Daucun prétendent que les utopies
daujourdhui sont les réalités de demain ou, à tout le moins, quelles
pourraient bien
le devenir. Homme de combat par nature, G.Aegler en est convaincu. En effet, cet
industriel retraité, au demeurant membre du comité directeur du Parti socialiste
vaudois, vient aujourdhui de lancer lidée de création dune sorte de
banque des pauvres.
But de lopération : réunir des fonds et organiser un système de
prêts destiné aux chômeurs désireux de créer leur propre entreprise.
Une méthode inspirée de la banque Grameen mise sur pied au Bangladesh voilà
vingt ans par Muhammad Yunus.
Une institution qui prospère aujourdhui à
travers 57 pays dans le monde, avec toujours le même principe : prendre le
risque de prêter aux plus démunis pour venir en aide au premier maillon de la
chaîne économique : lhomme.
Une question de devoir
Engagé depuis des années au sein du comité de lAssociation lausannoise des
demandeurs demplois(ADE), G.Aegler
sait de quoi il parle lorsquil sagit de chômage. Pour lui, il
nest plus question de tergiverser dans un monde de moins en moins solidaire.
Jen suis arrivé au constat que nous sommes non seulement déjà dans une société
à deux vitesses, martèle-t-il, mais que la poussée du chômage a aussi creusé une
fracture sociale entre ceux qui ont du travail et ceux
qui nen ont pas. Doù lidée de créer un fonds de crédit
solidaire au service de linsertion de chômeurs. Jestime quil
est de mon devoir de mettre toutes mes forces à disposition de cette masse de
citoyens frappés d'exclusion.
Il faut que les gens se réveillent. Nous devons sortir de la spirale du chômage
et lunique moyen de le faire passe par
la solidarité.
Un potentiel a revaloriser
Concrètement, la banque des pauvres en question ne sera toutefois par une véritable
institution bancaire. Sur la forme, confirme G.Aegler, ce sera un organisme
dentraide. Les chômeurs seront invités à soumettre un projet de création
d'entreprise à un groupe d'anciens patrons à constituer. Ce dernier sera ensuite chargé
détudier les dossiers présentés.
En cas daval dudit groupe, le chômeur se verra alors accorder un prêt se
situant entre 10000 et 15000 francs.
Une somme, remboursable après un délai de plusieurs mois, qui devra lui permettre
de lancer son entreprise évidemment.
Sur les 21000 chômeurs du canton, insiste G.Aegler, je suis certain quil y en a au moins 1000 qui ont le bagage et lenvie nécessaires pour créer leur propre affaire et se réinsérer. Il faut les aider.
Aujourdhui, reste toutfois à réunir le
demi-million de francs nécessaire pour constituer le fonds de roulement dun futur
organisme encore à létat embryonnaire.
Mais si le projet devait se préciser et déboucher sur du concret, Gouvernement
vaudois et institutions bancaires ne manquerons alors pas dêtre sollicités pour
soutenir une utopie qui, finalement, mériterait sans doute de devenir une
réalité de demain.
(Source 24H/Pierre Vaudan)
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