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Article Ragga HS
Joyeux mélange |
Les quinze membres de Mix Up viennent de mettre un point final à " On a eu besoin d'aller rencontrer des gens , savoir si notre musique concernait un maximum de monde sur le territoire français. Cela nous a également permis de créer des liens et prendre des contacts un peu partout. Avec d'autres groupes comme K2R ou Tryo, on a put s'échanger des infos sur les assos sérieuses qui avaient envie de faire venir des groupes de Reggae Music. |
| En ce qui concerne nos influences
musicales, elles tendent plutôt vers le roots, même si l'on
écoute toutes sortes de reggae.
A la formation du groupe, la structure qu'on possède maintenant avec des choeurs et des cuivres était déjà pensée. Certains membres de Mix Up ont commencé sans vraiment connaitre leur instrument. Au fur et à mesure de la progression du groupe, ceux qui était en retard se sont trouvés portés par les autres ; Des liens se sont créés au sein du groupe, qui fonctionne comme une famille. C'est notre principale force, quinze personnes présentes bénévolement. Il n'y a jamais eu d'histoire de business, de partage de cachet. Dès que l'on touche de l'argent on le réinvestit dans l'association Mix Up ce qui nous assure une stabilité financière pour organiser des festivals. Notre motivation au départ est donc obligatoirement sincère. Une façon de travailler qui a autorisé Mix Up a concocter des compositions vraiment personnelles : " cette richesse est dans la multitude d'individus qui composent le groupe ". |
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On a tous des personalitées bien distinctes ". Dans notre musique on
retrouve un coté festif, mais aussi un coté plus mystique et spirituel.
On traite nos textes d'une façon personnelle sans penser donner de
leçon de morale.
Nous ne sommes pas que des victimes, mais aussi parfois des coupables ; Je pense que aujourd'hui le gros problème est que les interrogations ne sont pas soulevées. Quand les gens s'appercevront que beaucoup d'entre eux pensent la même chose sur pas mal de sujets, on pourra avancer. Il faut faire progresser les individus par eux-mêmes. Comme il est important que les gens comprennent ce que l'on a à dire, on chante essentiellement en français : pour soulever des interrogations il faut que les questions soient compréhensibles . |
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PSIKOPAT Fév. 2000 - Le panier de la ménagère |
| Du reggae ? Allez, du reggae ! et du engagé, tant qu'à faire : Ils s'appellent Mix Up et ont autoproduit leur cédé : "Les Enfants du Gondwana" . C'est plein de choses pas con, là-dedans. Plein de remises en question. Ils aiment pas le pouvoir, ces gens, et on les comprend ! Tout en rythmes tranquilles, peinards, pas besoin de s'énerver pour dire des trucs, ce cédé se laisse carrément écouter, la tête dans les nuages et les pieds battant le tempo. Cha ch'est bien, cha. Et pis c'est distribué par Scalen, alors ? |
| POLITIS N 587 / Rubrique Musique, Dossier "reggae français d'autres racines ". |
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Mix Up sous le titre oecuménique "les Enfants du Gondwana ",
propose un disque très réussi où la précision
de la mise en place, la rondeur des vents encadrent joliment des voix
souples qui chantent le désenchantement politique, le souci de
l'environnement et l'espoir d'un univers où toute haine de la
différence serait bannie.
INTERVIEW
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Comment expliquez-vous le succès du Reggae en France aujourd'hui ?
Cela fait longtemps que le reggae vit en France. Ce sont peut-être les gens de l'industrie du disque qui viennent de s'en apercevoir? Il y a des groupes qui se sont formés dans les années 80 mais c'est seulement maintenant qu'on les découvre. C'est pour cela aujourd'hui que le Reggae arrive avec un tel impact : ces groupes-là sont sincères puisqu'ils jouent depuis des années, leur travail est abouti, ils n'ont aucun complexe. On ne leur avait pas donné le moyen de se faire connaître, c'est tout.
Mais pourquoi faire du Reggae en France plutôt qu'un autre genre de musique ?
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Quoi par exemple ?
On aime bien surprendre les gens. Nous ne reprenons pas tous les lieux communs du Reggae. Nous parlons de notre société, de tous les faits que les gens vivent. Par exemple, il y a la marée noire en ce moment. Nous nous avons fait une chanson qui parle d 'écologie. C'est plus général mais il ne faut pas oublier qu'il n'y a pas que notre petit monde, nos petits soucis a nous. Des soucis il y en a des grands ailleurs. Le reggae nous permet d'aborder ces thèmes en montrant qu'il ne faut pas penser : " je me décourage car il y a trop à faire". On peut toujours agir et Dieu, Jah ou Jésus va nous aider. |
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Est-ce que cela vient directement du Rastafarisme ?
Mix Up reprend des thèses Rastafariennes, mais sans prêcher. Nous essayons de rendre compte de ce point de vue, parce qu'il a joué un rôle important dans l'histoire du Reggae et que cette religion est loin d'être idiote ou inepte. Mais il n'y a pas dans le groupe de vrai Rasta : être rasta dans Babylone n'est pas possible, rien que l'air que l'on respire est déjà une souillure pour notre corps. Certains d'entre nous sont proches des Rasta d'autres sont athées. |
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Dans "les Enfants du Gondwana ", il y a une chanson particulièrement
sévère pour les hommes politiques !
C'est juste un constat : On allume la télévision tous les soirs et on se dit : " encore lui ! Et lui il a touché des sous a droite et à gauche, il a fait çi, il a fait ça, c'est sa femme qui est employée là !". On a peut être fait notre devoir de citoyen - aller voter - puis on se rend compte que l'on a voté pour des gens qui n'ont pas du tout rempli ce pour quoi on les a élus. Actuellement nous sommes très déçus, désillusionnés. Mais en même temps nous faisons un constat d'espoir : il y a une nouvelle génération qui arrive et il faut qu'elle sache ce qui s'est passé, il faut en tenir compte pour ne pas le refaire. C'est surtout ça, peut-être, cet éveil des consciences qu'il faut entendre dans les textes de Mix Up, surtout pas du défaitisme. |
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Il y a aussi un thème qui apparaît fortement dans vos chansons,
c'est la tolérance?
Nous pensons que le mélange des cultures correspond à une envie de découvrir les autres pour s'enrichir soi-même, c'est la démarche logique quand on voit tout ce qui n'a pas marché jusqu'ici. C'est d'ailleurs ce qui se passe le plus autour de nous. D'un côté, il y a la haine raciale mais, en arriére plan les couleurs sont en train de disparaître d'elles- mêmes, les prochaines générations ne verront pas les différences, parce que les enfants sont nés au même endroit, qu'ils ont grandis ensemble. On voit déjà ça dans les classes de maternelle... Propos recueillis par Denis-Constant Martin |