|
Face à la violence dont font l’objet les étrangers en France, réguliers ou irréguliers, nous devons continuer à réagir aux attaques faites à leur encontre par le ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy. Depuis quelques mois, c’est bien une logique répressive et inhumaine qui est à l’œuvre avec la multiplication des circulaires demandant l’augmentation sur les reconduites à la frontière et l’adoption de la réforme du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA), qui conduit à une négation radicale des droits fondamentaux de la personne et un mépris institutionnel des droits de l’homme.
La circulaire du 13 juin a donné l’espoir aux sans-papiers ayant des enfants scolarisés de voir régulariser leur situation. Le texte est toutefois assorti de conditions restrictives : contribution effective des parents à l’entretien et l’éducation des enfants, absence de lien entre l’enfant et le pays dont il a la nationalité ou encore réelle volonté d’intégration des familles.
Au terme de la circulaire, la confusion la plus grande semble toujours régner. Il apparaît que l’appréciation des conditions a été laissée au pouvoir discrétionnaire du préfet et le manque d’harmonie entre les préfectures s’est fait clairement ressentir : dans des situations identiques, certaines familles ont été régularisées et d’autres non. Il n’existe aucune justification possible à de telles différences de traitement. N. Sarkozy a annoncé le 18 septembre que "le chiffre exact des étrangers régularisés au titre de la circulaire du 13 juin 2006 est de 6.924 personnes". Etrange coïncidence que ce chiffre colle parfaitement avec celui annoncé dès le mois de juin. Le quota étant atteint, les refus de demande de régularisation commencent à pleuvoir et pour tous ceux qui ne se retrouvent pas dans la circulaire les sanctions tombent inexorablement : les cas de jeunes majeurs scolarisés détenus en centre de rétention ne cessent d’augmenter. Arno Klarsfeld nommé médiateur national pour favoriser l’harmonisation des décisions préfectorales a vraisemblablement confondu médiation et médiatisation.
Face à la politique répressive et inhumaine du ministre de la chasse à l’enfant, le Mouvement des Jeunes Socialistes renouvelle son soutien aux actions du Réseau Education Sans Frontières et appelle tous les opposants à une conception du monde selon laquelle les êtres humains sont moins égaux que jamais à les rejoindre, le 27 septembre, devant les préfectures de chaque département et pour une grande manifestation des sans-papiers à Paris, le 30 septembre.
A ce titre, La jeunesse ADEMA (Mali) et le Mouvement des Jeunes socialistes, organisations membres de l’internationale des jeunes socialistes, tiendront une conférence de presse de soutien aux sans abris et aux sans papiers aujourd’hui à Cachan.
Il est temps de faire preuve d’humanisme et de responsabilité. Le gouvernement français n’a fait pour l’instant preuve que de cynisme en utilisant ce drame social à des fins électoralistes, en opposant les immigrants aux Français
Il est temps également de reconnaître que la seule solution passe par une politique de partenariat équitable entre la France et l’Afrique en matière d’immigration, tout l’inverse d’une politique d’immigration choisie inhumaine.
Il est temps de donner un sens au co-développement.
Il est temps de s’attaquer à la crise du logement qui touche en France autant les personnes issues de l’immigration que les autres résidents sur le territoire français.
C’est ce que nous mettrons lors de cet évènement.
|