
[oui je sais, c'est un gnou, pas un yack... :-)] |
Le Yack Enchaîné
Bulletin officiel de l'association Solidarité Tibet.
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Vous pouvez également commander le Yack Enchaîné au siège de l'association.
Note du responsable du site : La mise à jour du
Yack enchaîné numéro 1 est terminée... enfin. Je vais bientôt y ajouter le numéro 2,
dans la foulée :-). Vous pouvez toujours obtenir les nouvelles les plus récentes en
écrivant ou en téléphonant au siège de l'association.
Editorial
Voici le Yak enchaîné numéro 1. Pourquoi avoir créé ce
mini-journal périodique sur le Tibet ? Parce que plus que jamais, nous pensons que
l'information sur ce qui se passe réellement au Tibet est indispensable. IL faut que
chacun (opinion publique, médias, hommes et femmes politiques) réalise qu'après près
de cinquante ans d'occupation chinoise, de souffrances profondes et multiples, le peuple
tibétain a plus que jamais besoin de notre soutien avant qu'il ne soit trop tard (le
problème tibétain sera sans aucun doute défini-tivement réglé dans un sens ou dans
l'autre d'ici cinq ans au plus tard). Nous ne pouvons plus passer sous silence les
1.200.000 morts tibétains, ni continuer à fermer les yeux face aux multiples et
quotidiennes violations des Droits de l'Homme au Tibet et en Chine :
- les transferts massifs de population, les stérilisations et les avortements forcés,
les tortures, les détentions arbitraires;
- les 6 000 monastères détruits, le génocide culturel (volonté de faire disparaître
la langue tibétaine), la séquestration du jeune Panchen Lama (âgé de 7 ans !) et de sa
famille;
- les atteintes graves portées à l'environnement, la surexploitation des richesses
écologiques (forêts, minéraux), la destruction progressive de la flore et de la faune,
la pollution par les déchets nucléaires des grands fleuves d'Asie qui prennent leurs
naissance au Tibet, ainsi que le déploiement d'armes nucléaires sur le toit du monde,...
La liste est longue et éloquente. Sommes nous devenus à ce point
insensibles et irresponsables ? Nous devons réagir, dire notre colère et notre
indignation et surtout pousser les politiques de notre pays, censés nous représenter, à
prendre une position claire en faveur du peuple Tibétain afin que cesse cet odieux
génocide humain et culturel. La France pays des droits de l'homme? Les dernières prise
de position française permettent d'en douter sérieusement.
La récente manifestation européenne de soutien au peuple Tibétain
les 9 et 10 mars dernier à Genève a été totalement passée sous silence dans la presse
française (ça ne doit pas beaucoup faire monter l'audimat), alors que les médias
italiens, suisse, espagnol et même américain (via CNN) en ont beaucoup parlé. Plus
grave, la France et l'Italie se sont illustrés à l'ONU (Genève) en refusant d'adhérer
à un projet de résolution demandant le respect des Droits de l'Homme par la Chine (en
Chine et au Tibet) et ce alors que le reste de l'Union Européenne et les Etats-Unis y
semblaient favorables. Une fois encore, aucun repré-sentant du gouvernement français n'a
daigné recevoir officiellement le Dalaï Lama à l'occasion de sa visite en France
(qualifiée de pastorale comme d'habitude) du 17 au 20 avril (Dijon,..) puis du 26 au 30
avril à Grenoble. Encore moins le Président Chirac qui prépare son voyage en Chine,
prévu pour le 14 mai 1997, alors que Bill Clinton a reçu officiellement le Dalaï Lama
à New York à la fin du mois d'avril.
Pendant ce temps, les tibétains continuent à résister tant bien que
mal et de façon non violente à l'occupation chinoise. Mais pour combien de temps encore?
La colère grandit dans la jeune génération tibétaine (au Tibet et en exil) qui se
décourage et perd patience face à l'attitude passive généralisée de la communauté
interna-tionale. Les grands ténors politiques occi-dentaux passent leur temps à évoquer
la paix et les Droits de l'Homme dans leurs discours mais dans les faits, les intérêts
économiques prennent toujours le pas sur les Droits de l'Homme. Il est grand temps que ce
décalage entre leurs paroles et leurs actes cesse. C'est notre rôle de les y pousser.
Pour ce faire, vous trouverez ci-joint trois pétitions que vous pouvez signer, faire
circuler, photocopier.
La première servira à faire entendre votre voix de citoyen à
monsieur Chirac avant (ou éventuellement après) son départ en Chine, afin de lui
signifier votre désapprobation au regard du peu d'intérêt que lui et son gouvernement
semblent porter au sort du peuple tibétain. Elle doit être envoyée si possible avant le
14 mai (sans affranchir). Rappelons-lui ce slogan avant son départ: "les contrats
d'accord, les Droits de l'Homme d'abord !"
La seconde s'adresse aux futurs députés de tous bords afin qu'ils se
positionnent clairement face au problème tibétain et au droit de ce peuple à
l'autodétermination. La troisième pétition demande la relaxation de Ngawang Choephel,
professeur de musique arrêté sans raison valable en juillet/août 1995 et dont on est
sans nouvelles.
Ces trois actions concrètes sont importantes et seront d'autant plus
efficaces si vous les faîtes circuler (8000 exemplaires de la première pétition ont
déjà été distribués entre le 26 et le 30 avril à Grenoble lors de la visite du
Dalaï Lama).
Pour finir, souhaitons que 1997 soit l'année de tous les changements,
que le gouvernement chinois finisse par négocier avec le Dalaï Lama, et qu'une solution
pacifique au problème tibétain soit enfin trouvée le plus rapidement possible.
FreeTibet !!
Vincent Milleret pour solidarité Tibet
Nous avons besoin
de vous
Vous trouverez dans ce mini-journal des infos générales sur le Tibet
provenant des sources différentes (journaux, radios, télévision, autres associations,
internet, etc.). Ceci afin que l'information soit la plus objective possible (cela nous
semble très important !). Vous y serez également tenu au courant des projets culturels
(concerts, expositions, repas,...) et humanitaires organisées par Solidarité Tibet. Nous
ne bénéficions pour l'instant d'aucune aide ou subvention, les éventuelles adhésions
à l'association sont donc les bienvenues et nous aiderons concrètement (photocopies,
mailing, notes de téléphone, ...). L'adhésion est de cent vingt Francs par an.
D'autre part, nous recherchons :
- des lieux pour organiser des concerts en banlieue sud ou à Paris, prêtés ou loués
pour de petites sommes.
- d'autres groupes ou musiciens prêts à jouer bénévolement pour la cause Tibétaine;
- des bénévoles prêts à nous donner des coups de main, ayant des possibilités de
faire des photocopies gratuitement ou à des prix défiant toute concurrence; un fax
d'occasion nous intéresserait beaucoup.
Nos moyens sont très limités, nous avons besoin de l'aide de tous.
Par ailleurs je vous rappelle que les bénéfices récoltés tout au long de l'année lors
des concerts ou des soirées diverses, sont intégralement reversés aux communautés
Tibétaines en exil, lors d'un voyage organisé une fois par an en Inde du nord
(Dharamsala et ses environs) par Solidarité Tibet. A l'exception de cette année pour
cause d'examens universitaires ! La lettre de présentation de l'association ainsi que
l'interview du Dalaï Lama que nous avons réalisée en avril 1996 sont toujours
disponibles contre deux timbres au tarif en vigueur. Ce journal a été fait dans
l'urgence par des bénévoles de l'association qui disposent de peu de temps, ce qui
explique certaines imperfections ; soyez indulgents, merci. Nous attendons vos
suggestions. N'hésitez pas à nous contacter.
Projet humanitaire
financé par les bénéfices des actions menées par Solidarité Tibet
Ce projet est organisé en coopération avec une association du
Nord-Pas-de-Calais ( La Maison des Himalayas ). Il nous a paru particulièrement
intéressant parce qu'il implique la participation des communautés tibétaines et
indiennes. Il consiste à récolter des fonds pour construire 2 écoles primaires à coté
de Dharamsala dans les villes de Dharamkot et Baghsu. Nous vous tiendrons régulièrement
au courant de l' évolution de ce dossier pour lequel nous organiserons d'autres soirées
(nous devrons disposer d'une somme de 15000 francs pour mener ce projet à terme).
Un concert de
soutien de l'association
Le Jeudi 20 mars, à l'initiative de Solidarité Tibet, s'est déroulé
à l'E.N.S Cachan (dans l'éternelle salle de la Kokarde) un concert de soutien auquel
participaient bénévo-lement deux groupes:
- Le Trio Australo Français Six foot cake (Grunge Rock péchu).
- Et Tryo (groupe Reggae Roots de Fresnes).
Après un repas sympathique (merci Nico, Tata, Benji...), l'ambiance
était détendue et bonne enfant et ce sont les Six foot cake qui ont ouvert le bal vers
22h. Ce trio basse (voix), guitare (voix), batterie (lead voix) nous a gratifié d'un set
d'un peu plus d'une heure d'une remarquable efficacité. Alliant des compositions
originales et mélodiques à une très bonne maîtrise instrumentale: leur pêche et leur
plaisir évident de jouer n'ont pas tardé à conquérir la centaine de personnes
présentes ce soir là à la Kokarde. Six foot cake est un groupe dont on entendra,
j'éspère, parler de plus en plus. Procurez-vous sans tarder leur CD ; mieux encore,
allez les voir en concert, ou les deux !!
- Contact Six foot cake : Bertrand ; tél. ou fax : 01.30.24.39.97
C'est à Tryo qu'incombait donc la tache de conclure cette soirée en
beauté et, ma foi, ils s'acquitèrent de leur mission à merveille. Soutenu par un
"passé fresnais" connaissant les textes sur le bout de la langue, il leur fallu
peu de temps pour rallier le reste du public à la cause de leur Reggae Roots Jovial.
Procurez-vous leur K7 et allez les voir en concert au plus vite !
- Contact Tryo: Cyril; tel: 01.42.37.45.91
Cette soirée s'est donc fini comme elle avait commencé ; dans la
bonne humeur et chacun est reparti avec des rythmes et des mélodies plein la tête! Une
centaine de personnes ont participé à cette "kermesse musicale" ce qui a
permis de récolter environ 3 500f pour l'association. Cet argent sera utilisé pour un
projet de construction de deux écoles en Inde du Nord (à Dharamkot et Bhagsu, voir
article projet humanitaire). Cette soirée nous a également permis de diffuser
l'information sur la situation au Tibet grâce à un stand. Cela donne vraiment envie de
renouveler l'expérience au plus vite avec d'autres musiciens; la musique est un outil
essentiel pour lutter avec efficacité contre l'indifférence et l'oubli. Merci d'avance
aux autres groupes qui nous contacteront (ou nous ont déjà contacté) pour renouveler
cette expérience.
Merci encore à six foot cake et tryo et merci bien sur au public.
Trente
huitième anniversaire du soulèvement du peuple tibétain
Message de sa sainteté le Dalaï-Lama
10 Mars 1997
Alors que nous abordons les dernières années de ce vingtième siècle
et que nous commémorons le trente-huitième anniversaire du soulèvement national du
peuple tibétain, l'humanité, de toute évidence, a atteint un point critique de son
histoire. Le monde se réduit de jour en jour et devient de plus en plus interdépendant.
Une nation aujourd'hui ne peut plus résoudre ses problèmes par elle-même. Sans un sens
de responsabilité à l'échelle de l'univers, notre avenir même est en danger.
Répondre aux problèmes de notre temps: militarisation,
développement, environne-ment, démographie et recherche constante de nouvelles sources
d'énergie et de matières premières, réclame autre chose que des actions au coup par
coup et des solutions à court terme. Le développement scientifique moderne avait,
jusqu'ici, contribué à résoudre les problèmes de l'humanité. Mais cela ne suffit
plus. Pour s'attaquer efficacement à ces questions d'ordre planétaire, il est
nécessaire aujourd'hui non seulement de développer l'aspect rationnel de l'esprit humain
mais aussi de cultiver ses autres remarquables facultés: sa puissance d'amour, de
compassion et de solidarité.
Une nouvelle façon de penser est devenue la condition nécessaire à
quiconque qui veut vivre et agir en être responsable. Si nous continuons à croire en des
valeurs dépassées, nous nous retrouveront bientôt poursuivant des buts qui ne sont plus
d'actualité et nous comportant de manière obsolète. Partagée par un grand nombre, une
telle attitude bloquerait tout passage à une société globale interdépendante et,
cependant, pacifique et coopérative.
Nous devons tirer les leçons de l'expérience acquise. Si nous
examinons le dévelop-pement qui s'est opéré au cours du vingtième siècle, on constate
que la souffrance de l'homme, la perte de sa dignité, sa privation de liberté et de
paix, ont pour cause déterminante la pré-éminence donnée à la violence pour résoudre
les différents et les conflits. D'une certaine façon, on pourrait appeler notre siècle,
le siècle de la guerre et du sang versé. Le défi qui se pose à nous est donc de faire
des années à venir un siècle où les conflits seront résolus dans le dialogue et la
non-violence.
Des différences d'opinions et des divergences d'intérêts existeront
toujours dans les sociétés humaines. Mais aujourd'hui la réalité montre que nous
sommes tous interdépendants et que la petitesse même de la planète nous contraint à la
coexistence. La seule manière, raisonnable et intelligente, de résoudre les différends
et les conflits, que ce soit entre personnes ou entre nations, est donc la recherche du
dialogue. Développer le dialogue et la non-violence dans tout ce qui engage l'avenir de
l'humanité est le devoir majeur de la communauté internationale. Les gouvernements ne
peuvent plus se contenter de souscrire au principe de non-violence, ou de le défendre,
sans mettre en oeuvre des actions aptes à le promouvoir.
Fort de ces convictions, j'ai conduit le peuple tibétain, dans sa
lutte pour la liberté, sur la voie de la non-violence et j'ai recherché, avec les
dirigeants chinois, une solution mutuellement acceptable à la question tibétaine par la
voie de négociations menées dans un esprit de réconciliation et de compromis. Inspirés
par le message de non-violence et de compassion du Bouddha, nous avons cherché à
respecter toute forme de vie et avons renoncé à la guerre comme instrument de politique
nationale. Pour nous, tibétains, la voie de la non-violence est une question de principe.
Et je suis convaincu qu'à long terme, cette approche est la voie la plus réaliste et
celle qui présente le plus d'avantages.
Alors que nous commémorons l'anni-versaire du soulèvement du peuple
tibétain, nous constatons que cette année encore a vu l'escalade de la répression au
Tibet, où les autorités chinoises continuent à commettre de graves manquements aux
droits de l'homme et cela, sur une vaste échelle.
Depuis qu'en Avril dernier, les dirigeants chinois on lancé leur
campagne "Frappez fort", les tibétains sont soumis à un nombre croissant de
tortures et d'emprisonnements pour n'avoir fait qu'exprimer de façon pacifique leurs
aspirations politiques. La rééducation politique menée par les autorités chinoises
dans les monastères et les couvents dans tout le Tibet, a conduit à des expulsions, des
emprisonnements et des morts en grand nombre. Je ne cesse d'être inquiet aussi sur le
sort de Gedhun Choekyi Nyima, ce jeune garçon que j'ai reconnu comme XIème Panchen Lama
et dont nous sommes toujours sans nouvelles.
L'an dernier, la Chine, feignant de respecter l'ancien héritage
religieux et culturel du Tibet, a lancé une vaste réforme de sa politique religieuse.
Selon cette ligne politique, "Le Bouddhisme doit se conformer au socialisme et non le
socialisme au Bouddhisme". Sous prétexte que la religion aurait une influence
néfaste sur le développement économique du Tibet, la nouvelle politique a choisi de
saper et de détruire systématiquement ce qui fait la particularité du peuple tibétain
: son identité culturelle et nationale.
De nouvelles mesures ont été introduites afin de restreindre l'usage
de la langue tibétaine dans les écoles. A Lhassa, l'Université Tibétaine a même été
contrainte, dans le département de langue tibétaine, d'enseigner en chinois l'histoire
du Tibet. Dans le premier cycle du secondaire, les écoles expérimentales de langue
tibétaine, mises en place dans les années 80 avec l'encouragement et le soutien actif du
défunt Panchen Lama, ferment actuel-lement leurs portes. Ces écoles donnaient beaucoup
de bons résultats et étaient hautement appréciées des tibétains.
A ces mesures d'éradication de la culture, de la religion et de
l'éducation s'ajoute l'afflux toujours aussi massif d'immigrants chinois au Tibet, avec
pour effet de dissoudre son identité culturelle et religieuse et de réduire la
population tibétaine à une minorité insignifiante dans son propre pays, ce qui
équivaut à une politique de génocide culturel. Aujourd'hui, dans la majeure partie des
villes et des cités, les tibétains sont presque marginalisés. Si on laisse se
perpétuer ce transfert de population, la civilisation tibétaine, dans quelques
décennies, aura cessé d'exister.
Dans leur grande majorité, les tibétains ont réagi pacifiquement à
toutes ces mesures répressives et je crois, pour ma part, que tout peuple a le droit de
protester pacifiquement contre l'injustice. Cependant, des rapports récents font état au
Tibet d'incidents isolés comportant des explosions par bombes. C'est un sujet qui me
préoccupe beaucoup. Je persiste cependant à conseiller la non-violence mais, à moins
que le gouvernement chinois ne renonce à ses méthodes brutales, il sera difficile
d'éviter que la situation au Tibet ne se dégrade davantage.
En tant que tibétain, je considère comme particulièrement important
de me faire entendre du peuple chinois, qu'il soit de Chine ou d'ailleurs. Il est de
l'intérêt du peuple tibétain, comme du peuple chinois, que s'établisse entre nous une
compréhension plus profonde. Je suis convaincu qu'il est très important de développer
des liens sincères pour créer un climat qui conduise à une compréhension humaine, à
un respect mutuel et à la paix.
Le dialogue de peuple à peuple qui s'est engagé récemment entre
tibétains et Chinois, favorise une meilleure compré-hension réciproque de nos
problèmes et de nos intérêts. La communion d'idées, le soutien que nous manifestent
nos frères et soeurs chinois, tant en Chine qu'au-delà des mers, devant la situation
critique que connaît le peuple tibétain et pour la défense de ses droits fondamentaux,
sont pour nous, tibétains, une source particulière d'encouragement et d'inspiration.
Le décès récent de M. Deng Xiaoping est une grande perte pour la
Chine. Je l'avais rencontré personnellement. M. Deng Xiaoping avait pris l'initiative
d'établir un contact direct avec nous pour que s'instaure un dialogue en vue de résoudre
le problème tibétain. Malheureusement, des négo-ciations sérieuses n'ont pu être
engagées de son vivant. J'ai le sincère espoir que le dirigeant chinois qui lui
succédera trouve le courage, la sagesse et la vision nécessaires à de nouvelles
ouvertures afin de résoudre la question tibétaine par des négociations.
L'ère nouvelle qui commence dans la Chine moderne est une occasion
favorable à un changement constructif et à un dévelop-pement positif. La récente
répression militaire qui a eu lieu au Turkestan oriental (Xinjiang) visant à étouffer
les manifestations du peuple ouïgour, et les violences qui ont suivi, sont des
événements tristement tragiques. Il en va au Turkestan oriental comme au Tibet : une
solution durable et pacifique ne peut être trouvée que par la voie du dialogue. Le
gouvernement chinois doit faire face à une tâche importante : opérer en douceur la
transition de Hong Kong et appliquer, à la lettre et dans l'esprit, ce concept
pragmatique et sage : "un pays, deux systèmes". Une approche constructive à
ces question fournit d'importantes occasions de créer un climat politique de confiance et
d'ouverture, sur le plan intérieur comme sur le plan international.
Le Tibet connaît un soutien international grandissant, signe que tout
homme, par essence, comprend la souffrance d'autrui et s'en sent solidaire et signe
également du prix que chacun, dans le monde, accorde à la vérité et à la justice.
Faire du soutien au Tibet un complot des puissances occidentales contre la Chine, c'est se
soustraire à la vérité par convenance politique. C'est regrettable car un tel paravent
mental continuera d'empêcher que se dessine une approche constructive susceptible de
résoudre le problème.
Je dirai, pour finir, que c'est au peuple tibétain et au peuple
chinois de trouver une solution mutuellement acceptable à la question tibétaine. Gardant
cette réalité à l'esprit, nous avons poursuivi avec constance nos tentatives de
dialogue avec les dirigeants chinois à Beijing. Cependant leur refus d'écouter et de
reconnaître les véritables griefs de notre peuple nous a conduits à n'avoir plus
d'autre choix que de soumettre notre cause légitime et juste à l'appréciation de la
communauté inter-nationale.
Le peuple tibétain a montré un remarquable esprit d'endurance, de
courage et de patience face à la plus brutale des répressions. J'exhorte mes
compatriotes à continuer de résister aux actions violentes que la frustration et le
désespoir leur suggéraient comme moyen de protestation contre l'injustice et la
répression. Si nous nous laissions aller à la haine, au désespoir et à la violence,
nous nous abaisserions nous-mêmes au niveau de nos oppresseurs. Leur méthode est
l'intimidation, la coercition et l'usage de la force. La nôtre est la foi en la vérité,
la justice et la raison et en notre choix de nous en remettre à elles. Cette différence
est notre arme la plus efficace. Dans cette période difficile, nous sommes appelés à
faire preuve de plus de détermination, de sagesse et de patience.
Je rends hommage aux hommes et aux femmes courageux qui sont morts pour
la cause de la liberté du Tibet et je prie pour eux.
Infos
Lettre aux éditeurs du World Tibet Network
Ce n'est pas la première fois que le Tibet est mentionné dans cet
article. Nous devons rappeler à toutes les nouvelles organisations de toujours mentionner
le Tibet quand elles parlent des Droits de l'Homme en Chine. C'est notre devoir en tant
que sympathisants de la cause tibétaine de toujours rappeler aux médias de traiter le
sujet du Tibet comme ils le font pour Taiwan, c'est à dire une entité à part entière,
accaparée et rattachée à une Chine expansionniste. Quand voulons nous que la Chine
prenne place à la table des négociations?
Si à l'aube de l'an 2000, la situation au Tibet est semblable à
celle que nous connaissons actuellement, il est clair que le Tibet sera définitivement
chinois; c'est pourquoi la Chine doit absolument négocier avant l'an 2000.
Débats officiels américains sur les Droits de l'Homme,
28 Janvier 1996.
La police a arrêté 24 tibétains rentrés
illégalement au Népal
Katmandou, le 30 Janvier.
La police népalaise a arrêté, à la frontière chinoise, 24
tibétains entrés illégalement au Népal. Selon la police, ces Tibétains arrêtés au
point d'entrée de Lamabagar dans le district de Dolakha à 200 km au
nord-est, comprennent 18 hommes et 6 femmes. La police de Dolakha a transféré ces
clandestins au département de l'immigration dans la capitale népalaise en attente d'une
suite, mais elle n'a pas précisé le moment exact de leur arrestation.
Ces tibétains sont entrés au Népal pour parvenir jusqu'à Dharamsala,
au Nord de l'Inde, le lieu d'exil de leur chef spirituel et religieux, le Dalaï-Lama.
Le Dalaï-Lama est venu vivre en Inde avec près de 100000
tibétains depuis l'insurrection manquée dans les années 50 contre l'occupation
chinoise. Bien que le Népal ait interdit les manifestations et les meetings anti-chinois
aux 25000 tibétains qui y vivent, il arrive parfois que ces derniers aillent à
l'encontre des interdictions et protestent. Dans les 10 derniers mois, la police a
arrêté aux frontières 2360 tibétains tentant d'entrer au Népal clandestinement.
Taiwan a "vu la lumière"
dans la rivalité avec Pékin
Dans le passé, le Kuomintang (parti nationaliste taiwanais) fût aussi
réticent que le Parti communiste chinois en ce qui concerne la demande
d'autodétermination du Tibet: les deux partis considèrent la région himalayenne comme
partie intégrale de la Chine. Le Dalaï-Lama n'a eu de cesse de chercher un
terrain d'entente avec la Chine en présentant notamment son voyage à Taiwan comme un
geste de réconciliation.
Un journal a cité le Dalaï-Lama cette semaine:
"Nous sommes contre le gouvernement chinois, pas contre la culture
chinoise. Si la Chine accepte la démocratie, nous pourront accepter le fait de faire
partie de cette grande nation."
La visite du Dalaï-Lama à Taiwan provoque la colère des
communistes chinois qui le considèrent comme un séparatiste qui cherche à éloigner le
Tibet et Taiwan de la Chine.
Article paru dans le GUARDIAN
25 Janvier 1997 (Londres).
Nouvelles de Dharamsala
Dans le cadre de ce qui peut être considéré comme un compte à
rebours pour le référendum à venir, un préliminaire éducatif de 3 jours organisé par
l'assemblée des députés tibétains a eu lieu à Dharamsala le 21 Janvier. Ce
référendum qui porte 4 options et propositions a été mis en avant par le gouvernement
tibétain en exil.
Ces options sont:
- L'approche de la voie du milieu
- La totale indépendance;
- L'auto détermination;
- Satyagraha, ou recherche de la vérité.
La décision de ce référendum sur l'avenir du combat tibétain a
été prise suite aux discours du Dalaï-Lama en 1994 et 1995 dans lesquels il
disait que son approche de la voie du milieu a entraîné un échec dans les négociations
avec la Chine et qu'il consulterait donc le peuple tibétain sur la suite du combat à
mener. Un sondage d'opinion sera effectué le 31 Juillet de cette année. Le référendum
lui-même sera effectué en temps voulu.
Source : Tibet Network.
Le rapport américain dénonce la Chine pour ses
violations des droits de l'homme
Les plus hautes instances de la ligue des droits de l'homme demandent
à Bill Clinton de poursuivre sa politique tendant à encourager le respect des droits de
l'homme dans les pays communistes.
D'après un rapport sur les droits de l'homme dans 194 pays:
"En Chine, où l'idéologie marxiste a permis ces dernières
années le pragmatisme économique et l'accroissement des liens commerciaux robustes avec
les États-Unis et d'autres pays, les violations des Droits de l'Homme par un puissant
gouvernement central persistent malgré les efforts de réforme et les changements
économiques et sociaux".
Bill Clinton a reconnu que sa politique "d'engagement
constructif" avec Pékin n'a pas encore porté ses fruits mais a insisté sur le fait
qu'il contribuerait au changement "comme pour la chute du mur de Berlin".
Le rapport qui dénonce les violations des Droits de l'Homme en Chine a
été rejeté par le ministère des affaires étrangères chinois comme "inopportun
et inexact": "Ce rapport publié tous les ans se situe sur beaucoup de points,
très en dehors de la réalité", selon le porte-parole du ministère Shenguofang à
Pékin qui a également ajouté: "Nous n'acceptons pas les tentatives de certains
pays de politiser la situation des Droits de l'Homme ou de ceux qui l'utilise pour
s'immiscer dans les affaires d'un autre pays".
Même si la constitution chinoise est sensée protéger les libertés
élémentaires pour chaque individu, elles sont la plupart du temps, pour ne pas dire
systématiquement, ignorées en pratique comme en témoignent les divers meurtres et
tortures de prisonniers, les confessions et aveux forcés ainsi que les longues
détentions arbitraires. De sérieuses violations persistent dans des régions comme le
Tibet bien sur, mais également à Xinjiang et en Mongolie intérieure.
Ce rapport arrive à un moment crucial dans les relations
sino-américaines: pour son second mandat, Bill Clinton est parti pour donner une
priorité absolue à la Chine dans son agenda de politique étrangère. L'Europe arrive en
deuxième position.
Source : Tibet Network.
Les "séparatistes" menacent le Tibet
Le leader tibétain de Chine avec le ministère des affaires étrangères commente :
Pékin, le 5 Mars 1997 :
Le leader de la région autonome a dit au parlement chinois que les
"séparatistes" étaient en train de conduire le Tibet au désastre. Un député
du gouvernement régional autonome du Tibet en Chine, Gyaincain Norbu, explique:
"Les activités séparatistes sont un crime qui sème le désastre au Tibet. Les
tibétains rejettent le séparatisme car il menace la stabilité et la paix sociale, donc
une majorité de personnes. Les tibétains n'auront jamais autant de droits qu'ils en ont
actuellement".
Entre temps, le ministre des affaires étrangères Qian Qichen a
déclaré devant un parterre de députés que "le Tibet était nécessaire à la
protection de la sécurité nationale de la Chine et que ceux qui attaquent les positions
chinoises à ce sujet sont invités à visiter la région pour s'en rendre compte."
Le gouvernement chinois a affirmé à travers Qian Qichen que
"la culture traditionnelle a été préservée au Tibet, ce qui contribue à la paix
sociale, et les attaques et critiques hystériques de certains médias occidentaux sont
sans fondement". Il persiste également dans l'idée que "ceux qui font de
telles insinuations devraient venir au Tibet pour se rendre compte par eux-mêmes de la
situation réelle".
Poursuivant dans cette politique de désinformation, il affirme que
"les forces internationales anti-chinoises utilisent souvent le problème tibétain
et le Dalaï-Lama comme des armes et des outils de déstabilisation et, par
conséquent, que le Tibet, en tant qu'importante frontière de défense dans la partie
sud-ouest de notre pays, a un rôle capital dans la bataille pour la sauvegarde de la
patrie et pour l'opposition au séparatisme."
Source : Tibet Network.
Infos AFP:
Le maire de Pékin a annoncé le 6 mai, qu'il se rendra à Paris en
juin, pour signer un accord de jumelage entre les deux capitales. Monsieur Dia a ajouté
qu'il inaugurera à cette occasion une exposition consacrée à la ville de Pékin. Il a
rappelé qu'un accord lie depuis dix ans la région d'Ile de France à celle de Pékin, et
souligné que depuis l'an dernier quatre maire adjoints de Paris ont été reçus à
Pékin. "Les relations entre la FRANCE et la CHINE se portent très bien, et la
visite du président Chirac sera un événement majeur" a t'il dit.
source : AFP le 6 mai 1997.
Selon Martin Lee, chef du parti démocratique de Hong Kong, la France
porte plus d'intérêt à la vente d' avion Airbus, qu' à la défense des libertés hors
de ses frontières. "Pour le gouvernement français, j'ai une formule: liberté,
égalité, fraternité et surtout Airbus" a ajouté M. Lee, dépité que la France
ait refusé de soutenir une motion présentée aux Nations Unies pour condamner la Chine
sur la question du respect desDroits de l'Homme au cours des six dernières années.
Le consortium européen Airbus est en rivalité avec le constructeur
américain Boeing pour fournir des avions au marché chinois, en forte croissance. Boeing
aurait environ 60 % du marché chinois, contre 15 % pour Airbus. La Chine devrait avoir
besoin de 2100 nouveaux appareils d'ici 2015 selon les autorités aéronautiques
chinoises.
source : A.F.P. le 2 mai 1997.
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