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La Sorcellerie

Il peut paraître inopportun et même ridicule de parler de sorcellerie à l'ère de l'atome et de la conquête cosmiques. Cependant, la sorcellerie existe encore à notre époque.

Il y a une sorcellerie authentique, en ce sens que ses adeptes ou ses suppôts l'appliquent avec toute leur foi et leur volonté. Ses formes sont innombrables mais on peut les grouper en trois catégories: la sorcellerie frustre, la sorcellerie magnétique et la sorcellerie de goétie. En outre, les sectes guérisseuses se ratachent plus ou moins directement aux différentes formes de sorcellerie. Commençons avec celle qui risque le plus de vous intéresser, la sorcellerie géotie, les autres viendront si vous en faites la demande.

 
La sorcellerie de goétie

Ici, le sorcier invoque ou évoque les esprits malfaisants et en particulier le Démon dans le but d'obtenir pour lui même ou pour autrui la fortune, l'amour ou la gloire. Nous passons sous silence les cérémonies diaboliques du temps de la Montespan et de l'abbé Guilbourg, qui appartiennent à un passé lointain, pour dire qu'actuellement de nombreuses messes noires sont encore pratiquées. Quelques-unes sont suivies sérieusement par des satanistes convaincus, mais les autres ne sont que des prétextes à réunions érotiques ou l'on pratique toujours le même rituel : la parodie de l'office divin célébré sur le ventre d'une femme nue servant d'autel, la pollution de l'hostie, l'invocation à Satan, et, enfin, le déchaînement des appétits sexuels puis l'amour en commun.

Qu'elles soient "sérieuses" ou érotiques, le principe des messes noires est assez simple : on remplace dans la liturgie courante le nom de Dieu par celui de Satan ou par le nom de démons : Aloger qui préside à l'orgueil, Nambroth qui dirige la colère, la volonté, l'action; Astaroth qui donne l'intelligence, l'envie, l'habommerciale; Lilith qui préside à la luxure, à l'amour, etc.

"La grande opération" consiste à évoquer dans un but déterminé, soit les forces astrals : génies, démons, élémentals, soit Satan en personne. Elle a lieu de préférence en plein air et au solstice d'été. Son rituel assez compliqué comporte l'emploi d'objets ou d'instruments qui ont été achetés ou préparés sous les auspices planétaires favorables : robes de soie, baguette de coudrier, épée, cierges, réchauds de terre, parfums. Le sorcier trace d'abord un vaste cercle à l'aide d'un morceau de charbon de bois et se place au centre. Il sacrifie une poule ou un coq noirs dont le sang, versé dans une coupe, sert d'appel aux forces malfaisantes. Les prières et oraisons sont dites ensuite.

"Souvent, écrit le magiste connu sous les initiales J.B., les forces évoquées se manifestent par une sorte de tourbillon impétuleux qui arrache et détruit tout ce qui est extérieur au cercle magique.

"Dès que l'invocation est faite, on dirige les éléments vers le but désiré. Ce sont des forces aveugles ou faiblement intelligentes. Lorsque l'impulsion a été donnée rien ne peut empêcher l'aboutissement qui devient fatal."

 

 
 
     
 
     
 
     
 
     

 

 

Le saviez-vous?

 
Afin de lutter contre un effet maléficeque, le sorcier utilise le contre-envoûtement. L'une des pratiques les plus courantes consiste à réitérer l'acte accompli par le maléficateur et à lui renvoyer le sort. Le libérateur peut aussi prendre le mal à son propre compte.
 
Dans la plupart des pratiques traditionnelles de la sorcellerie, on constate que la victime du sortilège doit être avertie d'une manière quelconque de ce qui se prépare contrre elle : ossements disposés en croix placés sur son passage; porte marquée d'un signe; volt symbolique (coeur percé d'épingles, figurine de cire mutilé, etc.), disposé dans son voisinage; couteau fiché dans son champ, etc. Il s'ensuit que l'explication télépathique de l'envoûtement est généralement superflue : l'envoûtée est, en l'occurence, un auto-envoûté.