Antoine Ristori
Sortilège des étés
opulentes saisons
qu'une thérapeutique complaisante
transformait
en cures de fraîcheur campagnarde.
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Retour
aux sources de l'enfance
pèlerinage
à la baume
de prime connivence
où sa candeur brisait mes audaces
et son audace mes élans...
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Chassés-croisés furtifs
froufroutements
théâtrales outrances
un monde d'en deçà le temps
proliférant
chaotique
inconnaissable
que le regret suscite
ou ressuscite
en séquences de pure fiction.
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La mémoire
ainsi
prend le relais du rêve.
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Traduire
en gerbes de lumière
les recoins de ton âme
fouiller les abysses
attiser les réminiscences
jusqu'à ce que le papier te ressemble
miroir imbu
calque imprégné de toi...
Hier
est à contre-courant
pour atteindre la rive
il faut ramer
courageusement
rageusement .
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Parce que
le tumultueux besoin de revoir la mer
pareille à tes yeux
m'est devenu insupportable
j'entreprends cette remontée du temps.
Mais
la mer retirée
dans tes yeux sans eau
gisent les rêves d'un monde englouti
celui du rêve
et de l'innocence
le monde de l'enfance .
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Transhumance
au creux des gorges vierges
et des vallons soumis
de l'eau
des indolents automnes.
Insensible au défi des saisons
( grince la girouette
et cogne le vantail )
l'onde restituée
au terme du parcours
retrouvera la mer.
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La ville insolente
lavée de ses hontes
enflée
jusqu'à la déraison
exaspérée par ses propres paroxysmes
oublieuse des maux
des faims
des peurs
d'antan qui la minèrent...
La ville indifférente
tout autour...
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Subsiste-t-il un tertre
où s'excavait la baume
qu'un pied de buis fermait
sur nos rêves féconds ?
Vers les quais de l'enfance
aux senteurs de tropiques
tous les oiseaux reviendront-ils ?
Où finissent les eaux
des sources initiales
où mènent les départs
qu'on dit définitifs ?...
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Poèmes extraits du recueil " UN JOUR D'AVRIL COMME AUJOURD'HUI "
( Edit. Figures de Proue )
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Du père marin
battant les mers sur un cargo sans âge
portant au bout du monde
l'huile le vin le blé
trésors de nos provinces
en ramenant
à pleines soutes
l'exotisme dont nous manquions.
La mythologie de ce temps
se nourrissait d'escales
aux noms sonores
fabuleux
Alicante Ceuta
Port-Saïd Aden
Singapour Macao Shangaï...
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Au bastingage du rafiot
le père
hors de quart
mais dans toute sa gloire
en semblait le capitaine
lui qui n'était que matelot.
Quand le bateau quittait le môle
lentement
au milieu de ses mugissements
et de remous d'eau brassée
les yeux de la mère
se chargeaient de toutes les brumes
de tous les brouillards
des infinis espaces.
A son bord le père
n'était plus
déjà
qu'un point minuscule...
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Poèmes extraits de " MEMOIRE DU TEMPS "
(E.A.C., postface de Silv.Arabo )..
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Quel oracle dira d'où provient tout le sel dont la mer est chargée ?
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L'eau qui tombe du ciel a la fadeur de l'innocence et le ruisseau qui
naît garde le goût du sein qui vient de l'accoucher.
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Quel être surdoué peut supputer sa fin ?
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A l'aube de a vie qui sait de quels appâts se parera sa mort ?
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L'interrogation de la pierre
a sa réponse dans la stèle.
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La probabilité du gène
mène à l'incertitude du geste.
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La promesse de ton regard
se noie dans le flot de tes paroles.
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Serais-tu
à l'image du reste
l'oeuvre rétive
de quelque apprenti-sorcier ?
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Poèmes extraits de " STÈLES POUR LE SOUVENIR " ( Edit. Assoc. Clapas )
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Notice bio-bibliographique
Antoine Ristori fut journaliste à Marseille, sa ville natale, avant de faire carrière dans
ce que l'on appelle aujourd'hui le marketing. Libéré de ses obligations professionnelles,
il crée la revue " Les Saisons du Poème " , revenant ainsi à ses amours premières, la poé-
sie , qu'il pratique depuis l'enfance.
Il a publié " OBSOLESCENCES " ( Prix de l'Edition Poétique, Dijon 1987 ), " LES ÎLES DE
MÉMOIRE ", " NOUVELLES OBSOLESCENCES", " MÉMOIRE DU TEMPS " ( Grand Prix de la
ville de Carcassonne, 1987 ), " DE CONGÉNITALE MÉMOIRE ", " UN JOUR D'AVRIL COMME
AUJOURD'HUI " ( Prix René Laplace, décerné par le Salon des Poètes de Lyon, 1988 ) ,
"VERS QUELLE MER LOINTAINE ".
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