Poèmes d'Antoine Ristori



Antoine Ristori



       Sortilège des étés

opulentes saisons

qu'une thérapeutique complaisante

transformait

en cures de fraîcheur campagnarde.

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        Retour

aux sources de l'enfance

pèlerinage

à la baume

de prime connivence

où sa candeur brisait mes audaces

et son audace mes élans...

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°°°°°°°°

      Chassés-croisés furtifs

froufroutements

théâtrales outrances

un monde d'en deçà le temps

proliférant

chaotique

inconnaissable

que le regret suscite

ou ressuscite

en séquences de pure fiction.

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      La mémoire

ainsi

prend le relais du rêve.

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°°°°°°°°

       Traduire

en gerbes de lumière

les recoins de ton âme

fouiller les abysses

attiser les réminiscences

jusqu'à ce que le papier te ressemble

miroir imbu

calque imprégné de toi...

       Hier

est à contre-courant

pour atteindre la rive

il faut ramer

courageusement

rageusement .

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°°°°°°°°°

      Parce que

le tumultueux besoin de revoir la mer

pareille à tes yeux

m'est devenu insupportable

j'entreprends cette remontée du temps.

      Mais

la mer retirée

dans tes yeux sans eau

gisent les rêves d'un monde englouti

celui du rêve

et de l'innocence

le monde de l'enfance .

..

°°°°°°°°°°

      Transhumance

au creux des gorges vierges

et des vallons soumis

de l'eau

des indolents automnes.

      Insensible au défi des saisons

( grince la girouette

et cogne le vantail )

l'onde restituée

au terme du parcours

retrouvera la mer.

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°°°°°°°°°°°

      La ville insolente

lavée de ses hontes

enflée

jusqu'à la déraison

exaspérée par ses propres paroxysmes

oublieuse des maux

des faims

des peurs

d'antan qui la minèrent...

      La ville indifférente

tout autour...

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°°°°°°°°°

       Subsiste-t-il un tertre

où s'excavait la baume

qu'un pied de buis fermait

sur nos rêves féconds ?

      Vers les quais de l'enfance

aux senteurs de tropiques

tous les oiseaux reviendront-ils ?

      Où finissent les eaux

des sources initiales

où mènent les départs

qu'on dit définitifs ?...

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Poèmes extraits du recueil " UN JOUR D'AVRIL COMME AUJOURD'HUI "

( Edit. Figures de Proue )

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°°°°°°°°°

      Du père marin

battant les mers sur un cargo sans âge

portant au bout du monde

l'huile le vin le blé

trésors de nos provinces

en ramenant

à pleines soutes

l'exotisme dont nous manquions.

      La mythologie de ce temps

se nourrissait d'escales

aux noms sonores

fabuleux

Alicante Ceuta

Port-Saïd Aden

Singapour Macao Shangaï...

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      Au bastingage du rafiot

le père

hors de quart

mais dans toute sa gloire

en semblait le capitaine

lui qui n'était que matelot.

      Quand le bateau quittait le môle

lentement

au milieu de ses mugissements

et de remous d'eau brassée

les yeux de la mère

se chargeaient de toutes les brumes

de tous les brouillards

des infinis espaces.

      A son bord le père

n'était plus

déjà

qu'un point minuscule...

.

Poèmes extraits de " MEMOIRE DU TEMPS "

(E.A.C., postface de Silv.Arabo  )..

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Quel oracle dira d'où provient tout le sel dont la mer est chargée ?

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L'eau qui tombe du ciel a la fadeur de l'innocence et le ruisseau qui

naît garde le goût du sein qui vient de l'accoucher.

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Quel être surdoué peut supputer sa fin ?

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A l'aube de a vie qui sait de quels appâts se parera sa mort ?

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  °°°°°°°°°

L'interrogation de la pierre

a sa réponse dans la stèle.

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La probabilité du gène

mène à l'incertitude du geste.

...

La promesse de ton regard

se noie dans le flot de tes paroles.

...

Serais-tu

à l'image du reste

l'oeuvre rétive

de quelque apprenti-sorcier ?

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Poèmes extraits de " STÈLES POUR LE SOUVENIR " ( Edit. Assoc. Clapas )

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Notice bio-bibliographique

Antoine Ristori fut journaliste à Marseille, sa ville natale, avant de faire carrière dans

ce que l'on appelle aujourd'hui le marketing. Libéré de ses obligations professionnelles,

il crée la revue " Les Saisons du Poème " , revenant ainsi à ses amours premières, la poé-

sie , qu'il pratique depuis l'enfance.

Il a publié " OBSOLESCENCES " ( Prix de l'Edition Poétique, Dijon 1987 ), " LES ÎLES DE

MÉMOIRE ", " NOUVELLES OBSOLESCENCES", " MÉMOIRE DU TEMPS " ( Grand Prix de la

ville de Carcassonne, 1987 ), " DE CONGÉNITALE MÉMOIRE ", " UN JOUR D'AVRIL COMME

AUJOURD'HUI " ( Prix René Laplace, décerné par le Salon des Poètes de Lyon, 1988 ) ,

"VERS QUELLE MER LOINTAINE ".

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