Jeunes talents...
1 - Nicolas Ramel
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Né le 18 Février 1981 à Corbeilles-sur -Essones , Nicolas Ramel a donc
17 ans .
Quand on aura lu les textes qui suivent, on comprendra aisément qu'il s'agit
là d'un talent prometteur...même s'il doit, ici et là, s'affranchir d'une
influence rimbaldienne ,encore assez forte ,et trouver son style propre...
" J'ai commencé à lire véritablement grâce aux " Confessions " de
Rousseau, dont j'ai beaucoup apprécié le style. 6 mois plus tard ,
en mars 98, je commence à écrire quelques vers ( mauvais ) pour
en quelque sorte " tâter "le terrain poétique.
Aujourd'hui en terminale L , J'envisage de faire un DEUG de
Lettres et Langues ,mention Langues, Littérature et civilisation
étrangères pour être prof. d'Anglais , en collège si possible . "
..
Découverte
Mes yeux débouchent sur la rue inondée.
Les pays qui ont saigné éclaboussent nos amis à présent. Le bilan n'est
plus négatif. Il s'avère même plutôt intéressant.
Les sanglots ont séché sur le corps meurtri du pavé de la rue d'en face.
L'amour qui règne entre ces deux ingénus me transporte dans une fureur
dont Dieu seul peut analyser les fragments.
Tout tourne autour de moi ainsi qu'une vipère autour d'un vieux hérisson
décoiffé.
Non, je ne cherche rien.
Les volets rouges sont fermés tandis que les bleus, eux, sont ouverts.
Cette fontaine est un danger. Je n'apprécie guère son regard méprisant.
Et j'entends la pendule sonner onze fois, dans le silence lénifiant de
la rue désertée.
Une ombre passe devant moi. C'est celle d'un thermomètre.
Et moi. Contemplatif devant cet exigeant tableau. Silence...
.....
Sang déchiré
J'oublie déjà ta mâchoire ensanglantée
Alors pleure
Pleure jusqu'à ce que tes yeux tombent
..
Les trois nigauds
_ Le vers n'est que l'ombre d'une contrainte
Mais c'est une ombre de trop,
Et si l'on veut être sincère
Il ne faut pas l'utiliser
Son mécanisme seul travestit la Création
Certes il adjoint quelque beauté
Artificielle mais artistique
Et l'Homme a besoin qu'on lui mente
Il le faut donc utiliser.
..
__ Alors la prose ne ment jamais ?
..
__ Bien sûr que si :
La vérité n'existe pas.
Dans les paroles et les silences
Il n'y a guère que du mensonge
Alors croyons tous au Mensonge !
Cela vous gêne ? Ainsi soit-il !
Dans ce cas, vivons le Mensonge et L'illusion !
Vivons le Mensonge et l'Illu...
..
__ ...Cet homme ment ! Foutez-le au cachot !
..
Sons
Sons clairs et parsemés sur l'espace déroutant, vous enchantez le Sombre
et déployez vos hélices sacrées.
J'attends de vous quelque singulière connivence, à l'instar du tiède
vent envers la pâle hirondelle.
Et percez __ si vous le désirez __ ce plan opaque avant qu'il ne vous
réduise à d'inaudibles grincements !
Menaces, menaces...
..
Mixture
Gênons les troupeaux éthérés :
Voici des hiérophantes __bien mystérieux__ stériles prestidigitateurs !
Toute Eleusis sent la honte.
Eclatent ensuite les oliphants. Pauvre Grunwald ! Eternuements
teutoniques et c'est la grippe.
Périmées les poulardes intumescentes !
Puis on détruit le schako pour en faire de velléitaires "projeteurs".
Savourons la mixture __ enfin !
..
Le mendiant
Que l'on m'honnisse d'homélies,
Tout uniment,
Plutôt que par sourds friselis,
Benoîtement.
...
Moi, ma sébile, observateur,
Souvent benêt,
Sans boniment, pourtant hableur,
Toujours riais.
...
Forcément valétudinaire,
Ame amputée,
L'étranger que chaque aube flaire
__ Ma vacuité !
...
Ancien croyant, nouvel impie
Tout écumant,
Je crache un immense : tant pis
En attendant...
..
La feuille
Toute dessinée
Sur ton habit d'automne
En perte lissée
D'enfouie liberté
Déjà tu tombes
Sous les crépis bruns
Qui benoîts et malins
Soignent tes moitiés arrachées
Ils t'attendaient
A présent
Rient
Sur ta tombe dessinée
Dans l'habit de son hiver
.°°°°°°°..
Quelle nuit où la lune a offert son jaune ?
Celle où l'écaille plantait son ombre au ciel.
Oui... La puissance sonore ?
C'est cela. Rappelle-toi l'obstacle du contour.
Je me souviens... Tout en vertical... Même les fissures.
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L'imparfait du subjonctif
La Plaine déchiffrait l'air ambiant
Tout espérait !
..
L'Ombre diluait les clameurs humaines
Oblique espoir !
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Le Soleil abdiquait sa charge
Terre !
..
L'Humanité lofait avec les cupidités
Qu'ourdit l'élite.
..
Les Animaux clignaient de l'âme
Par eux gommée,
..
Et contre toute attente
Le soleil !
Le soleil en cendres !
..
..
..
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