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Une banque pour les pauvres ? M. Aegler y croit


S’inspirant d’un système de prêts aux plus démunis lancé voilà vingt ans au Bangladesh, Georges Aegler entend mettre

en place une structure concrète pour combattre le chômage.

D’aucun prétendent que les utopies d’aujourd’hui sont les réalités de demain ou, à tout le moins, qu’elles pourraient bien
le devenir. Homme de combat par nature, G.Aegler en est convaincu. En effet, cet industriel retraité, au demeurant membre du comité directeur du Parti socialiste vaudois, vient aujourd’hui de lancer l’idée de création d’une sorte de banque des pauvres.
But de l’opération : réunir des fonds et organiser un système de prêts destiné aux chômeurs désireux de créer leur propre entreprise.
Une méthode inspirée de la banque Grameen mise sur pied au Bangladesh voilà vingt ans par Muhammad Yunus.

Une institution qui prospère aujourd’hui à travers 57 pays dans le monde, avec toujours le même principe : prendre le
risque de prêter aux plus démunis pour venir en aide au premier maillon de la chaîne économique : l’homme.

Une question de devoir

Engagé depuis des années au sein du comité de l’Association lausannoise des demandeurs d’emplois(ADE), G.Aegler

sait de quoi il parle lorsqu’il s’agit de chômage. Pour lui, il n’est plus question de tergiverser dans un monde de moins en moins solidaire. J’en suis arrivé au constat que nous sommes non seulement déjà dans une société à deux vitesses, martèle-t-il, mais que la poussée du chômage a aussi creusé une fracture sociale entre ceux qui ont du travail et ceux
qui n’en ont pas. D’où l’idée de créer un fonds de crédit solidaire au service de l’insertion de chômeurs. J’estime qu’il
est de mon devoir de mettre toutes mes forces à disposition de cette masse de citoyens frappés d'exclusion.
Il faut que les gens se réveillent. Nous devons sortir de la spirale du chômage et l’unique moyen de le faire passe par
la solidarité.

Un potentiel a revaloriser

Concrètement, la banque des pauvres en question ne sera toutefois par une véritable institution bancaire. Sur la forme, confirme G.Aegler, ce sera un organisme d’entraide. Les chômeurs seront invités à soumettre un projet de création d'entreprise à un groupe d'anciens patrons à constituer. Ce dernier sera ensuite chargé d’étudier les dossiers présentés.

En cas d’aval dudit groupe, le chômeur se verra alors accorder un prêt se situant entre 10000 et 15000 francs.
Une somme, remboursable après un délai de plusieurs mois, qui devra lui permettre de lancer son entreprise évidemment.

Sur les 21000 chômeurs du canton, insiste G.Aegler, je suis certain qu’il y en a au moins 1000 qui ont le bagage et l’envie nécessaires pour créer leur propre affaire et se réinsérer. Il faut les aider.

Aujourd’hui, reste toutfois à réunir le demi-million de francs nécessaire pour constituer le fonds de roulement d’un futur organisme encore à l’état embryonnaire.
Mais si le projet devait se préciser et déboucher sur du concret, Gouvernement vaudois et institutions bancaires ne manquerons alors pas d’être sollicités pour soutenir une utopie qui, finalement, mériterait sans doute de devenir une
réalité de demain.

(Source 24H/Pierre Vaudan)

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