La lettre du président

 

Amis du Tibet, bonjour !

L'association Solidarité Tibet est "officiellement" née depuis sa publication au Journal Officiel du 8 Janvier 1997. Je dis "officiellement", car un certain nombre d'actions ont déjà été menées sous la bannière de Solidarité Normalienne : plusieurs soirées glaces-crêpes qui ont rapporté 13200 F ; deux concerts organisés l'an passé à la "Kocarde" sur le campus de l'ENS Cachan (M'panada, Chawata, Gloubiboulga ont joué bénévolement pour l'association), et un concert "subtil" organisé il y a deux ans ; la collecte de 165 kg de vêtements et de 30 kg de médicaments en vue d'un voyage culturel et humanitaire (ou comment joindre l'utile à l'agréable !) à Dharamsala au nord de l'Inde, du 20 avril au 2 mai 1996.

Ce voyage, qui a regroupé une quinzaine de personnes, nous a permis de convoyer l'argent et les biens collectés au profit du Tibetan Children Village (T.C.V.) de Dharamsala ; nous avons pu mieux comprendre le fonctionnement du T.C.V. en visitant l'école, en assistant à des cours, en recontrant de futurs enseignants (tibétains et nés en Inde), ainsi que des médecins de l'hôpital, en visitant les centres d'arts (travaux de sculpture, de tangkas (peinture tibétaine), du bois, etc...).

Ce voyage nous a également permis de rencontrer le Dalaï Lama, qui nous a reçu chaleureusement pendant près de quarante-cinq minutes (Cf la traduction de l'interview), ainsi que de Jetsun Pema, sa soeur, avec qui nous avons discuté de nos futurs projets. En bref, ce fut un voyage riche en émotions pour tous les participants, qui nous a permis de rencontrer directement les tibétains et d'être touchés par leur accueil et leur profonde gentillesse. Enfin, tout récemment, en Octobre et Décembre 1996, Solidarité Tibet a coorganisé avec l'association Aid project for tibetans deux concerts des moines tibétains du monastère de Phunso Tchelling, à Blois et à Fresnes, en banlieue parisienne.

Ainsi, Solidarité Tibet n'en est à ses balbutiements qu'en apparence et les contacts solides que nous avons déjà, associés à une certaine expérience de terrain, devraient nous permettre de faire du "bon travail" en 1997 et dans les années à venir.

Nous avons crée cette association afin d'être plus indépendants dans notre démarche et plus efficaces encore dans la réalisation de nos différents projets. Avant de préciser quels sont nos buts, je tiens à expliquer ce qui nous a poussés à créer une association visant à aider le peuple tibétain. Le Tibet a été envahi par la Chine en 1949. Depuis cette date, on évalue officiellement le nombre de victimes tibétaines à 1.200.000, soit un cinquième de la population totale. On assassine une culture pas tous les moyens : destructions de 6000 monastères, de peintures et d'objets sacrés ; des milliers de prisonniers politiques et religieux sont aujourd'hui emprisonnés ou internés dans des camps de travail. Le tibet est devenu une zone militaire stratégique pour les chinois (un quart des missiles chinois sont sur le territoire tibétain), et une poubelle à déchets nucléaires (ceci est reconnu officiellement depuis peu par les autorités chinoises) alors que les plus grands fleuves d'Asie y prennent leurs source !! Les richesses écologiques (forêts, minéraux...) ont été et sont encore à l'heure actuelle pillées, des centaines d'espèces rares d'animaux ont disparu. Les transferts massifs de colons chinois entamés depuis une quinzaine d'années contribuent à rendre les Tibétains minoritaires sur leur propre sol. Les stérilisations et les avortements forcés des femmes tibétaines, les détentions arbitraires et la torture sont toujours monnaie courante au Tibet.

Depuis le 14 Mai 1995, en kidnappant le jeune Panchen Lama (Choekyi Nyima) alors agé de six ans et reconnu par le Dalaï Lama, Pékin s'attaque directement au dernier pilier du Tibet : la religion (bouddhiste). Le Panchen Lama est en effet le deuxième personnage le plus important du bouddhisme tibétain après le Dalaï Lama (le Panchen Lama nomme le Dalaï Lama). Choekyi Nyima est ainsi devenu le plus jeune prisonnier politique au monde.

Malgré toutes ces souffrances endurées, le peuple tibétain continue à résister dans la non-violence et l'exil à la répression chinoise. Cette non-violence leur coûte et leur a coûté très cher. Le temps joue contre le Tibet. Que faire face à ce rouleau compresseur chinois ? Les tibétains n'ont qu'un maigre espoir. Le Dalaï Lama l'a répété ; ils comptent sur l'appui et la solidarité des hommes et des femmes de bonne volonté du monde entier, ce qu'on appelle la communauté internationale. Nous faisons tous partie de cette communauté, et que faisons nous pour la très grande majorité ? Nous assistons passivement à la disparition d'un peuple et d'une culture millénaire extrêmement riche, aux savoirs et aux connaissances profondes. Ce génocide a lieu en ce moment même ! Il est reconnu par la Commission Internationale des Juristes. Il faut changer cela ! Les gens ont réagi à propos des problèmes de la Yougoslavie, du Rwanda, d'Israël et de la Palestine, de la Tchétchénie, etc... Ils peuvent et doivent réagir pour le Tibet. Femmes et hommes de bonne volonté, libres de parler, de circuler, de vivre librement, la liberté ne s'use que si l'on ne s'en sert pas !

Dans cette optique, les objectifs de Solidarité Tibet sont :

  • Diffuser de l'information sur la situation du Tibet (tracts, articles, films);
  • Organiser des soirées sur le Tibet (conférence débat, repas, soirée crêpes);
  • Organiser des concerts de soutien au profit du peuple tibétain (Une dizaine de groupes se sont déjà proposés de jouer gratuitement pour l'association);
  • Participer aux différentes manifestation visant à dénoncer la politique de la Chine envers le peuple tibétain, et apporter notre soutien à ce dernier ;
  • Contribuer à coordonner les actions entre les différentes associations, et elles sont nombreuses, dont l'objectif est l'aide au peuple tibétain, afin d'en augmenter l'efficacité.

Nous comptons sur vous tous.
FREE TIBET !!

Vincent Milleret



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