poèmes de Martine Morillon - Carreau



Martine Morillon - Carreau



Moi je n'ai pas de nom

je ne suis personne

rien

qu'une voix dans le vent

juste une trace sur du sable

rien qu'une des voix du vent

quand se disperse le sable.

°°°°°°°°

Aime - moi, disais-tu, aime - moi.

Nacarat la danse de la chambre ;

Dehors nuit de neige, c'est décembre

Rêche et son givre; j'aimais ce mois,

Ta chambre tendre et ton émoi...

°°°°°°°

Telle verte

- ô mortelle

lentement lentement -

la senteur d'herbe

coupée

des trahisons de mai.

   °°°°°°°°

Fruit

de la douce-amère ou fruit du songe

luise la perle noire

du hasard

luit l'eau morte d'un miroir en miettes

où s'épanouit le regard d'ombre des chimères

luise pour qui s'y perd

la perle noire et ronde et mensongère

du poème.

 °°°°°°°°°

Je

immobile

- et son vertige au miroir -

où s'agite

l'image.

 °°°°°°°°°

Dés

Il y a Stéphane et son coup de

Max avec son cornet à

et celui - bleu - du hasard

ah René arrête ton char

toutes perdues les parties jongleries

jongleries tous pipés ceux jetés

par le silence hilare de la mort

°°°°°°°°

  La vallée verte aux arcs-en-ciel derrière la mer sans piste

ni empreinte s'en est allée.

..

   Parole devant la mer est sans réponse ( question pérenne

la source au poli des ravines ) ; énigme de vivant, parole aux

morts est sans réponse.

°°°°°°°°

   Plus loin sont cependant des lumières et des îles : il y aura

rumeur de mer.

   Il y aura, pour effacer pas après pas l'outrage des chemins,

l'oubli soufflant des sables innombrables et la paix mendiée

près des grands dieux de pierre dans la poussière des

temples morts.

   Il y aura sur la cacophonie des coqs, mainte aurore de

cuivre, dédiant ses rades aux palmes noires des nuits en dé-

route : il y aura rumeur de mer.

°°°°°°°°

   Noir le cheval, piaffant aux portes pourpres du matin :

d'où tenez-vous résonance, échos de cuivre, quand l'aurore

saigne des combats de la nuit ?

   Musique, musique étrangère dont nul ne sait les nais-

sances foraines.

 °°°°°°°°

   Où meurt pour renaître la mer, l'enfant cherchant des

signes sur le sable,

mot à mot déchiffrant de grandes écritures d'algues :

messages un à un médités, ses grains de café sont porce-

laines,

trésor au fond des poches passé en fraude .

..

   Pour lui seul, l'heure du café dans la ville en hiver exhale

aussi arôme de varech.

  °°°°°°°°°

  Ce vert mer aujourd'hui qui danse sous la coque, vert lumière

dans un rire de risée et d'écume ( lumière de verre pour l'allégresse :

reflets éclatés, fugacités pérennes de Vermeer ), secoue acérés ses

tessons de soleil,

vers quoi jusqu'aux marges fuyantes du ciel sans fin s'invente la

route résolue de l'étrave.

      °°°°°°°°°

Patience paludière

aux marais de la douleur

où lentement s'étoile

un silence de sel,

aux salines de la douleur

patience

où lentement cristallise

la sérénité.

   °°°°°°°°°

   Avril au soir vert et gris : pourtant la route est en dehors

du temps;

qu'attend le cheval blanc sous la haie d'aubépine ?

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Poèmes extraits du recueil de Martine Morillon - Carreau : DIRE ( Edit. du

Petit Véhicule )

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Notice bio-bibliographique

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Naissance à Nantes en 1948.

Reçoit ses premiers encouragements de poète lors d'un stage de journalisme

en 1968. Licence en droit.

De 1970 à 1978 travaille à la Martinique.

Enseigne actuellement  en tant qu'agrégée de Lettres dans un lycée nantais.

Auteur de nouvelles primées à différents concours :

- France - Loisirs  en 1990

- L'Encrier Renversé  en 1992

- Premier concours de la nouvelle à Nantes

- CROUS  en 1998

Auteur de poèmes :

- publiés dans diverses revues : Vivre en Poésie, Les Voleurs de Feu,Traces ,

Décol', Laudes ,Travers...

- anthologies : Sur la page où naissent les mondes, Le chemin des étoiles,

Poésie sur la Ville , Mille poètes mille poèmes brefs .

- un recueil : DIRE , vient de paraître en 1998 aux Editions du Petit Véhicule.

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Compose des tableaux - poèmes ( a participé en 1990 aux Déjeuners sur

l'Erdre ).

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