SAINT MARTIN AUX BUNEAUX
Une famille seigneuriale, puissante sous les capétiens, donna
son nom à ce village, placé sous la protection du grand Saint
Martin : les BUNEL ou BURNEL ou BUNEAUX possédèrent cette
terre. Aussi dit-on en désignant cette terre seigneuriale : St Martin
aux Bunel ou aux Buneaux.
Eudes RIGAUD écrivait dans son "pouillé" (état
des bénéfices ecclésiastiques d'une province ou d'un
royaume): St Martin aux Buneaux. Et les registres de l'Archevêché
traduisaient : Sancti Martini ad Bunellis.
Au temps de Philippe Auguste , le seigneur patron de l'église
s'appelait encore Luc BURNEL et il présenta un prêtre nommé
Luc à l'archevêque de Coutances.
La population de ce bourg a singulièrement grandi en importance
depuis quelques siècles. Sous St Louis , elle se composait de 100
familles environ et sous Louis XV on compta 350 feux. En 1820, l'annuaire
de la Seine Inférieure dénombrait 1500 âmes. En 1866
il y avait 1433 habitants. Actuellement environ 500 personnes résident
dans cette commune dont un certain nombre composé de résidents
secondaires. C'est ainsi que Monsieur Pierre BEREGOVOY premier ministre
de Monsieur François MITERRAND, possédait une maison dont
il faisait sa résidence secondaire pour recevoir sa famille.
La population devait être très importante au temps de FRANCOIS
1er, car ce fut à cette époque que fut construite l'église,
l'une des plus vaste de la contrée. Elle se compose de deux larges
nefs, d'une étendue presque égale, si bien qu'il est malaisé
de distinguer la principale de l'ancienne. Celle ci se reconnaît
au tuf roman que l'on remarque au pignon de l'ouest et aux contreforts
du XIIIème siècle qui soutiennent le chœur. Dans cette partie
de l'église les fenêtres ont été élargies
au temps de Louis XVI et le mur date du temps de Louis XIV. Cette grande
nef communique avec l'allée du nord, par un rang d'arcades cintrées
de la fin du XVIème siècle. Au 13ème siècle
on reconstruisit une des larges nefs en y laissant quelques traces du 11ème...
Au côté nord, le 16ème siècle a ajouté
la seconde nef d'une étendue presque égale. Le vaisseau,
tout en grès avait été richement vitré en couleur
par le talent des artistes et la générosité des seigneurs
et des paroissiens. Le vent et les révolutions ont détruit
ces magnifiques verrières, dont il ne reste que quelques fragments
pour faire regretter la perte des autres. Nous citerons parmi les morceaux
échappés aux tempêtes, un Saint Martin, les Hébreux
dans le désert dansant autour du veau d'or, Moïse exaltant
le serpent d'airain et le sacrifice d'Abraham. Ce dernier surtout est très
mutilé.
Le XVIème siècle amena des compléments non négligeables
au patrimoine de la commune, ainsi c'est durant ce siècle que l'on
planta la croix de grès du cimetière, également fut
renouvelé dans le style de la Renaissance le baptistère de
pierre dont le pied orné d'anges sculptés est du plus joli
effet. Il faut remarquer dans cette église une Assomption datant
du 17ème siècle, et aussi une contretable en bois, riche
menuiserie, d'environ 1700. C'est une des plus gigantesque de cette époque
qui en fut si prodigue.
Les registres de cette église existent aux archives départementales,
section des trésors et fabriques. Ce sont deux gros livres de comptes
et de délibérations, dont l'un va de 1685 à 1756,
et l'autre de 1758 à 1787, sources précieuses de renseignements
sur la vie de la commune à cette époque. Nous avons remarqué
entre autres qu'en 1692, période de disette et misère, on
répara près de l'autel St Nicolas une vitre qui avait été
cassée par des voleurs.
Quant au village de St Martin, il y a le bas avec les Petites Dalles
(la mer) et il y a le haut (la terre)(dalles = vallée). Le hameau
des Petites Dalles situé ou se trouve actuellement la plage et de
charmantes villas pour les résidenciers, se trouve coupé
en deux par la rue principale, une partie est sur St Martin aux Buneaux,
l'autre sur Sassetôt le Mauconduit. On y a trouvé des débris
de vases gaulois et romains et un cimetière franc a été
exploré en 1864 par Monsieur l'abbé Cochet, il a été
trouvé 15 sépultures avec des vases, des armes et autres
objets, notamment un éperon en bronze. On y a construit un hôtel
des bains. Le site agréablement situé au débouché
d'un vallon toujours vert, planté d'arbres, protégé
du fait de son étroitesse des grands vents est fréquenté
en saison par des familles paisibles qui recherchent le calme et la simplicité.
Une arche taillée par la nature dans la falaise du rivage, s'ouvre
sur la mer et forme une perspective immense. Cette arche fort élevée
permettait aux pêcheurs de descendre à la mer par un escalier
qui serpente en détours capricieux au travers des rochers. La hauteur
des falaises est d’environ 80/90 mètres.
Ce pittoresque sentier était suivant Guilmeth ce que les côtes
de la Haute Normandie présentent de plus curieux après les
admirables roches d'Etretat.
En 1386, un navire anglais ayant fait naufrage sur la côte, l'équipage
composé de 11 hommes demeura prisonnier de Pierre du Val écuyer,
et le navire fut probablement adjugé à l'Abbaye de Fécamp,
qui la même année fut mise en possession de 36 anglais et
de leur navire, naufragés devant Veulettes!...
Une foire qui remontait au 14ème siècle se tenait autrefois
le 19 Septembre, et il y avait aussi le marché le Vendredi, l'une
et l'autre furent absorbés par la commune de Sassetôt le Mauconduit.
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Le 17.01.1623 Laurens GUEROULT épouse à Saint Martin aux
Buneaux une demoiselle dont le prénom est Thomassine ou Thomasse,
comme on le veut, car le nom est écrit en latin et la terminaison
est ae !... Nous sommes sous le règgne de Louis XIII cet homme et
cette femme sont nés sous le règne de Henri IV dont ils ont
vécu l'abjuration de la religion réformée et l'assassinat
par Ravaillac !...De même Pierre HANARD et Pétronille, Marin
MIUS et Nicole, Jean ROUSSEL et Jeanne TOUMINNE(RE), Jean BARTHELEMY et
Marie BERTRAND sont tous nés entre 1590 et 1610. Ils sont
les aïeux les plus anciens que j'ai pu retrouver, car à partir
de ces dates les livres paroissiaux sont inexistants ou quasiment illisibles.
Le 27 Juillet 1628 Anthoine PANNEVEL et Magdeleine DESCHAMPS, se sont
unis, pour le meilleur et pour le pire (!) dans l'église de Sassetot
le Mauconduit. Ils vivent déjà dans une époque troublée
: le roi Louis XIII, et son ministre Richelieu font le siège de
La Rochelle, puisque les protestants y sont retranchés, attendant
une hypothétique intervention des anglais, qui se contentent de
croiser devant l'entrée du port dont le blocus est assuré
par les troupes du Roi de France. Toutefois le blocus laisse passer un
peu, de ce que nous appellerions de nos jours "l'aide humanitaire" c'est
à dire quelques céréales pour nourrir les assiégés...!
Le 1er Novembre 1628 les troupes du Roi entrent dans La Rochelle complètement
dévastée par ce siège de longue durée (+ d'un
an). Le cardinal de Richelieu fait enlever les cadavres, nettoyer les rues
et le temple étant redevenu cathédrale il y dit la messe
le matin du jour de la Toussaint. Les soldats en entrant donnent leur pain
à tous ceux qui se présentent et le roi en fait distribuer
12000)
Or, Anthoine PANNEVEL et Magdeleine DESCHAMPS allaient, en leur temps
mettre au monde Adrien PANNEVEL (époux de Madeleine GUEROUT), qui
lui-même aurait un fils Pierre PANNEVEL (marié à Catherine
GUEROULT), qui donnerait naissance à Pierre PANNEVEL(dont la femme
serait Marie CHANOINE), ces derniers ayant une fille Marie-Marthe née
le 16.02.1729 (à Sassetôt le Mauconduit) qui serait la mère
de notre "héros familial"... De même à Saint Martin
aux Buneaux, Michel MONNIER, marié vers 1635 avec son épouse
Jacqueline DESJARDINS, aura en 1654, un fils : Jean MONNIER (Le), époux
de Catherine JOURDAIN, eux-mêmes parents de Jacques (marin, né
le 11.09.1702 marié à Marguerite VAUDRIN ), lui-même
père de Jacques Martin, né le 15.01.1736, marin également,
époux de Marie-Marthe PENNEVAL, parents de Jacques Paschal MONNIER
!....
Dans cette filiation il aura dispense ecclésiastique pour le
mariage de Jacques MONNIER et de Marguerite VAUDRIN, au 3ème et
4ème degré ( exemple :le grand père de l'un est l'arrière
grand père de l'autre). Je n’ai pas encore pu retrouver la dispense
écclésiastique ce qui me gène pour prouver la parenté
à ce stade ou les actes sont très succints !…
Jacques Paschal MONNIER est né le 20 Avril 1778 à
Saint Martin aux Buneaux, (Seine-Inférieure). Il est le fils de
Jacques Martin MONNIER "marinier" (42 ans) et de Marie PANNEVEL(ou PENNEVAL)
son épouse (34 ans). Son parrain est Jacques MONNIER (son oncle)
laboureur, époux de Marie GRISEL de Saint Martin aux Buneaux, et
sa marraine Catherine MIUS fille de Charles MIUS, laboureur, de la paroisse
de Sassetôt le Mauconduit. Faute de ne savoir écrire les témoins
n'ont pu signer. L'acte paroissial de baptême indique, comme sur
la plupart des actes de cette époque, dans ce village : le père
absent (en mer)... Il a entre- autres, des frères et des sœurs :
Elisabeth, Jacques, Magdeleine, Pierre Jacques, Pierre Nicolas, Pierre
Martin.
C'est le règne de Louis XVI., la France est en guerre contre
l'Angleterre, et a fait alliance avec l'Amérique pour la guerre
d'Indépendance. La Reine de France Marie-Antoinette fille de Marie-Thérèse
d'Autriche est enceinte de l'enfant qui naîtra le 18.12.1778 et qui
sera Madame d'Angoulème.
Le père de Jacques Paschal, Jacques Martin, marin de profession,
figure sur les registres de l'Inscription maritime de Fécamp en
1750, âgé à cette époque "d'environ 22 ans"
(né le 16.02.1729), le grand-père Jacques également
âgé d'environ 46 ans (né le 11.08.1702-Services
Historiques de la Marine de Cherbourg-)
Il faut se rappeler que Louis XIV est mort en 1715, que la Régence
vu le jeune âge du nouveau roi, est assurée par le Duc d'Orléans
jusqu'en 1721, qu'à cette date Louis XV est proclamé Roi
de France, il le sera jusqu'en 1774, date de son décès. Le
règne de Louis XVI commencé alors sous de tristes augures
se terminera en 1789 de la façon que l'on sait, il sera guillotiné
le 21.01.1793...
Les marins de cette époque seront surtout appelés à
aller en mer pour nourrir leur famille et approvisionner les villes et
villages, les ports d'alentours et ... faire la guerre. Depuis que Colbert
a institué la conscription maritime touchant tous les hommes résidant
en bordure de mer, en 1669 environ, des registres ont été
sérieusement tenus et mis à jour, et sauf destructions inhérentes
aux incendies et guerres, on peut retrouver des traces des familles concernées,
dans le cas présent c'est à Cherbourg que j'ai trouvé
les principaux renseignements concernant St Martin aux Buneaux. Sur les
registres de l'Inscription maritime d'alors il est tout à fait courant
de constater que les enfants de 11 ans sont placés comme mousse
sur la flotille de pêche du lieu, mais toutefois pendant les deux
premières années, alternent les périodes d'emploi,
en mer ou au magasin. Ce qui laissait à penser que certains patrons
de pêche épargnaient autant que faire se peut les "petits
gars". La liste de ces enfants et de ces hommes "perdus en mer" est hélas
bien fournie, et après avoir consulté, les registres d'état
civil et les registres de l'inscription maritime, je puis assurer qu'aucune
des familles anciennes de Saint Martin aux Buneaux n'a échappé
à ce malheur. Une remarque s'impose également : quelques
cas de mutilation empêchent de reprendre du service, et d'autre plus
carrément, déclarent ne plus vouloir retourner à bord!..
On peut supposer que l'enfance de Jacques Paschal fut celle de tous
les petits enfants vivant à la campagne à cette époque.
Certainement très difficile, la vie devait être rude. Pour
s'en convaincre il suffit de compulser avec attention les documents de
cette période, et constater les innombrables décès
d'enfants en bas âge, voire à la naissance (ainsi en Juin
1717, plusieurs pages de l'Etat civil de St Martin aux Buneaux portent
mention de décès d'enfants de tous âges, (il s'agit
probablement d'une épidémie) et les décès des
femmes en couches. Egalement on constate des remariages nombreux après
décès de l'épouse... Cela est sans aucun doute du
au fait, que dans certaines familles, il y avait une naissance tous les
ans, et lorsque la femme venait à disparaitre, laissant 6,7,8 enfants,
l'homme travaillant la terre (laboureur) ou en mer (marinier) devait obligatoirement
trouver une femme pour remplacer la défunte. On constate un enchevêtrement
des familles et des écarts d'âge dans les couples, il arrive
que dans cet esprit des cousins germains soient dans l'obligation de contracter
mariage. Dans ce cas l'Eglise accorde une dispense ecclésiastique
(accordée pour pauvreté!...) prenant en compte les difficultés
de la vie.. Egalement il est très courant de trouver dans un couple,
des naissances étalées sur 20 ans, et qui se terminent parfois
par la mort de l'épouse, vraisemblablement épuisée.
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