La vie au 19ème siècle à St Martin aux Buneaux  
LA VIE au 19ème Siècle à SAINT MARTIN AUX BUNEAUX 
 

Lorsque on se promène actuellement dans les rues du village de Saint Martin aux Buneaux, au demeurant charmant petit village cauchois, on a peine à imaginer ce qu'était la vie au XVIII et XIXème siècle. J'ai pu trouvé la trace d'un recensement fait en 1866 (sous le second empire) concernant les 1433 habitants d'alors (dont 3 aveugles et 2 sourds-muets)!.. 

Il y avait 369 ménages vivant dans 301 maisons. La société d'alors était composée entre autres, de 3 membres du clergé, d'un garde champêtre et de 19 rentiers. Il y avait également 403 agriculteurs et 308 pêcheurs. On y trouvait 178 chevaux et 353 bovins!... Toutes les professions semblaient être représentées. Il y avait des cafetiers, des restaurateurs, des boulangers, des bouchers, des épiciers, des sabotiers, des cordonniers, des couturières, des tailleurs, des menuisiers, des charpentiers, des carrossiers et des charrons, et .......22 mendiants!. 

 
Durant toute la longue période de guerre, une remarque s'imposait : en effet pratiquement tous les ans entre Décembre et Février, on trouvait Jacques Paschal, en mer, mais à bord de bateaux de pêche, ce qui paraissait pour le moins curieux!... J'avais échafaudé des hypothèses, compte tenu des froids intenses qui régnaient à cette époque, à savoir qu'il faisait trop froid pour faire la guerre sur mer en Hiver (je pense faire rire de vieux marins!...) mais en fait j'ai fini par trouver une explication qui pourra peut être m'être confirmée par d'anciens loups de mer, à savoir que lorsque le pays était en guerre, l'Etat "levait" des hommes, et à la saison d'hiver (où il fallait bien nourrir la population), les marins en service armé étaient "appelés au harengs". Un peu comme de nos jours ont été désignés des "affectés spéciaux" à différentes tâches d'intérêt général (boulanger, ouvriers de l'armement etc...). Mais dans le cas des "appelés aux harengs", dès que les réserves étaient plus ou moins reconstituées il fallait repartir à la guerre!... 

Jacques Paschal a eu 5 enfants : 4 garçons et une fille, et la fille Marie Angélique Ortance Monnier fut la mère de Georges Sénateur Delafosse. Par ailleurs ainsi qu'il le dit lui-même dans sa lettre au Ministre, deux de ses fils firent une carrière maritime, ils ont été tous les deux Capitaines, et celui qui l'est au long cours, a été décoré par la Reine du Portugal de l'ordre du Christ pour avoir sauvé 9 de ses sujets, au cours d'un naufrage!...(cette citation figure dans les registres de l'inscription maritime de Fécamp, aux Services Historiques de la marine à Cherbourg) 

C'est ainsi que son petit-fils nous dit qu'il aimait se rappeler le règne du Grand Napoléon et qu'il racontait ses batailles navales. Certes il a enjolivé c'est presque certain, surtout lorsque l'auditoire a 10 ans... Et surtout lorsqu'on a vécu une vie remplie de voyages, de combats, d'aventures... 

Il sera décoré de la Médaille de Légion d'Honneur (Chevalier) en 1865 (4 ans avant sa mort). Il se sera écoulé 13 ans entre le moment où il fut proposé et l'attribution. Il sera également titulaire de la Médaille de Sainte Hélène, par décret Impérial du 18 Septembre 1857, compte tenu de ses états de Services. Son frère Pierre Martin aura également cette distinction (dans les archives de la Marine de nombreux marins de la famille, frères, beaux frères, neveux, de St Martin, ont également eu la médaille de Ste Hélène). 

Dans ses mémoires Georges Sénateur (son petit-fils) nous dit que Jacques Paschal a fait partie de l'équipage de la Belle-Poule, navire qui a ramené les cendres de Napoléon de Sainte-Hélène à Cherbourg. Or son nom ne figure pas sur les rôles de l'équipage. 

Les cendres de l'Empereur furent transférées de la Belle Poule sur la Normandie de Cherbourg à Sahurs, et de là sur un bateau catafalque : La Dorade jusqu'à Courbevoie. C'était en Novembre 1840, on peut penser, puisqu'à cette époque il était maître sur l'Adelphine, qu'il s'est rendu, avec beaucoup d'autres anciens marins "de l'Empereur", sur les bords de la Seine, pour voir passer celui qu'il nommait : "l'épée d'Austerlitz". 

L'action de Sauvetage en mer relatée ci-dessus sera prise en compte dans son dossier de demande, pour la Légion d'Honneur, mais il est fait mention d'autres actions d'éclats, dont on ne peut tenir compte, car elles n'ont pas fait en leur temps l'objet d'un procès verbal. 

Il mourra à Fécamp le 10 Avril 1869, entouré de ses enfants et ses petits-enfants, veuf depuis le 28 Mars 1863 de Marie-Angélique. 

 
  
  
Préface
St Martin aux Buneaux
Les cahiers de doléances
Jacques Paschal (Marin de l'Etat)
Jacques Paschal se marie
La vie au 19e siècle à St Martin aux Buneaux
Epilogue
Les descendants de Jacques Paschal Monnier
 
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