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Gérard de Nerval
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Fantaisie
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Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini,tout Mozart et tout Weber,
Un air très vieux,languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets.
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Or,chaque fois que je viens à l'entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit : -
C'est sous Louis treize;et je crois voir s'étendre
Un coteau vert,que le couchant jaunit.
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Puis un château de brique à coins de
pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs,avec une rivière
Baignant ses pieds,qui coule entre des fleurs ;
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Puis une dame,à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs,en ses habits anciens,
Que,dans une autre existence peut-être,
j'ai déjà vue... - et dont je me souviens !
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Extrait de " Odelettes "
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. El Desdichado
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Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé,
Le Prince d'Aquitaine à la tour abolie :
Ma seule Etoile est morte,et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie .
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Dans la nuit du Tombeau,Toi qui m'as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
La Fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille où le Pampre à la Rose s'allie.
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Suis-je Amour ou Phébus ?... Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
J'ai rêvé dans la grotte où nage la Sirène...
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Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.
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Artémis
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La Treizième revient...C'est encor la première ;
Et c'est toujours la Seule, - ou c'est le seul moment :
Car es-tu Reine,ô toi ! la première ou dernière ?
Es-tu Roi,toi le Seul ou le dernier amant ?...
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Aimez qui vous aima du berceau dans la bière ;
Celle que j'aimai seul m'aime encor tendrement ;
C'est la Mort - ou la Morte...Ô délice ! Ô tourment !
La rose qu'elle tient,c'est la Rose trémière .
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Sainte Napolitaine aux mains pleines de feux,
Rose au coeur violet,fleur de sainte Gudule :
As-tu trouvé ta croix dans le désert des Cieux ?
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Roses blanches,tombez ! Vous insultez nos dieux !
Tombez,fantômes blancs,de votre ciel qui brûle ;
- La Sainte de l'abîme est plus sainte à mes yeux !
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Myrtho
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Je pense à toi,Myrtho,divine enchanteresse,
Au Pausilippe altier,de mille feux brillant,
A ton front inondé des clartés d'Orient,
Aux raisins noirs mêlés avec l'or de ta tresse.
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C'est dans ta coupe aussi que j'avais bu l'ivresse
Et dans l'éclair furtif de ton oeil souriant,
Quand aux pieds d'Iacchus on me voyait priant,
Car la Muse m'a fait l'un des fils de la Grèce.
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Je sais pourquoi là-bas le volcan s'est rouvert.
C'est qu'hier tu l'avais touché d'un pied agile.
Et de cendres soudain l'horizon s'est couvert.
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Depuis qu'un duc normand brisa tes dieux d'argile,
Toujours,sous les rameaux du laurier de Virgile,
Le pâle hortensia s'unit au myrte vert !
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Poèmes extraits du recueil :" Les Chimères "
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Gérard de Nerval , notice bio-bibliographique.
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