierre

Dans sa nuit nue dans sa nudité de forme

Ni de l'autre pierre qui se nomme

Et se faisant se parjure

L'inconnaissable de la pierre dans ses chemins

d'eaux et de mots

Toute lettre abusée

Le silence roué de coups

Toute langue prise dans une urgence minérale.

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Parole femme dans le labyrinthe des buis

Dans la forêt basse des signes

Toute gorge qui brûle en appelle au neuf

Gorge sèche des résines du sens

Parole femme et torchère insoumise

L'orage est dans la vallée voisine

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Nous sommes les élus des cigales

L'alcool des odeurs nous éternise

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Le poème est une fuite imprévisible de chevaux

Qui rend l'immobile à la montagne

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Le jour s'épaissit et la terre

Se tient quitte de tout mouvement

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Chaque pierre intensément nue

Boit le soleil et s'achève dans ce baiser

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C'est la langue du poème pourtant

- le vivant et le frêle

Qui accomplit les lenteurs minérales .

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Notice bio-bibliographique de Michel Ducom

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Michel Ducom < mducom@club-internet.fr > est né en 1943 à Bordeaux.

Professeur, Secrétaire Général du Groupe Français d'Education

Nouvelle , il a publié de nombreux articles de pédagogie dans plusieurs

revues: Dialogue, Cahiers de Poèmes (GFEN), La Pensée, La Ligne Imag-

hinot, l'Uzeste ; participé à des ouvrages collectifs : "Réconcilier Poésie et

Pédagogie", ( "l'Atelier d'Ecriture", Cahiers de Poèmes ), "L'insoutenable

ambiguité de l'Aide" ( Ed.GFEN S-O) "Parler et écrire pour de bon à l'é-

cole" (Ed.Casterman), "Célestin Freinet, l'Icem, un choix pédagogique un

engagement politique", ( ICEM) "Panier Garni Bouquet d'Orties" ( Ed.CC

AS Bx )...

Il a publié de nombreux textes poétiques dans Encres Vives, Glyphes, Ven-

dredi Noir, Soleil et Cendres, Skriva, Filigranes, Sapriphage, Les Cahiers

de l'Adour, Rivaginaires, Cahiers de Poèmes etc... et dans diverses antholo-

gies.

Parmi ses recueils, "Morts d'Orphée" (Ed.Encres Vives) "Carnet de nuit"

(in anthologie de M Cosem chez Milan), "Chasses inquiètes" (Ed.Glyphes)

"Une Attente de Verre"(Ed.Cadratins)...

Michel Ducom a été, dans la lignée de Michel Cosem, un des tous premiers

inventeurs des ateliers d'écriture pour adultes, dans le courant "pédagogie et

écrivains contemporains" dont il n'a cessé d'élargir le champ d'action. Il a

formé de très nombreux animateurs d'ateliers et a théorisé l'acte d'écrire en

atelier dans de très nombreux articles.

Il est membre des Comités de Rédaction des revues de poésie :"Encres Vives",

" Cahiers de poèmes ", " Vendredi Noir ", et il est l'animateur de la revue

"Glyphes" qui reparaît à dater du mois de Mars 1999.

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