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L'Histoire de La Kabylie :


ORIGINE DU MOT "KABYLIE"
Le mot "kabyle" vient de l'arabe qabila (pl. qabail), "tribus". C'est le terme que les Européens ont utilisé au XVIIIe siècle
pour désigner ces farouches montagnards qui portaient des noms différents en fonction des tribus auxquelles ils appartenaient.
Les arabophones, quant à eux, utilisaient le mot Zwawa, déformation de Agawa dont le pluriel Igawawen était le nom d'une très
puissante et ancienne confédération composée de huit tribus organisées en deux confédérations : At Betrun (At Yanni, At Budrar,
At Bu Akkach, At Wasio) et At Mengellat (At Mengellat, At Bu Yusef, At Weqbil, At Attou).
Il semblerait que, dans l'Antiquité, les Igawawen aient porté le nom de Quinquegentiani, appellation administrative désignant
cinq tribus (quinque gentes).Une vieille légende rapporte en effet que ces montagnards descendent d'un géant qui eut cinq
fils, lesquels formèrent les cinq tribus antiques (Boulifa, 1925), les fameux Quinquegentiani qui donnèrent tant de mal aux
Romains.
Déformation d'Agawa donc, Zwawa a donné en français le mot zouave car les premiers fantassins étaient originaires de cette
confédération.
Les Français n'ont fait que perpétuer une tradition déjà existante. En effet, les Igawawen étaient déjà fort appréciés par
les Beys et les Deys d'Alger et de Tunis.

HISTORIQUE :
Habitée depuis la plus haute Antiquité, la Kabylie recèle des vestiges de toutes les civilisations préhistoriques et protohistoriques.Dans
l'antiquité: appelée par les Romains "Mons Ferratus" "La montagne dure comme le fer", la Kabylie vit quatre colonies romaines
s'installer sur les ports de la côte : Igilgili (Djidjel), Saldae (Vgayeth, ex-Bougie), Ruzazus (Azeffoun), et dans la vallée
de la Soummam Tubusuptu (Tiklat) à une trentaine de kilomètres de Vgayeth.L'occupation romaine (146 av. J.-C.439 apr. J.-C.)
s'est néanmoins vue opposer une résistance farouche cristallisée autour de deux figures historiques : Tacfarinas et Firmus.
Défenseur du peuple berbère, Firmus était un héros de l'idée de l'indépendance. Il réalisa même autour de lui une certaine
unité au-delà de la Kabylie.
Au Moyen âge :
Parmi les cités qui ont marqué l'histoire nord-africaine, figure Vgayeth (Béjaïa) connue dès l'Antiquité sous le nom de Saldae.

Sous les Hammadites, au Moyen Age, elle fut une capitale prospère qui rivalisa avec Tunis et fut rebaptisée En-Nassiria.


Durant la période Ottomane :
On ne peut évoquer l'histoire de la Kabylie sans citer le "Royaume de Koukou", un village qui, au XVI et XVIle siècles fut
une sorte de "capitale" de la Kabylie.Le fondateur, Si Ahmed Belqadi, s'allia aux corsaires Aroudj et Kheir-Eddine Barberousse
pour repousser les espagnols de la côte mais ensuite ne parvint pas à soustraire l'Algérie à la mainmise des Barberousse.

Au 19 ème siècle :
La prise de la Kabylie par les Français en 1857 eut des conséquences désastreuses sur le plan économique, et provoqua une
déstabilisation de l'organisation socio-politique, d'où les diverses insurrections fortement réprimées en 1864 et en 1865.
La plus rude fut celle de 1871, menée par El-Mokrani, Fadhma n'Soumeur , Kheich Ahadath, Bou Beghla.
La Kabylie demeure un bastion permanent de la résistance. Elle joua un rôle notoire pendant la guerre d'Algérie, puis après
l'indépendance avec son opposition au pouvoir central.

RGANISATION SOCIALE :
Les Kabyles désignent leur territoire par l'ancien terme berbère thamourth (la terre, la terre natale, la patrie, le pays).Leurs
habitations, construites en dur, couvertes d'un toit de tuiles et généralement sans étage, sont groupées en villages qui tournent
le dos à l'extérieur et ouvrent sur des sentiers étroits. La société kabyle s'organise en cercles concentriques de fidélité.
Son noyau est la famille étendue akham, qui est la plus petite cellule sociale. Elle ne se réduit pas seulement au groupe
des époux et de leurs descendants directs, mais rassemble tous les agnats (parents descendant de la même souche masculine).
Les familles regroupées forment le thakharrubth, dont les membres possèdent un ancêtre commun, qui remonte à la quatrième
ou à la cinquième génération. Les villages se rassemblent en tribu : l'aârsh. Aujourd'hui, le village kabyle traditionnel
n'existe plus.

Dans chaque village formant en soi une petite "république", la djemâa était l'institution politique qui régissait la vie communale.

Composée de tous les hommes ayant atteint la majorité - n'y prenaient la parole que les notables, les vieillards et les chefs
de famille - l'assemblée nommait l'amin [chef] du village, mandataire toujours révocable, qui gérait l'administration.Conseil
municipal,cour de justice et cour souveraine, la djemâa se référait, en cas de litige ou de problème, à des textes de lois,
les "qanouns kabyles" qui définissent le moindre manquement et sa sanction.
Société à filiation patrilinéaire, la Kabylie était régie par le code de l'honneur qui protège "la maison, les femmes, les
fusils".
Vivre en Kabylie donc, c'est vivre sous l'autorité du groupe où l'esprit de solidarité est fort développé. On peut donner
l'exemple de la tiwizi, corvée collective qui consiste à aider un villageois à ramasser dans la journée ses olives ou à bâtir
sa maison.



L'Alphabets Kabyle