Dédale et Icare
1779
Tombeau de Clément XIII
1787-1792
Psyché et l'Amour
1787-1792
Vénus et Adonis
1789-1794
Monument funéraire de Marie Christine d'Autriche
1805
Mars et vénus
à droite
Les trois Grâces. en haut
|
Antonio Canova (1757-1822) Il est né à Possagno prés de Trévise. Sous la protection du sénateur Falier, il part à Venise et travaille dans l'atelier du sculpteur Guisepe II Bernadi-Torreto. Il a tout juste quinze ans lorsque Falier lui passe sa première commande pour deux corbeilles de fleurs et de fruits à sculpter dans le marbre. Ensuite il lui commande deux statues de jardin, une Orphée (1773) qui est un nu viril doté d'un tension baroque dans le style du Bernin, et une d'Eurydice en 1775. Ces oeuvres de jeunesse sont l'expression d'une stylistique rococo sans complexes, d'une veine un peu déclamatoire. Leur facture ne manque pas d'audace, avec cette sorte d'expressionnisme sensuel. |
![]() |
En 1779 il ouvre un atelier, et rentre à l'Académie au printemps 1779. Les commandes affluent, il réalise à cette période son Dédale et Icare, une commande en marbre pour le palais de Pietro Vettor Pisani. Canova y fait preuve d'une grande maîtrise technique associée à une vision personnelle, mesurée, modulée, d'une réalité assouplie. Le 4 Novembre 1779, Canova arrive à Rome, dans un premier temps il ne s'interessent pas au retour à l'antique, au contraire il court voir les chefs d'oeuvre de Michel Ange et du Bernin. Début 1780, il part pour Naples où il exécute de nombreux dessins des vestiges exhumées à Herculanum et à Pompéi. En revanche, les temples de Paestum, considerrés comme le summum de l'architecture grecque, le laissent indifférent. De retour à Rome en Juin 1780, il se lie avec le peintre Gavin Hamilton, se dernier attend de lui qu'il se soumette à l'esthétique antiquisante. En 1783, il rencontre Quatremère de Quincy, qui agit comme un mentor. Entre 1783 et 1787, Canova exécute plusieurs de ses oeuvres principales. Il obtient la commande du monumental tombeau de Clèment XIV (1783-1787), cette oeuvre connaîtra un vif succés, même si Canova reste fidèle au déploiement baroque des sépulcres, il a su également donner à ses figures une élégance hellénique. Sa Tempérance, drapée à l'antique, est louangée à l'unanimité. |
![]() |
Ce succés lui vaut la commande d'un second tombeau, celui de Clément XIII Rezzonico (1787-1792), Une fois de plus Canova triomphe, le tombeau est plus ambitieux que le précédent, ses figures plus nombreuses. L'allégorie de la Religion déçoit par son allure massive, et ses plissés un peu raides, par contre la statue du pontife est une réussite. Le sarcophage s'inspire d'un antique, il place au prés des deux lions assoupis, un génie de la Mort qui frappe par sa pose recherchée et son corps de marbre poli à l'extrème. |
![]() |
(1787- 1793) Il réalise Psyché ranimée par un baiser de l'Amour commandé par le collectionneur anglais Campbell, mais c'est Muratn qui l'acquit vers 1796. Ensemble d'inspiration anacréontique est probablement l'un des plus beau exemplaires de l'art de Canova. Durant ces mêmes années il sculpte Psyché ( jouant avec un papillon, symbole de l'âme, sujet vivement apprécié qui l'oblige à en faire plusieurs répliques) et Hébé, à Paris on reproche au sculpteur d'avoir enduit le marbre d'une cire imitant les chairs, et le recours au bronze pour les deux accessoires (l'aiguière et la coupe). Quatremère de Quincy défendit Canova, expliquant que les Grecs avaient, eux aussi, l'habitude de colorer leurs statues et de leur ajouter des accessoires élaborés dans d'autres matières. |
|
|
1789-1794 Vénus et Adonis: L'exemple le plus représentatif de la tendance hellénisante de l'artiste. Malgrés ces critiques parisiennes, où pointaient la jalousie, Canova devient le sculpteur le plus couru de l'élite française. Pie VII Chiaramonti fit de Canova sont sculpteur attitré. Canova devient en 1802 chevalier de l'Eperon d'or et en 1802 inspecteur général des Beaux Arts. En Octobre 1802, Canova part sans envie pour la France afin d'immortaliser les traits de Bonaparte. Ce dernier refuse de poser, mais rencontre l'artiste à cinq reprises. David organisa un banquet en l'honneur de Canova, Gérard fit son portrait. De retour en Italie il est accablé par les commandes de l'Empire. Il execute de nombreux bustes des Napoléonides avec, quelques fois avec un souci de réalisme (bustes de Murat, de Caroline, d'Elisa et de Lucien Bonaparte). |
|
| 1804 Pauline Borghèse en Vénus: commande du prince Camille Borghèse, aristocrate romain qui a épousé la soeur de Bonaparte. Il souhaite la voir immortalisé dans la posture de Vénus tenant dans sa main la pomme remise par Pâris. Il enduit le marbre d'une fine couche de cire légèrement rosée, et réalise des drappés d'une grande délicatesse. |
|
|
|
1805 monument funéraire de Marie Christine d'autriche: il repris le shéma de son monument au Titien. Des figures allégoriques se présentent à l'entrée du tombeau pyramidale. La Vertu, qui porte l'urne contenant les cendres, et la Piété qui guide un enfant et un vieillard aveugle. A droite de la porte se tient un génie de la Mort, assis sur les marches, observe la procession. Mais le plus souvent immortalise les personnes dans son style néo-classique glacée. |
|
|
|
Il réalisera de cette façon Madame Mère en Agrippine et Marie Louise en Concorde. Il réalisera pour Joséphine le groupe des Trois Grâces, tandis que la Statue héroique de Napoléon connut un sort difficile. Elle sera livré en 1811 au Louvre, Napoléon n'aimant la nudité de l'oeuvre, la dissimule au Louvre derrière des planches et des baches. Le duc de Wellington, aprés Waterloo la reçut du gouvernement anglais et la fit placer au pied de l'escalier monumental d'Apsley House. Oeuvre de facture imposante, qui ne manque pas de qualités. L'empereur est représenté sous les traits d'un dieu romain. Au Salon de 1812, Canova expose la Danseuse commandée par Joséphine, et une Muse, baptisée Terpsychore. Il réalisera également pour la décoration de la Malmaison le buste de Pâris. Cette oeuvre fit les délices des esthètes néo-classiques comme Quatremère de Quincy. En 1815, Canova fut charger de restituer les oeuvres d'art empruntées par Napoléon aux collections du Vatican. Sa misson accomplie, il gagne Londres, afin de voir les marbres du Parthénon. Dans une lettre qu'il adresse à Quatremère de Quincy, il ne peut cacher sa stupéfaction et son admiration. 1816-1822 |
| Mars et Vénus: commande du roi George IV d'Angleterre, c'est l'un des groupes les plus célèbre réalisé par le sculpteur. |
| 1817-1819 le mausolée des Stuarts: érigé dans la basilique St Pierre de Rome. C'est une haute stèle en marbre blanc dédiée aux derniers représentants de cette dynastie (Jacques III et ses fils Charles III et Henri IX) représentés de profil. A la base se place une porte encadrée de deux génies ailés sapuyant sur des faisceaux renversés, symbole de la vie qui s'éteind. La porte évoque le passage dans une autre vie. Amoureux de l'Antiquité, mais aussi catholique assidu, il consacre une partie de sa fortune à donner une église à son village natal. Cette dernière étant un compromis entre le Parthénon et le Panthéon, il sera plutôt baptisé Temple. Canova meurt à Venise le 13 Octobre 1822, où ses funérailles sont célébrées par le patriarche lui même dans la basilique St Marc.Son cercueil fut ensuite transporté jusqu'à Posagno. |